Conseil municipal du 12 mars 2018 : tout ça pour ça ? (chronique « qu’en ai-je retenu ? »)


La session du conseil municipal d’Oloron s’est déroulée ce 12 mars de 18 heures 30 à 22 heures 30. Que retenir de ces 240 minutes non-stop ? Je ne puis m’exprimer au nom du nombreux public (10 citoyens) massé à l’emplacement qui lui est réservé. Mais pour ce qui me concerne : je n’en ai pas retenu grand-chose. Juste de quoi y consacrer le billet du jour.

Affaire dite des frais de mission : des rumeurs… et des certitudes

Les milieux autorisés (mais, qu’est-ce qu’un milieu autorisé ? autorisé par qui ? autorisé à quoi ?) bruissent de rumeurs au sujet de l’affaire dite des frais de mission. Il ne faut pas compter sur Oloronblog pour colporter ce genre de ragots. En revanche, la séance du conseil m’a permis d’obtenir, auprès de sources 100% sûres, deux certitudes

  • Certitude n° 1 : les auditions de témoins sont en cours. Encore tout récemment, plusieurs conseillers municipaux ont été entendus comme témoins par les gendarmes de la section de recherche de Pau, chargés de l’enquête par le procureur de la République
  • Certitude n° 2 : l’enquête « avance bien », selon une source proche de l’enquête, comme disent les journalistes. Reste pour chacun d’entre nous à traduire ce « avance bien » comme il le comprend… ou comme il l’espère

Bien joué, Monsieur le président

Avant d’ouvrir la séance, Daniel Lacrampe, qui présidait le conseil, a accepté de donner la parole pour une courte intervention à Muriel Capdevielle, au nom des zadistes (mais non squatters puisque ils sont installés en toute légalité sur un terrain), cette poignée de militants de la décroissance regroupés autour d’Eric Pétetin. Dans un propos dénué de toute agressivité, elle a tenu à rappeler en termes champêtres l’opposition au projet de déviation Gabarn-Gurmençon. À voir leurs réactions, je ne suis pas sûr que nos élus aient été touchés par ce discours.

« Bien joué, Monsieur le président », parce qu’il est plus habile de laisser cette question prendre place en début de conseil en toute sérénité plutôt que de s’y opposer et d’ainsi crisper pour rien la situation. Daniel Lacrampe, a précisé qu’il s’agissait-là d’une mesure exceptionnelle. Pourquoi au contraire ne pas la renouveler systématiquement à l’ouverture de chaque conseil en autorisant des personnes à venir s’exprimer 2/3 minutes, sans débat, sur une question d’intérêt communal (une seule question par séance) ?

Trop techno…

S’il est un domaine aride, c’est bien celui des finances publiques. Pourquoi donc ceux dont c’est la spécialité ne font-ils pas un effort pour tenir un discours accessible à tous ? Ce ne doit pourtant pas être si compliqué que cela d’être simple sans être simpliste. Ce n’était pas le cas hier soir. L’intervention de Patrick Maillet au sujet du document d’orientations budgétaires 2018 était beaucoup trop technique. L’argumentation du « Monsieur Finances » de la minorité municipale, en particulier lorsqu’il s’est attaqué à la politique d’endettement et à la politique d’épargne de la majorité actuelle, est passée au-dessus de toutes nos têtes. Même l’adjoint aux Finances en titre, Jean-Jacques Dall’Acqua, semblait débordé par les évènements.

Alors, Monsieur Maillet, je n’ai aucun conseil à vous donner, mais, par pitié, pour ménager Jean-Jacques Dall’Acqua et le public méritant qui suit les séances du conseil, essayez la prochaine, c’est-à-dire dans quelques semaines à l’occasion de la discussion sur le budget 2018, d’être plus pédagogue.

Le bon samaritain

Qu’il n’y ait pas de confusion : samaritain ne veut pas désigner ici un habitant de notre quartier Sainte-Marie. Le samaritain est ce personnage de l’Évangile qui porte secours à son prochain dans la difficulté. Noyé sous la technicité et le flot des questions et des observations de Patrick Maillet, l’adjoint aux Finances en titre restait muet comme une carpe. Sans doute par compassion face à cet évident désarroi, l’adjoint aux Finances du précédent mandant Lucbéreilh, Michel Adam, a volé à sa recousse pour répliquer à Patrick Maillet. Que celles et ceux qui, comme moi, doutaient de l’entente cordiale régnant entre les différentes fractions de la majorité municipale trouvent ici un démenti cinglant à leur perception de la situation. Je plaisante…

Le centre hospitalier enfonce-t-il un coin dans l’union de l’opposition municipale ?

