Défense de la maternité : à trop vouloir prouver… (chronique « de l’intérêt de vérifier ses informations avant de les divulguer »)


Tout le monde reconnaîtra que Robert Bareille se bat comme un beau diable, ne ménageant ni son temps ni sa peine pour réaliser le principal objet de l’association SOS Proximité qu’il préside, à savoir « maintenir la maternité de l’hôpital public d’Oloron ». Mais il arrive qu’emporté par son élan pour faire valoir sa cause, il se prenne les pieds dans le tapis et prenne ainsi le risque de desservir son combat.

Lundi 9 avril, dès l’ouverture de la séance, le conseiller municipal Robert Bareille interpelle Daniel Lacrampe :

« Monsieur le Maire par intérim, une heureuse nouvelle. Une nouvelle naissance à Oloron, en urgence, mais qui s’est bien passée, cette fois au domicile de la maman et du bébé. Et je n’ai pas d’autres commentaires à faire si ce n’est que ça justifie plus que jamais qu’on redonne à ce territoire les moyens de la sécurité pour les mamans et les bébés, qu’on ne revienne pas des décennies en arrière où on accouchait à la maison. »

Une intervention saluée par quelques applaudissements parmi les élus et le public.

Si, une fois n’est pas coutume, Robert Bareille déclare arrêter là ses commentaires, le message qu’il souhaitait passer lors dans son intervention est clair : encore un accouchement dans l’urgence, qui plus est cette fois-ci à domicile ; il finira par arriver une catastrophe si on ne ré-ouvre pas la maternité du centre hospitalier. Démonstration implacable. Oui mais voilà : en lisant les articles publiés ce matin dans La République et dans Sud-Ouest, on voit que les faits ne sont pas exactement ceux relatés en conseil.

L’article de La République, est intitulé « Laura a opté pour l’accouchement dans l’eau au sein de son domicile » et celui de Sud-Ouest « Ils ont fait le choix d’accoucher à domicile ». Donc, contrairement à ce qu’auraient pu laisser entendre les propos de Robert Bareille, il ne s’agit nullement dans le cas présent d’un accouchement en catastrophe en raison de la fermeture de la maternité, mais bien d’une mise au monde à domicile, en s’entourant du maximum de sécurité (présence de deux sages-femmes), suite à un choix délibéré des parents.

Cette situation voulue et maîtrisée ne gomme pas pour autant toutes les inquiétudes suscitées sur le territoire par la fermeture de la maternité. Ces inquiétudes sont parfaitement légitimes. Il appartient aux autorités compétentes de les prendre en compte et de mettre en place les dispositifs qui permettront de les lever au maximum, étant entendu que le risque zéro n’existe pas plus là qu’ailleurs.

Je n’ai certes aucun conseil à donner à Robert Bareille et j’ai de l’estime pour son combat. Mais, juste deux questions à lui poser : ne pense-t-il pas qu’il ferait bien de se baser sur des informations complètes et vérifiées avant de se précipiter pour annoncer publiquement la survenance d’un évènement qui nourrit son argumentation ? Si l’information qu’il donne s’avère, comme ici, inexacte, ne craint-il pas de décrédibiliser l’action qu’il mène et de donner des arguments à ses « adversaires » ?

3 commentaires sur « Défense de la maternité : à trop vouloir prouver… (chronique « de l’intérêt de vérifier ses informations avant de les divulguer ») »

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