La présence des curés au lycée confirmée par le maire lui-même

Ce qui n’était que bruit de fond est devenu fait réel : le gymnase du lycée Jules Supervielle et le gymnase Scohy ont bien été mis par le maire à disposition d’une communauté religieuse durant cet été sans que, pour ce qui concerne le lycée, l’autorisation de l’établissement ait été obtenue. C’est Hervé Lucbéreilh en personne qui l’a confirmé au quotidien Sud-Ouest qui a consacré un long article à cette affaire dans son édition du 22 octobre.

C’était, toujours selon les propos du maire, pour loger 300 jeunes. À partir des éléments d’information donnés par Sud-Ouest et après une rapide navigation sur internet, il s’agit de jeunes qui accomplissaient le trajet Pau-Lourdes dans le cadre de la « Route Saint-Martin 2015 ». On peut trouver bizarre qu’un tel parcours passe par Oloron pour aller de Pau à Lourdes. Mais les voies du Seigneur sont impénétrables ! Et puis si tous les chemins mènent à Rome, ils mènent aussi à Lourdes.

Petite explication de texte pour mieux se mettre dans le contexte. La « Route Saint-Martin » est un pèlerinage annuel de 200 à 300 jeunes de 17 à 30 ans qui, durant le mois d’août, cheminent en France sur les hauts lieux de la chrétienté, encadrés par des prêtres et des séminaristes de la Communauté Saint-Martin (et non Saint Marc, comme l’indique Sud-Ouest). La communauté Saint-Martin est une communauté de prêtres et diacres que l’on peut sans grand risque qualifier de traditionnalistes (et non pas intégristes) : retour aux valeurs chrétiennes d’autrefois, port de la soutane, messe en latin etc. Notre évêque de Bayonne, Lescar et Oloron est issu de cette communauté. Celles et ceux qui connaissent ses prises de position admettront que c’est loin d’être le plus progressiste des évêques de France.

Mais nous nous éloignons là d’Oloron. Pour revenir à ce qui nous concerne, et au risque de choquer, je ne vois, sur le principe, aucun inconvénient à ce que le maire mette un local municipal à la disposition d’une association à objet religieux. Mais à des conditions non négociables :
– aucune activité à caractère religieux dans le local ;
– aucun signe extérieur religieux porté dans le local (et la soutane en fait partie… comme en ferait partie le voile islamique) ;
– mise à disposition uniquement pour une activité en rapport avec la destination du local (un gymnase n’a pas à servir de dortoir) ;
– conditions d’occupation pas plus favorables que celles consenties aux associations locales ;
– passation d’une convention d’occupation reprenant l’ensemble de ces règles.

Tiens parlons des conventions d’occupation. À l’évidence le maire a outrepassé ses pouvoirs en mettant à disposition le gymnase du lycée sans l’autorisation du propriétaire et pour une activité qui n’avait rien de sportif. Mais, si l’on en croit l’organisateur du pèlerinage, cité par Sud-Ouest, une convention a été signée entre la communauté Saint-Martin et la mairie. Si j’étais élu municipal, je demanderais sans perdre de temps communication de cette convention, si tant est qu’elle existe vraiment. Peut-être nous éclairerait-elle un peu sur les conditions offertes par la mairie d’Oloron pour l’accueil de ces jeunes et de leurs accompagnants en soutane.

À la fin des ordonnances royales figurait autrefois la formule « Car tel est notre bon plaisir ». Cette formule ou les actes qui en tiennent lieu n’ont plus leur place dans une collectivité locale au XXIe siècle. Qu’on se le dise.

Post-scriptum- À la lecture de l’article de Sud-Ouest, on sent que le maire a été passablement énervé par les questions posées par le journaliste. L’article est publié le jeudi 22 octobre. Il paraît que depuis ce vendredi 23 octobre, ce journaliste ne fait plus partie de l’équipe du quotidien régional. Mais il n’y aurait aucune relation de cause à effet entre les deux évènements.
(Actualisé le 24 octobre à 12 h 04) : Monsieur Testemale vient de confirmer par tweet qu’il n’y avait pas de relation entre son départ de Sud-Ouest et « une éventuelle intervention divine ou municipale ».

Le lycée Jules Supervielle squatté cet été par des curés en soutane ?

Don Camillo

 

Attention ! Ceci n’est pas une information. Pas encore. Notre informatrice emploie d’ailleurs le conditionnel pour rapporter ce bruit de couloir qui, s’il se vérifie, n’étonnerait pas grand monde, mais choquerait la plupart d’entre nous. Et mériterait alors que le Conseil régional, qui a en charge les lycées, s’y intéresse. Un des lecteurs du blog est-il en mesure de démentir ce bruit de couloir, ou bien de le confirmer avec certitude ?

Le voici, livré ici tel que reçu :  » Il semblerait que cet été le personnel de direction du Lycée J Supervielle ait fait la surprenante rencontre d’un curé, style « Don Camillo » à l’intérieur des locaux de l’établissement. Après vérification la « Mairie » aurait accepté d’accueillir un groupe de curés en soutane dans le gymnase du lycée et même les aurait autorisé à y dormir sans que la direction du Lycée n’ait été informée de quoi que ce soit ».

Par acquit de conscience, j’ai tenté de vérifier si, par cas, la ville n’avait pas conclu avec la Région une convention permettant l’occupation temporaire des locaux. Dans le fourre-tout qu’est devenu son site internet, j’ai bien trouvé une convention passée devant le conseil municipal du 5 octobre. Ce pouvait être l’objet de ma recherche car elle concernait l’hébergement…. d’un groupe folklorique. Mais c’était au lycée agricole de Soeix et non à Jules Supervielle. Les recherches se poursuivent donc.

