Incursion dans le saint des saints symbolique de l’Hôtel de Ville (chronique « suivez le guide »)


Quel lieu doit être considéré comme le cœur d’une mairie ? Le bureau du maire ? Non. La salle la plus chargée de symbole, c’est la salle du conseil municipal. C’est là que se prennent toutes les décisions importantes. Enfin… là, j’enjolive quelque peu : en raison d’une certaine dérive de notre système démocratique, les décisions importantes sont la plupart du temps prises en d’autres lieux (le bureau du maire et les bureaux des fonctionnaires municipaux chefs de service). La salle du conseil est, dans nombre de communes, et Oloron n’échappe pas à la règle, une simple chambre d’enregistrement d’où presque tout débat est absent. Mais l’endroit demeure malgré tout le saint des saints symbolique de l’Hôtel de ville.

Et ce n’est pas parce que l’endroit n’est le siège que de l’apparence du pouvoir qu’il ne doit pas être représentatif. Au contraire. Il faut bien avouer que ce n’était pas le cas jusqu’à il y a quelques semaines : lourds rideaux aux fenêtres, longues tables massives recouvertes d’un épais molleton rouge défraîchi, autour de ces tables, des sièges type chaises de cuisine en bois et paille, quelques micros disposés par-ci par-là, éclairage anémique, murs et plafonds couleur maïs (!). Une salle de conseil municipal telle qu’on devait la connaître déjà sous la IVe République, il y a une bonne soixantaine d’années.

Mais ça, c’était avant. Des travaux de rénovation complète ont été entrepris à la fin de l’an dernier. La dernière séance de l’année 2017 du conseil municipal, le 20 décembre, s’est tenue dans ce nouveau décor.  Je ne m’étais pas donné jusqu’à présent l’occasion d’aller constater le résultat du « relookage » de visu. C’est chose depuis jeudi dernier.

Réalisés pour partie par des artisans, pour partie par les agents des services techniques de la ville, les travaux et équipements donnent un nouveau visage à cette salle : beaux rideaux aux fenêtres, mobilier plus fonctionnel, multiplication des micros, réfection du sol, du plafond, des murs, de l’éclairage, agrandissement de la pièce grâce à la suppression d’un bureau etc. Une tribune ferme l’espace réservé aux élus. Lors des séances, le maire et ses quatre principaux adjoints y seront juchés. Une manière comme une autre de prendre de la hauteur et d’élever le débat.

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Ont survécu à ce grand nettoyage : le portrait du président de la République, le buste de Marianne et les trois drapeaux français, européen et béarnais ainsi que deux grands tableaux que l’on devinait à peine auparavant alors qu’ils sont aujourd’hui bien mis en valeur (cf « bonus » ci-dessous). Ils sont l’œuvre d’un artiste oloronais, Bernard de Montaut.

L’opération est réussie. L’ensemble dégage une ambiance de lumière, de transparence, de simplicité, le tout sans tape-à-l’œil. Ah ! si le ton et le contenu de toutes ces réunions qui vont se dérouler autour de ces tables et de cette tribune pouvaient eux aussi être inspirés par cette clarté, cette transparence, cette simplicité et cette absence de tape-à-l’œil ! Quant à savoir si l’assurance d’assister aux séances du conseil municipal dans des conditions plus agréables donnera aux Oloronaises et aux Oloronais l’envie de venir y assister en plus grand nombre…

Bonus – les deux tableaux de Bernard de Montaut

Le 29 décembre dernier, La République a publié sous la signature de Camille Billemont un long article ayant pour titre « La dynastie oloronaise des Montaut, plus de quatre générations de peintres ». Deux tableaux, œuvres de l’un des membres de cette famille, Bernard de Montaut, ont été conservés dans la salle du conseil municipal nouvelle formule (pour être honnête, je n’ai pas remarqué que ces deux-là lors de mon incursion et ne peux donc affirmer qu’ils sont les seuls). Voici leur photo ainsi que la description qu’en avait faite la revue éphémère Lou Félibre d’Aülourou (consultable à la médiathèque) il y a… plusieurs dizaines d’années

Panorama de la Ville

Reconstitution d’ensemble des quartiers de Sainte-Croix et de Notre-Dame tels qu’on les voit du pont du chemin de fer

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Premiers rayons sur Sainte-Croix

Dans un brouillard violâtre la ville haute émerge des brumes matinales montant du gave. Au premier plan, les maisons de la rue Saint-Cricq et la plaine de Sainte-Marie

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Un commentaire sur « Incursion dans le saint des saints symbolique de l’Hôtel de Ville (chronique « suivez le guide ») »

  1. C’est effectivement le jour et la nuit (ou la nuit avant et le jour maintenant!) pour qui a siégé dans cette salle précédemment. Je fais le même voeu que vous : que cette lumière incite les élus à débattre (davantage c’est sûr…) en toute « clarté »!

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