Lancement de la campagne électorale, première polémique : les municipales oloronaises démarrent au ras des pâquerettes


Avertissement préalable

Pour que tout soit clair et pour éviter que l’on me taxe de je ne sais quelle arrière-pensée politicienne, je tiens à apporter la précision suivante avant d’entrer dans le vif du sujet : il est hors de question que lors des élections municipales de 2020 j’apporte ma voix à l’une ou l’autre des deux composantes de l’actuelle majorité municipale si tant est que l’une et/ou l’autre viennent à solliciter nos suffrages. Elles portent en effet en commun la responsabilité de l’échec du présent mandat sur le plan de la gestion comme sur celui des valeurs et je ne vois pas par quel coup de baguette magique elles se bonifieraient l’an prochain. Voilà, c’est dit.

Une enquête de terrain

Ce n’est pas pour autant que j’espère une campagne au ras des pâquerettes entre les diverses listes en présence. Si l’on s’en tient à la première escarmouche, ça m’a pourtant l’air d’en prendre directement le chemin. L’opposition municipale est la première, un an avant l’échéance, à ouvrir la boîte à gifles. Peut-être parce que les difficultés rencontrées par la majorité (cf. notamment le rapport très sévère de la Chambre régionale des comptes) lui donne des ailes.

Et quand j’écris « une campagne au ras des pâquerettes », c’est à dessein : c’est en effet sur le terrain des espaces verts qu’elle vient chercher querelle. Se transformant pour la circonstance en inspecteurs des installations classées, ses enquêteurs se sont transportés au fond du quartier Sainte-Marie où ils ont déniché un terrain clôturé occupé par quelques dizaines de mètres cubes de déchets verts et quelques mètres cubes de déchets inertes (gravats).

Trouver des dépôts sauvages sur le territoire d’Oloron, c’est comme trouver du chocolat chez Lindt : il n’y a que l’embarras du choix. Ils n’ont pourtant réussi à identifier que cette installation qu’ils qualifient immédiatement de décharge sauvage. Ils pensent avoir tiré le gros lot : le terrain appartient à l’un de leurs collègues du conseil municipal, qui plus est adjoint au maire… et possible candidat aux prochaines municipales contre eux.

Un échange de courriers

Trop heureux de l’aubaine, ils se fendent le 17 octobre dernier d’un courrier au sous-préfet. Pour lui signaler (sans préciser l’identité de son propriétaire) l’existence de cette décharge qui à leur connaissance n’a fait l’objet d’aucune déclaration ni autorisation et demander au représentant de l’État si l’aménagement est compatible ou non avec le PLU (plan local d’urbanisme) de la ville d’Oloron Sainte-Marie.

Le sous-préfet leur répond le 30 octobre. Il indique que dans la zone A du PLU (celle qui correspond à la situation du terrain) les décharges de déchets sont interdites. Le représentant de l’État ajoute qu’il appartient au maire d’aviser le propriétaire des faits qui peuvent lui être reprochés et des sanctions qu’il encourt.

Forte de cette réponse, l’opposition municipale adresse un courrier au maire le 23 février. Entre la date de la réponse du sous-préfet (30 octobre) et cette lettre au maire, il s’est donc écoulé près de 4 mois. Il y a donc, comme qui dirait, un léger retard à l’allumage dans cette réaction. Il serait intéressant d’en connaître les raisons. Toujours est-il que, s’appuyant sur la réponse du sous-préfet, les élus du groupe minoritaire font valoir l’absence de déclaration ou d’autorisation de cette installation (dont ils ne citent toujours pas le propriétaire) ainsi que l’infraction au Code de l’urbanisme. Et, comme il ne faut jamais perdre l’occasion d’administrer une leçon politique, ils ajoutent : « Au moment où nos concitoyens portent au plus haut leur aversion, contre le comportement de trop d’élus, ce très mauvais exemple local ne peut que renforcer ce ressentiment. »

Ils demandent au maire et à son premier adjoint (qui a reçu délégation dans le domaine de la gestion des déchets pourquoi ils sont restés « inertes » (comme les gravats !) devant cet état de fait et enjoignent le premier édile de « mettre un terme à cette décharge sauvage en utilisant (ses) pouvoirs de police ».

Le temps de la communication

Histoire d’enfoncer le clou, l’opposition municipale se lance dans une campagne de communication comme elle en a rarement engagé depuis le début du présent mandat : transmission du dossier à la presse, publication d’un article accompagné des différents courriers sur leur blog Oloron 3D.

Une tempête dans un verre d’eau ?

Le propriétaire du terrain a fait enlever les quelques mètres cubes de gravats qu’il destinait selon ses explications au remblayage du chemin d’accès à son terrain. De son côté, dans Sud-Ouest ce matin, le sous-préfet, sans doute après une vérification plus poussée de la réglementation, tempère sa réponse initiale. Il précise : « Les déchets verts ne sont pas concernés par l’interdiction et n’ont pas besoin d’autorisation. Pas en tout cas dans les volumes produits sur cette parcelle ».

En effet, la rubrique 2780-1 des installations classées pour la protection de l’environnement prévoit que les installations traitant moins de 3 tonnes de déchets verts par jour (ce qui est le cas) ne sont pas soumises à déclaration, autorisation ou enregistrement. Pour elles, c’est le règlement sanitaire départemental qui s’applique. Et que dit l’article 158 dudit règlement ? Qu’une déclaration en mairie est nécessaire uniquement si le volume du dépôt dépasse 50 mètres cubes, ce qui n’est pas le cas en l’espèce. Tout semble donc en règle de ce côté-là.

