Plus citoyen que moi, tu meurs (chronique groupuscules)


Et voilà le mouvement Les Jours heureux qui remet le nez à la fenêtre. Au travers d’une action de communication ce matin via la presse locale afin d’annoncer la sortie du carnet de route retraçant la marche citoyenne de certains de ses membres jusqu’à Paris à la fin de l’année 2016. Une marche destinée à promouvoir « un nouveau cap politique, social et environnemental ». À la lecture du journal, le blogueur frondeur, libre marcheur à ses heures, n’a pu s’empêcher de s’interroger.

Nombreuses et nombreux sont sur Oloron les citoyennes et les citoyens qui, en toute sincérité et en toute bonne foi, aspirent à changer le monde à partir d’une base locale. Mais, alors que sur le fond pas grand-chose ne les sépare, ces personnes adhérent à des collectifs, à des comités, à des mouvements, à des associations presque aussi nombreux qu’elles. Est-ce que, par exemple, il y a beaucoup de différences dans les objectifs poursuivis par les membres du mouvement Les Jours heureux, le collectif citoyen, l’association Haut-Béarn en Transition, le Café des possibles… et j’en oublie très certainement un grand nombre ?

Cette convergence de points de vue est tellement évidente que, souvent, une même personne fait partie en même temps de plusieurs de ces petits cercles (j’écris « petits cercles » pour ne pas dire « groupuscules »). Ces attitudes individuelles mises à part, on ne recense aucune passerelle entre ces divers cénacles. Qu’est-ce qui peut expliquer que ces mouvements, comités, associations etc. ne puissent envisager d’avoir à un moment ou à un autre une démarche concertée face à une question à laquelle elles sont toutes sensibles (la fermeture de la maternité ou le projet de carrières par exemple) ? Les egos de leurs têtes pensantes ? La défense d’un pré carré ? Des animosités personnelles ?

Il est vraiment paradoxal que ces structures qui se plaignent souvent du manque d’écoute à l’égard des idées qu’elles portent soient infichues de leur côté de savoir se parler entre elles. Comment dans ces conditions, en s’exprimant chacune dans leur coin, pourraient-elles parvenir à faire passer le message qu’elles portent ? Comment les gens réfléchis, raisonnables et parfois stratèges qui les composent ne se rendent-ils pas compte que cet émiettement, cette dispersion, cette atomisation de l’action citoyenne profitent aux pouvoirs en place ?

Mais qu’importe, après tout. Seule compte l’occasion donnée à chacun d’avoir son petit moment de notoriété médiatique (émission de radio ou article de presse) et de sortir ainsi de l’anonymat. Après tout, au final, si cela suffit à leur bonheur…

26 commentaires sur « Plus citoyen que moi, tu meurs (chronique groupuscules) »

  1. Coucou,
    Je partage l’analyse, faisant partie moi-même de multiples groupuscules 😉

    Le groupe Réseaulution a bien tenté de rassembler…
    Le Front Social a tenté de rassembler…

    Je suis prête à tout larguer pour un groupe large, ou un collectif d’asso qui pourrait communiquer sur ce qui les relient.

    Mais trop souvent, 2 camps s’opposent :
    – Ceux qui veulent aller contre les idées en place qui génèrent selon eux des dysfonctionnements, et sont ulcérés par ceux qui ne se bougent pas,
    – Ceux qui ne veulent pas perdre leur énergie à aller contre et s’investissent dans des alternatives.

    Pourtant, OUI, l’un ne va pas sans l’autre !

    Par exemple, développer des alternatives en culture biologique sans lutter contre ce gouvernement qui vient de baisser les aides à la conversion ou installation en culture bio alors que l’offre française est insuffisante et qu’on importe du bio de l’étranger (bravo pour le circuit court), c’est être en marche sur la tête , non ?

    Certaines assos / professionnels ne veulent pas être associés à des groupuscules allant contre les élus ou idées d’une partie de leur clientèle, car ils craignent de perdre des subventions, des clients etc…

    Je me retrouve donc souvent à militer dans des assos contre, car les assos qui proposent des alternatives recueillent bien plus de militants… Et je me vois mal monté une asso qui irait contre et qui développerait aussi des alternatives que d’autres assos développent déjà très bien, ce serait contre…productif, hein ;-).

