Le maire s’amuse à jeter de l’huile sur le feu dans son conflit avec les « gilets jaunes » oloronais


Il y a peu, nous étions encore nombreux à reconnaître un grand sens politique au maire d’Oloron. Un grand sens politique à la sauce radicale-socialiste IVe République, illustrée par la célèbre formule d’Edgar Faure : « Ce n’est pas la girouette qui tourne, c’est le vent ». Le sens politique, dans cette conception, se définissant comme l’art de déceler comment souffle le vent de l’opinion… et comme la capacité de s’y adapter.

Confronté au mouvement dit des « gilets jaunes », Hervé Lucbéreilh s’est efforcé d’agir de la sorte dans un premier temps. Constatant qu’il s’agissait là d’un mouvement qui recueillait la sympathie et même l’adhésion d’une majorité de citoyens (donc d’électeurs oloronais potentiels), il cherché à prendre le train en marche : rencontre d’une « délégation » de « gilets jaunes » qu’il assure de son soutien, accrochage de 3 chasubles jaunes au balcon de l’Hôtel de ville en signe de solidarité.

Brusquement, la girouette se dérègle, elle ne prend plus le sens du vent. Elle va même contre le vent. Et c’est sous couvert de la sécurité et de la salubrité publiques la signature par le maire d’un arrêté municipal sur la base duquel, le 30 novembre sur le coup de 5 heures du matin, sous la protection d’une quinzaine de représentants des forces de l’ordre, est détruit un abri installé par les « gilets jaunes » au rond-point d’Intermarché. C’est aussi, quelques heures plus tard, le décrochage des chasubles du balcon de la mairie.

Ce week-end, le maire en remet une couche. Confronté à la dégradation d’une stèle dédiée aux chemins de Compostelle (un acte imbécile s’il en est), il ne tarde pas à désigner les coupables : les « gilets jaunes ». En ajoutant ce commentaire, si l’on en croit La République : « Ces gens ne respectent vraiment rien ». Des propos volontairement provocateurs dans la mesure où : 1/ rien ne permet à cette heure d’affirmer l’implication d’un ou plusieurs « gilets jaunes » dans cette dégradation ; 2/ quand bien même le responsable de ce geste idiot figurerait au nombre des « gilets jaunes », cela n’engage en rien l’ensemble du groupe. Quoi qu’il en soit, nous savons tous aujourd’hui (cf le rapport de la Chambre régionale des comptes) que le maire d’Oloron n’est certainement pas le plus habilité à décerner des brevets de civisme.

En cette période pour le moins agitée, on attend d’un élu responsable qu’il cherche à calmer le jeu plutôt qu’à jeter de l’huile sur le feu, au risque de s’y brûler lui-même. Le maire d’Oloron n’est manifestement pas dans ces dispositions. On ne peut que le regretter.

Post-scriptum qui a tout à voir avec ce qui précède : vendredi soir, une quarantaine de « gilets jaunes » a tenu à manifester son opposition au maire en perturbant l’inauguration des illuminations de Noël et le lancement du Téléthon. C’était selon moi une action déplacée, hors de propos, à contre-temps, contre-productive, en raison notamment du lancement du Téléthon, moment qui se veut solidaire et festif. Il aurait mille fois mieux valu que cette opposition s’exprime, avec fermeté, mais de façon posée, dans un cadre institutionnel. Par exemple, à l’occasion du prochain conseil municipal qui se déroulera le 12 décembre. Et je suis sûr que le maire, avec les sens de la démocratie et de l’écoute qui sont les siens, avec son empathie innée, aurait su ménager durant cette séance du conseil un moment pour permettre à un de leurs représentants d’exprimer les motifs du ressentiment des « gilets jaunes » à son égard .

16 commentaires sur « Le maire s’amuse à jeter de l’huile sur le feu dans son conflit avec les « gilets jaunes » oloronais »

  1. A ma connaissance le convoi des gilets jaunes n’est pas passé dans ce quartier et que ce raccourci est facile et peu judicieux pour un représentant politique avisé. Ceci dit, il est clair que jusque là les manifestants criaient « Macron démission » et que s’y ajoute à présent « Lucbereilh dehors ».
    Je serais curieux d’avoir un sondage concernant le soutien des citoyens Oloronais à notre édile, il probable qu’il ferait mieux que notre président…

