Organisation des écoles oloronaises : la proposition d’un citoyen lambda (chronique « il n’y a pas que les élus qui peuvent avoir une idée sur la question »)


Le blogueur est ronchon aujourd’hui. Vous avouerez qu’il y a de quoi : un conseil municipal démobilisé, un maire privé de GPS qui navigue à la godille, une majorité aux abonnés absents, une opposition en panne de propositions, la méthode avec laquelle nos élus se penchent sur un problème plus que crucial, à savoir l’organisation de nos écoles face à a chute de la démographie scolaire (voir billet précédent), est à l’image de la gestion municipale dans son ensemble, c’est-à-dire nébuleuse. Heureusement qu’il existe, dans le cas d’espèce, des citoyens lambda, tel ce lecteur du blog, décidés à apporter leur contribution à une réflexion qui tarde à mûrir chez ceux qui nous gouvernent. Revoyons tout ça dans le détail.

Un conseil municipal démobilisé

Le 6 février dernier se tenait une réunion de crise de la commission « éducation » municipale pour évoquer ces projets de fermetures de classe. Compte tenu de l’importance du sujet, le maire (qui est parti en cours de réunion) avait convié toutes les conseillères et tous les conseillers municipaux à cette séance de travail. Savez-vous combien étaient présents ? 9 élus, dont 1 de l’opposition. Sur 33. Je veux bien croire que certains étaient pris par d’autres engagements. Mais près de trois quarts d’absents pour un dossier aussi crucial, n’est-ce pas d’abord le signe d’un désintérêt manifeste ?

Un maire qui navigue à la godille

Sur le sujet des écoles, le maire nous aura tout fait : il y a un peu moins d’un an, il déclare (c’est à la page 54 du rapport) aux magistrats de la Chambre régionale des comptes que « des réflexions sont aussi en cours sur le nombre de groupes scolaires (six actuellement), dans un contexte de réduction du nombre d’élèves scolarisés ». Fermeture d’école qu’il évoque à nouveau au moment de la cérémonie des vœux ainsi que lors du conseil municipal du 4 février. Et à peine deux jours après cette dernière date, le 6 février donc, il se déclare contre la fermeture de l’école Labarraque et indique le 8 février qu’il exposera sa propre solution (tout en précisant qu’il n’est pas sûr d’être suivi par le conseil municipal) « probablement » durant le prochain conseil. Si le commandant tient le cap de cette façon, un coup de barre à droite, un coup de barre à gauche, et demi-tour, le paquebot « Ville d’Oloron » a toutes les chances de terminer sa carrière comme le Costa Concordia.

Une majorité aux abonnés absents

Si l’on met à part ce que nous dit Sud-Ouest vendredi sur l’option qui aurait la faveur de l’adjointe aux écoles, à savoir la fermeture de l’école Labarraque, c’est silence radio de ce côté-là. Silence que l’on qualifierait d’assourdissant si cette expression ne relevait pas du cliché. Malheureusement, si ce silence n’était « entendu » que sur ce seul dossier des écoles…

Une opposition en panne de propositions concrètes

J’ai entendu les prises de parole de membres de l’opposition le 4 février en conseil municipal, j’ai lu un article publié le 8 février sur le blog OLORON 3D. Le diagnostic est plutôt pertinent. L’idée d’une réunion de concertation avec toutes les parties prenantes n’est pas inintéressante. Mais où sont les solutions concrètes que l’opposition mettra sur la table le jour de cette réunion ? Car, qui dit concertation, dit apport de chacun à la réflexion commune. Or, à ce jour, pas l’ombre d’une proposition concrète (on supprime ? si oui, où ? si non, qu’est-ce qu’on fait ? on redispatche ? si oui, comment ? autre solution ?) de ce côté de l’échiquier politique municipal.