Coût des écoles : les calculettes ont chauffé à la mairie

ÉcoleIl y a quelques jours, je m’interrogeais sur le montant apparemment surévalué des dépenses de fonctionnement consacrées aux écoles par la mairie : un communiqué municipal les annonçait à 1 665 000 €, soit 2 220 € par élève. Hier, La République se posait la même question. Depuis, les calculettes ont chauffé dans les services. Ne cherchez plus ! Nous avons la réponse via La République de ce matin.

En fait, selon les services de la ville, le montant des dépenses est dû pour l’essentiel aux frais de personnel. 53 agents seraient employés dans les écoles (dans les classes, dans les cantines, à l’entretien etc..) pour un coût total de 1 310 000 €. Cette somme laisse supposer que tous ces agents sont employés à plein temps. On sait que c’est loin d’être le cas pour certains d’entre eux, je veux parler des vacataires. Mais, admettons. Restent trois questions.

Question n°1 : si ces frais de personnel peuvent être aujourd’hui évalués avec une telle précision, comment se fait-il qu’ils ne figurent pas dans le budget sous le poste « éducation » ? Le propre d’une comptabilité analytique, c’est bien de donner une idée précise du coût de chaque service. Par souci de bonne gestion. Ce n’est à l’évidence pas le cas ici.

Question n°2 : à quoi sont employés ces agents communaux durant les 16 semaines de vacances scolaires ? Il y a certes leurs 5 semaines de congés payés et 2 ou 3 semaines pour nettoyer et remettre en état les établissements scolaires. Mais que font-ils les 7 à 8 semaines qui restent ? Si bonne gestion il y a, ils sont affectés dans d’autres services de la commune… et ne pèsent donc plus alors sur le budget des écoles.

Question n°3 : frustré de ne pas avoir été élu au poste de vice-président de la CCPO, Hervé Lucbéreilh avait, en représailles, fait voter le 25 juin 2014 par sa majorité l’obligation pour les communes extérieures de participer dorénavant aux dépenses de fonctionnement des écoles oloronaises dès lors que certains des enfants de ces communes fréquentaient l’une de ces écoles. Sur la base des dépenses de fonctionnement constatées en 2013, le conseil avait alors fixé à 615 € les charges de fonctionnement par élève. Si je comprends bien l’explication donnée aujourd’hui par les services de la ville, les dépenses de fonctionnement n’incluaient pas les frais de personnel l’an dernier, mais les incluent cette année ? Pas clair, clair tout ça.

En conclusion pour ceux qui commenceraient à ressentir une indigestion de chiffres, le montant des charges du personnel municipal affecté aux écoles est manifestement surévalué. Et comme la mairie ne tient aucune comptabilité analytique permettant de chiffrer ces charges avec précision et sans contestation, le maire peut annoncer les sommes qui lui chantent. Il fait de la communication, pas de l’information.

Projet de carrières : ça va être chaud du côté de Soeix ce 14 septembre !

Lycée agricole de SoeixLe site Amis de la Forêt et du Piémont-Oloron nous apprend qu’une réunion de quartier se tiendra le lundi 14 septembre à 20 heures 30 à la salle du Centre nautique de Soeix. L’invitation est lancée par les membres du comité de quartier de Soeix et du Bager qui précisent que « des représentants de la municipalité y seront interpellés ».

Il convient toutefois de préciser que cette réunion de quartier était programmée de longue date… avant même que le projet de carrières n’ait reçu la publicité qu’il a aujourd’hui.

Ordre du jour principal : le projet de carrières, bien sûr. Il reste à espérer que les « représentants de la municipalité » maîtrisent suffisamment le dossier pour répondre avec précision aux questions qui leur seront posées par l’assemblée. Vu le contexte, le maire n’enverra-t-il au feu que des fonctionnaires sans aucune représentativité ni pouvoir ? Ou bien un adjoint lambda ? Fera-t-il lui-même le déplacement ? Si oui pour faire quelle déclaration fracassante ou promesse mirifique ? Réponses, le 14 septembre.

En attendant, la pression continue de monter. Témoin ce panneau dont la photo (en ouverture de ce billet) m’a été transmise par une lectrice de ce blog, panneau que l’on retrouve également sur la page Facebook « Non aux Carrières du Bager forêts Oloron Sainte Marie ». Apposé sur les grilles du lycée professionnel agricole de Soeix, il témoigne de l’inquiétude exprimée sur le devenir de l’établissement que trois projets concomitants (la déviation, les carrières, le lotissement) menacent d’amputer d’une bonne partie de ses terrains : 20 hectares de moins selon l’inscription portée sur le panneau.

Comme on le voit, le débat ne devrait pas manquer d’intérêt ce 14 septembre au Centre nautique… à condition que les élus municipaux, vu le lieu de la réunion, n’hésitent pas à se mouiller. Rappelons pour terminer que les réunions de quartier sont ouvertes à tous. Rien n’empêche donc tout Oloronais qui veut faire entendre sa voix sur le sujet de faire le déplacement. En souhaitant que partisans et opposants puissent s’exprimer en restant à l’écoute les uns des autres. C’est aussi ça, la démocratie.

Coût des écoles oloronaises : les chiffres fantaisistes de la mairie

 

Écoles
Cliquer pour agrandir

En ce lundi, veille de rentrée scolaire, la mairie se fendait d’un communiqué pour détailler tous les efforts consentis en faveur des écoles oloronaises. L’occasion pour elle de proclamer que « la Municipalité d’Oloron Sainte-Marie a fait de l’école sa première priorité ». Voilà au moins un point commun entre Hervé Lucbéreilh et Alain Juppé ou…. François Hollande. Lire la suite « Coût des écoles oloronaises : les chiffres fantaisistes de la mairie »