Campagne pour les municipales 2020 : compte-rendu décousu, donc forcément subjectif, de la première réunion publique de la « gauche de gouvernement » oloronaise


Même si d’autres équipes se préparent de longue date (depuis près de six ans pour certaines d’entre elles !) à solliciter nos suffrages au mois de mars prochain, la « gauche de gouvernement » oloronaise est la première à se lancer officiellement dans la bataille. Par « gauche de gouvernement », il faut entendre ici les forces qui composent pour l’heure l’opposition, ou la minorité si l’on préfère, au sein du conseil municipal, étiquetées socialistes ou communistes pour l’essentiel, et qui aspirent à reprendre les commandes en 2020. Voici un compte-rendu de l’envoyé spécial d’Oloronblog, façon pièce de théâtre – mais n’y a-t-il pas quelque lien entre politique et spectacle ? – de cette réunion de lancement qui s’est tenue jeudi soir.

Le décor

Le bar-restaurant Le Sixième Continent situé à deux pas de la mairie. La pièce est une véritable étuve. Plusieurs dizaines de sièges font face au bar. Contre le bar, trois hauts tabourets sur lesquels se jucheront 3 élus qui feront ainsi face au public. De nombreuses chaises également disposées à l’extérieur, sur la terrasse.

Le public

Il est venu en nombre. Le blogueur a compté une centaine de personnes. Les organisateurs ont d’ailleurs été les premiers surpris d’une telle affluence. Ce public est principalement composé de « jeuniors ». Moyenne d’âge : 60/65 ans environ. Quelques rares jeunes se sont glissés au milieu des cheveux gris.

Les personnages principaux

Ils sont au nombre d’une centaine, puisque les héros de la soirée, ce sont les membres du public. À eux la parole. Ils sont épaulés par quatre assistants : Anne Saouter dans un rôle de modératrice. Elle a pour mission de distribuer la parole et de reformuler si besoin les interventions des participants. Marie-Lyse Bistué, Aurélie Giraudon et Bernard Uthurry dans le rôle de personnes ressource. Ils sont chargés, si besoin, d’analyser et de commenter les différentes interventions au regard de leur expérience d’élus. Et ce en se gardant de toute digression interminable.

Le fil conducteur

Les trois élus et la modératrice ont posé d’entrée de jeu quelques règles : on ne parlera pas ce soir de composition de liste. Ce ne doit pas être non plus une réunion en forme de réquisitoire contre l’équipe municipale en place, ni une réunion où l’on ressasserait le passé. Cette rencontre se veut un temps d’échange avec les Oloronais, une mise en commun des idées, afin de bâtir un projet en co-construction. Si l’on excepte quelques escarmouches et piques – on ne se refait pas – cet objectif de débat positif sera globalement tenu.

L’intrigue

Rentrons dans le vif du sujet en revenant sur les constats, les principales suggestions et contributions émanant du public au fil de ces 2 heures de rencontre. Les voici sans filtre… et en vrac :

  • Citoyenneté: les citoyens doivent être davantage associés aux décisions du conseil municipal dans le cadre d’une concertation permanente (intervention d’un membre de la « liste citoyenne », liste qui compte être aussi sur la ligne de départ en 2020) ;
  • Démocratie participative: prévoir dans le budget communal une ligne de crédit pour un budget participatif ; s’inspirer à Oloron d’initiatives extérieures en matière de démocratie participative
  • Habitat:  mise en place d’une expérience d’habitat participatif (la définition de ce concept restera dans le flou) ; quel dispositif imaginer pour inciter leurs propriétaires à restaurer les 500 logements vacants que compte la ville ?
  • Social: soutien aux associations d’insertion par le biais de subvention et de mise à disposition de terrain ; création d’un poste d’assistante sociale municipale ; nécessité de renforcer la coordination entre tous les acteurs de terrain dans le domaine social ; la paupérisation des personnes âgées et les problèmes que rencontrent de plus en plus d’enfants sont également évoqués
  • Rôle de l’élu: il n’est pas seulement un gestionnaire, il doit être le porte-parole de sa ville dans sa relation avec l’État et les autres structures publiques
  • Écoles: se battre contre la volonté de fermeture des petites écoles de quartier au profit de groupes scolaires plus importants ; renforcer le « manger bio » dans les cantines scolaires en utilisant la compétence des maraîchers locaux
  • Santé: lutter contre la situation de « désert médical » dans laquelle entre notre ville
  • Mobilité: améliorer les conditions de circulation et de stationnement des vélos en ville ; réaliser la liaison ferroviaire entre la France et l’Espagne ; initier une expérience de pédibus (une sorte d’autobus pédestre – voir sur internet pour plus d’information)
  • Intercommunalité: comment retisser le lien entre la ville d’Oloron et la communauté de communes du Haut-Béarn ? Nota : ce thème de l’intercommunalité n’est pas venu spontanément dans la discussion, sans doute parce que, comme l’a expliqué ensuite Bernard Uthurry, ses compétences sont mal connues par les Oloronais, Aurélie Giraudon ajoutant qu’il est difficile aux élus de l’opposition de communiquer en la matière, faute de représentation dans certains instances décisionnelles (le conseil des maires par exemple)
  • Culture: réunir les associations au niveau culturel
  • Sexisme et misogynie: il n’est pas simple d’être femme… ni femme élue

