Précisions sur l’étude lancée par la mairie en vue de la requalification du centre-ville (chronique : « enfin une étude qui aboutira » ?)

Il y a de longs mois, le maire a, à grand renfort de tambours et trompettes, annoncé un véritable « Plan Marshall » pour la redynamisation de la rue Louis-Barthou Certains commentateurs ici ont considéré, à juste raison me semble-t-il que, pour être efficace, ce type d’opération devait porter sur tout le centre-ville et non sur une seule de ses artères, fut-elle autrefois la plus commerçante. Lire la suite « Précisions sur l’étude lancée par la mairie en vue de la requalification du centre-ville (chronique : « enfin une étude qui aboutira » ?) »

Carrières : création d’emplois – des chiffres fantaisistes ?

J’entends d’ici l’exclamation de certains lecteurs : « Encore les carrières ! ». Le calendrier est seul responsable de ce thème à répétition : lundi et mardi prochains, quelques dizaines de « privilégiés » seront reçus par le maire et Guillaume Costanzo, le gérant de GC Conseil, puis le 21 novembre, ce sera la grande réunion salle Jéliote. Dans le cadre de ce que j’appellerai l’« Opération Doliprane ». Objectif : faire retomber la fièvre suscitée par un projet que beaucoup considèrent comme porteur de bien plus de nuisances que d’avantages pour Oloron et pour les Oloronais. Lire la suite « Carrières : création d’emplois – des chiffres fantaisistes ? »

Non, le chocolat Lindt n’est pas le meilleur du monde

Aïe, aïe, aïe. Voici une révélation de nature à vous faire soupçonner de manquer de patriotisme économique dont nous devons faire preuve à l’égard de votre ville. Et pourtant, comme dirait Jean-Jacques Bourdin, les Oloronais ont le droit de savoir. Savoir que le chocolat fabriqué ici n’est pas le meilleur du monde. Et c’est une revue très sérieuse, « 60 millions de consommateurs », qui le prouve dans son numéro 508 d’octobre 2015 à l’issue d’une batterie de tests rigoureux.

Quelle méthodologie le magazine « 60 millions de consommateurs » a-t-il suivi pour parvenir à cette conclusion un peu vexante pour notre chauvinisme local ? 18 chocolats noirs contenant 65 à 75% de cacao ont été soumis à deux types d’analyse.
– d’une part un jury d’experts a évalué en notant de 1 à 9 l’odeur, le goût, la texture en bouche et l’arrière-goût de chacun de ces chocolats ;
– 60 consommateurs réguliers de chocolat noir ont ensuite noté de 0 à 10 leur appréciation de chaque chocolat ainsi que l’aspect, la couleur, l’odeur, le goût, la texture et leur intention de le consommer à nouveau ;
– ont par ailleurs été mesurées la teneur en cadmium des 18 chocolats ainsi que leur teneur en sucres et en lipides.

Deux chocolats Lindt figuraient dans le panel étudié : Lindt 70% noir intense et Lindt 70% noir subtil. Leur classement ? 8ème sur 18 pour le premier. 12ème sur 18 pour le second. Le premier a obtenu une note générale de 15/20. S’il n’est jugé « très bon » sur aucun des critères étudiés, il n’est pas davantage classé « insuffisant » ou « très insuffisant ». Quant au second, avec une note de 13/20, il est jugé « très insuffisant » pour son équilibre nutritionnel comme pour sa teneur en lipides.

Et qui est l’heureux élu ? Le 70% cacao noir de…. Leader Price. Avec une note de 17/20. Et un prix par tablette 50% moins élevé que celui de Lindt. Comme quoi, le plus cher n’est pas forcément le meilleur.

J’entends d’ici la critique. Oui, il s’agit là d’une étude portant sur deux produits, or le catalogue de Lindt compte près de 150 fabrications différentes. Objection recevable. Voilà pourquoi, malgré tout le crédit que je porte à cette étude de « 60 millions de consommateurs », ce n’est pas demain la veille que je cesserai de fréquenter le magasin d’usine Lindt de notre ville.

Un projet de carrière menace 200 hectares de la forêt du Bager – Bataille en vue

Forêt du BagerVoilà une délibération prise par le conseil municipal d’Oloron au cœur de l’été dernier qui risque de faire quelques vagues dans les prochaines semaines. Pas sûr d’ailleurs que les élus de la majorité qui l’ont votée à l’unanimité (les 8 conseillers de l’opposition s’étant prudemment réfugiés dans l’abstention) aient alors mesuré la portée de leur vote.

Par cette décision, le conseil municipal a autorisé une société basée à Alès, la société GC Conseil, à se lancer dans « la réalisation d’études nécessaires à la constitution d’un ou plusieurs dossiers de demande d’autorisation d’exploitation de carrière sur des terrains privés communaux ». La délibération précise que quatre zones seront concernées par ces études, pour une superficie totale de (j’arrondis à l’entier supérieur) 261 hectares, soit 2 610 000 mètres carrés. Dont près de 200 hectares de la forêt du Bager Sud d’Oloron (en ouverture de ce billet, deux photos trouvées illustrant la zone concernée).

