L’Oloronais sans lequel la Route du Rhum n’existerait pas


Route du RhumCe dimanche 4 novembre 2018, 123 navigateurs ont pris à Saint-Malo le départ de la Route du Rhum. Direction Pointe-à-Pitre que les plus rapides atteindront d’ici une semaine. Comment est née cette course qui est devenue un grand événement à la fois sportif et médiatique ? Le blog « Patrimoines de Guadeloupe » nous le raconte :

A la fin des années 1970, la consommation de rhum diminue en France métropolitaine. On passe de 200000 à 70000 hectolitres. Les rhumiers ont bien une opération culinaire « la Poêle d’or » pour faire connaître le rhum, mais elle leur coûte de l’argent et ne porte pas ses fruits.

En 1975, Bernard Hass, secrétaire général du Syndicat des Producteurs de Sucre et de Rhum des Antilles cherche alors une idée pour valoriser la filière du rhum.

Il en parle à Florent de Kersauson qui imagine une course à la voile en direction des Antilles où l’on produit le rhum et le sucre. Haas et de Kersauson présentent le projet à Eric Tabarly qui ne donne pas suite.

Ils contactent alors Michel Etevenon, publicitaire, spécialiste du sponsoring des événements nautiques, alors sponsor d’Olivier de Kersauson, le frère de Florent. Etevenon accepte et se met en relation avec les rhumiers de la Martinique qui ne sont pas intéressés. Il prend contact alors avec Louis Claverie Castetnau, l’ancien directeur général de l’usine Darboussier à Pointe-à-Pitre et le créateur de « la Poêle d’or », qui récompense la meilleure recette à base de rhum. Celui-ci est emballé et entraîne derrière lui toutes les sucreries de la Guadeloupe, sauf une et deux distillateurs. Ainsi naît la Route du Rhum.

Qui est Louis Claverie-Castetnau (c’est son nom complet) sans lequel cette course qui a lieu tous les 4 ans depuis 1978 n’existerait pas ? Son nom n’est pas inconnu à Oloron : ses parents étaient propriétaires du Cor d’Henric, son frère Pierre a longtemps été le correspondant de Sud-Ouest sur notre ville. Né le jour de Noël 1924 à Lurbe-Saint-Christau, Louis Claverie-Castetnau a effectué ses études au lycée d’Oloron, puis à Toulouse où il a obtenu un diplôme d’ingénieur en agronomie.

Marie-Paule, l’une de ses nièces, m’a retracé à grands traits son parcours : « Il est parti en 1947 à la Guadeloupe où il a été embauché comme chef de culture de la canne à sucre. Après avoir gravi tous les échelons, il est devenu directeur des Sucreries Gardères et Darboussier. En plus de ses fonctions, il a occupé divers postes très importants en rapport avec l’économie et le commerce des Antilles.

Il est resté très attaché à son Béarn natal et surtout à Oloron Sainte-Marie et Lurbe. Il parle aussi bien le Créole et le Béarnais. Il vit aujourd’hui à Herrère. La Route du Rhum c’est son « bébé ». Il est cofondateur de la Route du Rhum avec Michel Etevenon (frère de Micheline Dax). Toute la famille a eu la chance d’assister à tous les départs de la Route du Rhum, Papa et Maman en tête, quand Florence ARTHAUD a gagné. Cette Route du Rhum était un vrai challenge pour lui. Les enjeux économiques étaient importants : il fallait parler des Antilles, du Rhum, et de la voile de prestige. Pari réussi. »

Et de conclure : « C’est un homme qui a réussi grâce à son travail et sa ténacité. Anecdotes : lorsque nous sommes arrivées à La Guadeloupe Maman, ma sœur et moi, au moment de passer la douane, le douanier a vu nos noms et nous accueilli comme des VIP… le foie gras et le confit n’ont pas été contrôlés ! À l’inauguration de l’hôtel HILTON à Fort de France il parlait en Béarnais avec Maman au bord de la piscine au grand étonnement de certains invités. Un Béarnais cap i tout. ».

5 commentaires sur « L’Oloronais sans lequel la Route du Rhum n’existerait pas »

  1. joli !….je l’ignorais totalement.Je savais seulement que l’excès de rhum rendait la démarche assez vite chaloupée.Le 55° permet de bien suivre les virement de bord et sa progression dans les tuyaux et assez vite le brouillard se lève devant les vendée globes oculaires…hips!

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  2. Je pense que le foie gras de Charlotte devais être sublime ☺☺☺☺
    De très bon souvenir du rhum chez claverie avec la fille qui nous faisait coûter le rhum de Papa.
    Merci Joël pour ce coup de projecteur de la famille claverie que nous avons bien connu.
    A quand un travail de mémoire sur Pierre claverie et sa plume précise envers les élus d’Oloron et les matchs de rugby. …

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  3. Charlotte cuisinait la meilleure poule au pot sur le secteur d’Oloron
    Pierre et son poncho bleu pendant les matchs de rugby et le lundi les commentaires objectifs.
    Je me souviens quand Raymond Dieste consultait Pierre pour des conseils tout en sachant que Pierre était plutôt à droite.

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  4. Enfin une chronique passionnante que beaucoup d’entre nous ignoraient. Mémé nous nous souvenons bien de la famille Claverie. Merci au blogueur de savoir sortir du marigot habituel de la cuisine municipale oloronnaise ,et de nous faire souffler l’air salin de la Route du Rhum qui sent bon le large et les vastes horizons maritimes.
    Bien sûr ce n’est pas un reproche au blogueur qui ne fait qu’informer le citoyen des vicissitudes de la vie locale…ce dont nous le remercions chaleureusement.

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