Jean-Luc Méchantlong dispense ses conseils au vainqueur et aux vaincus oloronais de dimanche


Nous sommes à J-3. Voilà plus de 50 ans que Jean-Luc Méchantlong bat les estrades. Cette longévité politique l’autorise à dispenser quelques conseils à nos candidats sur la conduite à tenir au soir et au lendemain de la proclamation des résultats de dimanche. Qu’il me soit permis de remercier Jean-Luc pour ce qui est sans doute sa dernière contribution à notre campagne électorale oloronaise. Ses avis éclairés ont permis, je le crois, d’en relever le niveau.

La réalité dépasse l’affliction

Vous, je ne sais pas, mais en ce qui me concerne, je pense avec tristesse aux 60 % d’électeurs qui seront frustrés Dimanche soir à l’annonce des résultats à Oloron. Ils pourraient pour la plupart se désintéresser à nouveau de la politique locale. Au moins jusqu’au prochaines élections. Et pour arranger le tout, traînant dans les rues de la ville un cafard aussi gros que le budget de la future déviation, ils passeront devant les vitrines des permanences désormais inactives des candidats. Ces vitrines resteront pour certaines pendant quelques mois à exposer d’inutiles affiches, se saliront progressivement avant d’être recouvertes par d’autres affiches si cela se trouve tout aussi inutiles. Les sites internet deviendront inactifs, encore que pour certains ce soit déjà le cas. Pour corser le tout « Oloron Blog » annoncera son dernier post. Vous voyez d’ici l’ambiance.

Et bien je dis non, quatre fois non ! Assez de laisser-aller, foin de tristesse, haut les cœurs, halte à la morosité ! Je propose que chaque liste, dès Lundi, pour redynamiser son exposition médiatique remplace les actuels visuels par un calicot artistiquement décoré et qui pourrait reprendre en une phrase, la plus sentencieuse possible, un résumé de sa campagne, et le cas échéant de ses aspirations. Je comprends bien que des mois de travail harassant ont considérablement entamé l’imagination des cerveaux des têtes pensantes des candidats. Aussi je m’autorise, avec mon assentiment personnel, à offrir à chacun une proposition frappée au coin du bon esprit….

A tout seigneur tout honneur (je suppose qu’ils seront les plus nombreux au futur conseil municipal) je verrais bien Oloron en commun afficher : « A cheval donné on ne regarde pas les dents ». Oui parce que vous voudrez bien me concéder que cette victoire, ils la devront en grande partie à leurs adversaires, même si (c’est mon petit doigt qui me l’a dit), je doute qu’ils le reconnaissent autrement qu’en privé.

Pour Hervé Lucbéreilh, qui voudrait bien ne pas rentrer dans l’histoire locale par la petite porte, je suggérerais ces quelques mots prononcés par Napoléon au soir de Waterloo : « L’histoire est une suite de mensonges sur lesquels on est d’accord ». Bon, il n’est pas encore dit que tout le monde sera d’accord.

 En ce qui concerne Daniel Lacrampe, une citation attribuée, certainement à tort, à Voltaire s’impose : « Seigneur, protégez-moi de mes amis, mes ennemis, je m’en charge ». Je pense inutile de décrypter le message subliminal.

Enfin je suis persuadé que pour une fois LCO 2020 affichera avec plaisir quelques mots de Winston Churchill ; « Ce n’est pas la fin. Ce n’est même pas le commencement de la fin. Mais c’est peut-être la fin du commencement ». Petit conseil supplémentaire, et toujours gratuit, en passant : pensez à changer de millésime. Pour un tas de raisons qui toutes ne dépendent pas de vous, 2020 devrait laisser un souvenir assez contrasté pour bien des personnes.

Voici donc une première bonne action d’intérêt général accomplie, pour le plus grand plaisir de tous.

Je ne voudrais cependant pas en rester là. Pris tout à coup d’un zèle pour le moins inhabituel chez moi, je voudrais soulager encore plus si possible les équipiers des quatre listes en lice (plus facile à écrire qu’à dire, non ?). Dimanche soir, vous serez tous occupés à fêter votre victoire ou ressasser votre défaite. En même temps (je rappelle, concession obligatoire à la REM), il se trouvera autour de vous une foule de personnes plus ou moins bien intentionnés, parfois appelés journalistes, pour vous questionner, recueillir vos impressions, enregistrer votre message. C’est un exercice fastidieux voire périlleux, mais qu’il vous faut réaliser alors même que vous n’êtes pas dans les meilleures conditions. Je me propose donc de lister avec vous quelques idées fortes qu’il serait de bon ton d’utiliser dans ces circonstances.

Commençons avec le vainqueur. Bien évidemment, remerciez vos électeurs, et rappelez que vous êtes par-dessus tout les élus de tous les Oloronais. Insistez lourdement : il va être dur de faire admettre votre écrasante majorité au conseil avec 35 à 40 % des inscrits. Je vous suggère donc d’annoncer votre première mesure : l’embauche d’une personne qui sera chargée, tous les matins où vous serez présent à la mairie, de vous ouvrir la porte. Il reprendra alors à haute et intelligible voix les formules calquées sur celles utilisées pour les généraux Romains lors des triomphes : « Rappelle-toi : quel pourcentage d’inscrits ?», les jours pairs, « Souviens-toi que tu nous t’avons fait cadeau du poste », les jours impairs. Je suis persuadé que vous trouverez chez les perdants des volontaires qui le feront bénévolement et avec plaisir aussi souvent que possible. En plus, sauf erreur de pronostic de ma part, il ne sera pas surchargé de travail.

