Aménagement du nouveau CCAS : un coût réel plus proche de 40 000 € que des 18 000 € annoncés

Sur le panneau de chantier annonçant les travaux d’aménagement du nouveau Centre communal d’action sociale (CCAS) figure l’information suivante : « Coût des travaux : 18 000 € ». Sauf que…. il s’agit là du seul montant des fournitures, les salaires des employés municipaux chargés des travaux n’étant curieusement pas pris en compte dans le décompte final de l’opération.

Dans un billet récent j’évaluais le prix réel au bas mot à 30 000 €. Grâce soit rendu à Monsieur le maire qui a tenu un point presse dont La République a rendu compte mercredi dernier : les éléments d’information supplémentaires qu’il a communiqué à cette occasion me permettent de vérifier que mes 30 000 € étaient loin du compte. C’est sur 40 000 € environ qu’il faut tabler. Démonstration arithmétique de ce qui précède.

Grâce au point presse, nous savons que l’aménagement des nouveaux locaux a mobilisé 6 agents municipaux durant un mois et demi. Il est donc possible de calculer la rémunération qui leur a été versée par la ville d’Oloron durant cette période. Sachant que le coût salarial d’un agent technique en milieu d’échelle est de l’ordre de 2 450 € par mois (charges salariales et patronales comprises), le coût de 6 agents s’établit donc à : 2 450 € X 6 agents X 1,5 mois = 22 050 €.

Si l’on ajoute ces 22 050 € de charges salariales aux 18 000 € de fournitures, on tutoie bien les 40 000 €. « Optimisation des ressources » se félicite Monsieur le maire dans l’article de La République. Optimisation de quoi ? Est-il bien sûr – cette question ne remettant bien entendu pas en cause la qualité du travail effectué – que l’opération n’aurait pas été menée à bien à un meilleur coût pour la ville…. et dans un délai plus court si elle avait été confiée à des artisans oloronais ?

Le maire et les Guerilleros ou… ego quand tu nous tiens

Hommage victimes Buzie. copietLa photo ci-contre m’a été transmise par une lectrice du blog. Prise le 24 juillet, elle montre une gerbe déposée au pied du Monument aux Morts de Buziet. Elle y avait été déposée une semaine plus tôt au milieu de beaucoup d’autres lors d’une cérémonie en souvenir des évènements tragiques qui ont eu lieu sur cette commune le 17 juillet 1944. Ce jour-là, comme le rappelle le site Internet de la mairie : « Les troupes Allemandes prirent position autour du village faisant 10 victimes, 2 femmes Françaises du village et 8 Résistants Espagnols  » Guerilleros ». »

Intéressons-nous à cette gerbe. Elle est ceinte d’un large ruban tricolore sur lequel figure l’inscription suivante (lettres en capitales respectées) : « Hervé LUCBEREIH, Maire d’OLORON Ste Marie ». S’il s’agit là d’une démarche personnelle, rien à en dire… sauf du bien. Mais si l’objectif était de témoigner au nom de tous les Oloronais, pourquoi ne pas avoir tout simplement fait inscrire à tout le moins « Le Maire et le Conseil municipal d’Oloron Ste-Marie » ou, mieux, « La Ville d’Oloron Ste-Marie ». Mais c’est plus fort que lui : toujours cette volonté de paraître, de se mettre en avant, ce besoin d’exister aux yeux des autres.

On ne peut par ailleurs s’empêcher de faire un rapprochement entre deux situations. D’un côté, le dépôt de cette gerbe personnalisée au nom d’Hervé Lucbéreilh, maire d’Oloron, geste accompli à Buziet en l’honneur de guérilleros espagnols. Ce même Hervé Lucbéreilh, maire d’Oloron, qui d’un autre côté décide de supprimer une subvention à une association oloronaise qui s’est donnée entre autres missions de défendre la mémoire de ces mêmes guérilleros. Un paradoxe ou une contradiction de plus. Comprenne qui pourra… ou qui voudra comprendre.

Déménagement du Centre communal d’action sociale (CCAS) : questions subsidiaires

CCAS - panneau de chantierLa publication du précédent billet consacré aux drôles de comptes de la mairie pour justifier le coût des travaux du déménagement du CCAS a suscité chez les lecteurs de ce blog une avalanche de questions pleines de bon sens. Normal, puisque les lectrices et lecteurs d’oloronblog.com ne peuvent être que des personnes pleines de bon sens. Ci-dessous quelques-unes de leurs interrogations auxquelles je suis bien en peine pour répondre… du moins pour le moment.

Question 1 : pourquoi le CCAS déménage-t-il dans un local privé alors que la ville est propriétaire d’une bonne trentaine de bâtiments et appartements inoccupés qu’elle met en vente en ce moment ? L’un d’entre eux n’aurait-il pas pu servir ? La question est pertinente. Cela étant, si tous ces locaux communaux sont aussi dégradés que la maison Casaurang (cf un précédent billet), il vaut encore mieux louer à un particulier une ou deux pièces dont la remise en état pourra être effectuée à un coût moindre.

