Et le maire sortant remit lui-même sur le tapis l’affaire des frais de mission


Certains Oloronais ont reçu du maire sortant une lettre dans laquelle il revient sur l’affaire des frais de mission. Preuve que cette histoire le gêne aux entournures. Le titre de son billet : « Affaires ? Quelles affaires ? ». Il aurait aussi bien pu l’intituler : « Circulez, il n’y a rien à voir ». Ben voyons. Pour la clarté du débat, voici, dans un premier temps, le texte complet du billet, puis les commentaires qu’il ne peut manquer de susciter.

Le texte du billet du maire sortant

« On vous en parle depuis des années… et nos adversaires n’ont toujours que ça comme critique.
Qu’en est-il vraiment ?
Cette affaire est née de la haine personnelle que Monsieur Joël ADAM, ancien trésorier de la campagne de Daniel LACRAMPE, entretient avec acharnement contre Hervé LUCBEREILH depuis 5 ans, la lecture de son blog en maireétant la meilleure illustration.
La Chambre Régionale des Comptes a pu constater que le maire n’est ni le créateur ni l’instigateur de ce qui a été dénoncé, plusieurs témoins entendus ont d’ailleurs confirmé que ces agissements préexistaient avant son arrivée aux affaires.
Si le Conseil Municipal avait voté une indemnité représentative de frais, jamais la moindre critique n’aurait été apportée sur ce point.
Cette enquête est infiniment plus complexe que certains ne l’imaginent. A ce jour, elle n’est pas aboutie, et Hervé LUCBEREILH laisse le soin, en toute sérénité, à ceux dont c’est la charge, de faire le choix qu’ils jugeront opportun.
Si l’on estime un jour qu’il y a quelques chose à lui reprocher, il en répondra.
La Justice en France se rend dans les tribunaux, et non sur les blogs ou dans les campagnes électorales.
Hervé LUCBEREILH a dédié toute sa vie au service de ses concitoyens, il ne s’est jamais enrichi personnellement.
Toute autre analyse n’est que spéculation et diffamation »

Le billet du maire sortant confronté à la réalité des faits

« Cette affaire est née de la haine personnelle que Monsieur Joël ADAM, ancien trésorier de la campagne de Daniel LACRAMPE… ».

  • Haine personnelle ? Diable ! La haine est un sentiment qui m’est parfaitement étranger. En revanche, les élus de mauvaise foi et/ou qui considèrent le bien public comme leur chose finissent par m’agacer… et je le dis, ou je l’écris.
  • Et puis que vient faire Daniel LACRAMPE dans le tableau ? Notre maire sortant aurait-il la fibre complotiste en cette période électorale ? Mais alors, il faudrait savoir : est-il la cible de la haine ou d’un complot ?
  • Le blogueur veut bien être accusé de tous les péchés du monde, mais ce n’est tout de même pas lui qui a mis en garde à vue à plusieurs reprises le maire sortant pour qu’il s’explique, preuves s’il en était besoin que la Justice s’interroge sur ses pratiques

« La Chambre Régionale des Comptes a pu constater que le maire n’est ni le créateur ni l’instigateur de ce qui a été dénoncé, plusieurs témoins entendus ont d’ailleurs confirmé que ces agissements préexistaient avant son arrivée aux affaires. ». Là, le maire sortant réécrit à son avantage le rapport d’observations définitives de la Chambre régionale des comptes. Un rapport qui est très sévère à son égard. En voici un extrait (les surlignages sont du blogueur) :