    Je vais là où il manque du monde, ou je ressens une urgence, mais je rêve OUI d’un collectif qui se réunisse autour des mêmes envies pour le futur, ce qui nécessite de freiner ce système capitaliste dans ses erreurs, ET de développer des alternatives…

    Si quelqu’un a la solution, je suis preneuse ♥

    MERCiiiii pour ce sujet

    Vanessa

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  2. Cela sent les commissions bidules, le colloque ad hoc ,la concertation idoine
    et les réunions de synthèse avant une éventuelle grand’messe 🙂

    souvent c’est le buffet qui réunit tout le monde

    .sauf pour les carrières du Bager. avec un projet aussi pourri l’eau minérale et des biscottes devrait suffire. 🙂

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  3. Pour avoir milité pendant des années dans le milieux associatif, on se rend vite compte que bien des associations sont par dessous, d’ obédiences ou de tendances politiques. Ce n’ est pas un reproche que je fait, mais cela devrait être clairement exprimé avant tout agissement pour mettre les choses au clair et ne pas embrouiller les esprits.
    Ce qui fait qu’ à un moment, quand il faut prendre des décisions importantes, qui risquent de bousculer, tel ou telle personne, ou tel organisme de la mouvance en place , on sent très vite le rideau se tirer et cet à ce moment là que de fortes divergences se révèlent. Ce qui entraîne irrémédiablement l’ émiettement que j’ ai souvent constaté. Plus qu’ un sujet ou un objectif important rassembleur, il faut dans ces cas là un Président avec une forte personnalité. Et ça c’ est pas facile à trouver.

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  4. Il ne faut pas culpabiliser les groupuscules associatifs sous le prétextequ’ils n’arrivent pas eux mêmes à s’agréger à d’autres groupements qui oeuvrent aussi à un intérêt général réel…. ou imaginaire. Si un référendum dans l’arrondissement d’Oloron avait lieu pour se prononcer sur la déviation routière d’Oloron, de Gurmençon, d’Asasp, ect… le oui l’emporterait haut la main, idem pour refuser le projet de carrière au Bager, idem pour considérer stupide la réouverture de la voie ferrée d’Oloron-Bedous, y compris jusqu’à Canfranc. Mais le mouvement ‘Les jours heureux » ne peut pas rallier davantage de monde dans sa démarche parce que majoritairement il est foncièrement opposé aux déviations routières de nos villages situés sur la RN 134, et demeure favorable au train circulant à vide dans la vallée d’Aspe.
    Sa traversée de la France à pied jusqu’à Paris me fait penser à la marche de Jean Lassalle. Il y a aussi des compétiteurs qui trouvent plus gratifiant de faire le marathon de New york au lieu du semi-marathon d’Oloron. Mais chacun a droit à sa part de bonheur.

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    1. c’est possible car ce sont des projets pouvant être soumis à référendum local et dépassant les clivages( au moins sur le projet des carrières très locales n’ayant quasiment que des incidences négatives sauf pour le promoteur of course) mais sinon pour le reste comme le précise Michel ce sont un peu des auberges espagnoles ou se mêlent intérets publics et privés avec au menu du pâté d’alouette: Un cheval , une alouette..
      sur le tweeteur cité en tête en remontant on va jusqu’à trouver sauf erreur de ma part la réquisition des maisons et autres joyeusetés au milieu d’un flower power style « maison dans la prairie » et donc inévitablement vient à l’esprit la question : qui est derrière ? C’est sans doute mon côté paranoïaque. Ne pas me frapper… 🙂

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  5. Chiche. Un mouvement qui rassemble, indépendamment de toute asso et de tout parti politique déjà constitué. Juste pour faire mentir le blogueur sur l’ego et les petits moments de gloire personnelles de quelques-uns!! Et aussi pour proposer autre-chose qu’une « passerelle » entre deux « groupuscules » capables de se regrouper pour se partager le gâteau, mais pas pour gouverner! (cf mariage Lacrampe/Lucbéreihl aux dernières municipales). C’est sûr, on peut faire beaucoup mieux!!