Question 2 : la mairie annonce pour la réfection des locaux des achats de matière d’œuvre pour 18 000 €. Sont-ce des commerçants locaux qui en ont bénéficié ? Par fournisseurs locaux il ne faut pas uniquement entendre les magasins implantés sur Oloron et appartenant à de grandes multi-nationales type Saint-Gobain.

Question 3 : en quittant l’Hôtel de ville, le CCAS libère des espaces. La nature ayant horreur du vide, ces espaces ne tarderont pas à être occupés. Par quels services ? Dans le cadre d’une démarche bien réfléchie ou la place sera-t-elle prise par le plus rapide ou le plus fort en gueule ?

Question 4 : quelles sont les clauses du contrat de bail conclu entre le CCAS et le particulier qui, rappelons-le bénéficie de travaux de remise en état de son local ? J’ai adressé aujourd’hui au président du CCAS (Monsieur le maire d’Oloron himself) une lettre lui demandant de consulter ce document ainsi que la décision qui l’a autorisé à le signer. Réponse donc à cette question dans les prochaines semaines.

Déménagement du CCAS : les drôles de comptes de la mairie

CCASLe Centre communal d’action sociale (CCAS) vient de quitter avec armes et bagages les locaux de l’Hôtel de ville. Pour s’installer dans des locaux loués de l’autre côté de la place Clémenceau. La réorganisation des services et le souhait d’accueillir une population dans une situation difficile avec davantage de confidentialité en sont les causes officielles.

L’aménagement des nouveaux locaux donne l’occasion à la mairie de claironner : « Les travaux (cloisons, électricité, sols, plafonds) ont été faits en régie par l’équipe des employés communaux et n’ont coûté que l’achat des fournitures pour 18 000 €. ».

Si les travaux n’ont coûté « que l’achat des fournitures », cela signifie donc que les employés municipaux n’ont pas coûté un centime à la commune pour les dizaines voire les centaines d’heures passées à concevoir, réaliser ou contrôler les travaux. Qu’ils acceptent ici l’expression de notre gratitude éternelle pour ce geste de solidarité. De la même manière, tous les véhicules et matériels mobilisés pour le chantier n’ont représenté aucune charge pour la commune.

Si tel n’avait pas été le cas, le montant de l’opération (fournitures + Salaires + matériels) aurait allégrement franchi le seuil des 30 000 € en lieu et place des 18 000 € annoncés. Quand je vous disais que nous avons un maire-magicien ! Et tout ça pour enrichir le patrimoine du particulier qui loue les locaux au CCAS !

Et encore… Nous ne parlons pas ici de toutes les charges supplémentaires que va entraîner pour le CCAS, donc pour la collectivité, ce déménagement. Alors que jusqu’alors il profitait d’une mutualisation des moyens municipaux, il va lui falloir payer un loyer (au bas mot 600 € par mois…. mais il faut espérer que cela a été négocié compte tenu de l’enrichissement du patrimoine du propriétaire consécutif aux travaux), acquitter des abonnements et consommations d’eau, d’électricité, de chauffage, supporter des cotisations d’assurance etc.

Conclusion : soit nos élus ont une idée plus que sommaire de la comptabilité analytique (celle qui permet de faire ressortir le coût réel d’une opération), soit ils se fichent de nous en nous annonçant des chiffres qui n’ont aucune réalité avec pour seul objectif de vouloir prouver leur bonne gestion. Je crains de connaître la réponse !

Si vous faites un don à la ville d’Oloron, voilà ce qui risque d’arriver (diaporama)

Immeuble CombellasMadame Marie-Louise Combellas est décédée en 2002. Veuve d’un peintre coté (qui exerçait aussi à ses moments perdus la profession de chirurgien-dentiste) elle a légué à la ville d’Oloron l’immeuble qui lui appartenait au 6, place de la Résistance. Ce legs était assorti de deux conditions :
– la locataire qui occupait l’un des appartements de l’immeuble devait pouvoir y rester à vie, et ce sans que son loyer soit augmenté ;
– la ville devait établir sur tout le premier étage de la maison un musée (peintures ou autres).

Le conseil municipal a accepté à l’unanimité ces conditions le 19 février 2009. Ont-elles été respectées ? Oui pour la première. En revanche, le musée n’a jamais vu le jour. La ville a laissé le bien se dégrader. Il est aujourd’hui dans un triste état, comme le prouvent les quelques vues présentées dans le diaporama ci-dessous.

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Si vous voulez vous en rendre compte par vous-même, rien de plus simple : il suffit de téléphoner à la mairie d’Oloron en expliquant que vous êtes intéressé par l’achat de ce bien et que vous souhaitez le visiter. Car Monsieur le maire (le conseil municipal n’a pas été consulté) a décidé de sa mise en vente. Au prix de…. 207 900 € (frais d’agence compris, du moins je l’espère !). On dit qu’il y a un pigeon qui se lève tous les jours. Puisse-t-il, pour les finances de la ville, ne pas trop tarder à éclore.

