Quand André Labarthe pensait et disait pis que pendre de Lucbéreilh


Rassurez-vous : le blogueur ne va pas passer le reste de la campagne électorale à disséquer et commenter les faits et gestes politiques d’André Labarthe, la récente prise de guerre d’Hervé Lucbéreilh. Mais à la suite de l’article d’hier, un lecteur (merci Michel !) lui a transmis une archive qui ne manque pas de sel et illustre bien la relativité de la parole politique. Je ne pouvais faire autrement que de partager cette archive avec les lectrices et les lecteurs du blog.

Remettons-nous dans le contexte. Le 10 janvier 2012, Lucbéreilh annonce sa candidature aux municipales qui se dérouleront 2 ans plus tard. Le 5 novembre 2012, sur les ondes de France Bleu Béarn, il confirme son intention. Le lendemain, sous la signature de Sébastien Lamarque, La République titre en une de la page d’Oloron « Le candidat Lucbéreilh embarrasse la droite locale ».

On y apprend que les élus d’opposition au conseil municipal (ils avaient alors pour chef de file Daniel Lacrampe) ont publié ce même 5 novembre 2012 une tribune sans ambiguïté. Ils ont du mal à avaler la déclaration de Lucbéreilh : « La composition d’une équipe pour les municipales est une démarche collective dans laquelle on ne se décrète pas tête de liste par de simples effets d’annonces, même répétés ». Ils jugent même qu’il en va « d’un minimum de respect ». Le journaliste ajoute : « Le groupe d’opposition n’entend pas « se laisser imposer un quelconque tempo » ni un candidat, d’autant qu’il compte dans ses rangs « un leader naturel qui ne s’est jamais autoproclamé leader », Daniel Lacrampe. ». On sait ce qu’il adviendra par la suite de ces déclarations martiales.

Dans la foulée, et c’est là qu’André Labarthe rentre en scène, le journaliste aborde la réaction des centristes à cette candidature Lucbéreilh :

« André Labarthe, du Nouveau centre, ancien colistier d’Hervé Lucbéreilh, est encore plus direct. « Pendant cinq ans, en tant qu’élus d’opposition, on a pris des coups à sa place ! » Et de reprocher à l’ancien maire battu en 2008 sa démission : « Le capitaine qui a abandonné le navire en pleine tempête est sans doute le plus mal placé pour redemander un commandement. »

Sébastien Lamarque poursuit :  » À l’entendre on n’imagine pas qu’il figure désormais au sein du même mouvement politique qu’Hervé Lucbéreilh. Et pourtant : le Nouveau centre comme le Centre national des indépendants et paysans (CNIP – relancé dans le département par Lucbéreilh) ont rallié la bannière de l’Union des démocrates et indépendants (UDI). ». Faut-il préciser que 2012 le CNIP a dérivé idéologiquement jusqu’à se retrouver aujourd’hui à la droite de la droite.

Forcément quand on compare le Labarthe de 2020 chantant les louanges de Lucbéreilh au Labarthe de 2012 n’ayant pas de mots assez durs contre ce même Lucbéreilh, ça prête à sourire. A-t-il voulu confirmer l’adage qui veut qu’il n’y ait que les imbéciles qui ne changent pas d’opinion ? Cherche-t-il à confirmer une constante du monde politique ? Un monde dans lequel les mots « amitié », « fidélité », loyauté » n’ont pas le même sens que chez le commun des mortels. Les « amitiés » se font et se défont en un instant, en fonction de l’intérêt personnel des uns et des autres. Voilà la raison pour laquelle, si jusqu’à présent j’aurais mis ma main à couper qu’il n’y aurait pas d’alliance entre les deux listes de droite au second tour des municipales de 2020, aujourd’hui, je ne risquerais même plus un ongle dans ce genre de pari.

13 commentaires sur « Quand André Labarthe pensait et disait pis que pendre de Lucbéreilh »

  1. Joel
    Te voilà bien sûr de toi !
    Je le tiens toujours le pari !
    L’alliance de la carpe et du lapin pour se maintenir au pouvoir.
    HL le sait bien lui qui n’ a comme unique ambition d’etre Maire d’oloron. Si on lit entre les lignes, je reste Maire et toi Daniel Président de l’interco.

