L’Ours et le Médecin


L’ours, moins il y en a, plus on en parle. Il pousse même jusqu’en notre cité : jeudi dernier, il s’est ainsi invité à l’improviste lors de la séance du conseil communautaire. L’actualité autour de ce sujet bien clivant, dont on peut s’étonner qu’il prenne une telle ampleur, a inspiré à un ami lecteur le texte qui suit. Quelle morale en aurait tiré La Fontaine s’il en avait fait une fable ?

Si La Fontaine a écrit « L’Ours et les deux Compagnons », le citoyen lambda te conte :

 Il était une fois un sieur feu médecin vivant dans la vallée d’Aspe dans les années 1960-95. Au détour d’une conversation à bâtons rompus rapporta : « J’en ai visité des fermes,  des lieux isolés, des patients en souffrance, été comme hiver, de jour comme de nuit. Mais j’en ai rencontré des ours dans mes phares de voiture, près de maisons, n’osant pas sortir de ma voiture parfois… il ne nous serait jamais venu à l’esprit,  tant moi que mes patients, de le tuer… lors de cette rencontre… inopinée … l’ours vivait, moi je vivais attentif dans mes visites nocturnes à ne pas en écraser !!! »

Je ne sais s’il était pro-ours ou neutre, il ne parla pas des troupeaux, il vivait sa mission de médecin de campagne au milieu des ursidés et j’aimais, moi, de fraîche source arrivé,  l’écouter.

15 commentaires sur « L’Ours et le Médecin »

  1. J’ai comme un doute concernant la phrase « j’en ai rencontré des ours dans mes phares de voiture », ce qui laisse supposer que c’était monnaie courante en ce temps-là, en vallée d’Aspe !!
    En 1960, j’ai plus le souvenir d’avoir vu Place de la Résistance à Oloron des voitures de chasseurs « arborant » sur les capots des isards abattus dans la journée que de trophée ou de discours concernant l’ours : un non-sujet en temps-là !!
    Un petit coup de wiki pour confirmer qu’entre 60 et 90, l’ours se comptait en unité dans les Pyrénées, donc à 3 fois rien en vallée d’Aspe !!
    « l’arrêt de la chasse à l’ours n’est effectif qu’en 1962 . L’ours brun est inscrit sur la liste des espèces protégées en 1979 et le premier plan de sauvegarde remonte à 1984. On recensait une quinzaine d’individus dans les années 1980 et seulement cinq au milieu des années 1990. « 

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  2. Il parait aussi que l’on peut voir la nuit dans la lumière des phares la « Dame Blanche » surveillant les allés et venues sur la route du Bager pour une histoire de carrières, un conte à dormir debout.

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    1. Oui…bien sur, c’est un conte. Juste une sensation, un frémissement de l’imaginaire. Perso, cela me donne comme un sentiment de nostalgie. Un regret de ne plus pouvoir connaitre ce monde simple et bon enfant. Le temps ou l’ours, le loup, l’aigle, faisait un peu peur, mais c’était tellement vivant. On avait peur, un peu, mais on ne tuez pas. On connaissait bien la bête, les bêtes, et on savait rester à sa place. Chacun avait sa bonne place, et l’équilibre était là. Maintenant, on fait table rase. Sur tout. Les animaux, les insectes, les arbres, les baleines….des fois, les hommes ! Ça gène, alors on tue ! On bouffe, on massacre, on assassine. Plus de rêves, plus de contes, plus cette chaleur des douces veillées…. Y’a la télé, internet, le virtuel ! Oui, bien sur c’est un conte. Et bientôt ce ne sera qu’un souvenir. La montagne sera à nous, rien qu’à nous. Vide de tout ! Vide d’émotion, vide de peur, vide de sens.

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    2. J’aime bien l’idée. Si on écrivait un conte sur ce thème ! Je connais une école en Béarn qui a écrit un conte sur un chantier de route en montagne, avec l’ours pyrène et plein d’animaux. Très joli. Je dois avoir ça dans un carton. A suivre…!