Parlez de main tendue vers vos valeureux adversaires : votre victoire est d’autant plus brillante que vos adversaires le sont aussi.  Appelez à l’union la plus large possible de toutes les bonnes volontés, c’est pas comme si vous aviez absolument voulu faire cavalier seul pour cette élection. Félicitez vos colistiers : ils ont tellement travaillé, et affirmez que dès le lendemain vous vous mettez au travail à la première heure. Ne vous inquiétez pas, il y aura très peu de monde pour vérifier, en dehors des fonctionnaires municipaux. Protégez votre avenir en invoquant par anticipation un droit d’inventaire. Vous aurez ainsi une réponse toute faite en cas de reproches de l’opposition.  Enfin, pour votre conclusion, rappelez que la période va être particulièrement difficile, que les éléments sont, eux aussi, contre vous, mais que fort de votre expérience, de la qualité de votre projet et de vos convictions, vous vaincrez. Là encore, n’ayez aucune inquiétude, l’argument est invérifiable sur l’instant.

Passons aux vaincus. Pour d’évidentes raisons, le discours sera plus laconique. Attention cependant, la liste des éléments qui suivent ne sont pas obligatoirement adaptables aux trois listes. Assurez-vous avant utilisation que l’argument choisi rentre bien dans votre typologie.

Bien entendu, commencez avec les remerciements d’usage aux électeurs qui vous ont fait confiance. Assurez que vous resterez particulièrement vigilants au cours des années à venir : les aspirations de tous seront prises en compte. Ça ne mange pas de pain, et vous aurez toujours l’occasion en conseil d’opposer votre faible représentation au regard de votre forte représentativité. Si cet argument rentre dans votre état d’esprit, inclinez-vous devant la victoire de votre adversaire que vous pouvez considérer comme légale, mais rien ne vous oblige à la reconnaître loyale. Vous pouvez éventuellement aller jusqu’à regretter le mode de scrutin que vous considérerez comme anti démocratique.

Rappelez tous les coups bas que vous avez reçus, les avanies que vous avez subies, le mépris auquel vous avez été confrontés. Surtout, pensez à insister sur le fait que le combat continue, que vous avez ouvert la porte à des nouvelles perspectives, et que, parce qu’elles sont les meilleures, vos idées finiront par triompher. Un petit plus le cas échéant, donnez rendez-vous à vos électeurs pour un évènement particulier : vote du budget, élection du maire ou ce qui vous semblera le plus important.

En cas de déception particulièrement importante, vous pouvez tenter une « Jospin » en déclarant : « j’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conclusions (cette première partie n’est pas obligatoire), en me retirant de la vie politique après l’élection du prochain maire ». Cet engagement ne tient que jusqu’à ce que vous cédiez à l’insistante pression d’électeurs qui vous solliciteront pour sortir la commune du futur marasme que vous prédisez.

Satisfait du travail accompli et conscient du précieux service que je viens de rendre à la collectivité, il me reste encore un message. Ce sera certainement le dernier de Jean-Luc, puisque ce blog devrait s’arrêter prochainement. Alors merci Monsieur Adam de m’avoir permis d’élucubrer ainsi. Je ne doute pas que nos chemins se croiseront à nouveau et que nous pourrons gaiement deviser de politique ou de tout autre chose.

Et, tel un musicien du Titanic plongeant dans l’obscurité glacée d’une après-campagne glacée (ça ne veut rien dire, mais ça sonne bien), je me permets d’entonner, si vous voulez bien me pardonner cette familiarité « Ce n’est qu’un au revoir, mon frère, ce n’est qu’un au revoir, oui nous nous reverrons, mon frère, oui nous nous reverrons ».

Jean-Luc Méchantlong

3 commentaires sur « Jean-Luc Méchantlong dispense ses conseils au vainqueur et aux vaincus oloronais de dimanche »

  1. Oui ce n’est qu’un au revoir.La tempête qui s’annonce, raide, puissante, brisante aura besoin d’hommes de bonne volonté pour l’affronter. Et c’est dans ces moments là que se révèlent les capitaines dignes de ce nom. Hartere des marins d’eau douce cultivant leur ego et fréquentant plus le mess que la vigie…..les 40e rugissants arrivent…

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  2. Cher Jean Luc, vous donnez des conseils aux têtes de listes et colistiers suivant les résultats que vous présumez plausibles.

    Vous dites surtout : continuez d’entretenir vos permanences, décorez les …. vous dites que tout va s’arrêter, ce blog inclus.

    Et pourquoi cher Jean Luc ne poursuivez vous pas ce blog ? Il doit bien y avoir après bien d’autres sujets hors élections à débattre et là sans qu’il y ait des gagnants, des perdants.

    Jean Luc, Joël, un temps j’ai cru que vous étiez la même personne. Dites moi que ma pensée est fausse.

    Avez vous un lien de parenté « blogguiste » ?

    J’aimais bien vous lire ? Où vous lire quand ce blog va s’arrêter ?

    Va t’il y avoir pendant quelques temps un peu de temps pour qu’on puisse s’exprimer après les élections ?

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    1. Jean-Luc et Joël ne sont pas une seule et même personne. Pour le reste, la conclusion de Jean-Luc dans son billet laisse la porte ouverte à toutes les suppositions !
      Après Oloronblog ? Peut-être continuerai-je à écrire sur Retr’Oloron que j’ai un peu (beaucoup) laissé tomber depuis de longs mois.
      Quant à la possibilité pour les lectrices et lecteurs de pouvoir s’exprimer sur le blog après les élections, elle leur sera donnée… jusqu’à l’élection du nouveau maire, puisque c’est elle qui marquera la fin de la partie

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