Clins d’œil et petites piques du dimanche 27 novembre 2016

Quatre sujets au menu du jour. Ils nous mèneront successivement en conseil municipal, sur la ligne Oloron-Bedous, du côté du rond-point de la Gare et au milieu de la réception donnée à l’occasion de la Sainte-Cécile Lire la suite « Clins d’œil et petites piques du dimanche 27 novembre 2016 »

L’exemple même d’une dépense inutile

Affiche marché d'oloron
Cliquer dessus pour agrandir

Depuis peu de jours, l’affiche dont la photo est reproduite ci-contre est apposée dans quelques « sucettes » de la ville.

Détaillons-la. Les deux tiers de l’espace sont occupés par un pavé sur fond blanc. En haut, à gauche, le logo de la ville d’Oloron. À droite, une invitation : « Rendez-vous vendredi ! ». Un peu plus bas, en gros caractères : « Marché d’Oloron » et en trois fois plus petit (les Samaritains apprécieront) : « Ste Marie ». Encore plus bas, en arc de cercle, les représentations de ce qui ressemble à du fromage, à un fruit et à un morceau de viande et l’image d’un panneau : « Local & Authentique ». Au fond de ce pavé sur fond blanc, un titre : « + de 90 commerçants ». Suit une liste de métiers où il ne manque que le quincailler et le vendeur de pâtisseries orientales.

Poursuivons l’examen de l’affiche. Le dernier tiers est sur fond orange. En titre : « Tous les vendredis de 7 H à 12H30 ». Un peu plus bas sont énumérés trois caractéristiques qui renforcent l’attractivité de ce marché : « Halle couverte / Galerie marchande / Parkings gratuits ». Rien, au moins telle que l’affiche apparaît dans la « sucette », n’indique qui est le concepteur de ce document et où il a été imprimé.

Passons maintenant à l’analyse critique. Qu’apprend celui qui lit cette affiche ? Qu’il se tient un marché à Oloron (Ste Marie) tous les vendredis. C’est vrai que ce marché hebdomadaire n’existe à Oloron que depuis… 800 ans. Il était donc temps de rappeler son existence à ceux qui l’auraient oubliée ou ne s’en seraient pas aperçu. Le lecteur apprend aussi que c’est un marché où l’on trouve des fruits, des légumes, du poisson, du fromage, des vêtements etc. Un marché qui propose ce type de produits, c’est révolutionnaire !

Voilà donc une publicité qui, contrairement à l’objectif qui devrait être le sien, ne fait rien connaître aux Oloronais et aux habitants des communes des alentours qu’ils ne sachent déjà. Il suffit pour s’en convaincre de répondre à la question suivante : qu’ai-je appris en la lisant ? Son coût de conception, de réalisation et d’édition, même s’il n’est pas exorbitant (mais comme on dit : « Les petits ruisseaux…. rivières ») aurait sans doute été mieux utilisé ailleurs. Finalement je ne vois qu’un intérêt personnel à cette réclame : elle m’a donné l’occasion d’écrire un billet.

Post-scriptum qui a à voir avec ce qui précède : des travaux sont actuellement en cours dans le local de la place Amédée-Gabe qui a hébergé successivement, si ma mémoire ne me trahit pas, les établissement Pon, une antenne de la CCI, le cabinet d’assurances de Jacques Lestelle, un restaurant marocain et, plus près de nous, la permanence électorale d’Anne Barbet et André Berdou à l’occasion des élections départementales. Une affiche apposée sur la baie vitrée nous renseigne sur l’objectif de ces travaux : « Prochainement ici, magasin de paysans producteurs ». Question : ceux-là vont-ils continuer à fréquenter le marché ? Sinon, il n’y aura plus qu’à actualiser le chiffre de « 90 » (qui me semble déjà un peu élevé par rapport à la réalité) figurant sur l’affiche municipale.

Cinq commentaires ou réactions au fil des dossiers du conseil municipal du 5 octobre

Le conseil municipal du 5 octobre en quelques chiffres : 34, c’est le nombre de rapports qui étaient soumis à l’approbation des conseillers ; 180, c’est le durée totale (en minutes) de la séance ; 12, c’est le nombre de minutes durant lesquelles le dossier des carrières de Soeix et du Bager a été abordé ; 5, c’est le nombre de commentaires ou réactions que je vais apporter ci-dessous à divers dossiers examinés en cette longue réunion.

Ventes immobilières : en réponse à Patrick Maillet, qui voulait savoir où en étaient les ventes immobilières par rapport aux 1 700 000 € de recettes prévues dans le budget, le maire a balancé un chiffre de 1 544 500 €, preuve selon lui que la prévision budgétaire sera atteinte, voire largement dépassée. Oui, mais voilà : pour atteindre ces 1 544 500 €, le maire additionne les carottes et les navets. Autrement dit, il tient compte non seulement des actes de vente signés, mais aussi des promesses de vente… et même de dossiers encore en cours de négociation. En réalité, à ce jour, les actes effectivement signés représentent aujourd’hui 210 200 €. On est loin des 1 544 500 € proclamés.

