Deux jours après les révélations de La République, tous les conseillers municipaux sont convoqués autour de la même table ce vendredi


Oui, tous les conseillers municipaux, ceux de la majorité comme ceux de l’opposition, sont convoqués ce vendredi en fin d’après-midi. Pour une commission plénière, c’est-à-dire une réunion qui n’est pas ouverte au public et au cours de laquelle ne peut être prise aucune décision à caractère officiel. Mais une commission plénière pour quoi faire ?

Pour permettre au maire de présenter puis de remettre aux élus, majorité et opposition confondues, le rapport de la Chambre régionale des comptes ? Pour, à la suite de ces informations pouvoir poser ou répondre à toutes les questions, façon tour de chauffe avant le conseil municipal du 24 septembre ? Pour avoir enfin un premier débat, à bâtons rompus, en toute amitié ?

Eh ben non ! Parce qu’au cours de ce type de réunion, on ne parle que des sujets sérieux. Et il n’y en aura qu’un à l’ordre du jour du conseil municipal du 24 septembre : la reconstruction de la tribune d’honneur du stade de rugby. Les élus seront appelés le 24 à approuver le financement de l’opération. Et comme à Oloron, on ne fait pas les choses comme les autres…

Dans une commune normalement organisée, on demande au conseil municipal d’approuver un projet et son plan de financement, puis, sur cette base, on lance les marchés publics.  À Oloron, on lance les marchés publics (sur la base d’un projet qui n’a pas été examiné en conseil municipal), puis on demande au conseil d’approuver le projet. De l’art de mettre la charrue avant les bœufs.

La commission plénière de vendredi discutera donc du projet et de son financement. Et le maire fera sans doute tout pour éviter qu’une seconde question, celle qui agite aujourd’hui la scène oloronaise, s’invite dans le débat. Avec un argument massue : je suis tenu à la confidentialité. Oui mais… Il lui suffirait de remettre demain à chacun des conseillers municipaux la convocation pour le conseil du 24 accompagnée des documents préparatoires… dont le fameux (ou fâcheux, c’est selon) rapport de la Chambre régionale des comptes. Rien ne dit en effet qu’il n’est délivré de son obligation de confidentialité que cinq jours avant la réunion du conseil municipal.

Mais il trouvera probablement en face de lui des élus bien déterminés à ne pas se laisser faire. Du côté de l’opposition, bien sûr. À condition bien sûr que ladite opposition n’ait pas décidé de boycotter cette plénière.  Mais il pourra aussi compter sur la soif de savoir de la majorité, ou au moins d’une partie d’entre qui cherchera aussi à se démarquer, histoire d’échapper à l’accusation de solidarité aveugle dans laquelle l’opposition tente de l’enfermer. Accusation formulée à juste raison si l’on s’en tient aux positions publiques ou aux silences de ses membres jusqu’à présent.

Cela étant,  il n’y aura pas là que tactique politicienne de la part de ces membres de la majorité : certains d’entre eux sont vraiment très remontés contre le maire. Ô, pas encore publiquement. Mais la cocotte-minute est en train de monter en pression. Donc, ça risque d’être animé.

Le blogueur ne pourra malheureusement vous raconter la suite de l’épisode : dès demain il part pour quelques semaines en Aodoù-an-Arvor. D’où il suivra bien sûr par presse interposée les prochaines péripéties de cette saga municipale qui devrait prendre fin au plus tard dans les premiers mois de l’année 2020.

7 commentaires sur « Deux jours après les révélations de La République, tous les conseillers municipaux sont convoqués autour de la même table ce vendredi »

  1. « Dans une commune normalement organisée, on demande au conseil municipal d’approuver un projet et son plan de financement, puis, sur cette base, on lance les marchés publics. » Dans toutes les entreprises ou j’ai travaillé, on lance parfois des appels d’offres pour savoir le cout d’un projet avant de discuter du financement. Dans le cas de la tribune, avec les différentes options présentées (et leurs impacts financiers très différents) qui étaient sur la table, je pense qu’il était difficile de préparer le financement avant de lancer le projet et de connaitre les couts respectifs des différentes options. Cela dit, s’il est confirmé que la tribune sera entièrement reconstruite avec des dizaines de places présidentielles, ce sera un beau gâchis.

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    1. Dans une commune normalement organisée, on aurait demandé à un maître d’oeuvre de bâtir un projet, d’en chiffrer le coût estimatif, puis on aurait recherché les financements, ensuite on aurait demandé au conseil municipal de valider le tout (projet et plan de financement), puis on aurait lancé les appels d’offres. Puis, en fonction des résultats de l’appel d’offres, on aurait validé l’opération ou, toujours avec l’aval préalable du conseil municipal et en cas de résultat non satisfaisant, on aurait modifié le projet et/ou le plan de financement

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  2. Concernant les membres de la majorité : « Certains d’entre eux sont vraiment très remontés contre le maire ». C’est drôle comme à l’approche des prochaines élections municipales, certains ouvrent soudainement les yeux quand leur chef a du plomb dans l’aile… Je ne vais quand même pas imaginer que cela pourrait n’être qu’une posture pour sauver leur image… Non, je me l’interdis bien sûr.

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  3. Allons bon, n’allez pas nous faire croire que le premier adjoint M. Lacrampe si prompt à vérifier les chiffres n’était pas au courant, on se moque de nous, tous dehors et on en parle plus!!!

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  4. Lu dans Sud ouest ( édition du19-09-2018 ) un nouvel article concernant le rapport de la CRC, et en particulier la déclaration de l’élu adjoint au sport qui minimise ce rapport !!
    Tenant comptant des montants importants remboursés (déplacements, restauration) je peux en conclure que le maire n’est pas le seul à avoir le rôle de « VRP pour développer sa ville » et à bénéficier de ces remboursements. ……..
    Depuis le mois d’avril 2014, il est bon de rappeler que la totalité (sauf une ou deux exceptions) de la majorité a toujours voté ‘POUR’ à tous les dossiers présentés au Conseil Municpal, et ce sans tenir aucun compte des interventions éclairées de l’opposition.
    Il semble que, aujourd’hui la lecture de ce rapport ouvre les yeux de certains et qu’ils devraient réaliser la responsabilité des décisions qu’ils ont prises.
    Pour rappel si nécessaire un extrait de la ‘ Charte des Valeurs ‘ du ‘CONTRAT DE CONFIANCE ‘passé avec chaque Oloronaises et chaque Oloronais, (avril 2014)
    « Celui-ci nous engage et nous donne des responsabilités »
    Nous nous définissons donc comme des candidats libres :
    – libres de nous engager par rapport à ce que nous pouvons apporter à notre ville plutôt qu’aux avantages que la politique peut nous apporter. (fin de citation)
    et qu’ils n’hésitent pas à le relire, pour leurs engagements (document paraphé et signé)

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