Maison de santé et autres sujets médicaux du territoire : le point de vue de Jean-Louis Coquard, « citoyen lambda » et praticien hospitalier


L’explication de gravure entre Lacrampe et Lucbéreilh lors du conseil municipal du 16 décembre dernier aura eu au moins un mérite, celui de mettre sur la place publique le projet de Maison de santé. Et le nombre de commentaires enregistrés depuis sur le blog montre que la question intéresse davantage que les petites querelles de personnes. Jean-Louis Coquard apporte sa contribution au débat. Il nous livre ici son point de vue de « citoyen lambda », comme il aime à se présenter, mais aussi de praticien hospitalier sur la Maison de santé et, plus largement, sur les problématiques de la santé sur notre territoire. Parole à lui :


Le citoyen lambda, praticien hospitalier, retraité actif comme on dit, auprès de la personne âgée, auprès des migrants, lit avec attention les remarques des lecteurs du blog, ne connait pas les propos rapportés par les débats citoyens car il n’y a pas participé, ne se sentant pas capable de rivaliser, de s’opposer !!!! sur des sujets complexes et divers (fractures scientifique, générationnelle , catégorielle, managériale, et peut être spirituelle …respirez !!!!…..) … sans réponse immédiate.
Il remercie le blogueur de lui laisser une place pour apporter quelques commentaires plus que des réponses :
La population locale reste âgée, plus âgée que la moyenne régionale, et multi pathologique. La situation démographique est ainsi.
Les établissements pour personnes âgées dépendantes sont présents : ils sont gérés par des citoyens lucides, humanistes, réalistes face aux situations d’avenir. Les listes d’attente et besoins sont contrôlés, à mon avis, car la qualité des prises en charges « hors institution » par les services à domicile, à la personne, sont excellents (ils mériteraient d’être cités, ils sont nombreux et se reconnaîtront, merci à eux et surtout à elles !!!!). Un risque : que la maison de retraite de l’époque, l’EHPAD d’aujourd’hui, devienne une maison médicale de la personne âgée border line avec le long séjour parfois; une réflexion à venir probable.
Le corps médical de la spécialité – médecine générale – s’est stabilisé. Nous sommes loin des déserts et des oasis médicaux.
Une maison de santé est en réflexion. Elle espère être une réponse (sûrement pas LA réponse) à l’accueil de praticiens (nous noterons que dans d’autres départements, les nouveaux arrivants sont de jeunes retraités en salariat !!!!) car Oloron n’est pas Bedous, Arudy par exemple. Quel sera l’impact environnemental d’une structure commune (l’ARS NOUVELLE Aquitaine en est friande) ? Selon moi : une noria de taxis médicaux. Quel impact sur la mobilité ? À part voir les mamies et papys boomers valides s’y rendre en vélo électrique, descendre la rue Revol, monter à Sainte Croix !!!! sur un lieu unique quel qu’il soit … Quel impact pour les pharmaciens déjà malmenés en France (des pharmacies ferment eh oui, cela existe) ? Et je n’évoquerai pas la dualité argent public pour une sphère privée, sujet toujours sensible dans notre cher pays, la France.
Aujourd’hui, il reste un hôpital oloronais dont les défenseurs défendent le terme « public ». Oui, il s’adresse au public. Mais il fonctionne grâce une complémentarité médicale publique/privée de qualité aux heures ouvrables pour certaine spécialité aux heures creuses car la télémédecine est arrivée et de qualité aussi. N’en déplaise à certains, nous ne défendrons plus l’hôpital public car sans le privé, il n’y aurait plus d’hôpital : évoluons vers un Centre de Santé du Haut-Béarn, et les générations futures s’y retrouveront.
L’hôpital d’Oloron est en souffrance. Les accusateurs ont trouvé leurs cibles, c’est x ou y. Libres à eux. Mais, si vous lisez la presse médicale, vous verrez que les causes sont multifactorielles. D’où la difficulté de débattre en « zone citoyenne ». Paradoxalement, il souffre moins sur son plateau technique médico-chirurgical que médicale, alors que l’inverse était craint. Alors faisons confiance à ce plateau. Le rédacteur a fait confiance, si c’est cela que certains veulent entendre.
La spécialisation a fait disparaitre la polyvalence du suivi 24h/24 (une structure, c’est jour et nuit, 365 jours par an). Les spécialités se concentrent car moins nombreux sont les praticiens et elles se concentrent dans les gros bassins de population sur des plateaux techniques onéreux. D’où l’appauvrissement de secteurs comme le nôtre. Un ajustement est nécessaire dans les services de médecine. Je ne doute pas qu’il se fera avec le temps. Autrement …mais il faudra, autrement …quel que soit le Politique ou l’Etat demain (notons qu’un maire, des maires, un député ne feront pas le printemps du centre de santé du Haut-Béarn non plus), localement, l’accompagnement citoyen de ces derniers sera bénéfique si les problématiques sont bien appréhendées (cf. fractures ci-dessus).
Tout cela est du bla-bla, il ne se mouille pas trop le citoyen lambda dans son bouillon de culture médicale et loin des rencontres citoyennes : je rassure certains, comme beaucoup de citoyens oloronais, et de nombreux lecteurs du blog, je suis dans l’action où mes connaissances peuvent aider l’ÊTRE HUMAIN. Eh bien , je rêve de cabinets médicaux et paramédicaux à taille humaine , bien répartis sur notre secteur avec une bonne gouvernance territoriale et dossier unique ; je rêve d’une maison de santé simple où tout professionnel médical et paramédical vient assurer sa part d’astreinte pour soulager les urgences ; je rêve d’un service d’urgences où certains postes seront délocalisés en interne pour aider le centre de santé du Haut-Béarn dans sa configuration de demain, car il y aura moins de patients aux urgences .
Mon rêve est terminé, les réalités sont là, mes confrères travaillent à leur projet de la vraie vie, je le respecte et l’accepterai. Je souhaite bon vent aux candidates et candidats citoyens, candidats sur les listes municipales, je ne manquerai pas de venir vous écouter, dans la discrétion et la pondération qui siéent à ce sujet.
Jean-Louis COQUARD

Un commentaire sur « Maison de santé et autres sujets médicaux du territoire : le point de vue de Jean-Louis Coquard, « citoyen lambda » et praticien hospitalier »

  1. Bon, il nous faut une maison de santé ou autres noms si vous le souhaitez… Que les élus écoutent ce que les professionnelles souhaitent et le plus important que notre avis ici !
    En passant, ayant eu à faire à l HAD (hospitalisation a domicile) que je connaissais pas, une équipe d infirmières qui travaillent avec les hôpitaux et qui fait un excellent travail, je les remercie.

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