En attendant le 6 décembre, quelques informations et réflexions qui vont au-delà de la seule question du maintien de la maternité


Le 6 décembre prochain, le tribunal administratif de Pau se penchera sur le sort de la maternité du centre hospitalier. Objectif : soit confirmer, soit annuler la décision de fermeture prise par l’ARS et effective depuis décembre 2017. Le sujet est d’importance pour un territoire et déborde le périmètre de la seule commune d’Oloron. Mais il ne doit pas pour autant être l’arbre qui cache la forêt.

Car les sujets de préoccupation, mais parfois aussi les lueurs d’espoir, en matière d’offre de santé vont bien au-delà de cette seule question. Mieux vaut en la matière s’en remettre à l’avis d’une personne autorisée. Voici quelques pistes de réflexion émanant de Jean-Louis Coquard qui connait bien le sujet pour le pratiquer encore au quotidien.

1/  À propos du maintien de la maternité

La décision de fermeture a certes été prise en dernier ressort par l’Agence régionale de santé. Mais il convient de rappeler que :

  • la précarité financière de l’hôpital vient à l’origine, il y a des années, de la mise en demeure qui lui a été faite de maintenir la maternité privée. Depuis il ne s’en sort pas. Quelques exemples : les travaux de rénovation et de restructuration qu’il connaît actuellement n’ont pu être poursuivis qu’après qu’il ait reçu dans le courant de l’été une injonction à améliorer ses comptes ; dans la configuration actuelle, des services sont rassemblés (à l’insu du plein gré des médecins) et aucune place n’est prévue pour un lieu d’accouchement.
  • le corps médical avait informé l’ARS de son opposition au maintien de la maternité en raison notamment d’une sécurité qu’il estimait mal assurée et du problème financier qui mettait en jeu la pérennité même du centre hospitalier …depuis longtemps

2/  Si l’on porte maintenant un regard un peu plus large sur la situation

La question de la maternité ne doit pas occulter le fait que notre territoire est confronté à des sujets tout aussi importants

  • Nous avons une population où dominent les « jeuniors » (les 65-80 ans). Chez une grande partie d’entre eux comme chez les populations plus jeunes, la e-santé commence à entrer dans les mœurs avec toutes ses composantes, dont la télémédecine
  • Nous avons aussi une population de plus en plus nombreuse dans la tranche d’âge 80-100 ans dont la dépendance est patente. Dans ce domaine, une approche médico-domestico-sociale s’avère nécessaire. Or la coordination entre le soin de ville, l’hôpital et l’ephad reste à construire
  • Nous devons tenir compte de l’organisation territoriale : un groupement de territoire et une agence régionale de santé. Ce sont les décideurs d’avenir, ils connaissent le terrain. Qu’on le veuille ou pas, il faut faire avec eux. D’autant que, macro économiquement, au niveau de la région, nous représentons peu de choses : c’est ainsi, cela ne veut pas dire pour autant baissons les bras
  • Nous devons avoir à l’esprit un monde médical en plein bouleversement par sa démographie mais surtout en raison de la mutation de la vie sociale d’aujourd’hui des acteurs du monde de la santé, comme de l’évolution de la technologie (robotisation en chirurgie, télémédecines , la e-santé , etc.). N’oublions pas les personnels paramédicaux, très professionnels et motivés dans les structures de court séjour mais aussi dans les unités dédiées à la personne âgée, dont l’ehpad « Âge d’Or » : messieurs les politiques locaux, ne les trompez pas.

3/  En conclusion

La situation financière du centre hospitalier est préoccupante et le serait encore plus avec une maternité. Face aux départs en retraite, les praticiens se battent avec la direction pour maintenir des activités pérennes. Il y a toutefois quelques lueurs d’espoir avec des praticiens en anesthésie, en chirurgie digestive, des activités médicales bien place, un contrat local de santé à pérenniser……  Nous avons eu, nous avons un personnel politique local isolé, à digestion lente de batailles perdues, oubliant de se projeter dans la réalité du quotidien et l’avenir. Alors, de grâce, regardons devant nous et portons d’une seule voix les perspectives d’avenir de cet hôpital. Sinon nous continuerons à justifier nos activités pour survivre dans le mode actuel, un mode dépassé vu l’évolution de la médecine qui touche aussi bien les personnes que les techniques.

2 commentaires sur « En attendant le 6 décembre, quelques informations et réflexions qui vont au-delà de la seule question du maintien de la maternité »

  1. On ne m’empêchera pas de penser que ce système moribond en plein effondrement n’est pas à sauver, mais que l’élite continue de le cautionner.
    Tout cela n’est qu’une question de financement et, quand nos politiques trouvent 91 millions d’Euros pour une déviation de 3,5km et laissent fermer la maternité d’Oloron, il serait temps de se poser les bonnes questions quand à ce fameux « déficit » (bizarrement, c’est depuis Sarkozy qu’il faut faire du fric avec la santé. Avant, cela était moralement indéfendable…).
    Si l’évasion fiscale était condamnée, et non facilitée, par notre gouvernement, toutes ces tracas ne se poseraient même pas.
    Il suffit de voir le détournement fait par les grandes entreprises de l’argent du CICE* pour comprendre que notre santé est condamnée….En tout cas pour les plus pauvres et tous ceux qui n’ont pas médecin ou infirmière dans leurs familles ou leurs amis et qui seront les laisser pour compte de ce système inique.
    Et les femmes, dans tout ça?
    Bof, rien à battre, ce ne sont que des femmes dans un monde patriarcal et ce n’est pas important qu’elles accouchent sur le trottoir, tant que les deniers de la couronne sont sauvés.

    *(Crédit d’Impôt Compétitivité Emploi que les patrons touchent, sans aucune contrepartie, pour créer des emplois. Produit Macron mis sur le marché par François Hollande. Les entreprises en profitent pour que cet argent augmente leur chiffre d’affaire grâce à 1 ou 2 écriture comptable, ce qui permet de gonfler le portefeuille des actionnaires…..Et sans créer d’emploi, bien sûr!)

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  2. Pour les hôpitaux, comme les autres services publics, ce n’est pour faire de la rentabilité mais pour notre bien être. les technocrates sous influences US sont dans le mur depuis longtemps comme nos politiques actuels.Regardez les maisons de retraites Françaises qui sont en grande partie gérés par les fonds de pensions anglaise et US… (Pourquoi faire une déviation d’Oloron ? Il faut reprendre une route depuis le tunnel du Somport et faire du tunnel jusque la vallée en emmenant cette route vers l’autoroute Est ou Ouest. Ce qui contredit la lutte anti pollution ou le fret train n’est plus d’actualité depuis 30 ans…..) Ce pays est mal et soit nous sommes proche d’une révolution ou d’une fin de société qui va imploser mondialement.

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