Rappelons tout de même que ces terrains sont classés dans le Plan local d’urbanisme d’Oloron en espaces boisés classés. C’est-à-dire qu’ils ne doivent pas, sauf cas très particulier, changer de destination. Il sera intéressant de vérifier, mais sans doute l’étude s’y attachera-t-elle ( !), si les règles d’urbanisme oloronaises et, plus généralement, les règles d’urbanisme françaises permettent dans le cas présent l’abattage de dizaines d’hectares de forêt pour, à la place, creuser le sol et araser des collines afin d’en tirer des matériaux pour la construction et les travaux publics.

La découverte très récente de ce projet a fait grimper aux arbres (façon de parler… compte tenu du sujet !) de nombreux Oloronais. Qui s’opposent à une telle atteinte à l’environnement ainsi qu’aux nuisances de tous ordres que l’exploitation d’une telle installation susciterait chez les riverains. Réactivation d’une association de défense, création d’un site Internet et d’une page Facebook,préparation d’une pétition, appel aux bonnes volontés… ils se mettent en ordre de marche. L’heure de la bataille approche !

J’ai lu sur leur page Facebook le message d’un de leurs soutiens, membre par ailleurs du futur Comité économique, social et environnemental local (CESEL) dont Monsieur le maire, soucieux d’instaurer à Oloron la démocratie participative, a décidé la création. Ce membre s’étonne que ledit comité (même s’il est encore à l’état d’embryon) n’ait pas été informé du projet. Voilà une réflexion intéressante car si cette opération n’a pas une connotation économique et environnementale aucune autre ne l’aura. Allez, Monsieur le maire, vous saisissez le Cesel ? Ou le Cesel devra-t-il dès le mois d’octobre (une fois que le conseil municipal aura officialisé sa création) s’auto-saisir ? Chiche !

PS – pour les personnes intéressées, voici le lien vers le site Internet et la page Facebook des Amis de la forêt du Bager
http://amis-foret-bager-oloron.jimdo.com/
https://www.facebook.com/non.carrieres.forets.bager.oloron

Partenariat public-privé : pourquoi les dés semblent pipés d’entrée de jeu

DésLa volonté du maire de conclure un contrat de partenariat public-privé (PPP) pour refaire les voiries d’Oloron ne passionne pas les foules. Trop technique. Dommage. Si ce contrat est signé, il engagera en effet Oloron à verser durant 20 voire 25 ans à une entreprise de travaux publics un loyer annuel bien supérieur à 2 millions d’euros dans l’hypothèse où le montant des travaux qu’elle aura effectué en contrepartie atteindra les 45 millions estimés par Hervé Lucbéreilh. Cela reviendrait à multiplier par trois l’endettement de la ville, donc à l’empêcher d’effectuer tout autre investissement durant cette période.

La Cour des comptes a étudié une partie des 150 PPP signés par des collectivités locales depuis leur création il y a dix ans. Dans son rapport annuel publié en février 2015, elle s’est évertuée à lister les écueils que peut présenter ce type de contrat pour les communes. Une lecture attentive de ce rapport prouve qu’en l’état actuel de ce que l’on nous dit du dossier, le navire « Ville d’Oloron », son maire à la barre, fonce droit sur les récifs, tel un capitaine de Costa Concordia un peu trop sûr de son talent de navigateur.

Le feuilleton de l’été du présent blog s’efforcera, en tentant d’éviter le jargon techno-merdique, d’une part de présenter les écueils sur lesquels la Cour des comptes alerte les élus, d’autre part de démontrer en quoi notre ville reste insensible à ces mises en garde.

La loi fait obligation à une collectivité qui compte recourir à un PPP d’effectuer au préalable une évaluation. Et, plus particulièrement, de procéder à une étude comparative sérieuse qui démontre que, parmi toutes les solutions qui s’offrent à elle, le contrat de partenariat est la meilleure. Or la Cour des comptes relève que trop souvent les dés sont pipés dès le départ. L’évaluation préalable est biaisée ; elle ne sert pas, comme le voudrait la loi, de guide pour que les élus se déterminent en connaissance de cause, elle est rédigée de telle sorte que dans tous les cas de figure le choix du PPP s’impose.

Ce sera le cas à Oloron. Le maire nous assène depuis la campagne électorale que le contrat de partenariat est la seule solution. Or à l’époque, il n’a fait réaliser aucune étude qui le prouve. Sans doute est-il doté d’une science infuse au-delà de l’ordinaire pour être aussi certain de son fait. Il fait en ce moment réaliser cette étude, parce que la loi l’y contraint. Il serait intéressant de savoir à quel cabinet elle a été confiée. À un cabinet ayant des liens étroits avec des entreprises de travaux publics ? Gageons en tout cas que cette étude ira dans son sens… tout simplement parce qu’il le veut.

Mais là n’est pas le seul écueil sur lequel nous nous dirigeons. La suite du chapelet de récifs dans quelques jours. Sauf à considérer que tout ce tapage du maire autour du PPP se résume à un effet d’annonce sans lendemain.