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  6. @Fabien Reichert
    Pour faire avancer un âne, on peut alterner de lui donner de la carotte ou du bâton.L’être humain se meut par intérêt moral ou pécuniaire. Question provocatrice: qu’est-ce qui peut motiver un candidat aux élections ?

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    1. «  »qu’est-ce qui peut motiver un candidat aux élections ? » »

      au hasard… le remboursement de ses frais d’obsèques ?

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  7. La première fois, sans doute l’intérêt moral, la seconde, et pour les cumuls, je soupçonne le pécuniaire de devenir la motivation principale. A suivre…

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  8. Pour les référendums, OK…
    mais sur celui des carrières, et du contournement, avons-nous eu à disposition toutes les informations (pour ET contre ) ?
    La réponse étant non, le référendum n’aurait aucune valeur démocratique à mes yeux (quel qu’en soit le résultat).

    On ne connait pas encore le prix du contournement, et beaucoup ne connaisse ni son tracé ni son historique, les informations allant dans le sens de sa non construction n’ont pas eu autant de publicité que celles allant dans le sens de sa réalisation…
    Tout comme pour les carrières d’ailleurs, ou la fermeture ou non fermeture de la matérenité…

    Alors avant de demander un référendum, exigeons un libre accès et une publicité égalitaire à tout type d’information, que chacun puisse ensuite se faire une opinion éclairée.

    On en est loin…

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  9. Alors avant de demander un référendum, exigeons un libre accès et une publicité égalitaire à tout type d’information, que chacun puisse ensuite se faire une opinion éclairée.
    On en est loin…
    Dans toute démocratie digne de ce nom le libre accès et une publicité égalitaire à tout type d’information devraient être de pratique courante, notamment pour les projets d’ utilité publique, avec bien sûr de pair l’ examen de projets alternatifs.
    La déclaration d’ utilité publique ne devenant à ce moment là qu’ une simple formalité et non un pugilat d’ arrière garde, qui bien souvent se termine en situation inextricable comme Nôtre Dame des Landes ou Bure actuellement. Localement, il y a eu la situation du CROC, qui elle aussi a été assez pittoresque.
    Les citoyens devraient être associés au projet dès sa mise à l’ étude, mais effectivement nous en sommes loin et je pense pas que dans les années à venir ça ne s’ améliorera pas.

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    1. @Michel
      Regardez en page 12 du Sud ouest d’aujourd’hui, un habitant de Lasseube, via la CADA et une décision du tribunal administratif de Pau, va obtenir la communication d’un document que le Maire s’obstinait à lui refuser depuis 3 ans.
      Cela a été le même cheminement pour l’Association CROC face au Président de la Région Nouvelle Aquitaine qui refusait la communication des résultats d’une étude payée pourtant par les contribuables.
      Dans les deux cas, ces élus ont agit comme si leur fonction les rendait propriétaire de tous les documents publics qui passaient dans leurs paluches. Ils n’ont baissé leur culotte que devant la sanction pécuniaire prononcée par le Tribunal. Un tel état d’esprit n’est pas une invite à s’inscrire sur leur liste électorale.
      PS : Dans un précédent message, j’avais occulté involontairement mon appréciation sur l’harmonisation de la fiscalité dans l’espace européen. Le traité européen interdit toute harmonisation des fiscalités, ouvrant un créneau aux délocalisations d’entreprises obligeant la France à importer davantage de marchandises que nous pourrions produire nous mêmes, ce qui diminuerait les circulations de fret transnational.

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      1. Dans les deux cas, ces élus ont agit comme si leur fonction les rendait propriétaire de tous les documents publics qui passaient dans leurs paluches. Ils n’ont baissé leur culotte que devant la sanction pécuniaire prononcée par le Tribunal.

        Je partage votre point de vue. Hormis les documents publics classés secret défense, médicaux personnels et d’ affaire de justice en cours, tous les autres devraient être mis à la disposition des citoyens sur simple demande.