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  2. Certains hommes changent de parti en fonction de leurs opinions, d’autres changent d’opinion en fonction de leur parti.
    (Winston Churchill)
    Toujours d’actualité semble t’il, en tout cas Messieurs, bon appétit mais si possible chez une table du Piémont. Pensez aux circuits courts et votre bilan carbone.
    En tout cas bonne et heureuse année 2020 à vous deux 😉 ainsi qu’à tous les lecteurs de ce blog.

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  3. De ma Picardie, chuis évidemment pas partie prenante et je ne devrais rien avoir à dire sur le plan local, alors je me contenterais de cette question :
    Qui a dit que la politique est chose triste alors que parfois, elle donnerait plutôt envie de rire (jaune peut-être) ?

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  4. c’est à nous même que nous devons nous en prendre pour élire des gens aussi médiocres ! Nous devons tant au niveau local, que national, nous réapproprier le domaine politique qui a complètement échappé au peuple, depuis quelques décennies maintenant.

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  5. Oui, c’est sûr que le citoyen est entièrement responsable de son vote, maintenant je ne comprends pas ce que vous entendez par « nous réapproprier le domaine politique qui a complètement échappé au peuple »… c’est quoi pour vous le « peuple », qui au conseil municipal ne fait pas parti des habitants d’Oloron ? J’ai l’impression que vous essayez de mener une politique de la peur où on voudrait nous faire croire que des puissants venus d’un autre monde viennent nous voler notre territoire, mais Oloron est assez petit et les gens assez bien identifiés pour nous rendre compte que les membres du Conseil Municipal, les candidat.e.s annoncé.e.s et supposé.e.s aux prochaines élections sont bien des citoyens d’Oloron !

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  6. bonjour,
    necessité faisant loi, on peut effectivement s’attendre à ce que des gens qui se détestent ,s’entendent pour conserver les places. Malheureusement on voit bien que cela ne fonctionne pas.. La bataille de cour de recréation pour la maison de santé est l’exemple de ce dysfonctionnement. chacun tire la couverture à soi au lieu de penser global pour agir local comme on dit dans le développement durable. Enfin ce mode de dysfonctionnement interdit toute mutualisation entre les 2 collectivités et a pour conséquence les doublons dans toutes les structures et donc des couts de fonctionnement que les citoyens paient avec leurs impôts. Dans de nombreuses collectivités, les structures administratives sont mutualisées entre la commune et l’intercommunalité : DRH, finances, communication, Direction générale….Cela permet de réduire les couts de fonctionnement pour redéployer les économies faites vers des projets d’investissement . Sans les habituelles augmentations d’impôts qui arrivent après les élections. Comme cela a été le cas au début du mandat. Il faut dire que c’est bien plus facile d’expliquer que les impôts locaux augmentent à cause de l’État. Cela évite de faire des choix et de les assumer. D’ailleurs, on devrait demander aux differents candidats de garantir aux citoyens qu’ils n’augmenteront pas les impots locaux, ni par le biais des taux, ni par le biais de la suppression des abattements( cf début de ce mandat), voire des augmentations de taxes/redevances.

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    1.  » Cela permet de réduire les couts de fonctionnement pour redéployer les économies faites vers des projets d’investissement . »
      Cela semble l’ évidence même, mais à Oloron nous sommes encore dans le monde
      d’ avant. Celui du culte de la personnalité et des égos, mais surtout pas dans le monde de l’ intérêt général, qui toutes raisons gardées permettrait aussi de conserver à chacun sa personnalité, ou sa spécificité technique particulière.

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  7. Tout d’abord il me parait tout simplement anormal que les têtes de liste soient toujours les mêmes et faire de la politique ne doit pas s’apparenter à un métier.
    Elles sont le plus souvent choisies en fonction de leur famille politique déclarée ou supposée et bénéficient à ce titre de différents type d’aides extérieures. (partis politiques, conseils en communication, aides financières etc….)
    Comme la  » droite  » et la  » gauche  » ne sont plus à mes yeux tout du moins, que les deux faces d’une même médaille, il en résulte automatiquement la mise en place d’une forme d’oligarchie qu’elle soit locale ou nationale.
    C’est tout le système électoral qui est à repenser et le RIC des  » Gilets Jaunes  » semble aller dans le bon sens à mon avis !
    Après je vous accorde sans difficulté que les différents candidats sont bien oloron d’OLORON !

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