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  3. étonnant ! l’arrêté ministériel autorise le lâcher sur le territoire d’un certain nombre de communes dont….Oloron Sainte Marie ! Méfiance, ce n’est ni un conte ni une fable : les oloronais pourraient se trouver nez-à-nez avec une bestiole lâchée par erreur dans les rues de la ville ! hihihihihihi !!!
    http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2018/10/01/ours-un-recours-en-exces-de-pouvoir-contre-l-arrete-autorisant-les-reintroductions,2434365.php

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  4. merci Poodji pour votre texte qui fait du bien

    ma modeste contribution avec ce proverbe amérindien :

    Lorsque l’homme aura coupé le dernier arbre, pollué la dernière goutte d’eau,
    tué le dernier animal et pêché le dernier poisson, alors il se rendra compte que l’argent n’est pas comestible

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  5. L’ ours qui ailleurs est un lien fort entre les différentes composantes
    de la société, est en Béarn un facteur de discorde accentué par certains.
    Une fois de plus, ce qui aurait pu être l’ occasion d’ un projet d’ avenir pour le long terme pour les vallées des Pyrénées Atlantiques est sabordé au nom d’ intérêts individuels mercantiles.
    Que l’ on soit d’ accord ou pas sur la présence de l’ ours dans les Pyrénées,
    il est du devoir de tous de ne pas franchir des seuils qui remette en cause le pacte
    républicain du « vivre ensemble » . Or en ce moment ce seuil est en train d’ être franchi par certains sous le couvert d’ intérêts idéologiques et particuliers, malheureusement sans grande contestation de la part des autorités de tutelle, qui participent au laisser faire en espérant que cela ne sera qu’ un feu de paille. Alors que cela ne fait que renforcer la hardiesse de cette contestation.
    Si nos responsables voulaient réellement que cette contestation cesse ils prendraient des mesures. Notamment celle de suspendre immédiatement toutes les aides apportées aux organismes et individus qui participent à l’ entretien de la remise en cause du » vivre ensemble » . Face à cette situation quelque peu déroutante, les citoyens n’ ont guère de moyen d’ action de faire valoir leur opinion, si ce n’ est d’ agir en suspendant temporairement l’ achat de fromage élaboré par les opposants à la réintroduction de l’ ours. Cela le temps que les esprits échauffés par certains, ne se seront pas calmés pour un retour à la table des négociations.
    La sortie des fusils est peut être caricaturale, mais personne n’ est à l’ abri qu’ un individu désespéré le charge et tire sur autrui. Il en va de l’ avenir de l’ image de marque du Béarn. Dans cette affaire tout le monde a y perdre.

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    1. @Michel. Tu y vas fort en demandant de punir les éleveurs opposés à la réintroduction de l’ours. A cet effet, tu demandes que l’on n’achète plus leurs fromages, et qu’on leur coupe les aides financières. En clair, pour que ton idée de réintroduction prime, tu sollicites de leur mettre la tête sous l’eau. Pour leur apprendre de vivre ensemble sans doute !

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      1. Il n’ est pas question de mettre la tête sous l’ eau des éleveurs bien au contraire, mais que chacun assume ses responsabilités. Quand des actions illégales sont engagées, je crois que la moindre des choses est un retour à la légalité.
        A t’ on entendu les éleveurs demander à l’ état des mesures d’ aide autres que financières? Jamais. Ils déclarent à corps et à cris leur opposition à la réintroduction de l’ ours, mais ne demandent jamais des moyens d’ aides matérielles ou de soutient moral pour affronter ce problème, si ce n’ est des aides financières qui sont une fausse réponse à un vrai problème. Or c’ est d’aides matérielles et de soutient moral de reconnaissance qu’ ils ont le plus besoin, mais malheureusement les responsables syndicaux agricoles et certaines associations font tout pour les isoler, afin qu’ ils ne puissent se faire entendre de leur propre chef.
        Il y a de la part de ces gens là une mainmise sectaire flagrante.
        Certains bergers, pas très nombreux malheureusement, acceptent actuellement la présence de l’ ours, sans ces aides particulières. C’ est bien ceux là qu’ ils faut aider en premier, pour qu’ ils puissent faire la démonstration que la cohabitation entre
        l’ homme et l’ ours est possible. Ce dont je suis persuadé. C’ est du terrain que viendra la réponse, mais pas des éleveurs, qui ne sont pas de vrais bergers avec toute la noblesse professionnelle que cela comporte. A ce jour, on ne peut être que berger à plein temps et non éleveur et berger en même temps. Eleveur/Berger en même temps, est une vision technocratique peut être viable dans certaines régions de plaine, mais surtout pas en montagne. Technocratiquement on a voulu transposer une problème local de plaine en une méthode globale pour la montagne. Cela est une erreur monumentale.
        C’ est le métier de vrai berger qu’ il faut absolument défendre. C’ est à l’ état de dire le type de présence humaine qu’ il veut avec les troupeaux dans le cadre de la réintroduction de l’ ours. La politique de l’ ours et des hommes doit marcher de pair.