Reste la question du respect des règles d’urbanisme. Cette question mérite d’être regardée d’un peu plus près. Mais comment imaginer que sur un terrain classé en zone agricole du PLU (c’est le cas du terrain concerné), il serait interdit d’entreposer des déchets verts, donc des produits d’origine agricole ? Cela reviendrait à interdire à tous les agriculteurs ayant des terrains classés dans cette zone de disposer de dépôts de déchets organiques non dangereux (tas de fumier, déchets de bois, fruits et légumes de retraits, résidus de récolte etc.). Impensable !

Une campagne électorale qui doit vite prendre de la hauteur

Nous sommes bien d’accord, tout élu local doit être comme la femme de César : irréprochable. Mais on n’attend pas d’une campagne électorale qu’elle se limite à un simple décompte des petites – j’écris bien « petites » – erreurs ou omissions dont aurait pu se rendre coupable tel ou tel élu (qui plus est lorsque, comme dans la situation qui nous intéresse ici, cela ne semble pas être le cas). Parce qu’à ce moment, nous serons dans la même position que l’arbitre d’un match de rugby lorsque se joue une mêlée : en situation de siffler une faute à tout instant.

Nous attendons des équipes en compétition non qu’elles mettent par priorité en avant les défaillances ou les manquements réels ou supposés de leurs concurrents, mais qu’elles nous fassent part de leurs propres idées sur la manière dont elles comptent administrer notre cité durant les six prochaines années. Force est de constater qu’à cette heure-ci nous ne engageons pas sur le chemin de cette prise de hauteur. Et quelque chose me dit que, malheureusement, nous risquons durant un an de continuer à naviguer au ras des pâquerettes. Sauf si…

12 commentaires sur « Lancement de la campagne électorale, première polémique : les municipales oloronaises démarrent au ras des pâquerettes »

  1. J’apprécie le contenu de cet article. Il situe le bon esprit de notre blogueur qui se place au-dessus de la mêlée.Me voilà rassuré en sachant que ce blog ne sera pas une courroie de transmission déguisée pour mettre sur orbite telle ou telle liste de candidats aux prochaines élections.

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  2. Ah ben, j’en étais sure ! Se fendre d’une communication au sujet d’une décharge sauvage lambda avec une telle férocité m’a semblé bizarre, et m’a de suite fait penser « mais qui est donc le propriétaire de ce terrain, pour que cela fasse autant débat ?… sans doute pas un propriétaire Lambda … »
    Bingo !

    Vraiment oui, c’est du petit joueur….

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        1. Je crains que l’impartialité ne soit pas de ce monde ! Mais le blogueur tâchera de s’en rapprocher. En tournant toujours son regard sur les idées et les valeurs plus que sur les petits règlements de comptes entre « amis » auxquels donnent trop souvent lieu les campagnes électorales.

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  3. Je pense que si le blogueur prenait la décision de mener campagne pour une liste de candidats, l’audience de son site chuterait de moitié. Actuellement, la gestion de ce blog est une référence qui dépasse l’arrondissement d’Oloron, et qui ne cesse de croître.

    Aimé par 1 personne

  4. Qu’ OLORON-BLOG garde son indépendance et ne se déclare pour aucune liste de la majorité municipale ou de l’ opposition est une bonne chose. Mais au delà de cela je crois qu’ il faut aussi prendre en compte les aspirations de la population et des électrices et électeurs qui aspirent à autre chose que la routine qui s’ est installée à Oloron depuis des décennies. Sous le couvert d’ impartialité Il ne faut pas avoir peur d’ aborder les vrais problèmes qui se posent et se poseront dans les années à venir pour la pérennité de l’ activité et de l’ avenir d’ Oloron et des communes environnantes.
    Il est plus que temps de dépasser ces clivages qui nous enferment dans un carcan idéologique et politique qui n’ a que trop duré.
    Il y a à Oloron une population jeune, ou qui a quitté Oloron pour des raisons
    d’ immobilisme politique, mais qui a des idées à faire avancer, j’ en suis persuadé.
    C’ est cette frange de la population qui doit impérativement s’ exprimer pour faire bouger les lignes et sortir enfin de la traditionnelle guerre de tranchée qui nous gangrène.

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  5. On peut apprécier l’état d’esprit de notre blogueur en apprenant qu’il ne militera pour aucune liste municipale, tandis qu’il avait toutes les raisons de militer pour les listes concurrentes à celle d’H. Lubéreilh afin de lui faire mordre la poussière. En homme intelligent, il a compris que ce qu’il nous a révélé sur les pratiques du gestionnaire de la Mairie suffira pour lui offrir une déculottée dès le 1er tour..

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  6. Je dois pouvoir fournir une « vraie décharge » avec remblais comblant au 2/3 une mare où vivait de la cistude (au Gabarn m’a-t-on dit…).
    Info que j’ai depuis 10 jours, pas eu le temps de m’en occuper.

    Je peux en savoir plus si certains veulent enquêter ?

    Et non, elle n’est pas sur le trajet de la supposée déviation à venir ;-).

    Mais ça risque d’être une future ZAD anti remblais alors :-p.

    Vanessa

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