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  10. Que tous ceux qui sont libres et ont appelé à s’unir contre le FN en votant Macron sans cautionner son projet n’oublient pas d’être dans la rue jeudi 22 MARS notamment, hein :-p
    ( Je poste ça ici, les sujets des élections sont clos)
    Si vous ne pouvez pas aller à Pau, venez faire un détour à 7 h 40 vers le lycée Supervielle… j’dis ça, j’dis rien, hein 🙂

    Une excellente vidéo ici, j’ai commandé le livre de l’économiste à l’Escapade 🙂
    http://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/le-grand-oral-de-thomas-porcher-economiste-1503-1047543.html

    Si après cette vidéo (à regarder jusqu’au bout) vous êtes libre jeudi mais restez chez vous, j’y comprends rien, faudra m’expliquer 🙂

    Bye

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  11. RD 918
    « sur le tweeteur cité en tête en remontant on va jusqu’à trouver sauf erreur de ma part la réquisition des maisons et autres joyeusetés au milieu d’un flower power style « maison dans la prairie » et donc inévitablement vient à l’esprit la question : qui est derrière ? C’est sans doute mon côté paranoïaque. Ne pas me frapper… »

    Vous parlez des jours heureux ? Si oui, je vais les défendre (si non, je ne sais pas vous répondre)

    Un mouvement qui a réactualisé le programme du CNR (ce projet novateur et démocratique de fin de la guerre qui nous a valu moult avancées sociales que les actuels gouvernements détricotent, les lâches ! ), et qui a compté (enfin compte) de grandes personnalités.
    Allez sur leur site, tout y est expliqué.

    Réquisition des maisons ? Pour les mal logés oui… Même Grenoble le fait, elle réquisitionne ses propres maisons pour les SDF : https://www.ouest-france.fr/auvergne-rhone-alpes/grenoble-la-ville-propose-gratuitement-des-logements-vides-aux-sdf-5456466

    Style maison dans la prairie… Si c’est pour qualifier les écolos, quand on va se prendre le mur qui nous arrive à vitesse grand V (réchauffement climatique, raréfaction des énergies fossiles), je préfère ne pas faire l’autruche et anticiper, quitte a passer pour une écolo bobo gauchisante flower power… M’en fiche, on avance 🙂

    La collapsologie, vous en avez entendu parler ? Même le gouvernement (Bercy) les a auditionné ces 2 là… https://www.youtube.com/watch?v=YIEWe8ytCww

    A suivre 🙂

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    1. oui l’homme est profondément suicidaire et l’effondrement de l’europe ne viendra pas d’un probleme de nourriture mais c’est un autre sujet…..

      et je suis tres sceptique sur les gourous comme jean luc cadiot annonçant la fin du monde sauf si les paysans se remettent au cheval et à la binette……Il existe encore des témoins vivants de cette époque cassées par le travail aux champs. Même mon épouse plus jeune lui expliquerait ses problemes de santé, ce que c’est que de traire à la main , décharger des chars de foins………et se retrouver avec une retraite agricole minable…

      Dans une vidéo ce cadiot ose dire qu’on aura encore besoin de la campagne….et que l’agriculture future sera intensive….en main d’oeuvre…té pardi !et il va la payer comment cette main d’oeuvre ? d’abord quelle main d’oeuvre ? désherber un potager et un champ n’est pas la même chose….Un ha c’est grand très grand très très très grand quand on est à genoux…

      enfin bref les conseilleurs…

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        1. mais il y a mieux ! ceux qui se nourrissent que de lumière

