Et si le « plan Marshall » de revitalisation de la rue Louis-Barthou n’était que poudre aux yeux ?


En juillet 2017, il y a donc 2 ans, on nous a annoncé à grands renforts de trompettes un  » Plan Marshall  » de revitalisation de la rue Louis-Barthou. Un an plus tard, en juillet 2018, d’immenses panneaux déclinant le calendrier de l’opération ont été installés aux deux extrémités de l’ex-cœur commercial de la ville. Tout ce battage pour quel résultat ? Si l’on excepte la pause de quelques ralentisseurs dits « coussins berlinois » et l’annonce maintes fois renouvelée de la prochaine création d’un parking à deux cents de mètres de la rue, rien, toujours rien.

Et pourtant, n’en doutez pas : à l’occasion des prochaines élections municipales, toutes les listes en présence vont en remettre une couche. Elles vont toutes déployer des trésors d’imagination pour nous faire miroiter des solutions forcément efficaces. Cela serait crédible si Oloron était la seule commune de France à se heurter à ce problème de désertification. Il y aurait alors la possibilité de s’inspirer de ce qui se fait ailleurs. Le hic, c’est que toutes les villes moyennes (si tant est que l’on puisse classer notre cité dans cette catégorie) sont confrontées à la même situation.

Voici Villeneuve-sur-Lot, sous-préfecture du Lot-et-Garonne deux fois plus peuplée qu’Oloron. Allez lire le long article que Franceinfo consacre à la déshérence de son centre-ville (à retrouver en cliquant ici). Vous constaterez que, même si la capitale du Haut-Béarn n’en est pas encore à vivre un contexte aussi difficile, il y a bien des témoignages, bien des constats qui pourraient être ceux des Oloronais.

L’article de Franceinfo pose les bonnes questions. Si, plutôt que de s’attaquer aux symptômes du mal, comme on semble vouloir le faire chez nous, on décidait de s’attaquer aux causes ? Oui, la déshérence commerciale d’un centre-ville ne va-t-elle pas de pair avec sa désertification, le départ de sa population vers la périphérie, le vieillissement et la précarité de celle qui reste, la vacance et/ou l’insalubrité des logements ? Quel intérêt pour des commerces de continuer à vivoter dans des quartiers qui se dépeuplent ?

C’est donc, semble-t-il, un plan d’ensemble portant à la fois sur l’économique, le social, l’habitat etc. dont on a besoin. Or la municipalité nous vend des mesures ponctuelles. Mises bout à bout, elles permettent la tenue de multiples points presse et une couverture médiatique quasi quotidienne. Mais jusqu’à présent elles ne se traduisent sur le terrain par aucun effet concret. J’ai cru comprendre que des cabinets d’études distingués travaillaient sur ce type de projet global qui devrait nous être présenté très prochainement.

Mais, franchement, est-ce à quelques mois des élections, à l’heure où nos élus sont davantage dans la confrontation  que dans les échanges productifs que l’on se lance dans ce genre de réflexion ? Qui plus est, par la force des choses, ces études ne déboucheront sur rien avant le mois de mars prochain et pourraient même finir aux oubliettes si elles n’agréent pas à la nouvelle équipe qui sera mise en place à l’issue des municipales. Un sort réservé à tant d’autres études avant elle.

Quel Oloron voulons-nous pour demain ? La question n’est plus l’affaire du conseil municipal. Il aurait dû s’y prendre bien avant pour se la poser, pour nous la poser. La question est devenue celle des candidat.e.s qui s’apprêtent à solliciter nos suffrages. C’est autour d’elle que devrait tourner le prochain débat lors de la campagne électorale qui s’annonce. Et, en guise de réponse, pas de bla-bla, mais la proposition d’un plan d’action concret… et réaliste.

Gardons néanmoins les pieds sur terre : il n’est pas sûr que le sujet mobilise tant que ça des Oloronais plus préoccupés par les soucis du quotidien et les préoccupations immédiates que par le devenir de leur ville à moyen terme. La preuve : lors de la première réunion d’élaboration d’un projet tenue par les membres de l’opposition, le public n’a quasiment pas abordé la question. Alors, peut-être que La Liste Citoyenne Oloron 2020 s’en saisira  et trouvera là l’occasion de se démarquer en posant sur la table des idées nouvelles sortant du discours convenu, si possible concrètes… et réalistes…

Après cet article, le blogueur s’octroie sa première pause chouchen/krampouezh estivale. Oh ! de 17 jours seulement. Retour sur le blog prévu le 19 août… sauf événement imprévu majeur d’ici là.

 

 

14 commentaires sur « Et si le « plan Marshall » de revitalisation de la rue Louis-Barthou n’était que poudre aux yeux ? »

  1. … et le blogueur avait déjà travaillé sur le « comment faire de la rue Barthou, une rue attractive ? ». Le petit groupe de paroles en était arrivé à penser que cette rue devait changer d’orientation… personnellement, je le pense toujours… et nous avions des solutions…

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    1. Le blogueur confirme : cette réflexion citoyenne aurait pu être l’amorce d’une réflexion ouverte à tous les Oloronais. Malheureusement, ce type de démarche ne figure pas encore dans le logiciel de nos élus qui, sur ces sujets, oublient trop souvent de prendre l’avis et de recueillir les propositions des premiers intéressés, à savoir leurs administrés

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      1. Ce n’est pas une spécialité d’Oloron de ne pas faire de réunion avec les intéressés pourtant cela éviterait pas mal d’erreurs et apporterait un peu de bon sens…

        Tiens ça y est au pont Laclau dans le sens Bayonne Pau ils ont mis un avertisseur sur la borne en béton juste avant le rond point de la jao………..Peut être un élu s’y ai fait prendre…….

