Une brève revue de la presse de 2010 permet de remettre à sa place l’annonce fracassante faite aujourd’hui par la mairie

La République consacre ce matin son article principal à une conférence de presse organisée par le maire pour annoncer selon le titre « Un procédé révolutionnaire testé par la mairie pour réduire la facture d’essence ». Un procédé baptisé SAST qui permettrait de réduire les émissions de CO² et la facture de carburant du parc automobile. Le maire précise « Nous sommes la première mairie à faire appel à cette technologie » et ajoute que les 68 véhicules communaux fonctionnant à l’énergie fossile seront « traités d’ici deux à trois mois ». La vigilance d’amis d’Oloronblog (merci René et Michel) et mes souvenirs professionnels permettent de relativiser la portée de cette annonce et de la replacer dans son contexte. Lire la suite « Une brève revue de la presse de 2010 permet de remettre à sa place l’annonce fracassante faite aujourd’hui par la mairie »

Avec notre maire, c’est le 1er avril tous les jours

Poisson d'avrilLes journalistes locaux attendent avec impatience et gourmandise les points presse auxquels le maire les convoque : « Qu’est-ce qu’il va bien pouvoir nous inventer aujourd’hui ? ». Cette curiosité ne vise pas tant le sujet officiel de la rencontre que ses à-côtés, toutes ces révélations, scoops et « confidences » dont Hervé Lucbéreilh les gratifie tout au long, puis à l’issue de la réunion. Et comme le maire est prodigue en point presse, il leur tombe sans répit une de ces nouveautés. C’est le 1er avril tous les jours, je vous dis !

Bien entendu, plus la « confidence » est farfelue et plus les journalistes s’empressent de la relayer. J’imagine la tête des élus municipaux quand ils découvrent alors dans leur quotidien préféré la dernière invention du maire. Parce que bien sûr il s’agit la plupart du temps de propositions qui resteront sans lendemain. Normal : elles n’ont pas fait l’objet de la moindre étude préalable… ni de la moindre concertation en bureau ou en commission municipale. Et ne résistent pas une minute à une analyse un peu réfléchie.

Qui se souvient de la passerelle qui devait être jetée sur le gave d’Ossau pour relier la place de la Résistance à un parking situé au pied du Biscondau ? Ou de la visite du roi de Patagonie ? Aujourd’hui (cf La République de mercredi), il s’agit de faire de la rue Louis Barthou une galerie marchande couverte ! Et demain ce sera peut-être l’annonce du projet de création d’un Palais des Congrès dans l’ancienne église Saint-Pierre voire d’un parcours de golf dans le Jardin Public ? Ou encore la reconversion de l’Hôtel de Ville en palace 5 étoiles ?

Surgies du néant, ces annonces ont vocation à y retourner au plus vite. Mais pour notre maire, l’important n’est pas d’être crédible, d’être pris au sérieux. L’important, c’est d’occuper le terrain, de prouver son sens de l’imagination, de faire parler de lui. Sur ce plan, l’opération communication est réussie.

D’ailleurs, d’une certaine manière, ne vaut-il pas mieux que nous soyons la cible de ce genre d’informations fantaisistes, saugrenues, parfois à la limite du psychédélique, plutôt que de discours plus sincères, mais plus dangereux tel, au hasard, ceux de notre évêque (cf mon précédent billet).

Post-scriptum – Monsieur le maire redit selon l’écho de La République de jeudi sa volonté d’acquérir des locaux commerciaux dans la rue Louis-Barthou pour en faire une « pépinière » d’entreprises commerciales. Pourquoi alors met-il en ce moment en vente le seul local commercial dont la ville est déjà propriétaire dans cette même rue (un local mis pour l’heure à la disposition de l’Office du commerce et de l’artisanat du Piémont) ? Où est la logique ? Je vous le disais : ses annonces, c’est du grand n’importe quoi