          Malheureusement on ne se nourrira que de lumière, mais il faudra revenir à la réalité du quotidien. La future agriculture ne sera pas celle d’ agriculteurs à genoux, ni celle que prédisent nos marchands d’ éprouvettes, car l’ homme est coincé d’ un coté par sa croissance exponentielle et de l’ autre par l’ impact des produits chimiques sur sa santé. Entre ces deux extrêmes il y a place pour une agriculture réaliste, respectueuse des hommes et de l’ environnement, à la condition qu’ on veuille lui reconnaitre qu’ elle a un coût. Car aujourd’ hui certaines personnes veulent nier ce coût, mais surtout le faire supporter à d’ autres. Coûts économiques, environnementaux, mais surtout sanitaires sur le long terme, car a notre insu de nôtre plein gré, ils nous ont rendu captifs d’ un même système qui fabrique indifféremment les pesticides et les médicaments pour nous en guérir. C’ est de cela qu’ il faut se libérer et ne pas rester à genoux.
          Il faudra aussi un jour que l’ homme aborde sérieusement le sujet de la natalité dans le monde et même en Europe et reconnaisse humblement que nôtre Terre a des limites. Aujourd’ hui la capacité de régénération de la terre se termine au mois de Septembre, au fil du temps ce délai se raccourcit de plus en plus. Au delà nous vivons à crédit sur le dos des générations futures, cela n’ est pas tenable.
          C’ est cela qu’ il faut prendre en compte, mais comme l’ homme est fondamentalement insatiable, il attendra d’ être dans le mur pour réagir.

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  12. «  »Entre ces deux extrêmes il y a place pour une agriculture réaliste, respectueuse des hommes et de l’ environnement, à la condition qu’ on veuille lui reconnaitre qu’ elle a un coût » »

    Tout à fait. Mais celle là on l’a fait disparaitre On a défendu l’exception culturelle de la France alors qu’il fallait défendre surtout son exception agri-culturelle.Mais on croyait pouvoir se passer des culs-terreux. Vaste débat.

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  13. Prenons conscience, nous aurons de plus en plus besoin d’ une agriculture soutenable.

    Article publié par l’ hebdomadaire Le Point
    Surexploitation : l’humanité se met en danger
    Une étude montre que le déclin de la faune et de la flore causé par une surexploitation des ressources de la planète Terre représente un grand risque.
    SOURCE AFP

    « Nous sommes en train de saboter notre propre bien-être à venir ! » a déclaré à l’Agence France-Presse Robert Watson, président de la Plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), à l’origine de cette enquête sur l’exploitation intensive des ressources de la Terre et ses conséquences sur la faune et la flore. Si rien n’est fait pour enrayer la tendance, la ressource en poissons de la région Asie-Pacifique sera ainsi épuisée d’ici 30 ans et jusqu’à 90 % de ses coraux, gravement détériorés d’ici 2050. En Afrique, ce sont plus de la moitié des espèces d’oiseaux et de mammifères qui seront perdues d’ici 2100, avertit cette étude compilée pour l’IPBES dans quatre énormes rapports régionaux.
    « La biodiversité – l’indispensable variété des formes de vie sur la Terre – continue à décliner dans chaque région du monde, réduisant significativement la capacité de la nature à contribuer au bien-être de la population. Cette tendance alarmante menace des économies, des moyens de subsistance, la sécurité alimentaire et la qualité de vie des populations partout » dans le monde, soulignent ces rapports longs de 600 à 900 pages. Durant trois ans, plus de 550 chercheurs ont travaillé bénévolement sur ces évaluations régionales, qui synthétisent les données d’environ 10 000 publications scientifiques, sur les Amériques, l’Afrique, l’Asie-Pacifique et l’Europe-Asie centrale. Le résultat final couvre la totalité de la Terre, hormis les eaux internationales des océans et l’Antarctique.

