Le semi-marathon d’Oloron compte repartir du bon pied en 2021 : entretien avec Thibaut Labadie, son nouvel organisateur


Au fil des éditions, le semi-marathon d’Oloron est devenu une référence dans le monde de la course pédestre. Et puis il y a eu 2019, une année noire. Suivie de 2020, une année blanche. Face à l’adversité, les organisateurs ont fini par baisser les bras. Un jeune Bidosien, Thibaut Labadie a décidé de reprendre le flambeau. Dans une nouvelle formule, il entend revisiter l’épreuve en associant sport et patrimoine oloronais. Afin que dès 2021 le semi-marathon d’Oloron retrouve toutes ses couleurs. Oloronblog l’a rencontré.

Thibaut Labadie, quel est le défi qui vous pousse à vous lancer dans l’organisation d’un événement aussi lourd à mettre en place qu’un semi-marathon qui réunira au bas mot 1 200 participants ?

En réalité un double défi. Je suis un enfant d’ici. Je trouve que nous avons une belle ville, avec un potentiel qui mériterait d’être mieux mis en valeur. L’organisation d’un semi-marathon du Patrimoine, un peu selon l’esprit du Marathon du Médoc, me permettrait d’y contribuer. Et puis second défi, personnel celui-là, prendre directement les rênes d’une course de cette dimension après déjà d’autres expériences, m’offrirait la possibilité d’enrichir mon curriculum vitae et, pourquoi pas, de prétendre un jour, comme j’en rêve, intégrer l’organisation du Tour de France.

Vous devriez présenter votre projet en peu de mots, comment le résumeriez-vous ?

Nous avons une ville formidable, riche de son patrimoine, avec ses rues, ses monuments. Un semi-marathon qui se courra au cœur de la cité, en alliant sport et patrimoine, aidera à faire mieux connaître cette richesse.

Vous avez fixé au 23 mai 2021 l’organisation de ce semi-marathon. Pourquoi lancer une telle opération de communication aussi loin de l’échéance alors que rien ne semble finalisé à cette heure ?

Pour plusieurs raisons. D’abord parce qu’il fallait faire cesser l’incertitude et donc stopper la rumeur sur l’organisation ou pas d’une telle épreuve en 2021. Ensuite parce qu’il faut repartir de zéro après la malheureuse édition du semi-marathon 2019. Et puis je veux me donner le temps de monter le dossier. Là j’ai un an pour travailler.

Votre épreuve se dénommera « Semi-marathon du Patrimoine ». Simple coup marketing ? Suffit-il de faire passer des coureurs devant tel ou tel monument pour le mettre en valeur ? Comment envisagez-vous de donner du corps à ce volet Patrimoine ?

Tout d’abord, le circuit, une boucle de 10 kilomètres à parcourir à deux reprises, sera tracé en plein cœur de la ville. Les coureurs passeront donc dans nos rues et devant nos monuments. Et puis notre patrimoine, ce sont aussi nos associations sportives, culturelles, les confréries. Mon objectif est de donner à toutes ces associations sportives et culturelles, grâce à des animations organisée autour de l’épreuve sportive proprement dite, l’occasion de se faire mieux connaître. Par exemple, des associations musicales et groupes se produiront tout au long du parcours. Autre exemple, la mise en valeur de l’école des jeunes sapeurs-pompiers d’Oloron, dont j’ai été un des élèves avant d’être marin-pompier à Marseille durant dix ans. Enfin, je voudrais pouvoir établir un partenariat avec la Fondation du Patrimoine animée par Stéphane Bern pour qu’avec le soutien de la commune et de la communauté de communes nous contribuions à des opérations de sauvegarde de notre patrimoine. Pourquoi ne pas, par exemple, consacrer notre première action à la restauration des vitraux de la cathédrale Sainte-Marie ?

Vous comptez donc entourer l’épreuve sportive de très nombreuses animations. Peut-on déjà avoir un aperçu de ces animations ?

Le départ de la course sera donné sur le pont Sainte-Claire et l’arrivée se fera dans l’allée centrale du Jardin public. Le Jardin public sera donc le centre des animations, ne serait-ce que parce qu’il offre un cadre qui incite les gens à rester. Ces animations se dérouleront sur deux jours puisque la veille de l’épreuve les coureurs viennent retirer leur dossard. Dès le samedi donc, le Jardin public accueillera un village d’exposants, les associations pourront y présenter leur activité, il y aura une initiation à la course à pied pour les enfants. Et le dimanche, il y aura en plus la participation des confréries et, comme je le disais précédemment, des animations musicales tout le long du parcours.

Pas d’organisation de cette envergure sans, au-delà de la mobilisation des bénévoles au moment de l’épreuve, s’entourer d’une équipe solide qui travaillera très en amont. Est-elle déjà en cours de constitution ?

