Conseil municipal du 4 février 2019 : une séance mélatonine qui s’est réveillée dans le dernier quart d’heure


Séance mélatonine, du nom de cette hormone du sommeil. Oui, cette séance du conseil municipal a été d’un ennui mortel, si l’on excepte la question d’actualité qui s’est invitée en fin de réunion et qui a eu le mérite de réveiller tout le monde. Au final, et malgré les échéances électorales qui se profilent, tout s’est déroulé dans le calme. Le calme qui précède la tempête ?

Il est vrai que les questions inscrites à l’ordre du jour, techniques pour nombre d’entre elles, ne prêtaient guère au débat. Au nombre de 25, elles ont d’ailleurs été expédiées en à peine plus d’une heure, soit à la vitesse d’un vote toutes les deux minutes 30. Et c’est à peine si l’on a enregistré deux tentatives d’escarmouches. En provenance de l’opposition, elles ont été à peine relevées par un maire visiblement peu disposé à en découdre :

  • Abordant les travaux de la commission d’accessibilité, Marie-Lyse Gaston, relayant la question d’une personne auprès de laquelle le maire avait pris des engagements, a demandé où en était le projet de réalisation de l’ascenseur destiné à relier la rue Palassou à la place de la mairie. Réponse d’une précision chirurgicale du maire : « La réponse, c’est qu’il est d’actualité, mais la réponse, c’est qu’il est cher et que ce n’est pas toujours l’objet prioritaire à mettre en avant… c’est pas oublié, c’est une nécessité, on le sait et on va le faire dès qu’on peut, et pas dans 20 ans ». Petit coup de griffe de Bernard Uthurry : « Tout cela procède parfois de phrases qui sont prononcées sur le coup de l’émotion, de l’emphase ou de la pression électorale et qui laissent accroire à des gens qui sont eux-mêmes dans l’émotion ou dans le besoin que ça va se faire dès le lendemain. Je me souviens parfaitement des propos que vous aviez tenus le jour où la plaque a été apposée. Tout le monde a eu le sentiment que ça serait fait dans l’année. »
  • Saisissant l’occasion qui lui est donnée par une délibération portant sur la continuité écologique du Vert, Bernard Uthurry demande s’il y a une explication au fait que l’on n’entende plus parler du projet de carrières. Réponse du maire : « Si tu n’en entends plus parler, c’est que le dossier n’avance pas. Sinon, avec les relations que tu as dans les administrations, tu serais au courant ». Relance de Bernard Uthurry : « Donc il n’y a pas de scoop ? » Réponse du maire, qui revient pour l’occasion au vouvoiement : « Non. Dès qu’il y aura un scoop, vous en serez le premier informé, Monsieur Uthurry »

En fin de séance, le conseil évoque un sujet d’une actualité brûlante : la fermeture envisagée pour 3 classes des écoles de la ville. Le maire informe de l’organisation de plusieurs réunions : 1/ ce 4 février se tient une réunion de l’adjointe aux écoles avec les directeurs des écoles concernées ; 2/ le 6 février à 18 heures sera organisée en mairie une commission « éducation »  ouverte pour l’occasion à tous les élus qui souhaiteront y participer ; 3/ le 7 février, il y aura encore 3 réunions : à 9 heures 30 avec les agents des écoles, à 17 heures avec tous les instituteurs, à 18 heures 30 avec les parents d’élèves des deux écoles Prévert et Labarraque. L’inspecteur primaire et ses adjoints participeront à la plupart de ces réunions.

Le maire expose le dilemme auquel la commune est confrontée : « Nous avons 3 classes qui ferment… au minimum, ou on essaie en redispatchant les enfants de conserver ces 3 classes ». Pour l’opposition, l’institution du forfait d’externat par le maire est à l’origine du problème. Il a incité les maires des communes extérieures à ne plus envoyer les enfants de leurs communes dans les écoles publiques d’Oloron. Pour le maire, le vrai problème réside dans la démographie de notre ville. Il cite quelques chiffres : 92 naissances de petits Oloronais en 2018 pour 195 décès. En 1968, Oloron comptait 13 028 habitants, contre 10 834 aujourd’hui. Nous constatons une dépopulation liée au vieillissement et à un taux de mortalité relativement important. Le maire ajoute la concurrence du privé, qui passe de 196 à 242. Selon lui ce n’est pas à cause du forfait d’externat, mais à cause de la semaine de 4 jours qui a fait fuir les parents d’élèves de nos écoles publiques et à cause du bilinguisme que l’on est incapable de proposer dans l’enseignement public.

