La ligne Oloron-Bedous prochainement à l’affiche de l’émission Capital sur M6 ?


Le titre du billet se termine par un point d’interrogation pour une bonne raison : ce n’est pas parce que des journalistes s’intéressent à un sujet que cela se termine nécessairement par un reportage. Il leur faut-il parvenir auparavant à grappiller le maximum d’informations sur la question afin de lui donner un contenu digne d’être livré aux téléspectateurs, auditeurs ou lecteurs. Il se trouve qu’actuellement Capital, le magazine de M6 qui a pour ambition de « rendre l’économie accessible au grand public », est sur la piste (la voie serait un terme mieux choisi) de la ligne Oloron-Bedous.

Il y a quelques jours, une journaliste du magazine est entrée en contact avec moi via le mail d’Oloronblog. Elle m’a posé quelques questions, les mêmes sans doute que celles qu’elle avait déjà dû poser ou qu’elle s’apprêtait à poser à d’autres autochtones. Extraits de notre conversation (véridique, cela va de soi) :

Journaliste : qu’en pensent les gens localement ?

Blogueur : une majorité d’entre eux s’en fout

Journaliste : la moyenne des passagers par train est-elle toujours de quatre ? N’augmente-t-elle pas en période touristique ?

Blogueur : elle n’a pas dû beaucoup évoluer. Quant au tourisme saisonnier, il ne doit pas augmenter la fréquentation de façon sensible : la ligne finit aujourd’hui en cul de sac. Elle ne pourra présenter un peu plus d’attrait que si elle est un jour raccordée à l’Espagne

Journaliste : pourquoi cette ligne ?

Blogueur : c’est une volonté d’Alain Rousset

Journaliste : pourquoi ?

Blogueur : je ne suis pas dans sa tête. La volonté de laisser une marque de son passage sur terre ? L’attachement personnel qu’il porte à cette vallée ? Des gages donnés aux écologistes en échange de leur soutien à la Région ?

Journaliste : pourriez-vous me donner le nom de quelques interlocuteurs que je pourrais contacter ?

Blogueur : Georges Manaut, un adversaire résolu du projet ; Hervé Lucbéreilh, le maire d’Oloron

Journaliste : Ah oui ! Votre ami !

Blogueur : c’est-à-dire ?

Journaliste : l’affaire des frais de mission. Où en êtes-vous ?

Blogueur (après avoir fait pour la journaliste un point rapide sur une affaire sur laquelle on semble garder un œil du côté de Paris) : … Bernard Uthurry qui présente l’intérêt d’être à la fois élu local à Oloron et même son ancien maire et vice-président du conseil régional. Qui plus est, il était vice-président chargé des transports au moment de la réalisation de la nouvelle ligne

Blogueur : … et Daniel Lacrampe, qui en tant que président de la communauté de communes est concerné par l’aménagement du territoire. Mais je doute que vous parveniez à le faire répondre !

On le voit, ce n’est probablement pas auprès du blogueur que la journaliste trouvera la source d’information la plus intéressante.Il reste à espérer qu’elle tombera sur des interlocuteurs mieux renseignés. Sinon, pas de Capital pour la Oloron-Bedous.

Après que nous ayons pris congé, j’ai eu un regret : celui de ne pas avoir cité dans la liste le nom de notre député. Habitant de la vallée, ce doit certainement être un passager régulier de la ligne. Mais elle sera assez grande pour le trouver. Et je suis persuadé que, même s’il est actuellement très occupé à guerroyer avec le préfet au sujet des ours, il trouvera bien quelques minutes pour lui répondre. Et aura, c’est évident, beaucoup à dire. C’est ça qui est bien avec les hommes politiques : ils ont un avis sur tout.

8 commentaires sur « La ligne Oloron-Bedous prochainement à l’affiche de l’émission Capital sur M6 ? »

  1. Coucou, je suis revenu pour dire ce dont j’ai rappelé à la journaliste de « Capital » :

    1° En sus de la Chaîne M6 , France 2 et la chaîne 23 ont déjà réalisé chacune un reportage sur la voie ferrée Oloron-Bedous, ce qu’elle semblait ignorer.

    2° Postérieurement à ces reportages sont venus s’ajouter la condamnation de la Région Nouvelle Aquitaine après 2 ans de procédure, en se désistant devant le Conseil d’Etat pour accepter le jugement du Tribunal administratif de Bordeaux (500 € de dommages à notre profit et injonction à communiquer les résultats de l’étude de rentabilité socio-économique)

    3° A noter la bizarrerie de la gestion de l’argent public avec le vote du financement de l’étude en Commission permanente en novembre 2012, étude réalisée seulement en 2015 en même temps que notre demande de communication, pour être seulement rendue publique en 2017. La question subsidiaire serait à quel moment a eu lieu le virement de cette prestation ?

    4° En différant la communication de cette étude, cette dissimulation a été mise à profit pour, conjointement avec la province aragonaise, obtenir 7,5 millions de l’Europe pour financer les 15 millions de l’Etude d’avant projet d’un prolongement ferroviaire jusqu’à Canfranc.

