Le lycée Jules Supervielle squatté cet été par des curés en soutane ?

Don Camillo

 

Attention ! Ceci n’est pas une information. Pas encore. Notre informatrice emploie d’ailleurs le conditionnel pour rapporter ce bruit de couloir qui, s’il se vérifie, n’étonnerait pas grand monde, mais choquerait la plupart d’entre nous. Et mériterait alors que le Conseil régional, qui a en charge les lycées, s’y intéresse. Un des lecteurs du blog est-il en mesure de démentir ce bruit de couloir, ou bien de le confirmer avec certitude ?

Le voici, livré ici tel que reçu :  » Il semblerait que cet été le personnel de direction du Lycée J Supervielle ait fait la surprenante rencontre d’un curé, style « Don Camillo » à l’intérieur des locaux de l’établissement. Après vérification la « Mairie » aurait accepté d’accueillir un groupe de curés en soutane dans le gymnase du lycée et même les aurait autorisé à y dormir sans que la direction du Lycée n’ait été informée de quoi que ce soit ».

Par acquit de conscience, j’ai tenté de vérifier si, par cas, la ville n’avait pas conclu avec la Région une convention permettant l’occupation temporaire des locaux. Dans le fourre-tout qu’est devenu son site internet, j’ai bien trouvé une convention passée devant le conseil municipal du 5 octobre. Ce pouvait être l’objet de ma recherche car elle concernait l’hébergement…. d’un groupe folklorique. Mais c’était au lycée agricole de Soeix et non à Jules Supervielle. Les recherches se poursuivent donc.

Propos du maire d’Oloron lors d’un colloque de Civitas en 2014 – morceaux choisis

Civitas colloque 2014Il ne faut pas toujours prendre pour argent comptant les propos qu’un élu tient devant une assemblée. Bien souvent, il adapte son discours à la nature de son auditoire. En clair, il leur dit ce qu’elles veulent entendre. Ainsi sans doute de la prestation d’Hervé Lucbéreilh lors d’une table ronde organisée dans le cadre d’un colloque des intégriste de Civitas en juillet 2014 sur le thème « Catholiques, engagez-vous ! ». Morceaux choisis…. non assortis de commentaires, les propos tenus se suffisant à eux-mêmes.

Invité à présenter la ville d’Oloron dont il est le maire, Hervé Lucbéreilh lui trouve une caractéristique particulière : « … c’est que cette ville est peuplée à 40% de réfugiés républicains espagnols, ce qui pose, vous vous en doutez bien, un certain nombre de difficultés d’explication et de discussions avec nos administrés de temps en temps. Donc une psychologie particulière ».

Interrogé sur ce qu’il fait concrètement en tant que maire catholique vis-à-vis des mariages de personnes du même sexe : « Je vais être très franc, pour l’instant la question ne m’a jamais été posée (…) mais j’ai des interrogations certaines auxquelles je ne sais pas répondre. Je vais vous dire ce que je pense clairement. Si je suis l’opinion qui peut être celle d’un certain nombre d’entre nous et que je partage, j’ai tendance à dire : je ne le ferai pas. Donc j’ai deux solutions. La première, je délègue. Mais déléguer, ça veut dire accepter. La deuxième, je démissionne. Ça c’est la seule solution qui soit logique. Est-ce que c’est ce que veut Civitas ? Que tous ses élus démissionnent au motif qu’il faut qu’ils aillent jusqu’au bout de leurs convictions ? C’est un vrai débat (….) qu’il faudra trancher un jour. Parce que c’est un problème de conscience pour un certain nombre d’élus. Je parle de moi mais j’en connais plein qui se posent ce même type de questions. »

Hervé Lucbéreilh revient à un autre moment de la discussion sur les circonstances de son élection : « …. je me suis trouvé dans une situation personnelle difficile, j’ai été malade à la fin de mon premier mandat, donc en 2008, et je n’ai pas été en situation de pouvoir faire la campagne qu’il fallait. Et on a perdu de 80 voix, euh, à cause de ça. Entre temps moi j’avais tourné la page, je m’étais intéressé à d’autres choses… j’avais trouvé d’autres centres d’intérêt, (…) je m’étais dit : je ne serai plus jamais candidat. Et puis on est venu me chercher il y a 6 mois en me disant : si tu ne viens pas on ne gagnera pas. Sauf qu’entre temps mes anciens amis avaient déjà fait une liste. Alors on a fait deux listes. Et on a fait 56% à deux. Sauf que la campagne du premier tour avait consisté pour les deux listes à essayer de grappiller des voix à l’autre. Et donc on s’était critiqué. Quand je dis « on », on « nous » avait critiqué, peu importe. Et donc au deuxième tour il était difficile de dire à des gens : Lucbéreilh, il n’était pas bien au premier tour, mais maintenant il faut voter pour lui au second. Et donc on a eu une déperdition de voix de gens qui aujourd’hui viennent à toutes nos manifestations etc. (….) ».

Bien d’autres passages des interventions de Monsieur le maire auraient pu figurer ici : sur l’interdiction de la viande de porc dans les cantines scolaires (il est plutôt favorable aux repas de substitution)… ou sur ses relations avec son premier adjoint (excellentes !)…. ou sa position vis-à-vis du Front national (il élude habilement la question)…. ou sur la fête de Saint-Grat (il revendique d’avoir réinstauré à cette occasion la procession autour de la Cathédrale). Mais il est toujours possible, pour enrichir sa culture, de visionner la vidéo de la table ronde. Attention : elle fait quand même 58 minutes.