La contribution d’un citoyen lambda

Nos élus sont paralysés. Soit par la crainte de mécontenter une partie de leur électorat, soit plus prosaïquement par manque d’inspiration. Alors, Oloronblog leur soumet ci-dessous la contribution d’un ami lecteur (merci, « Churchill » !). Puisse cette contribution claire et argumentée nourrir leur propre réflexion, et ce même s’ils ne la retiennent pas en l’état. Histoire de prouver que la « démocratie participative » ne se limite pas à l’expression d’une promesse de campagne non tenue glissée dans un programme électoral. Histoire de démontrer aussi qu’il peut y avoir de bonnes idées au-delà de la place Clémenceau, siège de la mairie.

Sur le fond, quelques idées pour le futur…
Si une école doit fermer, c’est me semble-t-il l’école Labarraque mais avec création d’une école primaire sur le plateau Bitète. En effet, le quartier Sainte Croix, comme les autres quartiers de la ville, nécessite l’implantation d’une école primaire (maternelle + élémentaire).
Tout d’abord, lien évident entre structures d’accueil petite enfance et maternelle.
Ensuite, lien évident au cycle 3 entre CM2 et collège des Cordeliers.
Possibilité de bénéficier des infrastructures sportives de Bitète.
Navette communale possible le matin pour monter les enfants de la place de Jaca à La Haüt !
De plus, l’emprise foncière libérée par Labarraque (la commune dispose d’une partie de l’école) permettrait, après démolition d’augmenter la capacité de stationnement dans le centre-ville.
Une école c’est 1.5 à 2 millions d’euros et ça peut être financé à 50 % (Etat, Département). Le reste à charge pour la commune n’est pas très important.

12 commentaires sur « Organisation des écoles oloronaises : la proposition d’un citoyen lambda (chronique « il n’y a pas que les élus qui peuvent avoir une idée sur la question ») »

  1. Dans une cérémonie monsieur le maire avancé les propositions suivantes:
    Labaraque nous coûte 10000€ par an de loyer le bien appartient à Dechler (vrais ou faux)
    L’ecole de legugnon on la ferme et à la place je déplace l’amicale laïque.
    Voilà les propos de monsieur le maire et nous étions plusieurs à avoir entendu cela.
    Solution pourquoi pas à mettre en place.
    Chacun à leur droit de s’exprimer même monsieur le maire sur le sujet. …..

    J'aime

    1. Bien sûr que le maire peut lui aussi s’exprimer . Encore faudrait-il qu’il s’exprime clairement plutôt que de se contenter de déclarer par voie de presse qu’il a une solution à proposer mais qu’il la présentera (peut-être) lors du prochain conseil municipal.
      Travailler en équipe municipale, n’est-ce pas élaborer une proposition commune après avoir confronté les propositions des uns et des autres, avoir pesé les avantages et inconvénients de chacune d’entre elles ? N’est-ce pas le fruit d’une délibération collective plutôt que le résultat de la réflexion de chacun dans son coin ?

      J'aime

  2. En lieu et place de l’ école Labarraque, si celle ci ferme, ne serait ‘il pas plus opportun d’ y construire des logements, éventuellement sociaux, qui pourraient revitaliser le centre ville.?
    Oloron ne manque pas de parkings ne faudrait’ il pas plutôt les réorganiser qu’ en créer d’ autres.? Par exemple, pour les plus éloignés du centre les desservir par les navettes. Ce qui n’ est pas je crois le cas actuellement.
    Des logements sont des rentrées d’ argent, directes pour de nombreuses années ou indirectes,( emplois du bâtiment entre autre, mais également commerces) pour les communes, alors que les parkings sont des coûts directs, avec de très faibles retombées locales. Au travers de cela il y a une vision alternative à la place de la voiture en ville.

