Rénovation de la tribune d’honneur du stade de rugby : le maire s’enflamme (chronique extincteur)


RugbyHier, mardi, le maire a convoqué la presse pour évoquer avec elle le projet de rénovation de la tribune d’honneur du stade de rugby. Un projet que, dans sa pêche aux sponsors pour le FCO Rugby, il s’apprête à présenter au Club Entreprises qu’avec Jean Lassalle et Joël Amans, le président du club, il réunira ce vendredi 23 mars (cf copie de l’invitation ci-joint) ? Une présentation : 1/ alors que le conseil municipal n’a rien validé à ce jour ; 2/ alors que le programme de la rénovation n’est pas défini avec précision ; 3/ alors que le coût de l’opération n’est pas connu ; 4/ alors que le montant pris en charge par les assurances est tout aussi incertain.

1/ Le conseil municipal n’a rien validé à ce jour

Le maire l’a bien précisé lors de sa conférence de presse :  le projet devra être approuvé par le conseil municipal. Il n’en est rien à ce jour. C’est donc le projet du maire, et seulement du maire, qui sera présenté aux sponsors potentiels. Cela étant, selon l’adage « Qui ne dit mot consent », il est bien évident que si aucun élu municipal éventuellement en désaccord avec la démarche ne réagit d’ici là, ce projet deviendra dès vendredi aux yeux de tous celui de l’ensemble du conseil municipal… même si ses membres en ignorent tout aujourd’hui.

2/ Le programme de rénovation n’est pas défini avec précision

Nous en sommes, toujours selon le maire, au stade de l’avant-projet sommaire, c’est-à-dire au stade d’un projet défini seulement dans ses grandes lignes. Tout au plus sait-on qu’il est prévu la construction d’un toit « en forme de vague » et que, dans une seconde tranche, en haut des tribunes, serait réalisée une terrasse destinée à accueillir une buvette et un espace V.I.P. (= very important persons = personnes très importantes).

On apprend aussi que la nouvelle capacité de la tribune serait de 1 000 spectateurs. Contre près de 2 000 avant incendie. Mais, que l’on m’ôte d’un doute : le président du FCO Rugby n’explique-t-il pas les difficultés financières actuelles du club par la perte de spectateurs ? Et dans le nouveau projet on réduirait de près de moitié le nombre de places assises en tribune ? Tout cela pour faire de la place à quelques dizaines de privilégiés casés dans des loges> ? Que celles et ceux qui croyaient qu’à Oloron le rugby était avant tout un sport populaire mettent leurs illusions de côté.

3/ Le coût de l’opération n’est pas connu

Comme le projet n’est pas défini avec précision, il est normal que le montant global de l’opération soit encore incertain. Lors de son point presse, le maire a balancé deux/trois chiffres : 900 000 € HT pour la reconstruction ; entre 250 000 € et 300 000 € pour l’espace V.I.P. Question : est-ce que ces 250 000 à 300 000 € sont déjà englobés dans les 900 000 € ou faut-il les rajouter ? Cette évaluation tient-elle compte du seul coût de la reconstruction ou englobe-t-elle tous les coûts annexes (maîtrise d’œuvre, assurance « dommage-ouvrage », contrôle technique etc…) qui entrent pour 15 à 20% dans le montant global d’une opération ?

4/ Le remboursement de l’assurance n’est pas connu

Comme la commune ne peut présenter en l’état actuel un projet et un chiffrage définitifs aux assurances, les assurances ne peuvent se positionner sur le niveau de remboursement du sinistre qui a justifié la rénovation des tribunes. Mais il serait intéressant de connaître dès à présent le niveau de garantie dont bénéficie la commune. Est-elle assurée pour une reconstruction à l’identique et à neuf ? La vétusté du bâtiment est-elle au contraire prise en compte et si oui à quelle hauteur ? Existe-t-il une franchise ? Autant d’éléments qui, au-delà de la seule qualité des négociateurs municipaux, sont à prendre en compte pour déterminer la dépense qui restera au final à la charge des contribuables oloronais.

En conclusion…

Tant qu’il n’est pas donné réponse à toutes ces questions, la présentation d’un projet s’avère à ce jour pour le moins prématurée. Elle témoigne d’une impréparation d’amateur. Maintenant, si les élus comme les sponsors potentiels s’accommodent de la conception très personnelle et quelque peu brouillonne de la démocratie locale dont le maire d’Oloron fournit ainsi un nouvel exemple avec la gestion de ce dossier…