Je vais dire quelque chose qui relève de l’évidence mais sans la mobilisation des bénévoles, l’entreprise est effectivement vouée à l’échec. Ils ont un rôle indispensable. Mais leur mobilisation interviendra à une période plus proche du semi-marathon. Il faut d’abord entreprendre les contacts avec les collectivités territoriales, les sponsors etc. Pour le moment, je travaille seul. En pouvant toutefois compter sur l’expérience, le soutien et le concours de tous les instants d’Alain Casajus, le précédent organisateur du semi-marathon. Mais toutes les bonne volontés seront les bienvenues.

De quelle manière concrète pensez-vous mobiliser la population oloronaise autour de votre projet ?

Déjà grâce à un parcours attractif, tracé en pleine ville, qui permettra aux spectateurs de se déplacer facilement d’un endroit à un autre pour voir passer les coureurs à plusieurs reprises. Dans ce tracé, la montée du Biscondau sera un peu notre montée de l’Alpe d’Huez qui est comme chacun sait l’un des grands moments du Tour de France. Une fan-zone y sera installée afin d’attirer le plus de monde possible. Et puis nous voudrions que les maisons et les commerces soient décorés à l’occasion de cette manifestation. Un concours sera donc organisé et 250 € attribués au vainqueur de chacune des deux catégories.

Pas de réussite du « Marathon du Patrimoine » sans l’appui plein et entier des collectivités locales. Avez-vous reçu des assurances de ce côté-là ?

Les collectivités territoriales et institutions auxquelles j’ai déjà présenté mon projet se disent toutes emballées. C’est un grand encouragement pour moi. Toutes sont enclines à cette heure à me suivre financièrement et matériellement. Côté mairie, j’ai rencontré trois des quatre têtes de liste. Chaque fois l’accueil a été excellent. Je dois encore voir Madame Pastor. Reste à connaître les résultats du 28 juin pour avancer sur le dossier de ce côté-là.

 Et du côté des sponsors ?

Il faut savoir que le budget total du semi-marathon du Patrimoine se chiffre à 55 000 €, dont 20 000 € attendus des collectivités territoriales et des sponsors se monte à 20 000 €. Comme la commune d’Oloron apportait déjà une subvention de 7 000 € lors des éditions précédentes, on devrait y parvenir si elle renouvelle au moins son concours financier à cette hauteur. La prise de contact avec les sponsors n’a pas encore eu lieu. Ce sera le cas lorsque le listing des entreprises sera actualisé et lorsque notre logo sera sorti. Mais j’espère que les partenaires traditionnels renouvelleront leur concours.

Quelles sont vos prochaines étapes dans la préparation du semi-marathon ?

L’association Le Baroudeur Consultant qui portera l’organisation de l’événement a été déclarée le 29 mars dernier. D’ici une quinzaine de jours le logo sera sorti. Alors pourra intervenir la finalisation du site Internet, même s’il n’est pas mis tout de suite en ligne. D’ici un mois débuteront les rencontres avec les gros sponsors. Puis viendra, dès que la situation sanitaire le permettra, la présentation au grand public. Pour terminer, début août, la communication commencera sur les réseaux sociaux. Je peux déjà vous révéler que sur Instagram paraîtront de vieilles photos d’Oloron dans lesquelles paraissent des rues qui seront empruntées par le semi-marathon ainsi que 60 photos montrant un petit personnage originale en divers points de ces mêmes rues.

Pour clore notre entretien, à quelle question supplémentaire auriez-vous souhaité répondre ? Et quelle aurait été votre réponse ?

Je n’ai pas d’autre question, mais un message supplémentaire. Pour dire que si des personnes ont des idées à partager sur l’organisation que je viens de présenter, je suis prêt à en discuter avec elles. Pour cela, elles peuvent prendre contact avec moi, soit par le biais de l’adresse mail de l’association (lebaroudeur.consultant@gmail.com), soit en m’appelant directement au 06 72 04 11 63

18 commentaires sur « Le semi-marathon d’Oloron compte repartir du bon pied en 2021 : entretien avec Thibaut Labadie, son nouvel organisateur »

  1. Je suggère que le semi s’engage dés la première année vers la labellisation Trail Runner Foundation pour une course eco responsable, un parcours propre et des coureurs propres (ce qui est le moins évident 😉 )

    Au plaisir d’échanger sur le sujet

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    1. A mon avis les eaux minérales d’Ogeu se mettront sur le rang avec slogan: « EPO, l’Eau Pour Oloron » 🙂

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  2. Bonjour David,
    Je ne connais pas cette labellisation… je vais regarder de quoi il s’agit.
    J’avais pour ambition de proposer une course avec le minimum d’emballage et sans aucun vehicule suiveur polluant.

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      1. Oui je viens de télécharger le dossier de présentation. C’est très intéressant. Je vous contacterai dans les jours à venir….

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  3. Bravo très belle initiative et beaucoup de courage à vous et l’association « Le Baroudeur Consultant ».
    Le tourisme, secteur clé de l’économie française, génère près de 9 % de notre PIB régional et représente 140 000 emplois directs et indirects. L’Aquitaine est la 1er destination touristique pour les clientèles françaises.
    Sur le Plan Marketing 2015-2016 Béarn – Pays Basque, comme l’indique le diagnostic établi pour le territoire Béarn Pyrénées, l’image n’est pas très flatteuse. La marge de progression de la Communauté des Communes du Haut Béarn en termes d’image et de notoriété est gigantesque.

