Budget municipal : 2 ou 3 questions que je poserais le 13 avril si j’étais membre de l’opposition

budget communalSans être un grand spécialiste des finances locales, je possède néanmoins quelques bases en la matière. L’opposition ayant choisi samedi dernier de pratiquer la politique de la chaise vide, aucun débat n’a pu s’instaurer autour des orientations budgétaires 2015. Les quelques informations délivrées par le maire et son adjoint aux finances avant ce départ précipité suscitent par ailleurs chez moi plus de questions qu’elles apportent de réponses.

1ère série de questions : ces 1,7 M€ de cessions qui permettent au maire d’équilibrer son budget sont-elles sincères ? En d’autres termes, correspondent-elles à des recettes certaines ? La mairie détient-elle des engagements officiels (sous-seing privé ou acte authentique) attestant que tel acheteur est intéressé par l’acquisition de tel bâtiment pour tel prix ? Il semble qu’en l’état actuel des choses, cette recette de 1,7 M€ est au bas mot supérieure de 600 000 € à la réalité. Si tel est le cas, le budget n’est pas présenté en état d’équilibre réel et les services de la préfecture, s’ils font correctement leur travail, se doivent de demander au maire de revoir sa copie.

2ème série de questions : comment se répartissent les 2,6 M€ consacrés à l’investissement ? S’agit-il uniquement des opérations nouvelles et, si oui, lesquelles ? Ou bien cette somme englobe-t-elle également les « restes à réaliser », c’est-à-dire les crédits nécessaires pour terminer les opérations engagées les années précédentes ? Auquel cas les nouveaux investissements portés par la ville d’Oloron en 2015 risquent d’être réduits à la portion congrue.

3ème série de questions : comment se répartit l’augmentation d’un peu plus de 6% de la pression fiscale ? Est-elle uniforme entre tous les impôts ? En réalité, là, j’ai déjà la réponse : le produit fiscal supplémentaire proviendra presque exclusivement de la taxe d’habitation. Si les autres taxes restent à peu près stables, elle va augmenter pour sa part de près de 16% (soit 15% en raison de la décision de la communes de supprimer les abattements dont bénéficiaient jusqu’alors les contribuables et 0,9% au titre de l’augmentation nationale des bases d’imposition).Or cette taxe est celle qui est payée par le plus grand nombre d’Oloronais.

Voilà ce sur quoi l’opposition aurait pu s’interroger et interroger le maire lors du débat de samedi dernier. Non pour le mettre en difficulté bien sûr (!) mais pour s’assurer qu’un budget sérieux et sincère, c’est-à-dire conforme à l’intérêt des citoyens qu’elle représente, serait soumis à leur vote le 13 avril. Les conseillers de la majorité auraient d’ailleurs pu se poser les mêmes questions. On verra ce qu’il en sera la semaine prochaine.