  • la circonstance que quelques remboursements à un agent, certes irréguliers sur la forme, aient été effectués avant 2014, pour un montant total ne dépassant pas 120 € (voir ci-après) ne saurait valoir preuve de l’existence d’une généralisation, par le passé, d’un processus identique pour les remboursements des frais de déplacements d’élus, aucun cas de ce genre n’ayant été observé de 2011 à mars 2014 ;
  • en toute hypothèse, cette circonstance ne saurait excuser l’irrégularité massive qui a consisté à rembourser à partir de mai 2014 des frais kilométriques non réalisés, sur la base d’ordres et de frais de mission comportant des mentions inexactes, tant pour ce qui est des kilométrages que des dates des déplacements ou de la nature des frais réellement remboursés ;
  • ce procédé encourt des risques de qualification pénale, sous réserve de l’appréciation des juridictions judiciaires. A cet égard, ce procédé est d’ailleurs également de nature à mettre en difficulté, et ce indépendamment de leur volonté, les trois adjoints dont les noms apparaissent pour validation sur les ordres de mission et les états de frais (dans la mesure où les documents comportaient en réalité des indications inexactes) ;
  • ce procédé opaque est d’autant plus incompréhensible que le maire a indiqué que tous les frais ayant ainsi fait l’objet de remboursements avaient été engagés dans l’intérêt communal. Or, à supposer que tel ait bien été le cas, ce que la chambre régionale des comptes n’a pas été en mesure d’établir au vu des pièces produites, ils auraient pu faire l’objet de remboursements en toute régularité, à condition toutefois que les formes et procédures règlementaires aient préalablement été respectées. »

N’en jetez plus !

« Si le Conseil Municipal avait voté une indemnité représentative de frais, jamais la moindre critique n’aurait été apportée sur ce point. ». Comment un élu qui a 40 ans de vie politique derrière lui pourrait-il prétendre qu’il ignorait ce dispositif ? Et comme il ne pouvait pas ne pas le connaître (en début de mandat il avait évoqué cette possibilité devant sa majorité), pourquoi y a-t-il renoncé ?

« Cette enquête est infiniment plus complexe que certains ne l’imaginent. A ce jour, elle n’est pas aboutie, et Hervé LUCBEREILH laisse le soin, en toute sérénité, à ceux dont c’est la charge, de faire le choix qu’ils jugeront opportun. » Si 2 ans et demi après son ouverture l’enquête préliminaire est toujours en cours, c’est qu’il y a matière à s’interroger pour la Justice.

« Si l’on estime un jour qu’il y a quelque chose à lui reprocher, il en répondra ». Ben oui, c’est comme cela que ça marche en France. Ce sera à elle, et à elle seule de décider si elle donne une suite ou pas à l’enquête préliminaire qu’elle a ouverte pour « corruption passive, détournement de fonds, faux et usage de faux, escroquerie ».

« La Justice en France se rend dans les tribunaux, et non sur les blogs ou dans les campagnes électorales ». Les blogs ne rendent pas la Justice. Tout au plus peuvent-ils à un moment déclencher une alerte qui met la Justice en branle. La Justice ne se rend pas non plus dans les campagnes électorales, mais ce que le maire sortant évoque aujourd’hui fait partie de son bilan et à ce titre doit être évoqué

Au bas de son billet, le maire sortant a reproduit sous le titre « La preuve » un fac-similé du bulletin n°3 de son casier judiciaire. Le bulletin n° 3 comporte uniquement les condamnations pour crimes et délits les plus graves. Celui du maire sortant ne porte aucune mention. Ce qui signifie qu’au jour de sa délivrance (28 janvier 2020) il n’avait pas subi ce genre de condamnation.
Rappel : tous les articles du blog consacrés aux élections municipales 2020 sur Oloron sont accessibles à partir de l’onglet « Municipales 2020 » situé tout en haut de la présente page

Un commentaire sur « Et le maire sortant remit lui-même sur le tapis l’affaire des frais de mission »

  1. Ce genre de commentaire n’a jamais convaincu des adversaires, mais il est essentiel pour conforter les partisans dans leur confiance, quel que soit le sujet et la période.
    Et puis transformer cela en un vengeance personnelle d’un blogueur haineux, c’est également un moyen traditionnel pour tenter de minimiser l’importance de faits qui pourraient être graves.
    Reste la possibilité que le défenseur se croie réellement le droit de passer au dessus des règles… Pourquoi pas, après quarante ans de vie politique pendant lesquels certaines choses, se faisant de façon plus discrète, ne gênaient pas ceux qui les ignoraient ?

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