La communauté de communes du Haut-Béarn va prochainement transférer son siège dans l’immeuble Rousso, rue Louis-Barthou (chronique « où va notre argent ? »)


L’affaire était censée se préparer dans le plus grand secret au sein des instances de la communauté de communes du Haut-Béarn. C’était sans compter sur la présence, comme il s’en trouve toujours au sein de chaque collectivité locale, d’un élu à la langue mieux pendue que celles de ses collègues. Et, fatalement, l’information a fini par fuiter et par arriver jusqu’aux oreilles d’Oloronblog. De quoi s’agit-il ?

Le contexte

On le sait, la loi NOTRe aidant (NOTRe pour Nouvelle organisation territoriale de la République), la communauté de communes du Haut-Béarn a pris depuis deux ans une dimension beaucoup plus importante. Non seulement, elle est née de la fusion de quatre anciennes communautés de communes, mais ses compétences s’élargissent d’année en année. Et qui dit un territoire plus large et plus de compétences dit besoin de plus d’espace pour l’administration et besoin de plus de personnel pour faire fonctionner la machine . Ce qui ne veut pas dire que les communes qui se voient déchargées de ces compétences au profit de l’intercommunalité diminuent pour autant leur propre personnel à proportion… mais ceci est une autre histoire.

Toujours est-il que la communauté de communes du Haut-Béarn se retrouve maintenant très à l’étroit au sein de ses locaux actuels, qui furent siège il y a quelques lustres de la sous-préfecture. Il y aurait bien la solution de déconcentrer certains services, de les héberger dans des locaux plus ou moins éloignés de la place de Jaca. Mais cet éloignement nuirait à la dynamique d’ensemble de la collectivité et porterait préjudice à la nécessaire communication que doivent entretenir les services entre eux.

La solution

Il existe sur Oloron un bâtiment qui répondrait parfaitement aux nouveaux besoins de l’intercommunalité, aussi bien par ses dimensions que par sa proximité avec le centre-ville comme avec divers points de stationnement présents ou futurs (le parking de la sous-préfecture comme le parking Ampère notamment). De surcroît, expertise faite, il présente toutes les garanties en termes de sécurité. Son aménagement pour le mettre en conformité avec sa nouvelle destination nécessitera certes des investissements, mais ils seront en bonne part couverts par le produit de la vente du siège actuel (un acquéreur sérieux est déjà sur les rangs).

 

Les Nouvelles galeries
L’immeuble Rousso côté gave d’Aspe

Le choix des élus s’est donc porté sur ce bâtiment, à savoir l’immeuble Rousso, situé au milieu de la rue Louis-Barthou. Les esprits facétieux verront dans cette implantation de la communauté de communes à cet endroit le premier signe concret du fameux « plan Marshall » qui nous est annoncé depuis plusieurs années en vue de revitaliser cette artère-phare de notre cité. Les esprits chagrins considéreront pour leur part que l’installation d’une telle administration n’aura aucun effet sur la redynamisation de ce secteur de notre commune sur le plan commercial. Il est toutefois à noter que la communauté de communes étudie, dans la cadre de sa compétence dans le domaine économique, la mise en place de mesures d’accompagnement qui devraient apaiser leurs craintes.

Le calendrier

À proximité des prochaines échéances électorales (un nouveau conseil communautaire sera mis en place à l’issue des élections municipales de 2020) les élus ont plutôt tendance à remettre à plus tard les nouveaux projets d’investissement. La présidence de la communauté de communes du Haut-Béarn considère toutefois que cette perspective ne doit en aucun cas freiner le calendrier de mise en place d’un projet dicté sinon par l’urgence, à tout le moins par l’intérêt général de la collectivité. Aussi les études techniques complémentaires seront-elles menées d’ici le mois de septembre. Le conseil communautaire sera alors appelé à acter de façon officielle la décision, les crédits nécessaires à la réalisation de l’opération seront dans le même temps votés dans le cadre d’une « décision modificative », puis les marchés lancés. L’objectif serait de pouvoir procéder au déménagement dans les nouveaux locaux fin 2020. Il convient cependant de noter qu’en matière d’investissements publics, les aléas administratifs cumulés aux hasards du chantier permettent rarement de respecter le délai que l’on s’était donné à l’origine. Tablons donc plus sérieusement sur un transfert au premier jour du second trimestre 2021.

