Gestion du trinquet Guynemer : les explications de l’adjoint aux sports laissent rêveur


Faute d’avoir fait précéder son choix du nouveau gestionnaire du trinquet Guynemer d’une mise en concurrence, la commune s’est donc fait retoquer par le contrôle de légalité la convention par laquelle elle confiait ladite gestion au Pilotari Club. Dans La République de ce matin, l’adjoint aux sports donne les raisons pour lesquelles la commune s’était exonérée de cette obligation légale de consultation préalable. J’espère simplement qu’il ne s’exprimait pas là à titre officiel.

Ses explications laissent en effet rêveur. Et, si l’on peut imaginer qu’elles ne sont probablement dictées ni par le copinage, ni par le clientélisme, elles témoignent à tout le moins d’une désinvolture et d’une ignorance confondantes. Examinons-les

  • « Pour moi c’est simplement une perte de temps »: disant cela, l’élu ignorait-il que cette mise en concurrence est imposée par la loi dans l’intérêt de la collectivité ? Où irait-on si, en suivant son raisonnement, on concluait dorénavant, histoire de ne pas « perdre de temps », tous les marchés publics sans appel d’offres ou consultation, à la tête du client en quelque sorte ? Laisse-t-il par ailleurs entendre qu’il n’était pas nécessaire de consulter… parce que le gestionnaire, en l’occurrence le Pilotari Club, était désigné d’avance ?
  • « Je pense qu’il y aura très peu de structures qui vont répondre à cet appel à concurrence, au vu de la complexité que représente la gestion du trinquet » : complexité de gestion ? L’élu ignore-t-il que cette gestion a pourtant été assurée de façon satisfaisante à plusieurs reprises en régie par les agents municipaux qui n’avaient, pas plus que les membres du Pilotari Club n’en ont, de qualifications particulières en matière de gestion d’équipement sportif ?
  • « Qu’est-ce qu’on a fait de mal au juste ? On a simplement voulu que le Pilotari club oloronais puisse avoir à disposition des infrastructures de qualité »: l’élu ignorait-il que cette infrastructure était déjà mise à la disposition du club durant de larges créneaux horaires depuis qu’elle existe ? Cela ne changerait rien que le Pilotari en soit gestionnaire ou pas. Sauf si, dans le cadre de la gestion, on lui donne la possibilité de fixer à sa guise les tarifs d’utilisation par des personnes extérieures au club et de conserver à son profit les sommes ainsi perçues. Il y aurait à ce moment-là un intérêt lucratif au-delà du simple intérêt sportif et associatif

Très rares sont les communes qui ne se sont jamais fait taper sur les doigts pour être quelque peu sorties du cadre de la loi lors de la gestion de tel ou tel dossier municipal. Mais à Oloron, il me semble que l’on bat des records durant le présent mandat. La barque s’est bien chargée : tentative de vente de la place du Foirail sans déclassement préalable, tentative de vente du camping municipal sans mise en concurrence, bail d’un local pour le CCAS sur une durée excessive, faux ordres de mission, rapport très critique de la Chambre régionale des comptes épinglant, indépendamment des frais de mission et des frais de bouche, toute une série de dysfonctionnements. Et j’en oublie certainement. Désinvolture ? Vous avez dit désinvolture ? Oui, et pas que…

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