Marie-Lyse Gaston revient sur l’augmentation des effectifs depuis 5 ans dans le privé : + 1,5% en moyenne dans le département lorsqu’à Oloron il est de + 20%. Elle rappelle qu’au mois de septembre l’opposition municipale avait demandé « de définir un projet clair et partagé pour une éventuelle nouvelle organisation des écoles ». Une commission devait être mise en place pour y travailler. Il n’y a eu aucune suite. Marie-Lyse Gaston : « Pourquoi cette concertation n’a-t-elle pas été mise en place ? ». Le maire : « Mais parce qu’il n’y avait pas d’urgence, pour nous ».

André Labarthe élève le débat (!) : tout cela, c’est la faute de Vincent Peillon, le ministre de l’Éducation nationale qui a institué la semaine de 4 jours. C’était une faute politique commise alors que les amis de Marie-Lyse Gaston étaient au pouvoir.

L’adjointe aux écoles entre en séance du conseil municipal à l’issue de sa réunion avec les directeurs des écoles concernées. Le maire lui demande si elle souhaite faire un petit compte-rendu de cette réunion. Réponse : « J’avais une réunion de travail. Je ne pense pas que chacun fasse un compte-rendu de ses réunions de travail en conseil municipal, mais, bon. Pour parler du sujet, nous avons une réunion qui est convoquée mercredi à 18 heures pour travailler sur les effectifs des écoles dans Oloron. ». Bernard Uthurry : « Si la question la dérange, on peut partir. Il me semble qu’une question aussi importante que cela doit faire l’objet spontanément d’un communiqué. Surtout s’il est demandé par le maire ». Le maire préfère que les 6 réunions prévues se tiennent avant d’en faire la synthèse. Et il lève la séance sur ce constat plein de sagesse. Nous devrions donc en savoir davantage mercredi sur la décision que s’apprête à prendre le conseil municipal. Car le temps sera alors venu pour nos élus de nous expliquer non plus POURQUOI on en est arrivé à cette situation, mais COMMENT ils comptent en sortir.

12 commentaires sur « Conseil municipal du 4 février 2019 : une séance mélatonine qui s’est réveillée dans le dernier quart d’heure »

  1. Monsieur le maire d’Oloron comme les maires du territoire ainsi que l’adjointe aux écoles d’Oloron étant élue communautaire sont invités à la CCHB le 6 février à 18hoo réunion avec monsieur Barrière inspecteur d’académie
    Objet: faire un point sur les écoles du territoire.
    Faire une réunion le même jour à la même heures et pour le même sujet……
    Monsieur le maire il faut travailler groupé dans cette affaire et laisser les problèmes politique au placard.
    Je suis persuadé que vous allez annuler votre point à la mairie et que vous serez présent à la cchb avec vos collègues maires pour avec eux dire votre désapprobation au représentant de l’état.
    Vous serez le grand gagnant à 12 mois des élections

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    1. Petite précision : le maire d’Oloron n’est plus membre de la CCHB. Il en a démissionné lors de l’élection de Daniel Lacrampe à la présidence… après avoir échoué dans sa tentative de faire battre ledit Daniel Lacrampe… qui est par ailleurs son premier adjoint à la mairie. Rien n’est simple à Oloron