Post-scriptum qui n’a rien à voir avec ce qui précède : cette photo prise par un lecteur du blog au matin du 28 mars 2019. Il l’a accompagnée du commentaire suivant :  » À quand la soirée mousse au jardin public d’Oloron ?  »

Soirée mousse

10 commentaires sur « La communauté de communes du Haut-Béarn va prochainement transférer son siège dans l’immeuble Rousso, rue Louis-Barthou (chronique « où va notre argent ? ») »

  1. « Ce qui ne veut pas dire que les communes qui se voient déchargées de ces compétences au profit de l’intercommunalité diminuent pour autant leur propre personnel à proportion… mais ceci est une autre histoire. »

    C’est pourtant le drame majeur de notre organisation territoriale et qu’il faut dénoncer avant tout : la gabegie et l’incompétence de nos Maires.
    Notre blogueur préféré a les compétences pour montrer que se regrouper pour gérer, contrairement à ce qui se passe dans le monde de l’entreprise, augmente le coût global dans nos communes !!!
    Avec bien sûr une augmentation du personnel…. et donc des bâtiments…
    Exigez donc que le président de la communauté montre chiffre en main le bilan de cette « optimisation !
    Pour le fun et montrer comment tout cela fonctionne :

    https://alternatives-pyrenees.com/2018/05/28/le-tourisme-lactivite-preferee-de-nos-elus/

    Et c’est pire encore pour le développement économique…

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  2. Si c’ était pas un poisson d’ Avril on pourrait en rire, mais après tout pourquoi pas, si cela pouvait revitaliser la rue Louis Barthou et le centre ville. A choisir cela serait bien mieux qu’ un énième parking qui était prévu en ces lieux. Par contre se posera la question du stationnement, mais peut être que les Elus et le personnel pourront y accéder avec la navette à partir d’ un parking relais. Cela permettrait de justifier
    l’ utilité de la navette. On ferait d’ une pierre deux coûts …..

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  3. Voilà un projet pour le moins judicieux.
    Je note que dans les points positifs relatifs à la circulation, vous ne relevez pas que la proximité du nouveau site avec la future passerelle qui devrait longer le gave, il y a là un point d’accès supplémentaire qui permettrait de soulager la rue Louis BARTHOU. Et pourquoi ne pas y prévoir un embarcadère, qui ferait également débarcadère, pour un système de navigation qui, à l’instar des bateaux mouches, permettrait à tout un chacun de se déplacer le long des gaves pour vaquer le plus écologiquement du monde à ses occupations. Là encore, une amélioration sensible des problèmes de circulation et de stationnement.
    En outre, pour développer l’activité touristique, il devrait être possible d’envisager un téléphérique, voire un funiculaire qui pourrait, du sommet du bâtiment, gravir la colline et mener tout droit à la partie historique de la ville. J’élimine à dessein la tyrolienne qui a déjà été utilisée à quelques mètres de là.
    Par ailleurs, les larges baies vitrées donnant sur la rue permettront à tout un chacun de vérifier en toute transparence la saine activité de la CCHB.
    Les élus, qui pour certains avaient peut-être l’habitude d’y acheter des vestes, pourront désormais aller les y prendre.
    Et le nom, rien que le nom du lieu : « Immeuble ROUSSO »! Tout un programme! On peut se prendre à rêver d’un vrai contrat social. Espérer que l’habitant de la CCHB qui, comme tout le monde le sait, naît innocent, ne serait plus perverti par la société qui l’entoure.
    Oui, je sais, l’orthographe diffère, mais après tout OLORON n’est-elle pas la ville des « O EAU »?
    Je ne doute pas que bien d’autres possibilités s’ouvrent devant votre enthousiasme révolutionnaire.
    Quant aux esprits chagrins qui verraient dans cette nouvelle annoncée un 01 Avril une information fantaisiste, je rappelle que pour ce qui me concerne, nous sommes aujourd’hui le 12 Germinal et que nous commémorons le charme. C’est vous dire si je suis sérieux.

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    1.  » Les élus, qui pour certains avaient peut-être l’habitude d’y acheter des vestes, pourront désormais aller les y prendre. »
      Certains pourront aussi les y faire rapiécer au service rapide des usagers sans réponses. Tout cela risque d’ être un rêve de plus d’ Elu, mais un cauchemar pour le contribuable.

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  4. Ayant eu un accident de sport il y a quelques mois, je dois me rendre plusieurs fois par semaine chez le kinésithérapeute. Me déplaçant avec des béquilles je ne suis pas en mesure de conduire.
    Par le plus grand des hasards, j’ai un jour utilisé les navettes. Michel, vous seriez certainement surpris, comme d’ailleurs je l’ai été, de voir le nombre de personnes qui les utilisent..
    Elle est utilisée par un public varié, collégiens, écoliers, personnes non véhiculées, personnes âgées et autres suivant les heures.
    C’est un moyen de transport, mais c’est un moyen aussi de créer du lien social et vous savez bien comme nous en avons besoin dans notre société.

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