Un maire qui s’affiche au côté des intégristes de l’association Civitas

Udt-Civitas-2015-avantConseil municipal ce 17 juin. La question de la non-reconduction de sa subvention à l’association Terre de Mémoire(s) et de Luttes arrive sur le tapis. Le maire reste ferme sur ses positions : « … ces gens-là font de la politique ». L’opposition n’attendait que ça. Robert Bareille brandit au nez des conseillers la copie de l’annonce de l’université d’été de Civitas qui se tiendra du 30 juillet au 2 août prochain.

Pour ceux qui n’en auraient jamais entendu parler, Civitas se présente comme « une œuvre de reconquête politique et sociale visant à rechristianiser la France ». Le mot « reconquête » qui figure ici n’est pas choisi au hasard. Très en vogue dans les milieux de l’extrême-droite, employé ici à dessein par Civitas, la Reconquista désigne la reconquête de l’Espagne par les chrétiens sur les musulmans.

Thème général de l’université d’été de ce groupe de catholiques intégristes : « Pour une France catholique, reconquérir l’échelon local ». Au nombre des intervenants : Hervé Lucbéreilh, qui y est présenté avec sa qualité de maire. Hervé Lucbéreilh qui aura en charge la co-animation d’un atelier sur le sujet suivant : « Diffuser les idées catholiques dans un projet municipal ».Udt-Civitas-2015-arrière - Copie

L’opposition n’aurait rien trouvé à redire (quoi que…) si Hervé Lucbéreilh avait participé à ce rassemblement à titre personnel. Mais y faire apparaître sa fonction municipale, ça ne passe pas : « Comment peut-on diffuser des idées catholiques dans un conseil municipal ? ». La réponse du maire se veut un rien provocante : « Pourquoi pas ? » Mais il se sent sur un terrain glissant et entame un repli stratégique quelque peu confus.

Hervé Lucbéreilh affirme dans un premier temps qu’il a lui-même découvert sa participation en prenant connaissance de l’affiche de la manifestation. Tel un Richard Virenque agissant à l’insu de son plein gré, il n’était pas au courant. Puis, trente seconde après, il annonce à l’assemblée qu’en fait il a adressé le matin même une lettre à Civitas pour indiquer qu’il ne se rendrait pas à cette université d’été. Dont acte… jusqu’au prochain coup de théâtre.

Pas question de porter ici une appréciation sur les convictions intimes d’une personne, même si on ne les partage en rien. Encore faudrait-il que cette personne s’exprime à titre individuel. Quand elle fait état de sa charge élective, elle est la représentante de tous les Oloronais. Dont l’écrasante majorité ne pense certainement pas comme elle dans ce cas d’espèce et attend d’un premier magistrat qu’il fasse preuve dans l’exercice de ses fonctions d’une totale neutralité à l’égard de toutes les religions.

Conseil municipal du 17 juin : quelques grains de sel

Drapeau tibétainPas question de faire ici le compte-rendu de cette séance du conseil municipal assez soporifique. C’est le boulot des journalistes. Ce n’est pas une raison suffisante pour ne pas mettre mon grain de sel sur quelques-unes des questions de l’ordre du jour.

Le lapsus de Robert Bareille : alors que le conseil planchait sur l’adhésion à l’Agence « France Locale » (un organisme qui permet à ses adhérents de bénéficier de prêts sécurisés), le conseiller d’opposition s’est laissé aller à parler de « France Loisirs ». Sourires dans l’assistance… et chez l’auteur du bon mot…. involontaire.

La minute arithmétique : le conseil a délibéré sur la vente de l’ancien guichet du stade Saint-Pée au prix de 5 000 €. Destination : l’installation d’un distributeur automatique de pizzas. Sachant que la commune doit encore faire 650 000 € de cessions immobilières pour atteindre l’objectif de recettes inscrites au budget, combien faudra-t-il vendre d’anciens guichets ? Réponse : 130. Il y a donc encore du boulot.

C’est nous, non, c’est nous : Mesdames Foix et Gaston ont revendiqué pour leurs groupes respectifs la paternité de l’élaboration du Projet Éducatif Territorial (rythmes scolaires). Sans savoir, faute de connaître suffisamment le dossier, laquelle des deux l’a emporté, on peut convenir de la qualité du débat entre elles.

Armistice : Hervé Lucbéreilh a prononcé des remerciements à l’évidence sincères à l’adresse de Bernard Uthurry . Motif : l’obtention auprès de la Région Aquitaine d’une subvention de 120 000 € à la ville d’Oloron pour le projet photovoltaïque. Ce moment de grâce a été très bref.

Où sont les sous ? Le conseil municipal a décidé d’octroyer un total de 8 224 € à sept associations (Centre social La-Haut, Terpsichore, Adapei, France-Portugal etc.). Mais le budget n’a été doté d’aucun crédit pour y faire face. Question : ces 8 224 € seront prélevés au détriment de quelles autres dépenses ?

Persiste et signe : le maire reste sur ses positions vis-à-vis de la non-reconduction d’une subvention au bénéfice de Terre de Mémoire(s) et de Luttes. Il ne pardonne pas au président de cette association (sans que l’on sache très bien s’il accuse ce dernier de s’être exprimé en son nom personnel ou au nom de l’association) les propos tenus à son encontre. Pas rancunier ( !), il va de surcroît réduire la superficie de l’espace mis gracieusement à la disposition de Terre de Mémoire(s) et de Luttes par la municipalité.

Gêné aux entournures : lorsque l’opposition a rappelé à Hervé Lucbéreilh les relations quelque peu équivoques qu’il entretient au titre de sa fonction de maire avec l’association intégriste Civitas, ledit Hervé Lucbéreilh a paru mal à l’aise. Mais cette question mérite que l’on y revienne plus longuement dans un prochain billet.