    5° Le contenu de cet étude est ahurissant avec par exemple un potentiel de cette ligne de 1 million de tonnes de marchandises par an, tandis que la dernière étude de la SNCF réalisée en 2013 tablait sur une capacité de …. 30 000 tonnes !!!!.
    Déjà, pour le tronçon Oloron-Bedous, le Tribunal administratif de Toulouse avait consigné dans son jugement une fréquentation de 265 passagers/jour, exactement 200 passagers en période basse et 330 en période haute.
    La réalité est que notre comptage sur la fréquentation a été confirmé par les statistiques de la SNCF pour les 3030 gares en France consultables sur le site de la SNCF, et qui a répertorié la gare de Bedous avec une fréquentation journalière de 24 passagers/jour, à raison de 8 trains quotidiens, et 10 durant la période estivale. Dans 1 à 2 mois, la SNCF sortira les chiffres de la fréquentation concernant l’année 2017. Un fiasco encore plus important.
    Toujours postérieurement à ces reportages télévisés sont venus se greffer le rapport SPINETTA qui condamne les petites lignes faiblement fréquentées, ainsi que le rapport Duron qui invite le Ministre des Transports à ne pas apporter de financement d’Etat au projet de prolongement ferroviaire jusqu’à Canfranc, pour ne pas y avoir décelé d’intérêt économique suffisant.

    6° Tant en Commission permanente qu’en séance plénière, la première réaction d’Alain Rousset a été de dire que la Région, avec le concours de l’Europe, saura se passer du concours financier de l’Etat.

    7° Il y a un clivage plus important au niveau des 183 Conseillers régionaux. Avant, il y a avait un groupe politique qui argumentait son opposition au projet, mais s’abstenait au moment du vote pour son financement. Actuellement, 3 groupes politiques (FN, LR et Modem) se sont opposés à un énième financement publicitaire (de tête, je crois que c’est 500 000 €) pour rouvrir cette ligne jusqu’à Canfranc.

    Nota : Je ne partage pas tout à fait l’avis de Joël qui dit que la population s’en fout de cette ligne parce qu’elle fait le constat (passage à niveau Saint Cricq, Bidos,etc..) que la fréquentation de ce train est misérabiliste. La population est résignée sachant que son avis n’est pas pris en compte. Il en serait différemment avec des référendums régionaux dont on saurait que le résultat serait suivi d’effet.

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  2. Et bien je suis désolé de vous contredire mais je suis de ceux qui se réjouissent de la remise en état de cette ligne ,et j’espère bien qu’elle sera un jour prochain prolongée jusqu’à Canfranc ! Rien que sur le plan patrimonial cette construction est une merveille qui mérite d’être sauvegardée :on dépense bien plus pour des musées qui n’ont pas toujours autant d’intérêt !Quant au plan économique ,on a là une voie transpyrénéenne qui coûtera toujours moins cher à rénover que la mise aux normes de la route dont on se demande bien d’ailleurs comment on pourrait réaliser la déviation de tous les villages ,et qui génèrera bien moins de pollution …Très peu de gens d’ailleurs sont contre ,mais au delà des arguments des opposants que je respecte il y a ceux qui n’en veulent pas parceque le train passe devant chez eux

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    1. Au delà de toute idéologie favorable ou pas, la réouverture de la ligne ferroviaire Bedous -Canfranc est une question de salubrité publique, car on ne peut laisser des milliers de personnes entre Pau et Canfranc dans une situation d’ insécurités, routière et environnementale, permanentes provoquées par l’ accroissement du trafic routier.
      Il est du devoir des services de l’ Etat d’ assumer dans cette affaire scandaleuse leurs responsabilités. Faudra t’ il un accident routier grave pour leur faire ouvrir les yeux. Le ferroviaire n’ élimine pas les risques ,mais les diminue pour les rendre raisonnables. Alors, qu’ avec chaque passage de PL le risque est présent et direct.
      Seule une Analyse Coût Bénéfice ( ABC) indépendante, de l’ ensemble de la RN134 entre Pau et Canfranc sur le transport ferroviaire et routier, pourrait donner une évaluation objective des coûts réels entre ces deux projets.
      Tant que ce travail ne sera pas fait tous les aménagements, de déviations de villages ou de contournements urbains, ne seront que des emplâtres sur des jambes
      de bois, engagés à fonds perdus.
      Ne perdons pas de vue qu’ une route de montagne sollicitée par les PL comme dans le cas de la Vallée d’ Aspe dure 20 ans, une ligne de chemin de fer , c’ est un siècle.

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      1. Vos commentaires s’apparentent à la recherche d’un plaisir solitaire, à l’image des déclarations d’un leader politique prononcées dernièrement dans la presse aragonaise à la suite du changement du chef de gouvernement espagnol. Ce changement à la tête de l’exécutif espagnol lui a fait dire que désormais l’Aragon pourra compter sur un financement pour la réouverture du Canfranc. Du rêve, rien que du rêve. Et toujours du rêve renouvelé depuis 48 ans que cette ligne ferrée a cessé son activité. Cette démarche de réhabilitation de cette voie ferrée se rapproche davantage de la survivance du passé pour renouveler des souvenirs avec des proches disparus qui ont emprunté ou travaillé sur cette ligne. Et puisque je parlais de plaisir solitaire, décrivez-nous votre jouissance de voir circuler des trains avec moins de 3 personnes à bord, ces mêmes trains consommant trois fois plus de carburant qu’un autobus, ces mêmes trains multipliant par 7 le déficit d’ exploitation par les autobus, etc….

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