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  2. On y met un toit en bacacier et un nom de grande surface à la place de « Louis Barthou », vu la tendance, ce sera blindé de monde……..

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  3. La rue Barthou n’est plus le centre de la ville d’Oloron.
    Il n’y a plus de politique d’aménagement du territoire ,mais le territoire est aménagé par ceux qui entreprennent,en particulier les possesseurs des grandes surfaces.Quand on agrandit le Leclerc ou le Lidl,on renforce la périphérie routière.
    A titre personnel je pense que la rue Barthou est moribonde et que sans abandonner l’idée qu’il doit y avoir des commerces,il faut une autre orientation.Tant que la vie sera centrée sur l’expansion en banlieues de plus en plus lointaines autour de la VOITURE,la politique de revitalisation sera inefficace.
    En Allemagne,ou chez nos proches voisins espagnols ,le choix a été depuis longtemps de maintenir ou renforcer des centres urbains autour de transports en commun.Résultat des villes avec de vrais centres.au centre.Nous avons choisi d’avoir des villes américanisées.Commentaire de quelques espagnols ayany vécu à Oloron il ya deux ans:Donde estan los oloroneses.¿Se Esconden(pas de traduction,volontairement)?No hay gente en las calles!
    Une tendance comme celle ci ne s’inverse pas avec un coup de baguette,c’est un long processus.En particulier la reconquête de friches industrielles à transformer en petit collectif(quartier Sklop,quartier des fontaines au delà de la voie ferrée.
    Allez soyons positif ,il y a la navette .

    e

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    1.  » Allez soyons positif ,il y a la navette . »
      L’ idée de la navette est une excellente idée, mais par contre sa fonctionnalité est catastrophique. Oloron n’ est pas une ville centre, mais de quartiers et de villages la jouxtant .Tant qu’ elle ne fera pas le lien entre les villages environnant, Oloron et le centre ville, la navette sera totalement inutile. De même tant qu’ Oloron sera
       » ville ouverte à la voiture » et chasse gardée des responsables politiques, la navette continuera à circuler à vide autant de jours que Dieu puisse en faire. Il faut avant tout un plan de circulation pour la ville, lié à une politique globale de la ville, le tout avec des parkings relais aux différentes entrées de la ville. Parkings reliés entre eux avec le centre ville par la navette. Le seul point positif qui peut mettre les Oloronais d’ accord avec la navette, c’ est qu’ elle coûte actuellement, par sa sous-utilisation, très cher, pour peu de résultat positif. A voir la tête de certains automobilistes oloronais attendre derrière elle, je me demande si elle est pas considérée par certains comme une entrave à la circulation.
      Il serait plus que temps qu’ il y ait une réflexion globale autour de la navette. Peut être que les mois pré-électoraux qui arrivent verront se débat s’ ouvrir. Mais pour
      l’ instant, autant à D comme à G, personne ne semble pressé d’ ouvrir cette boîte de pandore.

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  4. Autre sujet
    Et merci aux services municipaux d’avoir remis en parallèle les coussins berlinois rue Labarraque évitant le gymkhana permanent d’une majorité.Merci aussi à ceux qui ont respecté la signalétique

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  5. il n’y a plus rien a faire avec cette rue, tout a été fait pour Leclerc et autres comme dans toutes les villes. Que la ville achète si ce n’est fait la maison Barthou pour en faire un musée et fermer cette rue et la mettre pietonne puisqu’il n’y a pas moyen de s’y garer.

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    1. C’est bizarre, j’arrive toujours à m’y garer. Pas toujours exactement devant l’endroit où je vais, mais on peut faire 50m à pied, non?

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      1. La rue Louis Barthou est la parfaite représentation du mal oloronais qui consiste à se garer impérativement devant la porte du commerçant chez qui l’ on va. Effectivement devant chaque porte de commerce il n’ y a pas cinquante places disponibles. Cet état d’ esprit là a été entretenu par les différentes municipalités depuis une cinquantaine d’ années, mais surtout personne n’ a rien fait pour que cela change, bien au contraire ça s’ est amplifié avec la multiplication des parkings au grès des humeurs du jour.
        C’ est pour cela que les grandes surfaces ont tant de succès, d’ où leur multiplication ou leur agrandissement permanent. Il semble bien que les Oloronais se complaisent dans ce système, malgré que philosophiquement beaucoup de dénonce. Comprenne qui pourra.

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  6. … et l’ont retrouve dans les boutiques paloises des oloronais qui font les achats de produits identiques et au même prix que ceux mis en vente chez les commerçants oloronais… Avec une grande différence, c’est qu’à Pau ils sont anonymes !

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