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        1. c’est Lou Truc: vous êtes victime? On va créer une cellule psychologique dans le but de l’accepter mais pas de lutter contre .pourquoi pas des bougies ou des peluches..d’ours.Si, un berger est aussi éleveur, forcément sauf à revenir au 19e siecle voir plus loin dans le temps avec ses journaliers.Ce qui me gène dans cette histoire c’est le côté idyllique balancé à de doux rêveurs fréquentant la montagne pour s’y promener…par beau temps.Ceux que je connais très agés ont connu le temps ou cadets de la famille, ils étaient envoyés seuls là-haut et qui devaient faire « avec ».Le brouillard à couper au couteau, la nuit, le labrit qui jappe , les sonnailles qui s’agitent, la panique s’emparant du troupeau….Tout cela est inscrit dans les gènes des bergers.Et de là , la colère de voir des pinpins s’autoproclamer gardiens du temple ,nourris de légendes et de décroissance s’enthousiasmer de voir le loup l’ours et d’autres prédateurs revenir.
          « Amusant ». Campagne d’affichage en ce moment dans le métro parisien pour la sauvegarde…des rats.

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  6. Il fut un temps oui où en effet le médecin se déplaçait à tout moment du jour et de la nuit. Un temps où il était l’une des personnes les plus respectées du village et qu’elle le méritait. Aujourd’hui comme tout le monde il doit avoir fini le vendredi midi, il n’hésite pas une seconde à prendre ta carte vitale pour un simple certificat médical… En effet les temps ont changé partout citoyen lambda.
    Quand à Michel ok supprimons toute allocation également au moindre bloqueur de camion, tout remboursement au moindre gréviste. Pour l’instant aucun seuil n’a été franchi sur l’ours c’est du préventif. Le jour où le Béarn sera l’Ariège ce sera malheureusement autre chose…. l’État le sait mais bon fallait quand même enterrer définitivement Nicolas Hulot !

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    1. @Lalau
       » Quand à Michel ok supprimons toute allocation également au moindre bloqueur de camion, tout remboursement au moindre gréviste. »
      Il n’est pas question de supprimer toute allocation, mais que chacun assume ses droits et devoirs. L’ argent public distribué ne se trouve pas sous les pierres du Gave. Cela à un coût, c’ est cette valeur là qui doit être prise en considération, une allocation, une aide ou une subvention n’ est pas un dû mais un effort que fait la société pour venir en aide à ceux qui sont en difficulté. Certaines composantes de la société l’ ont un peu trop oublié à mon goût et le considère comme la normalité.

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  7. Oui l’ours est le symbole de nos Pyrénées sauvages, ses magnifiques vallées encaissées impressionnantes donnant l’impression d’être dans un autre monde ou au moins reculé. C’est ce que m »expliquait une new-yorkaise d’un certain age passant devant chez moi sur Le Chemin. extase devant le bâti traditionnel, devant cette barrière qu’est le Piémont, l’accueil des gens aussi.. Mais attention à ne pas tomber dans la carte postale! car l’ours ( slovene) c’est ça aussi

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