Quand Jean Lassalle assure François Bayrou de ses « sentiments Béarnais » (chronique « Amicalement vôtre »)


Notre député, Jean Lassalle, s’est fendu le 29 mars dernier d’une lettre ouverte où l’on peut déceler une pointe d’acrimonie à l’adresse de celui qui fut son ami de 30 ans, François Bayrou. « Lettre ouverte », puisqu’il a expédié une copie de sa missive à tous les maires du Béarn, à tous les présidents des communautés de communes, aux conseillers départementaux du Béarn, au préfet et, tant qu’il y était, au président de l’Académie du Béarn. Un lecteur du blog destinataire du courrier parlementaire m’en a transmis un exemplaire. Vous le trouverez, en fichier et en « texte déroulant », à la fin du présent billet.

Jean Lassalle conclut sa lettre par une formule de politesse quelque peu énigmatique : « Je t’assure, Cher François, de mes sentiments Béarnais ». La République croit y lire : « Des ‘sentiments’ assortis, comme il se doit, parfois en Béarn, de lourds sous-entendus ». Une manière comme une autre pour le quotidien de rappeler une expression attribuée à l’abbé Grangé : « Les Béarnais parlent trois langues : le français, le béarnais et le sous-entendu ».

Pourtant, dans ce texte, et si l’on excepte la formule de politesse rappelée ci-dessus, notre député me semble plutôt sortir, pour une fois, du style ampoulé et abscons qui trop souvent caractérise sa prose. Et puis il fait court : 400 mots pour faire passer son message quand, en règle générale, il lui en faut au moins trois fois plus.

400 mots consacrés à la prochaine délocalisation vers Pau, terre d’élection de François Bayrou, de la Fondation des Apprentis d’Auteuil implantée aujourd’hui à Audaux. 400 mots pour fustiger le comportement et le choix de la direction de cette institution, mais aussi pour déplorer l’absence de solidarité manifestée par les Béarnais contre cette délocalisation. Des mots forts, qui témoignent d’une colère non feinte : « terrible délocalisation », « nouveau collège de la honte », « le terrible poison du mensonge et de la division ».

C’était là, pour un élu qui n’y était pas convié (il n’est pas membre du Pays de Béarn… et il n’est pas sûr que François Bayrou tenait à lui offrir cette tribune), une manière de s’inviter à la réunion de constitution dudit Pays de Béarn. Il est fort probable que le coup de gueule de Jean Lassalle restera sans lendemain. Mais peut-être aura-t-il le mérite d’éveiller davantage la conscience de nos élus sur la nécessité d’une solidarité indispensable entre collectivités qui n’ont pas, loin de là, l’habitude de travailler toutes ensemble au développement de notre territoire.

Après le cri de colère, la manifestation d’une espérance. C’est tout du moins ce que je veux lire dans le dernier paragraphe de la lettre de Jean Lassalle à son ex-ami : « En attendant le retour des jours heureux, notre combat au coude à coude en faveur de ce qui nous est le plus cher à tous les deux, le « Bèth cèu de Pau » et « Taü Biarn Toustem » ». C’est peut-être ça, finalement, les « sentiments Béarnais » de la formule de politesse : souffler le chaud et le froid… sans qu’on sache très bien lequel l’emporte chez l’auteur.

Alors, sommes-nous en route vers une prochaine happy end ? Dans le monde politique, il est fréquent qu’entre deux personnalités jugées irréconciliables, l’inimitié féroce fasse place à une réconciliation aussi brusque qu’inattendue. C’est un monde au sein duquel l’adverbe « jamais » doit être banni plus qu’ailleurs. Le Béarnais, lui, emploie très rarement le mot « jamais ». Parce qu’il tient toujours à se ménager une porte de sortie ?

La lettre de Jean Lassalle à François Bayrou (à télécharger ici)

La lettre de Jean Lassalle à François Bayrou

5 commentaires sur « Quand Jean Lassalle assure François Bayrou de ses « sentiments Béarnais » (chronique « Amicalement vôtre ») »

  1. Quand on voit ce qui s’est passé à la CCHB pour les écoles de musique, on voit que l’individualisme de chaque vallée, de chaque bourg est toi. Il y a du travail pour le pays de Béarn pour changer cela. Penser global pour agir local comme on dit dans le développement durable.

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  2. Le Pays de Béarn ne sert à rien, et la seule happy end qui vaille est la mise à la retraite de Lassalle et Bayrou qui n’ont jamais rien fait à part produire des mots.

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  3. Encore une affaire de clocher béarno/ béarnais, parmi tant d’ autres, qui apparemment aujourd’ hui ne coûte pas cher, mais qu’ il faudra payer un jour, quand
    les instigateurs ne seront plus en poste. Bel exemple académique de la langue béarnaise du sous-entendu.

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  4. Jean lassalle ! !
    Le défenseur des écoles qui l’intéressent.
    Etcharry:pas un mot son suppléant vend l’école à une congrégation catholique intégriste. ….
    L’école de lourdios: Jean intervient au plus haut niveau pour sauver pendant 1 an l’école.
    Ledeuix: école brûlée pas un coup de fils pas un message.
    Audaux: intervention et gesticulations. ..
    Maintenant reparlons de la grève de là fain pour sauver Alcan Toyo: il à fallut acheter pour 100.000€ la plate forme de Lescun qui aujourd’hui coûte de l’argent pour l’entretien à la CCHB Merci monsieur Jean.
    Jean lassalle qui rentre dans le lard des élus et de l’administra ne nous rend pas service à nous les Béarnais avec ou sans le pays du Bearn.
    Jean devrait s’occuper de son territoire et pas aller marcher sur l’eau….
    C’est mon analyse simplicte de l’action de notre député.

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