Migrants et intégration par le travail : l’exemple d’Oloron au JT national de France 3

Le projet de loi « Immigration et droit d’asile » est actuellement en discussion à l’Assemblée nationale. France 3 a voulu illustrer cette information en diffusant ce midi, dans son journal national, un reportage consacré à l’intégration des migrants par le travail, à partir de l’expérience que vivent aujourd’hui certains d’entre eux dans notre commune. Lire la suite « Migrants et intégration par le travail : l’exemple d’Oloron au JT national de France 3 »

Accueil des réfugiés : communiqué du collectif nous appelant à participer à une réunion de réflexion et de travail

Mes précédents billets faisaient état de la constitution d’un collectif pour l’accueil des réfugiés à Oloron. Voici le communiqué de presse par lequel ce collectif nous appelle tous à participer à une réunion de réflexion et de travail sur ce sujet le 16 septembre prochain.

« Des citoyens du Piémont Oloronais, des associations caritatives et des représentants de toutes les confessions
religieuses organisées à Oloron invitent la population à une réunion de réflexion et de travail sur l’accueil des réfugiés.
Toutes les associations humanitaires, toutes les personnes et tous les élus sensibilisés par ce grave problème
sont conviés à se retrouver le Mercredi 16 septembre à 20h30 à la Fraternité, rue de la Fraternité à Oloron-Ste-Marie »

Accueil des réfugiés : ça bouge aussi du côté de l’opposition municipale

Dans mon billet d’hier, j’évoquais le collectif qui vient de se mettre en place pour permettre l’accueil de réfugiés syriens et/ou irakiens sur Oloron. D’autres initiatives se font jour…. même du côté des élus municipaux. Témoin la lettre que les élus de l’opposition municipale (qualifiée plus justement dans ce qui suit, vu les circonstances de « minorité municipale ») viennent d’adresser à Hervé Lucbéreilh. En voici le texte intégral :

« Monsieur le maire,
Sous nos yeux se déroule actuellement une tragédie d’une ampleur historique.
Il faut revenir aux heures noires des années 30/40 pour trouver un exode similaire et encore, celui que nous vivons reste, par son importance et par ses causes, inédit pour nos pays occidentaux.
Mises en demeure de relever ce nouveau défi, sauf à renoncer aux valeurs qui ont cimenté les pays européens d’après guerre au sein de leur union, les nations s’organisent et sollicitent leur population, leurs régions et leurs communes, pour être à la hauteur de l’enjeu qui est devant nous.
Dans ce contexte, notre ville ne peut pas rester inerte.
Son histoire, ses qualités d’accueil et de solidarité, démontrées pour les réfugiés espagnols et désormais inscrites dans son patrimoine immatériel, obligent ceux qui la dirigent maintenant, à se montrer dignes de leurs prédécesseurs.
Quelquefois, le contexte révèle les hommes qui se grandissent alors, pour se mettre à la hauteur de la situation.
Mais ils peuvent aussi illustrer par leur attitude rabougrie, les propos du général de Gaulle quand il disait:  » A force de raisonner petit, on prend le risque de le devenir »
En tout cas pour nous, le choix est fait, clairement, sans hésitation ni faux fuyants, juste pour pouvoir regarder en face, ces hommes, ces femmes, ces enfants, qui fuient la mort, la barbarie, la soumission.
Ce faisant, nous n’aurons pas à baisser les yeux devant notre propre lâcheté.
Mais il ne faut plus attendre.
C’est ainsi que nous vous demandons, d’adhérer immédiatement au réseau des villes d’accueil qui se met en place, en dépassant les appartenances politiques et de prendre les initiatives nécessaires.
En même temps, vous devez mobiliser les forces vives locales qui voudront s’engager pour participer à la résolution de ce défi.
Nous n’ignorons rien des difficultés, des différences de contexte selon les pays ou selon les territoires, nous restons lucides vis à vis des difficultés que vivent nos concitoyens, nous voyons bien les réflexes de repli et de craintes.
Mais nous préférons faire preuve du courage nécessaire, pour dominer ces réserves que le temps rendra relatives.
Maintenant, il faut agir, simplement, concrètement, c’est la condition qui nous est imposée pour rester des hommes et des femmes qui dans quelques années, seront fiers de leurs décisions et reconnus dans l’honneur par les générations futures.
Nous n’imaginons pas, monsieur le Maire, que vous puissiez répondre par la négative à notre demande.
Les élus du groupe minoritaire du Conseil municipal d’Oloron Ste Marie »