    Son attractivité et son identité n’apparaissent même pas dans les audiovisuels de présentation du département (Oloron est oublié ou n’existe pas ?).
    Ce projet pourrait faire partie d’une nouvelle dynamique, puisque dans le passé, Oloron Sainte-Marie a été consacrée ville la plus sportive de France en 2002 (- de 20 000 habs) par le journal L’Equipe, et plus récemment (fin 2016), elle a reçu le label “Commune sport pour tous”.
    David « Je suggère que le semi s’engage dès la première année vers la labellisation Trail Runner Foundation pour une course eco responsable, un parcours propre et des coureurs propres (ce qui est le moins évident 😉 ) ».
    C’est la base d’un projet voulu et non subit
    Sensibiliser le public aux enjeux de préservation et de gestion des ressources naturelles promouvoir et soutenir le maintien de la diversité et de la qualité des paysages naturels et urbains doit être votre « leitmotiv ».
    Thibaut « Les collectivités territoriales et institutions auxquelles j’ai déjà présenté mon projet se disent toutes emballées.»
    Restez prudent en période électorale !
    Si elle ne s’est pas dotée de la compétence sport (qui reste dévolue aux communes), la CCHB gère cependant plusieurs équipements destinés à la pratique sportive ou de loisir. Néanmoins le rôle d’accompagnement de projets pourrait être mené par la CCHB, ce chalenge unique sur le territoire s’adresse à tous les habitants du Haut-Béarn, ce projet pourrait être accompagné d’une protection juridique assuré par la ville.
    Je connais fort bien Alain Casajus, président de l’association Courir à Oloron, (organisatrice du semi-marathon) qui avec son équipe, tous bénévoles, ont dû subir « Un calvaire médiatique » et un traumatisme psychologique important et inacceptable de nos jours.
    Bon vent au projet.

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  4. Dans les années 90 c est Arnaud montheil qui venait me voir pour ma participation au semi marathon c était quel qu un de passionné par la course à pied sa femme c était le judo les deux était très sympathiques salut à toi Arnaud

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  5. Très belle initiative (mêler sport et patrimoine), projet riche et ambitieux. S’il y a besoin de chanteurs, je pense que notre chorale Sensible sera heureuse de participer !
    Bravo Thibaut !
    Martine Miranda ( dont tu te souviens peut-être ….)

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    1. Bien sûr que je me rappelle de vous, Madame Miranda… Le petit Prince des Cordeliers est heureux de savoir que votre chorale serait partante pour participer à cette manifestation sportive, mais pas que…
      Au plaisir de vous revoir 😉

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  6. C’est vraiment Top! Merci aux courageux organisateurs de reprendre le flambeau et de proposer une édition qui créera encore plus de lien entre les acteurs de l’associatif sportif et culturel. Du coup, on attaque la préparation 🙂 !

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  7. et voila Oloronblog qui rentre dans les clubs de rencontre…on aura tout vu dans cette campagne et après on parle de distanciation sociale , non mais j’vous jure.. 🙂

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  8. Très bonne idée ! Nous pourrions associer le vélo.. voir une velorution!

    Une grande fête qui associe sports et culture.. Bravo, Thibaut! Je l’inscris!

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    1. on ne pourrait pas y associer le Solex? Je suis en train d’en réparer un. J’éviterais le Biscondeau , c’est tout.. Ou alors dans l’autre sens…… 🙂

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  9. Un semi marathon n’est pas un trail.

    Il.n’y aura donc plus d’épreuves marche ?

    Malheureusement, les personnes handicapées et plus particulièrement en fauteuil roulant ne pourront plus participer car monter 2 fois le Biscondau, faut être costaud. Mais peut être n’en n’y avait il plus ?

    Bon courage dans la préparation qui est sans doute un marathon préparatif, donc beaucoup de travail.

    Il y aura le forum des associations en septembre je l’espère. Vous aurez l’occasion de rencontrer du monde et pouvoir faire connaître votre projet.

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    1. Bonjour,
      Si cela peut vous rassurer, une épreuve de marche sera bien au programme le dimanche 23 mai prochain.
      Et je parie que vous découvrirez ou redécouvrirez certains endroits de la ville 😉

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  10. Voilà en effet une très bonne initiative, joignant l’épreuve sportive à la découverte du patrimoine, et surtout si elle inscrit cette course dans une démarche éco-responsable !!! Voilà une approche très intéressante pour l’image de la ville et pour sa cohérence avec les enjeux de notre temps ! Le Haut-Béarn est encore préservé et c’est la qualité de son environnement naturel et la richesse de son patrimoine qui attirent les touristes, les randonneurs, les cyclosportifs et autres trailers ! Le genre d’épreuve que vous proposez va dans le sens de cette préservation et mérite d’être soutenu. Espérons que les projets destructeurs de la vallée d’Aspe favorisant les camions internationaux ne verront jamais le jour, et que le Haut-Béarn pourra garder son image de qualité de vie !

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