Mais quand donc Daniel Lacrampe se décidera-t-il à sortir enfin de sa réserve ? (chronique impatiente et impertinente)


S’ils étaient de sensibilités politiques très différentes, les deux présidents de la communauté de communes de Lacq avec lesquels j’ai travaillé durant ma carrière professionnelle partageaient au moins le même avis sur mon absence totale de sens politique. Et il est probable que les années passées au côté de ces deux experts de la vie publique ne m’ont en rien permis de progresser en la matière. La preuve ? Le comportement de Daniel Lacrampe au sein du conseil municipal, surtout si on se place dans la perspective des prochaines échéances électorales, reste pour moi un mystère, une source de totale incompréhension.

Comment se traduit ce comportement ? Par une quasi-transparence durant le temps du conseil : son rôle se cantonne le plus souvent à l’appel des élus présents en début de séance afin de vérifier si le quorum est atteint. Pour le reste, une totale inexistence dans le débat. Les occasions de prendre la parole, de donner un avis ne manqueraient pourtant pas. Surtout si l’on considère les avanies, les petites humiliations que le maire d’Oloron ne manque pas de lui faire subir au goutte-à-goutte, tel un supplice chinois.

Dernier exemple en date de cette passivité : lors du conseil municipal de lundi dernier. Le maire annonce toutes les réunions programmées au sujet de la suppression de classes dans les écoles de la ville. Il annonce qu’une commission « éducation » se tiendra le 6 février à 18 heures en mairie, commission à laquelle il invite tous les élus municipaux intéressés à participer. Aucune réaction de son premier adjoint qui sait pourtant pertinemment (tout comme le maire d’ailleurs qui a reçu une invitation) que le même jour à la même heure est convoquée à la communauté de communes une conférence des maires qui doit évoquer la question des écoles du territoire en présence de l’inspecteur d’académie.

Ce n’est pourtant un secret pour personne que Daniel Lacrampe sera candidat aux prochaines élections municipales. Et ce n’est pas davantage un secret qu’il ne fera pas liste commune avec le maire d’Oloron… ni, comme cette fois-ci, alliance avec lui au second tour si le verdict des urnes lui en offre l’opportunité. Pourquoi alors depuis cinq ne se démarque-t-il pas de mesures et de positions qu’il réprouve pour certaines d’entre elles ? Pourquoi fait-il comme si, comme dirait le Premier ministre en parlant du président de la République, il n’y avait pas « le début du commencement de la moitié d’une feuille de papier à cigarette » entre le maire et lui ?

Des politologues locaux ont une explication à cette attitude attentiste :

  • Pour les uns, c’est une version moderne du « Paris vaut bien une messe » de Henri IV. À savoir : « La présidence de la communauté de communes vaut bien quelques affronts publics infligés par le maire d’Oloron »
  • Pour d’autres, ses raisons sont plus cyniques : il patiente jusqu’à ce que le maire d’Oloron soit rattrapé par les affaires. Le pouvoir sera alors à ramasser comme un fruit mûr
  • D’autres encore imputent sa frilosité à sa crainte de réactions du maire qu’il sait par moment assez imprévisibles

Et si, tout simplement, il n’y avait derrière tout cela aucune stratégie réfléchie ? S’il y avait seulement une personne qui déteste le conflit quitte à donner l’impression de se laisser marcher sur les pieds ? N’étant pas davantage psychologue que politologue, j’ignore si c’est le cas. Une chose est sûre cependant : en 2020, les adversaires de Daniel Lacrampe auront beau jeu de s’étonner que quelqu’un qui a voté lors du mandat actuel toutes les délibérations, même les plus discutables, qui a approuvé tous les comptes, même les plus contestables, et cela sans mot dire, puisse se présenter contre celui qu’il a soutenu contre vents et marées.

Si j’étais son conseiller politique, ce qu’à Dieu ne plaise compte tenu des premières lignes qui ouvrent le présent billet, je lui dirais : « Daniel, n’attends pas le dernier moment pour sortir de ta réserve. Existe par toi-même à la mairie comme tu le fais déjà à la communauté de communes. Fais entendre ta différence. Oloron a tout à gagner d’une confrontation d’idées pour l’heure inexistante ».

 

8 commentaires sur « Mais quand donc Daniel Lacrampe se décidera-t-il à sortir enfin de sa réserve ? (chronique impatiente et impertinente) »

  1. Je pense malheureusement que tous ceux qui suivent un peu l’actualité municipale se posent les mêmes questions, sans réponse..
    Comment opter au municipales pour un politicien qui ne se met jamais en avant, qui ne se positionne jamais ?
    Nous avons besoin de projets, d’actions et de quelqu’un qui sera reprendre les rennes avec enthousiasme et volonté.
    Ce n’est pas avec Mr LACARAMPE que nous pouvons nous projeter..

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  2. Je partage le point de vue de Monsieur Dutter. Après l’alliance de la carpe et du lapin, et le résultat pour notre territoire (= pas d’unité, pas de vision commune entre la ville centre et l’interco), je me demande comment ces deux-là peuvent se re-présenter sans scrupule aux élections municipales. Va falloir trouver une alternative…

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  3. Le passé a démontré que les électeurs oublient toutes ces contradictions et que le vote se fait en fonction de promesses faites pour ceux qui veulent les entendre : alors on verra si l’avenir contreditra ou pas que les promesses n’engage,nt que ceux qui les entendent

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  4. il semblerait que cette  » technique  » de gouvernance ait atteint ses limites. Comme le disait le Cardinal de RETZ,  » on ne peut sortir de l’ambiguÏté qu’à son détriment « .

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  5. Je crois tout simplement que l’intéressé n’a ni la créativité ni les capacités pour porter une vision moyen long terme. Vous ne vous en êtes pas rendu compte ?
    Il y a pourtant pas mal d’élus qui se retrouvent à des positions de décideurs sans en avoir réellement ni les compétences ni les les moyens…

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  6. Le problème est que D Lacrampe et H Lucbéreilh sont frères siamois ennemis. Ils préfèrent perdre en ensemble que gagner dans le jeux de quille Oloronais. Qui depuis des décennies voudrait que dans ce jeu pervers cette fois-ci ce soit la gauche qui  » gagne » . Les électeurs et l’ intérêt général étant bien sûrs tenus éloignés de ce jeu là. A moins que peut être pour une fois les électeurs se réveillent? Ils ne faut pas condamner directement les personnes, mais le système qui permet d’ arriver à une telle situation, qui nous condamne à l’ inefficacité municipale.

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