Ventes immobilières (bis) : avant de vendre un bien immobilier, la commune demande l’évaluation d’un organisme d’État, France-Domaine. La commune est-elle obligée de suivre cet avis ? Non, elle peut vendre un bien à un prix plus bas (ou plus haut !). Patrick Maillet et Hervé Lucbéreilh ont chipoté sur la baisse que pouvait accepter la commune par rapport à cette évaluation : 20% lance le premier, 23% répond le second. Ces deux chiffres sont totalement fantaisistes : il n’y a pas de limite dans la baisse. La commune se doit simplement, si elle ne veut pas encourir les foudres du juge administratif, de ne pas commettre une erreur manifeste d’appréciation en vendant un bien à un prix manifestement très inférieur à l’estimation de France-Domaine, sans réussir à le justifier.

La superficie des projets de carrière : « La carrière fera effectivement 8 ou 9 hectares. Sûrement, pas davantage. », assure Hervé Lucbéreilh. Quand on a une idée aussi précise du potentiel des terrains, c’est que l’on a pu dès à présent identifier ces 8 à 9 hectares. Pourquoi alors élargir le périmètre d’études à 200 hectares ? Y aurait-il un lien avec les propos du promoteur du projet, Guillaume Costanzo, rapportés par La République du 14 août 2015 : « Tant qu’à mener des études environnementales poussées, autant le faire sur plusieurs zones et ne pas se limiter à un seul projet de 9 hectares » ? Qui dit vrai ?

Le « non » de l’ex-président de l’ « Association des Amis d’Hervé Lucbéreilh » : c‘était à l’occasion d’un rapport dont on n’a sans doute pas fini de parler. Il s’agit mettre en place durant un an au terme duquel un bilan sera établi, un service et une grille publicitaire municipale. Son but ? Un démarchage publicitaire pour inciter les acteurs économiques à faire leur promotion à travers la publicité à insérer dans les différents supports de communication de la ville (sono, magazine, site Internet, web tv, journaux lumineux, navette etc.). Conseiller municipal de la majorité, ex-président de l’association des Amis d’Hervé Lucbéreilh, Jacques Naya fait part de son opposition : comme les commerçants, artisans et entreprises oloronaises n’ont pas des budgets communication extensibles à l’infini, il craint que ce démarchage publicitaire renforcé pénalise clubs et associations qui sollicitent les mêmes donateurs. Et, mettant en accord ses actes avec ses paroles, il vote contre le rapport. C’est la première fois me semble-t-il que durant ce mandat un conseiller de la majorité agit de la sorte.

Les questions d’actualité : un rien perfide, Hervé Lucbéreilh fait observer à Robert Bareille qu’il s’attendait davantage à une question sur l’accueil des réfugiés plutôt que sur le projet de carrières. Si le maire souhaite voir abordées des questions d’actualité particulières, je lui suggère deux solutions : 1/ les faire poser par un conseiller de sa majorité 2/ comme cela se passe dans nombre de communes, développer lui-même en début de conseil tous les sujets d’actualité, dans le cadre d’une déclaration qui ne donne pas lieu à débat. On n’est jamais mieux servi que par soi-même. Et puis, qui sait, faire le point sur quelques dossiers importants d’intérêt municipal, cela participe aussi un peu de la démocratie.

Clins d’œil de rentrée

C’est la rentrée politique un peu partout. Sauf à Oloron. Deux hypothèses : soit le maire est en vacances, soit il met toute son énergie à conquérir une place éligible dans la liste qui représentera la droite républicaine lors des élections régionales de décembre. Dans cette relative accalmie, voici, en forme de clins d’œil, la lecture malicieuse des informations trouvées sur deux panneaux publicitaires apposés en ville.

Homme canonLa première publicité est faite par le cirque Roger Lanzac qui se produit ce week-end dans notre ville. On notera d’abord que l’heure du spectacle est annoncée en français et en espagnol. Sans doute les responsables du cirque s’en sont-ils tenus à la déclaration du maire assurant que la population oloronaise était composée pour moitié de républicains espagnols ? On observera surtout ce qui est présenté comme le clou du spectacle : « EN DIRECT DES USA – L’HOMME CANON ». Pour pouvoir ainsi arriver en direct des USA, on imagine le type, déguisé en Superman, enfourné de l’autre côté de l’Atlantique dans le tube d’un canon et à 21 heures pétantes, heure française, heure du début de la représentation, expédié par-dessus l’océan, direction Oloron où il atterrit en douceur au milieu de la piste sous les applaudissements nourris du public. Le cirque Roger Lanzac, aussi fort que la NASA.

Coca-ColaLa seconde réclame est l’œuvre d’une boisson gazeuse mondialement connue. Le texte : « ZERO SUCRES – ZERO CALORIE ». Question toute bête : puisqu’il y a zero sucre, pourquoi mettre un « s » à « sucre » ? D’ailleurs le publicitaire a écrit « zero calorie » sans « s ». Faut-il dès lors s’étonner de la nullité croissante des nouvelles générations dans le domaine de l’orthographe ?