    Une nouvelle extinction massive

    Les rapports ont été passés au peigne fin par plus de 750 experts et décideurs de 115 des 129 pays membres de l’IPBES réunis toute la semaine à huis clos à Medellín, en Colombie. Ils en ont rédigé des synthèses d’une trentaine de pages chacune, négociées mot par mot, pour orienter les dirigeants en matière de protection de la biodiversité. « Trop de gens pensent encore que l’environnement est un luxe. Mais ce n’est pas le cas », a déploré Robert Watson en faisant le lien entre « biodiversité et changement climatique que nous devons considérer ensemble ». En Europe et Asie centrale, « la population de la région consomme plus de ressources naturelles renouvelables que ce qu’elle produit », a pour sa part précisé le professeur suisse Markus Fischer.
    Avant cette 6e session, l’IPBES avait déjà averti que la Terre est confrontée à une « extinction massive » d’espèces, la première depuis la disparition des dinosaures il y a environ 65 millions d’années et la sixième en 500 millions d’années. « Avec les effets croissants du changement climatique (…), cette perte pourrait atteindre 40 % d’ici 2050 » dans les Amériques, où elle s’élève déjà à 31 %, a-t-elle souligné vendredi pour cette région. Au cours du siècle écoulé, deux espèces de vertébrés ont disparu chaque année en moyenne sur la Terre. Une autre est sur le point de disparaître avec la mort récente de Sudan, célèbre rhinocéros blanc du Kenya et dernier mâle de son espèce, décimée par le braconnage et dont il ne reste que deux femelles.
    Des solutions existent

    « Si nous continuons ainsi, oui, la sixième extinction, la première causée par les humains, va se poursuivre », a averti Robert Watson, ajoutant toutefois que « la bonne nouvelle, c’est (…) qu’il n’est pas trop tard ». Car les rapports de l’IPBES suggèrent aussi des pistes pour minimiser l’impact des activités humaines sur l’environnement : créer davantage d’aires protégées, restaurer les zones dégradées et développer l’agriculture durable. « Nous devons prendre la biodiversité en compte dans notre façon de gérer l’agriculture, la pêche, la forêt, la terre », a expliqué le président de l’IPBES, conscient que la population mondiale va continuer à croître, donc ses besoins aussi.
    « Le monde gaspille environ 40 % de la nourriture qu’il produit. (…) Si nous pouvions réduire le gaspillage de nourriture, nous n’aurions pas nécessairement à doubler sa production dans les 50 prochaines années », a-t-il suggéré. Lundi, l’IPBES lancera un cinquième rapport, le premier du genre sur l’état des sols de la planète, dégradés par la pollution, la déforestation, l’exploitation minière et des pratiques agricoles non durables. Cette réunion au sommet se tient dans le pays le plus bio-divers de la planète après le Brésil, huit fois plus grand. En l’inaugurant le 17 mars, le président colombien Juan Manuel Santos avait souligné que « ce qui arrive à l’un arrive à tous ».

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  14. Je reviens vers une phrase de votre avant dernier commentaire qui m’a interpellé à savoir la baisse de la natalité même en europe. C’est d’abord grandement déjà le cas et je ne vois pas en quoi cela va faciliter la baisse de la démographie mondiale exponentielle par exemple en Afrique.
    Ne me dites pas que vous êtes pour la théorie des vases communicants pour faire baisser la pression? Une forme de suicide collectif dicté par un Shiva en remplaçant l’homme à naître par l’homme déjà né

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    1. Pour résoudre l’accroissement de la population sur la planète, il va y avoir bientôt des personnes qui vont préconiser l’euthanasie, des plus vieux pour commencer, en faisant appel aussi à des volontaires à qui serait proposée une prime de départ.

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    2. Je pense que si l’on veut être crédible à donner des leçons aux pays du tiers-monde il va falloir aussi que l’ on montre l’ exemple. Je suis d’ accord pour dire qu’ effectivement la société européenne aura tendance à diminuer naturellement, mais
      surtout à vieillir . Une société vieillissante, a toujours un plus fort taux d’ impact sur
      l’ environnement qu’ une population jeune. ( Besoins matériels différents)
      Malgré cette diminution naturelle, on se devra de diminuer la population, car notre impact écologique ira lui en augmentant avec notre modèle de société de plus en plus industrielle, pour partie dû au vieillissement et à un moment donné cela deviendra insoutenable. Où alors il faudra changer de modèle de société pour
      s’ employer à donner une vie décente à tout le monde. On commence à voir les prémices de ce genre de problèmes. Par exemple, actuellement dans les pays industrialisés 80% de la richesse produite revient en gros 5% de la population.
      Sans mesures drastiques de répartition, collective ou individuelle de la richesse, cela ira naturellement en s’ aggravant.
      A ce moment là si rien n’ est fait, ce ne sera pas une forme de suicide collectif, mais une mort collective programmée.

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