Preuve que la situation est historique, mon interlocuteur se garde de toute polémique quand il précise dans la transmission de ce courrier l’esprit dans lequel s’effectue cette démarche : « S’agissant d’une situation dans laquelle les clivages politiques classiques n’ont pas de sens puisque des communes de gauche de droite du centre et d’ailleurs se portent volontaires, j’espère que notre proposition trouvera une majorité au CM d’Oloron. Connaissant bien nos collègues, nous ne revendiquons pas le monopole de la solidarité et de la compassion, ni celui de l’intelligence devant cette tragédie. Simplement nous voulons que notre ville ressemble à son histoire. »

Un vent nouveau soufflerait-il sur notre ville ? Monsieur le maire saura-t-il aller dans son sens ? N’y aura-t-il aucune velléité de récupération d’une action citoyenne qui doit être avant tout celle de tous les Oloronais quels qu’ils soient ? La mairie apportera-t-elle ses moyens administratifs et techniques pour permettre la réussite de l’opération ? Réponse à toutes ces questions dans les prochains jours.

En voyage d’étude chez les Bonnets Rouges !

PauseJe serai chez les Bonnets Rouges lundi soir. Pas dans la fournaise qui traitera du projet de carrières lors de la réunion de quartier qui se tiendra à Soeix, non. En Bretagne. Voilà l’explication de la mise en sommeil de ce blog durant quelques jours à partir de ce 14 septembre.

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Vous êtes de plus en plus nombreux à vous intéresser à « Un Regard sur Oloron » et à l’alimenter par vos commentaires, critiques et suggestions. Soyez-en remerciés.

Premier post-scriptum qui n’a rien à voir avec ce qui précède – En raison de prévisions météo défavorables, Hervé Lucbéreilh a décidé d’annuler la Fête des associations. C’était la voix de la sagesse. Hervé Lucbéreilh n’est pas sans savoir que de lourds nuages s’amoncellent sur Soeix et le Bager, annonciateurs d’un gros grain. Il ferait à nouveau preuve de sagesse s’il annulait les projets pesant sur ces deux quartiers d’Oloron. Mais peut-être que deux preuves de sagesse consécutives c’est trop pour lui ?

Second post-scriptum qui n’a rien à voir avec tout ce qui précède – Si j’ai bien compris les annonces de Monsieur le Curé samedi soir lors de la messe du 105ème anniversaire de la JAO, un collectif est en train de se monter à Oloron sous l’impulsion de Pierre-Louis Giannerini en vue de l’accueil de réfugiés syriens et irakiens. Si les communautés catholique, protestante et musulmane ont déjà décidé de s’impliquer, le collectif a aussi vocation à intégrer tout citoyen qui se sent concerné. Prochaine réunion mercredi 16 septembre à 20 heures 30 rue de la Fraternité. Et si c’était ça aussi la démocratie participative : des citoyens qui se saisissent d’un problème quand ils sentent l’autorité publique locale peu réactive sur la question ?

Petit problème arithmétique anti-tabac à l’usage des employés municipaux

Fumer tueAvertissement préalable ! Ce billet ne s’en prend ni directement, ni indirectement aux agents communaux des services administratifs de la ville d’Oloron. Bien que passant plusieurs fois par jour devant la mairie (j’habite à proximité), je n’ai jamais vu, au grand jamais, un seul d’entre eux dans la situation décrite ci-après. Il est juste inspiré par un constat fait dans une vie professionnelle antérieure.

Depuis quelques années, la loi interdit de fumer à l’intérieur des lieux recevant du public. Sauf aménagement coûteux des locaux, les agents municipaux des services administratifs sont donc contraints pour assouvir leur manque de nicotine durant les heures de travail de quitter leur bureau et leur tâche pour en griller une à l’extérieur de la mairie, souvent devant la porte principale. Ce constat (que je n’ai pas fait à Oloron, bien sûr) m’a incité à me livrer à un petit calcul arithmétique.

Énoncé du problème : Jean est employé dans les services administratifs de la commune de Nicot. Il souffre d’une légère addiction au tabac. Il fume en moyenne 4 cigarettes durant son temps quotidien de travail. Il s’écoule en moyenne 8 minutes entre le moment où il quitte son bureau pour aller en griller une à l’extérieur et celui où il regagne son fauteuil et se remet au travail. Sachant qu’il travaille 220 jours par an, combien de temps Jean aura-t-il été absent de son poste de travail sur l’année… pour ce seul motif ?