L’élu qui a un minimum d’expérience sait toujours trouver un moyen d’aborder en séance du conseil une question qui n’est pas inscrite à l’ordre du jour. Démonstration en ce 12 mars avec Bernard Uthurry qui a profité de l’inscription dans le document d’orientation budgétaires d’une courte phrase faisant valoir l’intérêt de la commune pour la restructuration de l’hôpital.

« J’appelle à la raison ceux qui en continuant le combat légitime pour le maintien d’une maternité, jouent aussi les oiseaux de mauvais augure pour l’ensemble de notre hôpital ». Et de rappeler la consternation de nombreux auditeurs à l’écoute des mots prononcés par la maire d’Oloron et le député à l’occasion de la cérémonie des vœux du centre hospitalier. « Des discours négatifs, autocentrés sur des égos surdimensionnés, dégradants à l’égard des personnels de l’hôpital. ». Des discours qui fragilisent notre hôpital, conclut le conseiller municipal.

Robert Bareille avoue qu’il ne s’attendait pas à ce que cette question vienne sur le tapis. Sa surprise n’est pas feinte. Sa contrariété non plus. L’élu communiste recentre son intervention sur la question de la maternité en faisant valoir l’insincérité de l’Agence régionale de santé dans les documents qu’elle a produits pour justifier la décision de la fermeture du service. Il considère que cette fermeture est l’une des conséquences d’une réforme hospitalière qui conduira à un démantèlement progressif de l’offre de soins sur le territoire. Et de conclure qu’il continuera le combat. !

Ceux qui ont cru déceler une fissure sur ce dossier entre élus communistes et socialistes, une fissure qui laissera des traces et ira s’élargissant jusqu’aux prochaines élections municipales ont à mon avis tort de se réjouir trop vite. En politique, deux ans, c’est un temps long, très long. Un temps suffisant pour laisser la place à toutes les réconciliations… comme à toutes les dissensions entre amis apparemment indéfectibles

Consensus

Sur la vingtaine de questions de l’ordre du jour réclamant un vote des élus, seules deux ont entraîné un vote négatif des 8 représentants de la minorité municipale :

  • La mise en place d’une vidéosurveillance (appelée vidéoprotection lorsqu’on est pour le système). Raison de cette opposition ? Son efficacité est loin d’être démontrée. Robert Bareille s’appuie sur le livre « Vous êtes filmés », écrit par un sociologue travaillant sur la délinquance et la politique de sécurité, qui affirme, études à l’appui, que les caméras de surveillance ne sont que très peu utiles dans la plupart des cas
  • Le retour de la semaine de 4 jours à l’école, la minorité municipale considérant au travers de l’intervention de Marie-Lyse Gaston que cette décision ne prend pas en compte l’intérêt de l’enfant

Autres points notés au fil de l’ordre du jour

  • Tribune d’honneur du stade de rugby: on ignore toujours à ce jour le contenu du projet et donc le coût de la réhabilitation
  • Impayés du Trinquet Guynemer (partie restaurant La Cancha et, pour une toute petite somme, partie sportive)): ils se chiffrent aujourd’hui à un peu plus de 83 000 € au détriment de la ville.
  • Déficit du lotissement de Soeix: 267 000 €, c’est le montant du déficit du lotissement de Soeix qui va être intégré, en dépense, dans le budget 2018 de la commune
  • Coût de mise en place d’une centrale biomasse: interrogé par Jean-Étienne Gaillat, l’élu en charge du dossier concernant ce projet municipal n’a pas été en mesure d’en indiquer le coût. Réponse du questionneur : de l’ordre de 6 millions d’€ si l’on se réfère à une unité de même type qui s’est créée à côté de Navarrenx

Vite, une formation

À considérer la difficulté avec laquelle nombre d’élus se débattent, souvent en pure perte, pour maîtriser le fonctionnement des micros situés devant eux, on se dit qu’une formation accélérée serait nécessaire. Elle leur permettrait d’acquérir une technique qui faciliterait grandement le confort d’écoute du public ainsi que l’enregistrement des débats du conseil.

3 commentaires sur « Conseil municipal du 12 mars 2018 : tout ça pour ça ? (chronique « qu’en ai-je retenu ? ») »

  1. Les élus municipaux n’ont pas écouté débat ouvert sur radio Oloron ?
    La prochaine fois, il faudra les inviter!
    Parler bien devant le micro des citoyens aimeraient vous entendre…

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  2. peut être une proposition : pourquoi ne pas mettre à disposition des citoyens présents aux débats du CM une copie des documents qui complèteraient l’ordre du jour (moins détaillé) disponible sur le site de la ville (copie des documents remis aux journalistes)

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    1. vous avez raison, ça se fait ailleurs et c’est bien utile, même si c’est succinct !
      mieux : vidéo des séances…

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