    J'aime

  3. Salut Joel
    J’ajoute que vouloir conserver à tout prix l’ensemble des écoles met à mal la qualité de l’enseignement puisqu’on se retrouve alors avec des classes à plusieurs niveaux.
    Effectivement ces propositions doivent être partagées avec la communauté éducative, retravailler peut être la carte scolaire, …
    Je pense que les parents d’élèves que nous sommes peuvent très bien comprendre cette évolution si elle est expliquée. L’objectif premier étant de donner les meilleures conditions d’apprentissage à nos enfants.
    Enfin, construire une école neuve à Oloron ça a de la gueule quand même ! C est mettre l’enfant au cœur des politiques publiques.

    J'aime

  4. Le problème des écoles oloronaises revient chaque année , mais pas de concertation valable entre mairie , enseignants et parents , que des petits arrangements …(électoraux ? ou soi disant sauvetage de poste ?). Je pense qu’il n’y a pas de vision à moyen terme voire long terme , n’importe quel citoyen se rend bien compte du vieillissement de la population . On nous dit que les inscriptions dans les écoles privées augmentent nettement , mais les parents du public sont toujours mis devant le fait accompli , alors pourquoi pas faire sur la commune un débat ( suivi d’effet…) , il y aurait de bonnes idées qui en ressortiraient….Un exemple :
    Il y a cinq ans, la maternelle de Pondeilh était déplacé à Légugnon et tout le primaire venait à Pondeilh …. Vision à très court terme , Merci pour les parents qui avaient ou qui ont des enfants scolarisés dans les deux , pour peu qu’ils en aient un autre au Collège !!!! Pour faire passer la pilule une navette avait été mise en place , vite abandonnée !! Donc, certains départs dans le privé et .aujourd’hui le maire aurait pensé à fermer Légugnon !!!
    Alors pourquoi ne pas demander leur avis aux oloronais sur l’avenir de l’école Labarraque , est- elle utile à cet endroit ?, faire des parkings pour servir à la revitalisation de la rue L.Barthou ? économiser le loyer ? etc .. Toute la population doit etre concernée , pas seulement un quartier ou un autre …en plus les Municipales approchent ,donc vision à très court terme ……surtout ne pas perdre de potentiels électeurs..!! et l’année d’après rebelote pour sauver des classes etc…

    Aimé par 1 personne

  5. C’est quand même étonnant que des classes ferment parce qu’il manque quelques élèves alors que dans le même temps l’académie dédouble des classes qui ne sont pas en sur effectifs pour un meilleur enseignement.

    http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2019/01/31/pau-le-pari-reussi-des-classes-dedoublees-a-ousse-des-bois,2512320.php#article-comments

    Hein? Comment ?cela n’a rien à voir et . je fais de la politique ? ok! ok ! d’accord ! moi je dis ça je dis rien……

    J'aime

    1. Il y a suffisamment de cafés, deux se situent à proximité ( Pont de Ste Marie et Place Thiers). De plus des cafés ne préparent pas à l’ avenir des écoles, par contre un immeuble plus sûrement et c’ est même par là que ça commence.
      La politique de l’ habitat pour une ville est la base de son futur développement où du moins de sa vitalité économique. Les cafés alimentent plus les hôpitaux.