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  2. Bonjour cher blogueur,
    L’idée de donner une tribune citoyenne aux gilets jaunes au début ou à la fin du conseil municipal parait légitime (pas pendant c’est interdit). Outre leurs revendications qu’ils pourront exprimé, aux élus de la municipalité, ils pourront aussi interroger le Maire sur ce qui le pousse à les accuser des dégradations commises ce week-end. Lui qui n’a de cesse de revendiquer la présomption d’innocence, face à l’enquête à son encontre, largement alimentée par le rapport de la cour des comptes qui l’accable sur ses pratiques, il n’hésite pas à revêtir le costume de l’accusation sans en amener la moindre preuve.
    La méthode déjà expérimenté par notre édile et son adjoint au sport, lors de l’incendie du stade, c’est finalement retourné contre eux par la suite.
    Mais ils pourront également lui demander, ainsi qu’à son premier adjoint, comment ils comptent compenser la perte de pouvoir d’achat, qu’ils ont infligés aux foyers Oloronais les plus faibles, en supprimant les abattements sur les taxes locales. C’est 800 000.00 € supplémentaires chaque année qui sont ponctionnés. Et si ça ne suffit pas, ils pourront également lui demander, pourquoi les Oloronais vont devoir payer 300 000.00 € un lotissement de SOEIX totalement fantôme.
    Quand il ne pique pas dans la caisse, il jette l’argent par les fenêtres et en ce qui concerne l’augmentation du carburant, il s’en fou il avait une carte de carburant de la Mairie qu’il a utilisé pendant 4 ans.
    Quand on donne les clefs du camion à un ado sans permis, ou un chauffard qui n’a plus ses points, le risque d’accident n’est pas une probabilité.

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  3. Moi, je suis une Gilet jaune qui a sifflé le maire et applaudit les enfants… mais les journaux ne le relatent pas, dommage.

    AUX enfants et adolescentes présents au lancement du téléthon, PARENTS et leur soutien : Mille pardons, ce fut une horrible méprise que de ne pas laisser le téléthon être lancé sous les applaudissements nourris et mérités. Rien n’excusera cela. Mais la plupart n’ont pas vu vos enfants et leur désarroi.

    AU MAIRE ET autres politiciens : qu’un maire accuse un groupe de ses citoyens d’avoir la galle (et vous nous auriez aussi traité d’alcooliques ? ) était une grave erreur, que vous n’avez toujours pas assumée. A quand vos excuses publiques ? Il serait temps d’assumer vos actes qui ont blessé une grande partie des gilets jaunes qui comme d’autres citoyens s’investissent pour faire changer le quotidien des plus faibles.

    Puisque le maire se permet de nous donner de grandes leçons, je vais me permettre de faire de même.

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  4. AUX CITOYENS présents vendredi soir : oui, nous autres gilets jaunes avons « gâché » une partie de la fête pour certains, c’est indéniable, nous sommes responsables, et pour ma part désolée.

    Et je suis tout aussi navrée pour 2 autres faits qui ont aussi gâché la fête à mes yeux… et en bien plus grave.

    Tout d’abord, des questions, qui mériteraient des éclaircissements avant que je ne forge mon opinion :
    Pourquoi les enfants n’étaient pas mis en lumière sur scène, au côté de l’homme politique ? Pourquoi sont-ils restés en bas de la scène, invisibles de certains gilets jaunes qui n’ont pas pu lire le réel désarroi et la peine qui leur était faite ? Rampe d’accès à la scène non prévue pour permettre à une personne à mobilité réduite d’y accéder ?

    Mais alors, pourquoi le maire n’a-t-il pas pris le micro pour aller parler à leur côté, pourquoi s’et-il mis en lumière et a persisté à y revenir au lieu de déléguer la tâche à une autre personne moins polémique.
    Si l’accès à la scène était impossible aux adolescentes, la moindre des choses aurait été que le maire descende avec elles… la tentation de répondre au GJ a prévalu sur le respect des enfants ?

    Et pourquoi a-t-il fallu descendre le bouton pressoir lançant les illuminations pour le mettre au pied de la scène avec les enfants… bouton pressoir prévu sur un haut socle, à hauteur de personne pouvant se tenir debout… Il a donc fallu le pencher pour que la jeune fille en fauteuil roulant puisse l’actionner.

    Organiser une ouverture de téléthon sans tenir compte des différences des gens accueillis serait une erreur. J’attends les explications…

    Je ne rebondirai pas sur le budget du feu d’artifice, chacun se fera son opinion d’un meilleur emploi qui aurait pu être fait de cet argent parti en fumée un soir de téléthon…

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  5. AUX citoyens non gilets jaunes : Oui, les gilets jaunes sont un regroupement de personnes variées qui tentent de s’organiser et y arrivent parfois plus ou moins bien. Le mouvement n’existe que depuis le 17 novembre et s’organise, il y aura des actes réussis et d’autres ratés, oui. Mais cela ne peut remettre en cause la légitimité du groupe.

    Oui, beaucoup des gilets n’avaient jamais exprimés leurs difficultés, et vivaient assez isolés en subissant les lois injustes qui s’accumulent en détériorant leur vie.

    Alors depuis qu’ils ont compris qu’ils pouvaient se regrouper et lutter pour leur droit, ils revivent et ne veulent plus se laisser écraser.

    Que le maire qui avait dit nous soutenir (et que certains ont cru) retourne sa veste de la manière la plus inhumaine (être accusé d’être malade et contagieux) a été pour eux l’affront de trop dans leur vie.
    Voilà pourquoi il a été impossible pour eux de laisser le maire parler vendredi soir. Certains ont cessé leur sifflements pour applaudir les enfants, mais d’autres n’ont pas vu les enfants placés au pied de la scène, ou n’ont pas pu se taire car toute la rage d’être opprimés chaque jour est remontée. Je ne cautionne pas, mais je comprends.

