Projet de carrières du Bager : mais où est l’opposition municipale ?

Tract de l'association de défense
Tract de l’association de défense

Quand on est un mauvais écrivain (c’est mon cas), on parle de « silence assourdissant » pour qualifier une telle attitude. Oui, comment ne pas qualifier d’ « assourdissant » le silence de l’opposition municipale face à l’émotion soulevée par la découverte d’une étude portant sur la création de carrières menaçant plus de 200 hectares de forêt ?

De deux choses l’une : soit les membres du PS et du PC sont en vacances, soit ils cautionnent l’opération. C’est d’ailleurs cette seconde hypothèse qu’essaient d’accréditer le patron de GC Conseil et le maire auprès de l’opinion. Le premier quand il déclare qu’il avait présenté dans un premier temps son projet à la municipalité précédente, le second quand il affirme que le projet présenté lors du conseil municipal du 31 juillet 2014 est le même que celui qui existait sous la municipalité de Bernard Uthurry.

Le rôle d’une opposition dans une commune est certes de s’opposer. Mais ce rôle va bien au-delà : quand elle considère qu’un projet est contraire à l’intérêt d’une majorité des administrés, elle doit tout mettre en œuvre pour les informer, pour débusquer ce qui, à ses yeux, peut poser problème. Et (je parle ici en général, pas pour Oloron en particulier) ses moyens d’investigation sont plus importants qu’on ne le croit.

Peut-être nous sera-t-il répondu que dans le cas qui nous intéresse l’opposition ne reste pas inerte, qu’elle se livre à une action discrète plus efficace que l’agitation médiatique. Oui, mais voilà : la manière dont le dossier a été géré jusqu’à présent soulève aujourd’hui une telle suspicion chez de plus en plus d’Oloronais qu’il est l’heure d’exposer sans attendre le projet sous toutes ses facettes (avantages, s’il y en a, et inconvénients).

Car si on attend l’enquête publique, c’est-à-dire une bonne année supplémentaire, les tensions vont s’exacerber, les rumeurs proliférer. Ne serait-ce pas la mission de l’opposition municipale que d’exiger d’Hervé Lucbéreilh une séance plénière du conseil où le patron de GC Conseil viendrait dans les prochaines semaines faire part de ses intentions et répondre à toutes les questions des élus… et des citoyens. Ainsi ont procédé de nombreuses communes dans des cas semblables. En convoquant une telle réunion plénière, Hervé Lucbéreilh ne prouverait-il pas qu’au-delà de ses grandes déclarations de principe précédentes il est un défenseur acharné de la démocratie participative ?

Un projet de carrière menace 200 hectares de la forêt du Bager – Bataille en vue

Forêt du BagerVoilà une délibération prise par le conseil municipal d’Oloron au cœur de l’été dernier qui risque de faire quelques vagues dans les prochaines semaines. Pas sûr d’ailleurs que les élus de la majorité qui l’ont votée à l’unanimité (les 8 conseillers de l’opposition s’étant prudemment réfugiés dans l’abstention) aient alors mesuré la portée de leur vote.

Par cette décision, le conseil municipal a autorisé une société basée à Alès, la société GC Conseil, à se lancer dans « la réalisation d’études nécessaires à la constitution d’un ou plusieurs dossiers de demande d’autorisation d’exploitation de carrière sur des terrains privés communaux ». La délibération précise que quatre zones seront concernées par ces études, pour une superficie totale de (j’arrondis à l’entier supérieur) 261 hectares, soit 2 610 000 mètres carrés. Dont près de 200 hectares de la forêt du Bager Sud d’Oloron (en ouverture de ce billet, deux photos trouvées illustrant la zone concernée).

Rappelons tout de même que ces terrains sont classés dans le Plan local d’urbanisme d’Oloron en espaces boisés classés. C’est-à-dire qu’ils ne doivent pas, sauf cas très particulier, changer de destination. Il sera intéressant de vérifier, mais sans doute l’étude s’y attachera-t-elle ( !), si les règles d’urbanisme oloronaises et, plus généralement, les règles d’urbanisme françaises permettent dans le cas présent l’abattage de dizaines d’hectares de forêt pour, à la place, creuser le sol et araser des collines afin d’en tirer des matériaux pour la construction et les travaux publics.

La découverte très récente de ce projet a fait grimper aux arbres (façon de parler… compte tenu du sujet !) de nombreux Oloronais. Qui s’opposent à une telle atteinte à l’environnement ainsi qu’aux nuisances de tous ordres que l’exploitation d’une telle installation susciterait chez les riverains. Réactivation d’une association de défense, création d’un site Internet et d’une page Facebook,préparation d’une pétition, appel aux bonnes volontés… ils se mettent en ordre de marche. L’heure de la bataille approche !

J’ai lu sur leur page Facebook le message d’un de leurs soutiens, membre par ailleurs du futur Comité économique, social et environnemental local (CESEL) dont Monsieur le maire, soucieux d’instaurer à Oloron la démocratie participative, a décidé la création. Ce membre s’étonne que ledit comité (même s’il est encore à l’état d’embryon) n’ait pas été informé du projet. Voilà une réflexion intéressante car si cette opération n’a pas une connotation économique et environnementale aucune autre ne l’aura. Allez, Monsieur le maire, vous saisissez le Cesel ? Ou le Cesel devra-t-il dès le mois d’octobre (une fois que le conseil municipal aura officialisé sa création) s’auto-saisir ? Chiche !

PS – pour les personnes intéressées, voici le lien vers le site Internet et la page Facebook des Amis de la forêt du Bager
http://amis-foret-bager-oloron.jimdo.com/
https://www.facebook.com/non.carrieres.forets.bager.oloron