Municipales 2020 : oui, la presse locale a le droit de mieux traiter un candidat que les autres


Une petite musique commence à se faire entendre chez les sympathisants de certains candidats déclarés ou en passe de se déclarer, petite musique selon laquelle la presse locale (La République en particulier) mettrait en ce moment un peu trop le projecteur sur la candidature et l’action du maire sortant. Personnellement, je n’ai pas ce sentiment qui est d’ailleurs un grand classique lors des élections locales : chacun s’estime moins bien traité par les médias que ses adversaires. Ce ressenti récurrent donne l’occasion de rappeler quelles sont les règles en la matière et quelle est la pratique.

La règle : liberté de la presse

L’article 11 de la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen de 1789 est très clair : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ». La presse a donc une liberté totale dans le traitement de l’information, une totale liberté d’expression, une liberté certes encadrée par la loi de 1881, mais qui ne lui interdit aucunement, à l’occasion d’une élection, de prendre parti pour tel ou tel candidat. Elle peut même, si ça lui chante, ne couvrir la campagne que d’un seul candidat.

Si l’on revient quelques lustres en arrière, notre presse locale comptait trois quotidiens de sensibilités politiques différentes : La République, étiquetée plutôt à gauche ; L’Éclair, catalogué plutôt à droite ; Sud-Ouest, sans opinion clairement définie, même si notre correspondant local historique, Pierre Claverie, n’hésitait pas à égratigner les pouvoirs en place qui, à Oloron, étaient plutôt de gauche. Par voie de conséquence, lors des élections locales, chaque journal apportait un soutien sans équivoque au candidat proche de leur ligne éditoriale et lui consacrait des articles plus favorables et une plus large place qu’à ses concurrents.

La pratique d’aujourd’hui : une certaine équité

Aujourd’hui, nos trois quotidiens existent toujours. Mais ils appartiennent au même groupe de presse, le groupe « Sud-Ouest ». Qui plus est, si l’on excepte l’éditorial et quelques articles, La République et l’Éclair ne font qu’un dans leur contenu. Bien malin qui pourrait discerner dans ces conditions quelque différence entre les lignes politiques du trio. Chacun d’entre eux ayant des lecteurs d’opinions diverses doit dorénavant, pour ne pas en perdre une fraction, tenir un discours relativement neutre ou, à tout le moins, respecter une certaine équité dans le traitement de l’information. Ce sont donc des raisons économiques qui justifient ce souci d’équité des rédactions. Dans ces conditions, bien que rien ne l’y contraigne, le journaliste local, sa rédaction y veillera, s’attachera dans son suivi de la campagne électorale à respecter un certain équilibre dans le volume et dans le contenu des articles qu’il consacrera à chaque candidat.

Mais pourquoi ce sentiment de déséquilibre à cette heure-ci de la campagne ?

Pour deux raisons toutes simples :

  • Deux listes sont encore dans les starting-blocks (pas de présentation de candidat, pas de réunion, pas d’annonces diverses). Par la force des choses, la presse s’intéresse aux seuls candidats dont la campagne commence à frémir et qui leur donnent de la matière pour leurs articles du lendemain
  • Le maire d’Oloron et, dans une moindre mesure, le président de la communauté de communes ont, en raison de leurs fonctions, une possibilité supplémentaire d’occuper l’espace médiatique : point-presse, inaugurations diverses, manifestations, réunions etc. D’où la place qui leur est accordée à ce titre dans les pages locales. Attention tout de même à l’excès de communication en période préélectorale dans des domaines ou pour des actions sur lesquelles ils ne communiquaient pas jusque-là : c’est interdit par la loi

Rappel : tous les articles du blog consacrés aux élections municipales 2020 sur Oloron sont accessibles à partir de l’onglet « Municipales 2020 » situé tout en haut de la présente page

Un commentaire sur « Municipales 2020 : oui, la presse locale a le droit de mieux traiter un candidat que les autres »

  1. Il y a eu un article « renversant » sur une action faite par des écologistes pour dénoncer l’urgence climatique . attention il ne s’agit pas du climat politique 🙂 encore qu’il risque de se réchauffer d’ici mars.

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