Le piège des programmes électoraux/catalogue (chronique « T’as l’bonjour de la vigie locale »)


Graphique bilan

La liste citoyenne a donc rendu publiques la semaine dernière ses 158 propositions. D’ici peu, les trois autres candidats ne manqueront pas de nous présenter à leur tour un programme fort de dizaines de mesures nouvelles. Comme en d’autres temps – c’était en 1981 – nous avions eu droit aux 110 propositions du candidat-président François Mitterrand ou, plus près de nous – c’était en 2014 – aux 117 propositions du candidat-maire Lucbéreilh.

Tiens, à propos, qu’est-il advenu de ces 117 propositions ? Le tableau qui se trouve en fin d’article les reprend une à une, telles qu’elles ont été soumises aux Oloronaises et Oloronais et précise le sort qui a été réservé à chacune d’entre elles. Six ans plus tard, à la veille d’une nouvelle vague :

  • 33 (soit 28%) d’entre elles (en vert sur le tableau) ont été réalisées
  • 19 (soit 16%) d’entre elles (en orange sur le tableau) ont reçu peu ou prou un commencement d’exécution
  • pour 5 (soit 4%) d’entre elles (en blanc sur le tableau) le blogueur avoue une ignorance coupable sur leur réalisation ou pas
  • 60 (soit 51%) d’entre elles (en rouge sur le tableau) n’ont pas reçu le plus petit commencement d’exécution

À la lecture de ce bilan dont est bien sûr comptable l’ensemble de la majorité municipale actuelle, on est en droit de se poser la question : à quoi sert de présenter un programme fort de 117 actions si, au final, plus de la moitié, six ans plus tard, sont restées lettre morte ? Le plus étonnant, c’est que nombre d’entre elles auraient pu, sans difficulté, être menées à bien. Je pense en particulier à toutes celles qui auraient eu pour effet d’associer davantage les citoyens à la vie de la commune. Il a juste manqué un élément, ô un tout petit élément : la volonté politique.

Voilà qui me rappelle les cartes que l’on trouvait dans les restaurants des pays de l’Est au temps béni du communisme : une liste longue comme le bras de plats tous plus appétissants les uns que les autres. Mais, chaque fois qu’on en désignait un à la serveuse, elle émettait un signe négatif de la tête : « Il n’y en a pas ». Et au final, on se retrouvait, comme les clients attablés autour de nous, avec dans notre assiette le plat unique du menu du jour.

Cela étant, il faut reconnaître aussi que nos candidats n’ont pas trop le choix. S’ils se présentent devant les électeurs avec un projet énonçant seulement de grandes orientations et de grands principes de gouvernance, les critiques pleuvront : trop vague, manque de réalisme etc. D’où ces dizaines de propositions. Et certains ont tendance à avoir la main lourde, à forcer la dose : « Puisqu’ils veulent du concret, on va leur en donner ! ». Avec parfois une pointe de cynisme : ils savent dès le départ que telle ou telle mesure n’aura aucune chance d’aboutir. Mais l’important, c’est de faire rêver.

Peut-on reprocher à un candidat de transformer son programme en catalogue ? N’est-ce pas à l’électeur de faire preuve d’un minimum de discernement et d’effectuer son propre tri entre les propositions qui lui paraissent non seulement souhaitables, mais aussi réalisables sur les plans politique, financier, économique, technique etc. et les propositions qui lui paraissent à l’évidence être là pour uniquement faire bien dans le décor ? Et, à partir de ce constat, de se déterminer en connaissance de cause ?

Mais au fait, qu’est-ce qui pousse au final une électrice ou un électeur lambda à voter en faveur de telle liste de préférence à telle autre ? Son intuition ? Ses inimitiés ? La personnalité de la tête de liste ? L’homogénéité et la qualité des membres de la liste ? Ou le programme de la liste ??? À chacun sa réponse.

