Ligne Bedous-Canfranc : le projet a du plomb dans l’aile (chronique ferroviaire)


Composé de parlementaires et d’experts, le Conseil d’orientation des infrastructures a reçu pour mission du gouvernement de définir « une stratégie et une programmation soutenables des actions à mener dans la prochaine décennie dans le domaine des transports et des mobilités ». Son rapport vient d’être remis en ce 1er février à la ministre des Transports.

Sur près de 220 pages, le rapport s’intéresse et émet un avis sur nombre de projets fluviaux, ferroviaires et routiers. Et la ligne Pau-Canfranc Saragosse a droit à son petit paragraphe, page 95 :

Pau-Canfranc

Il faut bien préciser qu’il ne s’agit là que de l’avis d’une commission. À charge pour le gouvernement et pour le président de la République de le suivre… ou pas. Mais force est de constater que, si cet avis ne signe pas à lui seul l’abandon du projet, il semble tout de même que l’on s’oriente vers un enterrement de 1ère classe de la Bedous-Canfranc. Sauf à considérer que l’intérêt politique l’emportera sur l’intérêt économique.

Cliquer ici pour accéder au rapport dans son intégralité

24 commentaires sur « Ligne Bedous-Canfranc : le projet a du plomb dans l’aile (chronique ferroviaire) »

  1. Dès que cet avis sera confirmé par la Ministre des transports, il pourrait être décidé de réaliser des économies en stoppant le débroussaillage inutile et d’utiliser cet argent à dédommager immédiatement les aviculteurs en attente depuis 2 ans d’être indemnisés après l’abattage de leur cheptel à la suite de la grippe aviaire. Je ne suis pas opposé à ce que soit demandé l’avis aux notables ayant participé à la première séance de débroussaillage entre Bedous et Canfranc, sous la neige, en présence d’une nuée de journalistes de la presse écrite et télévisée.

    J'aime

  2. La vallée d’Aspe n’est pas le centre du monde, nous le savons bien. Paris est le centre du monde. Et Bordeaux celui de la nouvelle Aquitaine.
    Quant à nous, pauvres culs terreux, payons pour le métro et fermons la (la ligne)

    J'aime

  3. Le projet du Canfranc prend l’eau. Il y a même un quotidien qui ne relaie même plus l’information. Le rétropédalage est parfois difficile. Cela fait 1 mois et demi que des indices laissaient penser que le Canfranc allait faire psitt. Pourtant, je leur avais filé la lettre à destination de la Ministre des transports. Même cela, ils n’ont pas su ou pu en faire usage, préférant photo à l’appui nous montrer des édiles vibrionnant pour l’inauguration d’un débroussaillage qui a sectionné un câble et amputé une dizaine de familles de téléphone et d’internet.

    J'aime

  4. Notre Dame des Landes devait se faire et puis non. Alors peut être que pour le Canfranc ça sera l’ inverse. Effectivement, la vallée d’ Aspe n’ est pas le centre du monde, mais il vaudrait mieux pour tout le monde y voir des trains que des PL, n’ en déplaise à certains. Ces mêmes certains, il faudra les envoyer vivre le long de la RN134. Peut être que cela les fera changer d’ avis …..
    Ayons confiance en l’ avenir, ne versons pas dans le pessimisme noir après la lecture d’un énième rapport. Ce n’ est qu’ un incident de parcours.

    J'aime

  5. J’espère que cette réouverture se fera .Sera-t-elle rentable ? Je ne sais mais s’il fallait supprimer tout ce qui n’est pas rentable ..Elle délestera au moins la vallée de quelques milliers de camions .Et à mon point de vue ,rien que pour son intérêt patrimoniale il faut restaurer cette liaison qui est un véritable chef-d’oeuvre de construction .

    J'aime

  6. Enfin, une bonne nouvelle pour la vallée d’Aspe dont on attend la confirmation par la Ministre des transports. Une partie de cette ligne pourrait être convertie en voie piétonne et cyclable, une autre partie serait utilisée pour élargir la RN 134. Les contournements des villages seraient envisagés. Ne resterait qu’à résoudre l’accès d’Oloron à Pau. Les choses peuvent aller plus vite en ne renouvelant pas le bail d’Alain Rousset à la tête de la Région depuis 18 ans et qui dispose d’un budget de 3 milliards. Quand on pense que la Vallée qui se veut tourner vers le tourisme est la seule de nos 3 vallées à ne pas posséder de piscine municipale, et qu’il a fallu qu’elle soit rattachée à la CCPO d’Oloron pour que tous ses habitants disposent d’un bac individuel pour la collecte et le tri des déchets ménagers.

    J'aime

  7.  » Quand on pense que la Vallée qui se veut tourner vers le tourisme est la seule de nos 3 vallées à ne pas posséder de piscine municipale, et qu’il a fallu qu’elle soit rattachée à la CCPO d’Oloron pour que tous ses habitants disposent d’un bac individuel pour la collecte et le tri des déchets ménagers. »
    J’ ai comme la vague impression que vous mélangez les torchons et les serviettes. Cette situation n’ a rien à voir avec la réouverture de la voie ou non.
    Je pense que cela n’ est que le reflet de l’ incapacité collective des Elus de cette vallée à faire correctement leur travail et cela depuis des décennies. Oui cette vallée a des atouts touristiques, mais complètement bannis par certaines personnes, de peur qu’ on aille mettre le nez dans leurs affaires, qui de plus pour certaines ne sentent pas très bon.
    Effectivement, tant que ces personnes pèseront de tout leur poids pour freiner le développement équilibré de la vallée, les camions y auront la vie facile.
    L’ économie, comme la nature, a horreur du vide.

