Un faux-adjoint à la mairie

Usurpation de titreIl y a de cela quelques semaines, je pondais un petit billet pour commenter (gentiment) le fait que Monsieur Lucbéreilh soit encore affublé du titre de conseiller général dans un document distribué plusieurs semaines après ses déboires électoraux. Nouveau motif de commentaire, tout aussi gentil, mais à l‘adresse aujourd’hui d’un autre élu d’Oloron.

Je reçois une invitation pour un apéritif patrimonial demain mardi à l’occasion de l’ouverture de la 2ème édition d’Osez les musées, le programme d’animations d’été de la ville. Au passage, la notion d’ « apéritif patrimonial » me plonge dans un abîme de perplexité. Mais là n’est pas l’objet de mon propos du jour.

Non, c’est la qualité des puissances invitantes qui m’interpelle. Il y a d’abord Hervé Lucbéreilh en sa qualité de Maire d’Oloron Sainte-Marie. Jusque-là, rien à dire. Il y a ensuite David Corbin, présenté comme « Adjoint à la Culture et au Patrimoine ».

Le hic, c’est que j’ai beau compulser la liste des adjoints au maire d’Oloron, pas de David Corbin à l’horizon. Ils sont neuf à faire partie de cette brillante cohorte, mais aucun ne répond à ce nom. Un faux-adjoint hanterait-il donc les couloirs de la mairie ?

L’intéressé, en réalité simple conseiller municipal ayant reçu une délégation du maire, se serait-il paré tout seul de ce titre plus ronflant ? Aurait-il bénéficié d’un avancement de grade à l’insu de son plein gré ? « Vanitas vanitatum, omnia vanitas », les premiers mots de l’Ecclésiaste viseraient-ils aussi ce type de situation ?

On vit vieux à Oloron !

Rue Sophie d'ArretQui situe la rue Sophie d’Arret à Oloron ? C’est le nom donné à la voie qui, dans le quartier Notre-Dame, relie la rue de Sègues à la rue Navarrot. Elle dessert tout au plus trois habitations. La plaque de rue (photo) apposée à son entrée nous apprend que Sophie d’Arret était nommée la « Sévigné béarnaise » et qu’elle a vécu de 1710 et 1816.

Pourquoi la « Sévigné béarnaise » ? Parce que Sophie d’Arret de Crouseilhes, baronne de Dombidau, a adressé un grand nombre de lettres à son fils, Pierre de Dombidau, né en 1792 rue Justice, futur ministre, député et sénateur, alors que celui-ci était en pension en Seine-Maritime entre ses 9 et 17 ans. Dans ces lettres, publiées en 1866, elle lui prodiguait moult conseils et lui narrait les évènements de la vie quotidienne dans notre petit coin de Béarn.

Problème ! Pierre est né en 1792. Or sa mère est née d’après la plaque en 1710. Elle l’aurait donc eu à âge de 82 ans ? De surcroît, les dates portées sur la plaque (1710-1816, je le rappelle) tendraient à nous laisser penser que Sophie a atteint l’âge respectable de 106 ans. Pas mal pour une époque où l’espérance de vie s’établissait autour de 40 ans !

Il y a donc une erreur quelque part.
Les sites de généalogie sont en la matière d’un grand secours. Grâce à l’un d’entre eux, j’ai pu retrouver sur l’acte de naissance de notre « Sévigné ». Elle est née le 19 janvier 1770 dans le quartier Sainte-Croix.

Curieux qu’aucun élu ou technicien de la municipalité ne se soit interrogé au moment de la confection de la plaque puis de sa pose sur l’âge qui était prêté à Sophie ! Parce que, tant qu’à honorer une personne, autant être exact et ne pas se contenter de faire dans le pseudo-culturel.