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Le bilan du programme électoral 2014 (format PDF)

Rappel : tous les articles du blog consacrés aux élections municipales 2020 sur Oloron sont accessibles à partir de l’onglet « Municipales 2020 » situé tout en haut de la présente page

15 commentaires sur « Le piège des programmes électoraux/catalogue (chronique « T’as l’bonjour de la vigie locale ») »

  1. Bonsoir Joël
    Merci de cet article. 1 detail concernant les 110 propositions de F Mitterand, il me semble que c’était en 1981. Je me trompe.
    Et bravo pour votre blog

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  2. Le blogueur aurait pu ajouter les « 120 propositions pour Grenoble » formulées en 2014 par la liste Ecologiste et Citoyenne d’Eric Piolle victorieuse à Grenoble (agglo de 500.000 habitants), dont toutes ont été réalisées. Forte de ce contrat rempli, la liste Ecologiste et Citoyenne d’Eric Piolle (d’ailleurs originaire d’Arette) se présente cette année en favorite à sa propre succession.

    Comme quoi le respect des engagements est possible, mais qu’il dépend plus de la personne, ou de l’équipe, qui les formule, que des promesses elles-mêmes.

    A ce titre, La Liste Citoyenne Oloron 2020 ( LCO 2020 ) a d’ores et déjà, pourtant encore simple candidate, démontré sa capacité à tenir ses promesses (renouveler le paysage politique local, faire parler d’écologie et de démocratie participative (sincères), proposer de nouvelles perspectives pour l’économie locale, co-construire un programme 100% proposé, débattu et voté par les habitantes et habitants de la ville, rendre publiques, collectives et transparentes la totalité des démarches et des décisions, inspirer des initiatives similaires sur le territoire, etc.).

    Mais attention cette liste de 158 propositions de la Liste Citoyenne Oloron 2020 ( LCO 2020 ) présente deux nouveautés majeures. Deux points forts incontestables!

    1/ Les personnes qui en sont à l’origine seront aussi les décisionnaires de leur mise en application et leur comptables dans le temps, nous voulons parler bien entendu des Oloronais eux-mêmes.

    2/ Cette liste de propositions est un document vivant. Elle n’est pas figée. La démocratie participative est un exercice vivant. Elle est ouverte aux critiques, aux contre-propositions, aux questions, aux amendements, jusqu’au jour des élections, bien entendu, mais surtout pendant les 6 années de mandat municipal.

    Les promesses ne peuvent plus être faites dans le vent et les élections ne peuvent plus être des chèques en blanc, sans droit de participation, de regard, de contrôle ou de modifications.

    Enfin, nous avons effectivement diffusé une liste de propositions brutes, dont nous sommes particulièrement fiers. Malgré certaines critiques (de bonne guerre) sur sa compacité, ce document marque une étape clé dans la co-construction du projet, qu’il est indispensable de partager avec le plus grand nombre. Nous allons dans les semaines qui viennent :

    – Exposer le projet pour l’intercommunalité
    – Détailler les propositions dans le domaine de l’écologie, du social et de l’économie locale.
    – Détailler le budget et le coût de ces mesures
    – Confronter notre programme aux remarques et aux critiques argumentées des habitantes et habitants d’Oloron Sainte Marie.

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  3. faudra dire à éric piolle qu’il eut plus de panache à laisser la place puisque vous pronez tous le mandat unique. Ah le pouvoir… tous pareils…