Le regard critique

Rien de très neuf dans tout ça. Mais pouvait-il en aller autrement ? Et puis, on le constate à la lecture de ce qui précède qui n’a nullement la prétention d’être une récapitulation exhaustive de toutes les interventions, l’administration d’une commune ne se résume pas à la dizaine de thèmes qui sont revenus dans la discussion jeudi soir. Peut-être que la préparation en amont d’un conducteur de la réunion aurait permis de mieux balayer le champ de l’action municipale. Mais peut-être était-ce aussi le choix des organisateurs que de laisser la parole des citoyens présents totalement libre. Choix stratégique ? Choix démocratique ? L’avenir le dira.

Et maintenant place à l’acte II

Cette réunion constituait en quelque sorte l’acte I de la pièce. Si j’ai bien compris (mais j’avoue un relâchement de ma concentration sur la fin) l’acte II devrait être le suivant : les échanges avec les Oloronais reprendront à la rentrée de septembre au travers d’ateliers thématiques au cours desquels la réflexion sera approfondie et complétée de façon à aboutir au projet collaboratif qui sera soumis aux électeurs en mars prochain. La démocratie participative à l’épreuve du suffrage universel, ce n’est pas beau ça ?

16 commentaires sur « Campagne pour les municipales 2020 : compte-rendu décousu, donc forcément subjectif, de la première réunion publique de la « gauche de gouvernement » oloronaise »

  1. Rien sur le changement climatique et sur ses conséquences sur la vie de l humain?
    Rien sur l adaptation nécessaire de nos comportements face à ce danger pressant?
    Est ce une question secondaire alors les autres problématiques dépendent de nos attitudes face aux dangers climatiques qui nous menacent?

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    1. Oui, cela a été abordé par un membre du collectif pour une liste citoyenne présent dans la salle. Enjeux globaux, mais qui n’empêchent pas d’être moteur localement, je crois que c’est ça l’idée.

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  2. Rien non plus contre les betteraves rouge, parce que avec des amis on n’aime pas les betteraves rouge !!! et on se disait peut-être une commission de réflexion ???
    A voir quand même si c’est pertinent.

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  3. Un vrai plan de circulation vélo à travers la ville, reliant les lieux les plus fréquentés ( collège – commerces – marché). En étant très ambitieux ou  » utopique », un petit square ou jardin public dans les différents quartiers, bref sortir un peu du copier-collé de beaucoup de municipalités. Mais surtout éviter l armée mexicaine !!

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  4. Demander le prolongement ferroviaire sur l’Espagne sans que nous soient communiqués les résultats de la dernière étude avant projet et persévérer dans la dissimulation du montant du déficit d’exploitation du tronçon Oloron-Bedous qui nous coûte la peau des fesses, c’est nous obliger à marcher les yeux fermés. Bernard Uthurry serait en mesure de nous éclairer, surtout que pour promouvoir le financement de la voie Oloron-Bedous il avait déclaré que l’attractivité de ce train aspois rivaliserait avec le petit train d’Artouste et celui de la Rhune.

