Le clocher de Sainte-Croix l’a lui aussi échappé belle !

Clocher actuel Église Sainte-CroixNouvelle ascension jusqu’à l’église Sainte-Croix. Non plus pour comparer l’état des lieux à 100 ans de distance (cf. le billet d’hier), mais pour vérifier le sort que le projet de l’abbé réservait au clocher de l’église.

Le brave abbé n’aimait pas du tout ce clocher. Dans sa Notice historique et descriptive sur l’église Sainte-Croix publiée en 1856, il lui règle son compte : « … C’est sur cette façade que s’élève le clocher, carré massif sans intérêt et qui…… n’est évidemment qu’une construction provisoire ».

Maquette Clocher église Sainte-Croix

 

 

L’abbé passe ensuite à la description de la restauration. Le clocher est condamné sans appel : « … il n’y a pas ombre d’architecture : c’est une masse informe qui doit disparaître ». Grâce au Ciel, il a une idée de ce qu’il faut faire : « La lanterne du clocher paraîtra au-dessus…. couronnée par un dôme qui trouverait son modèle ou à Sainte-Sophie de Constantinople ou dans le Catholicon d’Athènes ». Rien moins.

Pourquoi un dôme ? L’abbé Menjoulet a la réponse : « Un dôme convient mieux qu’une flèche dans la position élevée de Sainte-Croix. Les flèches doivent rester dans les plats pays…. au milieux des grandes villes, ou bien, au milieu des forêts ».

Si une maquette du projet existe (ci-dessus un zoom sur la partie concernant le clocher), l’abbé Menjoulet n’eut pas le temps ou les moyens de mener son œuvre à bien jusqu’au bout. Et le clocher resta en son état initial. Faut-il le regretter ?

L’église Sainte-Croix l’a échappé belle !

Il suffit de prendre deux images du même site à cent ans d’écart pour se rendre compte que la physionomie générale du centre-ville d’Oloron n’a guère évolué. L’église Sainte-Croix est cependant l’exception qui confirme la règle. En témoignent les deux photos ci-dessous.

DSC 002 Église Sainte CroixLa première, qui est une carte postale du début des années 1900, montre à quoi ressemblait la façade sud-ouest de l’édifice après que l’abbé Menjoulet ait entrepris la restauration de l’église à partir des années 1850. L’ensemble architectural semble quelque peu hétéroclite, fait de bric et de broc avec ses tours et tourelles, ses adjonctions de bâtiments, son porche monumental. Avec sans doute toute la bonne volonté du monde, le bon abbé imaginait rendre ainsi à Sainte-Croix « l’éclat de sa jeunesse » (c’est lui qui le disait).

Sainte-Croix 2015Oui mais voilà, la réalisation était bien éloignée de la description de l’église au moment de son inscription à l’inventaire des monuments historiques en 1846. Et encore, on a eu de la chance : l’abbé Menjoulet n’a pu, peut-être pour des raisons financières, aller au bout de son projet (suppression du clocher actuel par exemple). Il fut donc décidé après la guerre de lui rendre son aspect initial. Voici le résultat selon une photo prise au même endroit ce jeudi 7 mai 2015.

Les vieux croûtons ont souvent tendance à dire : « C’était mieux avant ». Qu’il soit permis à quelqu’un qui n’a aucune compétence dans le domaine de l’art de juger que c’est quand même beaucoup mieux maintenant.

PS – les plus observateurs auront noté sur la vieille carte postale la statue de la Vierge en haut de l’édifice. Elle est maintenant installée devant l’église, sur l’esplanade Monseigneur Ambroise.