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  2.  » En 1968, Oloron comptait 13 028 habitants, contre 10 834 aujourd’hui. Nous constatons une dépopulation liée au vieillissement et à un taux de mortalité relativement important. »
    Il est facile de jeter la pierre sur l’ autre et de l’ accuser de tous les maux, mais
    avant tout la question qu’ il faudrait se poser c’ est pourquoi cette dépopulation constante a amené cette situation. Ne faudrait’ il pas remettre en cause les différentes politiques municipales menées pendant des décennies en matière,
    de services ,d’ habitat, d’ impôts locaux ou de politique industrielle qui a fait que beaucoup de petites et moyennes entreprises qui faisaient le tissu et la force
    d’ Oloron ont disparu.
    Il serait peut être aussi temps que nos Elus, de tous bords, comprennent qu’ ils sont eux mêmes rien d’ autre que les acteurs de cette situation. A toujours se marcher sur les pieds les uns les autres, à force de jouer les sourds et les aveugles sans tenir compte des avis des administrés, ceux- ci s’ en vont ailleurs.
    L’ exemple type de cette situation est l’ affaire de la maternité d’ Oloron où faute de cohérence, il a fallu se conformer au dictat de l’ administration.

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  3. Cher blogeur tout les maires sont toujours invités au conseil des maires même les maires qui ne sont pas élus communautaire.
    Et le 6 février le président a il paraît invité même les élus référents au écoles dans les communes du territoire

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    1. Dont acte, cher lecteur. Mais comment se fait-il que le président de la CCHB, par ailleurs adjoint au maire d’Oloron, n’ait pas fait état hier soir en conseil municipal de cette réunion CCHB du 6 février qui se tiendra à la même heure qu’une réunion de la commission « éducation » censée se tenir en mairie d’Oloron ce même 6 février à la même heure, réunion « éducation » à laquelle sont invités, compte tenu de la situation, tous les conseillers municipaux ? À quel jeu jouent nos élus oloronais ?

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  4. La fermeture d’une école est bien du ressort du Maire comme le dit HL.
    Par contre la fermeture des classes appartient au DASEN.
    Les deux sont étroitement liés.
    Pierre Barrière le DASEN, est un homme avec qui on peut discuter, argumenter, et présenter comment on entrevoit le futur des écoles à Oloron. Le problème ici c’est qu’il n’y a aucune stratégie, aucun courage politique, aucun travail. C’est tellement plus facile après de crier au loup quand la sanction tombera.
    Monsieur le Maire vous êtes responsable !

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  5. Bonjour, je suis de gauche, je suis pour le service public, je ne suis pas catholique, et je ne soutiens pas spécialement le maire actuel. Pourtant, j’ai mis ma fille dans le privé, parce que le bilinguisme y est proposé. Et combien comme moi…? H.L. apporte un élément de réponse qui n’est pas farfelu. A étudier de plus près peut-être..?

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  6. quand, dans un mandat on construit des immeubles (Santa Maria, fronton) propice à l’accueil des personnes âgées, au lieu de construire des petites maisons avec jardin (bitête) favorable à des familles avec enfants, il ne faut pas s’étonner de voir la population encore active migrer dans les villages voisins.
    Et quand ensuite on impose à ces familles voisines de payer si elles scolarisent leur enfant dans une école publique de la commune d’Oloron, il ne faut pas s’étonner de voir ces familles inscrire leurs enfants dans le privé.
    Oui HL conduit Oloron à cette situation depuis longtemps.

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  7. Idée pour les parents qui ont mis ou vont mettre leurs enfants dans une école privée, mais qui voudraient vraiment un service publique qui leur convienne pour y mettre leurs enfants : créer une liste indiquant que si la scolarité y redevient gratuite pour ceux en dehors d’Oloron, ou bilingue (selon ce qui vous refroidit), vous mettriez vos enfants à la rentrée prochaine dans le public.
    Et déposez là à l’IA, à la mairie…
    C’est peut-être ainsi que vous aiderez le service public sur ce coup là ?

    Courage à nos instits malmené(e)s, qui vont faire grève pour être demain matin sous les fenêtres de ceux qui vont signer la fermeture d’une école publique sans concertation (ça semble déjà joué)…
    Et peut-être même avec des chiffres pas clairs, (j’attends des infos concrètes là-dessus, si des instits concernés pouvaient venir nous renseigner ici, merci 🙂 ).

    Ce qui poussera sans doute des parents déçus vers le privé en plus.

    Misère 😦 !

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