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  4. L’ interprétation du  » fromage » indique que 60% des propositions n’ ont pas étés réalisées et 19% partiellement réalisées. Le constat est que ces 60% concernent essentiellement la culture, le social, le vivre ensemble. Il en est de même à
    l’ intérieur avec les 19 %. Cela voudrait t’ il dire qu’ il en sera de même avec la future liste H L, ou bien y aura t’ il un changement de politique profond concernant les nouveaux engagements?
    Pour donner une vision équitable du problème aux Oloronaises et Oloronais, il eut été intéressant de publier le  » fromage » de la précédente municipalité de Bernard Uthurry. Globalement les taux de réalisation et non réalisation, auraient été identiques à quelques pourcentages prêts, mais sûrement dans des domaines totalement différents.
    Le constat que l’ on puisse faire est que de nombreuses réalisations sont à la marge d’ un projet global d’ avenir qui pourrait changer radicalement le devenir d’ Oloron.
    ( politique de la place de la voiture en ville, plan de circulation, politique et plan du stationnement, politique de l’ amélioration de l’ habitat, du commerce, politique de
    l’ image de marque de la ville, de la qualité de vie, etc…)
    Cela est peut être dû au manque de moyen financier dont souffre la ville, comme tant d’ autres d’ ailleurs, mais qui toutefois arrivent à réussir dans ces domaines là par un acharnement à répondre aux besoins des habitants.( cas signalé de Grenoble)
    Cela prouve qu’ il faut une volonté politique forte et même très forte pour arriver à ces résultats. Il faut surtout abandonner les clientélismes politiques et catégoriels qui visent essentiellement un type d’ électorat et qui rongent les finances municipales.
    Il faut tout simplement réapprendre à vivre en ensemble pour un objectif global de qualité de vie, mais également réapprendre à vendre » le produit Oloron  » au prés des instances dirigeantes, administratives, politiques économiques sans quoi les projets resteront toujours à la marge. Les prochains jours verront fleurir les propositions des futures listes, aux citoyens d’ y faire leur marché en toute connaissance.

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    1. Il n’y a plus de »vivre ensemble » à Grenoble.Si ce n’était qu’un probleme d’argent…Quand une carrière à pognon devient un tonneau des Danaïdes,Il faut chercher ou est la fuite..

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  5. Si je comprends bien, si on vote LCO, il faut s’attendre à ce que les projets ne voient pas le jour car ils pourront être remis en question par les citoyens
    … d’abord ils appellent à voter pour une liste dont la tête de liste ne sera pas candidate pour être Maire, mais en plus ils voudraient qu’on vote pour un programme qui sera sans cesse remis en question
    pas très rassurant !

    On ne peut pas non plus faire confiance à Hervé Lucbéreilh qui tel un PDG de Darty, avait signé un contrat de confiance !.. vite oublié !

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  6. Erreur Monsieur / Madame Cam,

    « d’abord ils appellent à voter pour une liste dont la tête de liste ne sera pas candidate pour être Maire »

    Où avez-vous lu ceci ?
    Elle ne sera pas forcément le maire, puisque le conseil municipal élira son maire. Mais elle pourra l’être.

    Au contraire, elle é été élu sans être candidate, vous n’avez pas compris.

    Les citoyens se sont réunis, ont d’abord dit qui ils verraient comme tête de liste. Certains ont accepté et ensuite elle a été élue…. sans se proposer donc 😉 Ca change hein 🙂

    Faut arrêter de mal décrypter la LCO et de lui faire un procès d’intention ;-).

    N’hésitez-pas à demander des explications avant de nous juger avec vos peurs, vieux schémas, etc… Je pense que plein de citoyens impliqués se feront un plaisir de répondre.

    A plus

    Vanessa

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  7. Ah oui, et aussi…
    La LCO a un projet de fonctionnement novateur, je suis ravie que ça titille les gens.
    Oui, une mairie avec la LCO sera en dialogue avec les citoyens.
    Oui, La LCO permettra aux citoyens de suivre tout son travail et de vérifier si le cahier des charges correspond aux réelles attentes et besoins des oloronais, et si il est suivi.
    Certains voudront garder un mode de fonctionnement à l’ancienne, le « parti » propose un programme qu’il a fait tout seul, fera ce qu’il veut une fois élu…
    C’est bien cela qui a mené plein de citoyens, et pas que à Oloron, à se prendre en main pour tenter de faire autrement en montant des listes citoyennes.
    Si ce projet ne convient pas, d’autres listes vous fourniront un projet ficelé qu’elles mèneront ou pas une fois élues, sans concertation, avec une tête de liste roi du pétrole dans sa cité.
    Laisser nous le droit de proposer autre chose, merci 🙂
    Bonne soirée à tous, je file pour de bon, sur d’autres fronts (y a le choix ce soir entre Stop Camions en vallée d’Aspe à Accous, collectif Oloron Solidarité Retraites au bar de la poste et l’ACCOB à Ogeu 😉 ) !
    Bye
    Vanessa

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