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  5. Le schéma productiviste du  » toujours plus  » des années 1950 est bien ancré dans les têtes de nos responsables. Les citoyens ont compris depuis longtemps que le mieux peut aller avec le moins, mais surtout avec le simple, pour le plus grand bien de l’ état de notre planète, mais cela n’ a effleure pas encore les esprits de nos biens pensants.Quand vont ‘ ils se rendre compte qu’ ils sont en retard d’ une guerre.?
    Peut être nous faudra t’ il attendre quelques générations que certains aient les pieds dans l’ eau.

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    1. «  »le mieux peut aller avec le moins, mais surtout avec le simple » »

      je suis d’accord mais je vous souhaite bien du plaisir vu le formatage des esprits. Il faudrait commencer par la fin du matraquage publicitaire continuel sur une myriade d’objets qui font marcher le commerce donc les entreprises (conséquence chomage…).Déjà qu’on est regardé de travers si on a pas la clim dans la voiture ou en aventurier en buvant de l’eau du robinet…
      Voila bien ce genre de choses ou je me retrouve à » la pointe de l’écologie » pour l’ avoir toujours pratiqué ce qui me permet d’observer les donneurs de leçons « yakafautquon » , les mouches du coche…

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      1. La population est peut être plus sensible qu’ on ne le croit à la simplicité, car beaucoup de personnes se rendent compte qu’à un moment donné on les a fait rentrer dans un système, à l’ insu de leur plein gré, dont ils ne maîtrisent aucun paramètre. Voir ce qui se passe actuellement avec les compteurs Linky et autres à venir. C’ est ce même jeu qui se pratique en politique, qui ne dit rien consent .

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        1. je reviens vers vous au sujet de la simplicité avec un détail pour lequel certains vont s’en payer une tranche, c’est le cas de le dire.

          J’étais cet après midi pendant l’orage chez monsieur Leclerc avec mon épouse et mes petits enfants.. Je voyais celle-ci dubitative devant l’alignement des vitrines réfrigérées et notamment celles du jambon blanc en tranches… Les personnes présentes m’ont vu d’un coup faire de belles enjambées façon Lassalle..

          6 m de linéaire pour le simple jambon blanc de Paris !, à l’étouffé, au torchon, sans gras,sans couenne avec ou sans polyphosphates le hallal nous étant épargné par la force des choses …

          vous avez dit simplicité ?

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  6. Au sujet des municipales , le score de lrem m’a surpris à Oloron. Qui les représente dans la cité ? Je suis très loin aujourd’hui c’est juste pour savoir sans polémique.

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  7. Pour ceux qui sont tentés par l’aventure! La liste citoyenne se réunit tous les mardi à 20h au CMA! L’objectif est simple : présentons une liste qui représente les citoyens! Choisissons l’utopie à la désillusion! (Désabusation!?) Pour les petits curieux de nature! Pour ajouter un grain de sel ou de sable! Nous avons besoin de nous! .. tous les citoyens.. Tout reste à faire!!

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  8. A rd918
    6 m de linéaire pour le simple jambon blanc de Paris !, à l’étouffé, au torchon, sans gras,sans couenne avec ou sans polyphosphates le hallal nous étant épargné par la force des choses …vous avez dit simplicité ?
    Là comme en politique à chacun de ne pas se laisser influencer par les miroirs aux alouettes. A chacun de construire son opinion en son âme et conscience, fonction de ses besoins et des étiquettes informatives ou programmes politiques.

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    1. @ Michel

      Vous faites un vœux pieu et cela est bon 🙂 mais le chemin est long et la pente raide..
      A l’extreme ( sans en prendre le sens péjoratif), Muriel Capdevielle et son chien sur la zad du Bager est la fille de Diogene, les minima sociaux en plus.
      En moins rigoriste et peut être comme vous, j’observe aussi les dérives et j’ai bien peur qu’il faille des évenements extraordinairement douloureux pour que les gens retrouvent la raison.
      _________

      «  »Alexandre le Grand l’aborde et lui dit, grand seigneur : « Diogène, demande-moi ce que tu veux, je te le donnerai ». Sans même le regarder, l’impertinent lui rétorque : « ôte-toi de mon soleil ! » Touché au vif, le souverain poursuit : « »N’as-tu pas peur de moi ? »

      – « Qu’es-tu donc ? Un bien ou un mal ? » réplique Diogène. « Un bien ! » assure le roi. « Alors qui donc pourrait craindre le bien ? » conclu le philosophe. »
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      Mais Macron n’est pas Alexandre.( le Grand , pas Benalla …)

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