Solution du problème : 1/ sur une journée de travail, Jean est absent 4 fois 8 minutes, soit 32 minutes 2/ sur l’année, Jean est absent 220 fois 32 minutes, soit 7 040 minutes. Cela représente tout de même 117 heures de travail, soit près de 17 jours par an passés devant la porte de la mairie, à ne rien faire. Et je ne compte pas les pauses café qui devraient faire l’objet d’un autre calcul !

Moralité : le tabac tue aussi… le temps de travail. Et il n’y a guère de remède à ce jour – hormis ce que l’on appelle la conscience professionnelle – pour lutter efficacement contre cette conséquence–là du tabagisme.

Long post-scriptum qui n’a rien à voir avec ce qui précède – C’est une suite à mon dernier article relatif à l’accueil des réfugiés. Interrogé par La République, Hervé Lucbéreilh a déclaré : « Je suis sensible à la misère des gens, mais il faut avoir les moyens de les accueillir. (…) Il n’y a pas forcément de logements disponibles. » Ah bon ? La ville d’Oloron n’est-elle pas propriétaire de maisons et d’appartements qu’elle tente de vendre…. jusqu’ici sans succès ? un peu hypocrite, tout ça. Mais cette prise de position du maire est-elle étonnante quand on voit la pétition que fait circuler en ce moment l’association de catholiques intégristes Civitas dont il est proche ? Titre de cette pétition « Stop à l’immigration – Fermons nos frontières ». Sans autre commentaire.

Suggestion humanitaire à l’adresse de Monsieur le Maire d’Oloron

Voilà un sujet qui nous éloigne de la polémique sur le coût des écoles ou l’émoi suscité par le projet menaçant 200 hectares de forêt communale. Voilà un sujet qui nous ramène aux principes de la vie en société et au premier d’entre eux notamment, la solidarité. Qu’est-ce que ce « sermon » vient faire sur ce blog, me direz-vous ?

Peut-être avez-vous entendu parler de la prise de position de 11 maires de la banlieue toulousaine ? Jeudi, ils se sont déclarés « prêts à accueillir » des migrants, après l’image « insoutenable » d’un jeune Syrien mort noyé sur une plage turque. Ajoutant : « Nous connaissons la complexité de la question des migrants, mais nous voulons d’abord réagir en êtres humains, en républicains ».

Et si le maire d’Oloron s’inspirait de cet exemple et prenait lui aussi ce genre d’initiative ? J’entends d’ici les objections : « Oui, on se laisse dominer par la dictature de l’émotion », « Commençons d’abord par soulager les Français qui souffrent », « Nous n’avons pas vocation à accueillir toute la misère du monde », « Nous payons assez d’impôts comme ça », « Fausse générosité » (comme dit ce salopard d’Eric Ciotti) etc. etc.

À n’en pas douter, la réaction des Oloronais serait sur le sujet à l’image de celle de la majorité des Français : défavorable. Mais nous serions aussi un certain nombre à y adhérer, à aider concrètement à mettre en place le projet et même – allez, soyons fous ! – à accepter que les impôts communaux subissent un petit, tout petit coup de pouce pour financer une opération qui ne menacerait tout de même pas l’équilibre du budget municipal.

Monsieur le Maire, vous qui savez aller à l’encontre de la pensée unique, vous à qui il arrive de vous occuper de sujets qui ne relèvent pas directement de la gestion municipale, osez, inspirez-vous de l’exemple de vos collègues toulousains, contribuez à nous faire sortir de notre égoïsme, faites que la commune d’Oloron accueille une famille de réfugiés. Le patrimoine immobilier de la ville devrait d’ailleurs vous permettre de régler immédiatement la question de l’hébergement. Soyez l’élément moteur de cette noble cause. Et si vous le faites, promis, j’arrête de dire du mal de vous.

(actualisé le 4 septembre à 22 heures) Cette suggestion a bien peu de chances d’être entendue : l’association Civitas, dont Monsieur le maire est proche, est à l’origine en ce début septembre d’une pétition dont le titre se suffit à lui-même « Stop à l’immigration – Fermons nos frontières ». Civitas va même jusqu’à qualifier les mouvements migratoires actuels de « fléau pour l’Europe ». Voilà des catholiques qui ont bien assimilé le message d’accueil de l’Évangile !