Conseil municipal du 7 mars 2019 : tels des bourgeons dans la campagne… électorale


Bourgeons rhododendronCe jeudi soir, le conseil municipal tenait son débat sur les orientations budgétaires 2019. Un débat imposé par la loi. Il s’instaure autour d’un document d’une quarantaine de pages retraçant l’exécution des précédents budgets communaux et présentant les grandes lignes du budget 2019 qui sera soumis au vote du conseil municipal dans les prochaines semaines (le 10 avril ?).

En règle générale ce débat est d’un ennui mortel : la majorité municipale reste muette et la minorité préfère attendre le conseil où sont présentés le compte administratif de l’année précédente et le projet de budget de l’année en cours afin de formuler ses observations sur des chiffres officiels et non, comme c’est le cas pour les orientations budgétaires, sur des estimations plus ou moins exactes.

Allez savoir pourquoi, cette année le débat a été un peu plus animé. Tels des bourgeons pré-printaniers pointant en ce moment dans la campagne, les allusions à peine voilées et les critiques directes ont fleuri en ces prémices de pré-campagne électorale. Même la majorité municipale y est allée de sa voix. Compte-rendu non exhaustif et at arbitraire de quelques passes d’armes.

Il a fini par le dire !

Bernard Uthurry est le premier à intervenir. Sa prise de parole au nom de l’opposition me conforte -peut-être à tort ! – dans la certitude qu’il sera bien tête de liste en 2020. Il rappelle au maire que celui-ci avait contesté le caractère définitif du rapport de la Chambre régionale des comptes, allant jusqu’à affirmer, au mépris de toute réalité, qu’il s’agissait là d’un document discutable et qui serait discuté. Ce jeudi, le chef de l’opposition n’a de cesse d’obtenir du maire une réponse : a-t-il depuis discuté de ce rapport avec les magistrats financiers ? Après quelques considérations oiseuses, le maire finit par admettre du bout des lèvres, qu’il n’y a pas eu de nouvelles discussions… puisque ce rapport était définitif. Je crois que cet « aveu » lui sera resservi, chiffres à l’appui, lors du vote du budget dans quelques semaines.

Querelle sur l’héritage

Jean-Étienne Gaillat aborde quant à lui un sujet récurrent : la dette communale. Il rappelle qu’à chaque fois que l’occasion lui en est donnée le maire explique la faiblesse des investissements réalisés par la commune depuis 2014 par l’importance de la dette laissée par ses prédécesseurs, un peu plus de 14 millions d’€. Sans contester ce chiffre, l’élu d’opposition assure que 10 de ces 14 millions seraient dus aux emprunts contractés pour assurer le financement des investissements réalisés par la municipalité Lucbéreilh lors de son premier mandat 2001-2008. Une démonstration chiffrée de cette affirmation permettrait de mettre un terme une bonne fois pour toute à cette querelle sur l’héritage.

Hypocrisie

Aurélie Giraudon, Robert Bareille et Jean-Étienne Gaillat dénoncent une nouvelle fois l’hypocrisie (c’est eux qui emploient le terme) qui consiste pour le maire à répéter à satiété que les taux d’impôt n’ont pas augmenté alors que, dans le même temps, la pression fiscale, suppression des abattements sur la taxe d’habitation et création de taxes nouvelles aidant, la pression fiscale supportée par les contribuables oloronais n’a jamais été aussi importante et n’a jamais progressé aussi vite en si peu de temps.

Franc-tireur ou sniper ?

Michel Adam, membre de la majorité, a de bonnes bases en matière budgétaire communale. Sans doute parce qu’il n’avait pu obtenir jusque-là de réponses précises à ses questions lors des séances préparatoires précédant le conseil, il les a posées à nouveau en séance publique. Des questions techniques portant sur le risque de non-respect par la commune d’engagements signés. L’un concerne l’affectation d’une subvention dont elle a bénéficié, l’autre les modalités d’acquisition du terrain destiné à la réalisation d’un parking rue Ampère. Si l’on s’en tient au manque de précision et au ton des réponses qu’il leur a réservé, le maire ne s’attendait pas à ces questions et en a conçu un visible agacement. Reste à savoir si Michel Adam intervenait là en franc-tireur ou bien s’il agissait tel un sniper en service commandé pour le compte d’une fraction de la majorité. Réponse sans doute en avril au moment du vote du budget.

L’aplomb du maire

Face aux questions et critiques, la maire a assuré. Certes, les réponses sont parfois incertaines voire contradictoires (quand il affirme que le budget est prévu au centime d’€ près puis, quelques minutes plus tard, qu’il ne fallait pas trop tenir compte des chiffres avancés dans le projet de budget contenu dans le document budgétaire car ce n’étaient là que des prévisions). Mais elles sont alors assénées avec un tel aplomb qu’on hésite à les contredire. De toute façon, l’important dans ce genre de débat n’est pas la qualité des réponses aux interpellations, mais le soin pris à ne laisser aucune de ces interpellations sans réponse et ce quelle que soit la qualité de la réponse.

Attendons maintenant le mois d’avril pour voir si ce débat d’orientations budgétaires aura servi à quelque chose, mais surtout pour vérifier si les premiers bourgeons qui ont pointé jeudi  poursuivront leur éclosion jusqu’à la récolte… de 2020 !

5 commentaires sur « Conseil municipal du 7 mars 2019 : tels des bourgeons dans la campagne… électorale »

  1. Nous étions bien mieux au cinéma à regarder « après demain » en compagnie d’une quinzaine d’acteurs de la transition : association, collectifs, etc… et une salle pleine. Le monde de demain, comme celui « d’après demain » ce prépare aujourd’hui, et visiblement pas autour de la table du conseil municipal ! Joël, tu aurait du venir avec nous😁

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  2. Attendons maintenant le mois d’avril …… que les bourgeons se soient épanouis et les esprits apaisés. Le monde sera plus serein pour préparer l’ avenir.

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  3. la bonne nouvelle c’est que ce rapport de la cours des comptes étant définitif, notre maire va enfin pouvoir nous rembourser les sommes qu’il a volées à ses concitoyens !
    n’est ce pas ?

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    1. Le rapport était définitif dès qu’il a été communiqué au conseil municipal le 24 septembre dernier. Quant au remboursement de sommes qui auraient pu être distraites par un élu, ce sera à la Justice d’en décider. Reste à savoir comment se conclura l’enquête préliminaire qui débouchera éventuellement sur des poursuites.

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