      J'aime

  6. La nécessité d’une nouvelle organisation pour les écoles publiques est une évidence compte tenu de l’effondrement des effectifs, moins 173 élèves en 5 ans, soit un groupe scolaire.
    Nos interventions en conseil municipal ou nos billets sur le blog OLORON3D analysent cette chute d’effectif chiffres à l’appui. Le directeur d’académie confirme que la baisse de la démographie et la semaine des 4 jours et demi expliquent cette diminution comme partout ailleurs mais il précise qu’il y a un contexte particulier à Oloron qui n’attire plus. Le choix politique de la majorité de faire payer les enfants des écoles voisines explique ce contexte.
    Je lis « L’opposition ne fait pas de propositions », mais comment, les élus de l’opposition, pourrions-nous reprocher le manque de concertations avec l’ensemble des partenaires de l’école et proposer des solutions sans les consulter ?
    Nous aurions tout à gagner à écrire un projet pour les enfants avec les parents, les enseignants, les élus et au-delà quelques « experts » de l’école, objectifs, pour dépassionner le débat avant de décider de bouger tables et chaises un peu cette année, un peu l’année d’après dont la rentrée s’annonce tout aussi difficile.
    Certes cette consultation prend du temps.
    Les fameux tableaux que l’on déteste pour parler des enfants, alertent les responsables depuis de longs mois, nous avons perdu beaucoup de temps.
    Je pensais que le « conseil Ambition Oloron Ville Educative » inscrit dans le contrat de confiance signé par H LUCBEREILH avec les oloronais en 2014 nous aurait éclairé, mais il n’a pas encore vu le jour !
    Par contre il peut y avoir des propositions concrètes pour améliorer le quotidien des familles sans le bouleverser. Les élus de l’opposition en avons fait en juin dernier :
    – Restaurer la gratuité de la garderie du soir de 16h15 à 17h alors que le guide de la rentrée distribué aux familles l’annonçait payante dès 16h15.
    Nous avons voté cette modification au dernier conseil municipal.
    – Modifier les horaires de la navette pour que les familles arrivent à J Prévert avant 8h30 et non un quart d’heure après l’heure de la classe.
    Les nouveaux horaires viennent d’être modifiés.
    – Nous avons demandé que le chèque famille puisse servir au paiement de la garderie pour les enfants qui n’en profitent pas dans des associations.
    C’est à l’étude.
    L’opposition fait donc des propositions concrètes. (à suivre)

    J'aime

  7. (suite du commentaire précédent)
    Je me souviens qu’en septembre 2013, dans une situation délicate mais pas aussi grave qu’elle l’est aujourd’hui, nous avions travaillé pendant plusieurs mois pour l’organisation des maternelles et élémentaires des écoles Prévert/Labarraque et Pondeilh/Légugnon.
    Nous avions travaillé en petits groupes, en conseil d’écoles, en plénière à la mairie, et ce jusqu’à la veille des élections de mars 2014.
    Bien sûr, aucun projet ne fait l’unanimité mais nous étions parvenus à un consensus. Les parents d’élèves ont par la suite reconnu le bien fondé de notre démarche.
    Il fallait vraiment respecter les enfants et leur intérêt ou être Kamikaze pour le faire en pleine période électorale !
    A la même époque le candidat H LUCBEREILH avait foulé au pied notre démarche pour s’attirer les bonnes grâces de certains parents dans le doute – qui ne le sont plus aujourd’hui – leur promettant de ne pas acter la nouvelle organisation s’il était élu. Voyez ce qu’il en est aujourd’hui.
    Agir en conscience pour l’intérêt général ou calculer pour son avenir personnel, nous avions fait le choix d’agir en conscience.
    Les solutions concrètes se travaillent et ne se décrètent pas surtout dans un domaine aussi sensible et dans l’urgence ! C’est de la responsabilité de ceux qui ont causé cette situation, de mettre tout en œuvre pour tenter de réparer…en sollicitant, enfin, l’avis des acteurs de l’école et les parents d’élèves.

    J'aime

  8. J’ajouterai dans le diagnostic l’attirance réelle pour l’ecole privée (apprentissage d’une langue : anglais ou occitan) qui permet à certains parents de prendre AUSSI l’ecole comme un bien de consommation. Le résultat étant la perte dès leur plus jeunes âges d’une mixité sociale.

    J'aime

    1. vous avez dit mixité sociale? mais souvent vous savez que ceux qui en sont les chantres sont souvent ceux qui ne la pratiquent pas pour les motifs les plus divers sans donner hypocritement la vrai raison. Mes propos ne concernent pas Oloron car j’en ai pas le détail mais notre monde politique parisien par exemple.

      J'aime

Les commentaires sont fermés.