    Comme je comprends la peine mêlée de colère que les familles à qui nous avons gâché la fête ont ressenties. J’espère que les jeunes filles ont pu se remettre sans trop de dégâts.

    AUX GILETS JAUNES :

    Souhaitons que cet acte maladroit sur la fin nous pousse à prendre la plaine responsabilité de nos actes, à développer notre système d’organisation ?
    Chaque action pourrait être débattue dans un lieu permettant à chacun de s’entendre, et assurant à chacun de s’exprimer.
    Si tel avait été le cas, certains nous auraient sans doute informé que la fête des lumières lançait le téléthon (ce que j’ai découvert sur place, l’événement FB ne parlait dans son titre que de l’ouverture des illuminations de Noël), et l’action aurait été différente (je n’ose penser le contraire).

    Il aurait fallu s’arrêter tous juste 5 minutes plus tôt, et applaudir les enfants présents.

    J’espère que le mouvement Gilets jaunes fera aussi reculer le gouvernement sur les attaques faites aux personnes porteuses d’un handicap (loi élan = moins de logements neufs accessibles, manque d’AESH dans les écoles etc…).

    Les beaux discours dans la lumière sont une chose, les actes des élus, une autre.

    Bien cordialement

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  6. Pas de porte paroles des gilets jaunes!! Le mieux est d’aller sur les rond points pour comprendre le mouvement. Les politiques auraient ils peur de visiter le peuple? Peur d’attraper la gale?

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    1. Je ne crois pas que les politiques ont peur de visiter le peuple. Je crois plutôt que certains politiques responsables, comme certains syndicalistes tout autant responsables, respectent les vœux exprimés par les gilets jaunes eux mêmes, qui ne souhaitent pas leur présence de peur de la récupération. On y a pourtant vu un député faire le pitre à 6000.00 € par mois, que l’on a jamais entendu se préoccuper du pouvoir d’achat de ses administrés et que l’on voit sur le site des gilets jaunes faire le beuz. Je ne crois pas que le député serve la cause des gilets jaunes, mais je suis convaincu que le député se serve de la cause des gilets jaunes. On a vu un Maire qui un jour prend fait et cause pour les gilets jaunes et qui le lendemain leur envoi la troupe et les pelles mécaniques pour les déloger d’un lieu qu’ils tiennent pacifiquement.
      Est ce que ces deux illuminés sont représentatifs de l’ensemble des élus de ce territoire ? je ne le crois vraiment pas.

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      1. Je suis au regret de vous rappeler que vous, Oloronais jaunes ou pas, avez élu ce Maire et vous, Haut-Béarnais jaunes ou pas, avez élu ce Député. Et ça,ni EM, ni JLM, ni MLP n’en sont responsables. Vous pouvez gémir mais il faut assumer.

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        1. C’est bien le problème de représentation que pose ce mouvement, et bien d’autres avant eux.
          Aujourd’hui il ne suffit plus de dire il faut assumer, vu les dérives de ce mode d’élections, et de ces élus (je parle en général).
          Ne pas oublier que le peuple est souverain, et l’élu seulement son représentant.
          c’est à dire que le représentant élu défend les idées et les projets du peuple.
          Et non pas décide une politique en fonction de telle ou telle couleur politique mais bien en fonction de ce que le peuple veut.
          Si on prend l’exemple du Président il est élu par la majorité des votants et représente moins du quart de la population française.
          et c’est pareil à toutes les échelles

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        2. En démocratie représentative, il n’ y a jamais de problème si l’on admet qu’un vote librement consenti est le reflet de ce que veut le fameux ‘peuple’.
          L’élu l’est sur la base d’un programme qui vaut contrat pour la durée du mandat.
          L’élu est défaillant s’il ne respecte pas le contrat ou qu’il rajoute des avenants restreignant le contenu du contrat, postérieurement à son élection.
          Le ‘peuple’ est défaillant s’il ne s’informe pas, complétement et préalablement à l’élection, du contenu du projet de contrat et de la qualité/réputation du porteur du projet.
          Je vous rappelle Jésus Alfos que ni le Député ni le Maire ne sont des perdreaux de la décennie puisqu’ils en sont tous les 2 au moins au 2éme mandat librement consenti par le ‘peuple’.
          Tout autre discours relève de la négation du type de démocratie qui est la notre (dite indirecte) : il est vrai que les Béarnais ont le droit de revendiquer plus de démocratie dite directe, en souvenir des fors de Béarn.
          Quant au PR, hormis De Gaulle, aucun président de la Véme Rep n’a significativement dépassé 30% des exprimés au 1er tour.
          Pour terminer : un 1er tour de la présidentielle qui verrait un candidat atteindre les 50% relèverait de ce qu’on appelle un plébiscite, ouvrant la voix non pas à l’une des formes d’un régime démocratique mais à celle d’un régime autocratique.
          A nous de choisir et d’assumer en toute connaissance de cause

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