Et puis si vous êtes encore plus curieux, aller jeter un œil sur les photos mises en ligne par l’agence immobilière à laquelle a été confiée la vente du bien. Et comparez avec celles que vous venez de visionner !

Restent quelques questions. Qui pour la plupart resteront sans doute sans réponse.
– Lors de l’entrée dans les lieux, y a-t-il eu un inventaire du mobilier restant ? Qu’est devenu ce mobilier ?
– Sachant que l’atelier du peintre avait été dispersé lors d’une vente aux enchères intervenue en 2007, pourquoi la ville a-t-elle accepté en 2009 un legs lui faisant obligation de créer un musée ? Quelles pièces comptait-elle y exposer puisque celles de Monsieur Combellas avaient été dispersées ?

Une dernière question, d’ordre juridique celle-ci. Je me demande si la ville est en droit de vendre ce bien. Le Code civil précise en effet que les conditions d’un legs ne peuvent être modifiées (et nous avons bien affaire ici à une modification des conditions initiales) que par une décision de justice. Or dans le cas présent aucun juge n’a été saisi. Il paraît que la mairie vient de se doter d’un service juridique. Elle a recruté pour l’animer un véritable cador (c’est un adjoint qui le dit) du droit administratif. Pourrait-il délaisser quelques instants sa mission principale actuelle – l’encadrement des ASVP – et daigner, lui le publiciste (publiciste = spécialiste du droit public, par opposition au privatiste qui est, lui, spécialiste du droit privé), mettre le nez dans un Code civil (allez, collègue, je ne suis pas chien : ça se trouve aux articles 900-2 et suivants du Code) pour vérifier si la ville d’Oloron n’est pas en dehors des clous dans cette histoire ?

En tout cas, le tour pris par ce dossier ne devrait pas encourager nos concitoyens à donner tout ou partie de leurs biens à une collectivité qui, à l’évidence, n’en a rien à faire.

La mairie d’Oloron crée une zone de rencontre à Notre-Dame

panneau zone de rencontrePrière aux adeptes de Meetic et sites similaires de ne pas se réjouir trop tôt : la « zone de rencontre » dont la mairie d’Oloron vient de décider la création n’a rien à voir avec le type de mise en relation dont ils font leur miel. Il s’agit plutôt ici d’un ménage à trois : le piéton, l’automobiliste et le cycliste, dont il s’agit de favoriser la cohabitation. À dire vrai j’ignorais tout de ce dispositif (dont le titre officiel est bien « zone de rencontre ») instauré par le Code de la route en 2008 jusqu’à ce que deux panneaux de signalisation récemment implantés à l’entrée et à la sortie de la rue Palassou attirent mon attention. Jamais vus jusqu’alors.

Une rapide incursion sur Internet a suffi pour me déniaiser. Ce panneau sur fond bleu représente un piéton, un cycliste, une automobile et une limitation de vitesse à 20 km/h. Quelle est sa signification ? Il indique (Cf article R 110-2 du Code de la route) que sur cette voie où la vitesse est limitée à 20 km/h pour les véhicules, les piétons (auxquels il est donc permis d’aller plus vite) sont autorisés à circuler sur la chaussée sans y stationner et bénéficient de la priorité sur les véhicules, et que, sauf décision contraire du maire, toutes les chaussées sont à double sens pour les cyclistes.

Voilà une excellente initiative. Qu’il me soit tout de même permis, avec tout le respect que je dois aux fonctions qu’il exerce, de suggérer à Monsieur le maire quelques dispositions complémentaires qui contribueront à ce que cette zone de rencontre ne se transforme pas en zone de collision :
– Les panneaux qui signalent l’entrée dans cette zone ont été installés au débouché de la rue Palassou avec la rue Camou et avec la route qui descend des halles. Mais il n’y en a pas à l’entrée de la rue Palassou côté place Amédée Gabe. Où est la logique ?
– Les services municipaux seraient bien inspirés de mener une campagne pour vérifier si les véhicules respectent la limitation de vitesse. Très franchement j’en doute.
– Normalement, sur ce type de voie, le stationnement des véhicules motorisés n’est autorisé que sur les espaces aménagés. Les services municipaux seraient tout aussi inspirés d’y expédier nos ASVP pour une action de prévention.Une fois que lesdits ASVP auront fini de réviser pour passer leur examen de policiers municipaux, bien sûr.
– D’une manière plus générale, plutôt que de communiquer sur l’éventuelle venue du roi de Patagonie (voir un précédent billet du présent blog), Monsieur le maire ferait mieux d’informer les divers usagers de cette zone de rencontre de leurs droits et de leurs devoirs. Et notamment de rappeler aux automobilistes-rois-de-la-route que dans ce type de secteur les piétons prennent le pas sur eux. C’est pas gagné.