Santé locale : chaud devant ! (une chronique de Jean-Louis Coquard)


L’opposition municipale entame jeudi soir le parcours qui doit la conduire (du moins, je suppose, vise-t-elle cet objectif) à muter en majorité municipale en mars prochain. Elle compte se nourrir des propositions des citoyens, vous, moi, tout le monde, pour élaborer son projet. Vaste programme, aurait dit le général de Gaulle, tant la démocratie participative atteint vite ses limites quand on se frotte à la réalité de la gestion locale. Mais ne balayons pas d’un revers de main ces bonnes intentions avant d’en avoir vu le produit.

Il est un sujet qui mériterait mille fois d’être abordé au cours de ces réunions citoyennes, car il agite à intervalles réguliers notre actualité locale. Ce sujet, c’est la santé. S’invitera-t-il dans la discussion jeudi ? Voici en tout cas quelques pistes de réflexion que nous livre Jean-Louis Coquard qui, et c’est là toute la différence avec certains de nos élus, sait en la matière de quoi il parle.

LA SANTÉ LOCALE vue par un citoyen lambda

Il fait chaud… Les messages passent en boucle mais on détruit sans vergogne près du rond-point du Portugal pour construire hors norme caniculaire, on va construire un EHPAD à Légugnon hors norme caniculaire sans espace vert digne de ce nom… on fera tourner les climatiseurs à fond… ON MARCHE SUR LA TÊTE !!!!!

Il a fait chaud… Des malaises, un malaise au semi-marathon local : tous mes encouragements et mon soutien aux organisateurs… pas de bol (d’air !!!) ce jour-là. Le temps est souvent border line à cette époque. Pour moi, on ne court pas à ce moment-là de la saison, tout simplement, mais les experts diront… cas d’école. Pas sûr, en Ariège un mort !!! certes à définir sur une course cycliste en période chaude.

Il fait chaud… sur le plan social sanitaire

  • On parle de ces épouvantables EHPAD, localement, nos EHPAD ont leurs problèmes mais la situation des résidents me semble satisfaisante : que manque-t-il ? la reconnaissance des personnels soignants par l’ensemble de la population, des soignants (peut-être) mais les difficultés de recrutement sont patentes (école de formation d’aides-soignantes non remplies, faute de candidat(e)s), la complexité de recrutement de gens de bonne volonté) …
  • On parle des urgences… elles n’ont pas le monopole du malaise et ne doivent pas monopoliser car les difficultés à Oloron, comme ailleurs, sont aussi en aval (le soin en ville) et en amont (les services d’accueil) … ci-dessous. TOUS LES SOIGNANTS en EHPAD, en service, méritent autant que les autres, par exemple… la labellisation en nuit profonde, en journée me parait être une bonne idée car nous pouvons faire à Oloron beaucoup de soins et de soins de qualité à des moments donnés, pas à d’autres …
  • Parlons de l’amont et des services d’un centre hospitalier général, ici, comme ailleurs : sans médecin, un service ne peut tourner et si possible avec des médecins de qualité (les remplaçants ne sont pas une solution pérenne et parfois, mal compétents !!!) … donc des départs pour maladie, retraite, raisons personnelles rendent le fonctionnement des services en CDD … Oloron n’échappe pas à la situation … merci aux praticiens d’hier et d’aujourd’hui pour leur dévouement.
  • Parlons administration hospitalière : elle n’échappe pas à ce problème … les mouvements sont nombreux au niveau des directions, des gens de qualité partent, d’autres arrivent mais LA MÉMOIRE DE CE QUI A FAIT OU DE CE QUI FAIT UN CENTRE HOSPITALIER GÉNÉRAL disparait … on vit en vision CDD …

Il fait moins chaud sur le plan libéral  

      Néanmoins, la dualité privé-public reste patente … ici comme ailleurs, il reste à définir un maillage au quotidien des « petites urgences ».     

      Une maison de  santé est en réflexion, c’est une réponse à la problématique des médecins, moins pour  des paramédicaux, à mon avis : nous ne pouvons que souhaiter une maison du futur en évitant le copier-coller de cabinet de soins, en espérant  une relation fructueuse public-privé qui a tant nui à ce bassin d’Oloron en son temps, un espace prédiction-prévention à tout âge, la télémédecine, la gestion du soi par des méthodes douces … bref tout un monde concurrentiel avec une gestion rigoureuse car mon expérience de praticien responsable de commission m’interroge . Nous ne pouvons que souhaiter bon vent à ce projet

Conclusion sur ces quelques sujets abordés, le grand débat, les réflexions de gilets jaunes sur le plan local ont montré les limites de la réflexion citoyenne sur la santé : les « on-dit » et le « ressenti » (cf. mon précédent commentaire dans le blog) ont dominé. Le citoyen lambda appelle les futurs candidats et les électeurs à de la sérénité, de la connaissance de la vraie vie sanitaire avant de se laisser emporter par des formules à l’emporte-pièce dénuées de tout pragmatisme et réalités de terrain. Le citoyen lambda encourage tous les porteurs de projets sanitaires à consulter les citoyens mais je crains qu’ils soient peu nombreux à répondre d’où la difficulté de la participation citoyenne !!!et seront-ils écoutés ? LES USAGERS REPRESENTÉS DANS LES SERVICES PUBLICS POURRAIENT PEUT ÊTRE NOUS LE DIRE …

Bon été…   

Jean-Louis Coquard

4 commentaires sur « Santé locale : chaud devant ! (une chronique de Jean-Louis Coquard) »

  1. Dans tous les cas, la situation actuelle, celle de la santé! Mais il en va de même pour tous les sujets n’est pas du à un excès de concertation citoyenne!? Je pense au contraire que la parole des experts est assourdissante! Avec l’aide de quelques élus qui estiment connaître ce qui est bon pour le peuple, su’ils gouvernent! Nous sommes dans cette situation de surchauffe! Il est grand temps de changer! C’est ce que je viendrai dire jeudi!!

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  2. comme direz un vieil ami « la démocratie est le pire des systèmes, à l’exclusion de tous les autres. »
    alors « représentative » ou « participative » ? Les 2 mon capitaine !
    Les 2 ne fonctionnent qu’à condition d’être biberonées à l’intérêt général.
    On connait trop de Maire qui ont usé de leur fonction pour s’enrichir ou s’octroyer certains privilèges (« Ca se voit à force !  » me disait un ami psychiatre dernièrement). On connait aussi les travers des comités de quartier ou autres conseils qui se transforment en bureau des pleurs où ne sont exposés que des intérêts particuliers.
    Prendre le temps de réfléchir sur un avenir commun, poser un diagnostic sur les manques du territoire en associant les habitants est une démarche saine en vu d’un programme communal.

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