    J'aime

  8. @Michel
    Ce sont les mêmes élus qui ont laissé décrépir la vallée et les mêmes élus qui ont cautionné le retour d’un train qui circule à vide. Il faut voir la quantité d’élus qui se sont déplacés à Lurbe pour toucher la paluche du Président de la Région lors du lancement des travaux en juillet 2014. Pire, Alain Rousset, les avait réuni auparavent dans un resto pour les tester. Cela faisait même 54 € par tête de pipe à la charge de la Région. Il n’y a eu qu’un seul élu pour dire que le retour du train serait un fiasco, que le terroir avait d’autres priorités. C’est vrai, c’est tentant quand on vous dit que les travaux pour construire la ligne ne coûtera pas 1 € à votre commune.et que cela allait développer les commerces, remplir les restos, et tout le toin-toin. Et 6 mois après l’inauguration, le projet faisait pschitt.

    J'aime

  9. Vous pensez que la création du tunnel du Somport à crée des emplois? du développement touristique? comme on nous l’avez promis!!!
    « Le désenclavement de la VALLÉE est une priorité… »
    On s’inquiète que la taxe de la province du Guipuzcoa n’augmente le trafic,
    CE N’EST PAS LA TAXE!!! c’est parce que nos élus encore actifs ou à la retraite mais donnant des leçons ont fait creusé le tunnel routier.

    J'aime

    1. Le problème de fond dans cette affaire de tunnel routier c’est que l’ ensemble des Maires de la vallée, qui avaient toutes les cartes favorables pour eux ,n’ aient pas su négocier avec l’ état. En échange du tunnel routier, il eût fallu négocier la remise en service de la voie, avant le percement du tunnel routier et cela unanimement.
      Cela était parfaitement à leur portée de main. L’ état n’ aurait pu rien faire d’ autre que d’ accepter. Mais les Maires se sont fait rouler dans la farine par les responsables politiques locaux et administratifs, qui leurs ont fait de belles promesses d’ emplois pour leurs amis, promesses qui ne seront jamais tenues.
      Aujourd’ hui on voit dans quel état de délabrement général est cette vallée, qui n’ a pas de réponse au problème qu’ elle a elle même engendré.
      Maintenant,pour peut être ralentir un peu le flot de PL de transit international la seule solution serait d’ instaurer, en attendant l’ arrivée de l’ hypothétique train ,un péage entre le pont d’ Escot et le tunnel et vice versa. Sans cette mise en place d’ ici 3 ou 4 ans la vallée va perdre la moitié de sa population pour arriver au seuil de désertification, car le flot de PL ne fera qu’ augmenter.
      C’ est la seule solution rapide, avec aussi la limitation du tonnage à 26 t qui peut apporter une réponse à ce problème, à la condition que cela vienne de l’ ensemble des Maires de la vallée d’ Oloron à Urdos.
      A l’ époque, iI y eût un film projeté dans la vallée qui concernait le problème du trafic PL au tunnel du Fréjus. Je me souviens très bien du commentaire d’ une intervenante qui disait:  » Attention vous êtes en train de vendre votre âme au diable »
      Avec le recul, elle avait raison, c’ est exactement ce qui est en train de se passer en vallée d’ Aspe. Le diable serre tous les jours un peu plus la corde du pendu, qui reste sans gesticulations …..

      Aimé par 1 personne

    1. Vous nous basculez un lien de la presse espagnole qui signifie qu’il y a une recrudescence de poids lourds qui passeraient au tunnel du Somport. Mais vous vous abstenez de tout commentaire, comme si vous faites appel à nous pour vous éclairer. Est-ce que cela provient du péage au pays basque espagnol ? Est-ce que cela sous entend que la voie ferrée jusqu’à Canfranc serait l’antidote pour alléger la circulation des PL en Vallée d’Aspe ? Est-ce qu’il faudrait à notre tour instituer un péage au tunnel du Somport pour dissuader la circulation des poids lourds ? Est-ce qu’il faudrait une harmonisation de la fiscalité qui ferait revenir en France des entreprises qui se sont délocalisées en Espagne, au Portugal et ailleurs ?
      Cela serait un plus si vous produisiez votre argumentaire.

      J'aime

      1. Je me permet de vous signaler Mr Manaut que j’ ai déjà répondu, partiellement, peut être, à votre questionnement par mes propos repris ci-dessous:

         » Maintenant,pour peut être ralentir un peu le flot de PL de transit international la seule solution serait d’ instaurer, en attendant l’ arrivée de l’ hypothétique train ,un péage entre le pont d’ Escot et le tunnel et vice versa. Sans cette mise en place d’ ici 3 ou 4 ans la vallée va perdre la moitié de sa population pour arriver au seuil de désertification, (PM: Ce que souhaite certains pour faire de la vallée un couloir à camions) car le flot de PL ne fera qu’ augmenter.
        C’ est la seule solution rapide, avec aussi la limitation du tonnage à 26 t qui peut apporter une réponse à ce problème, à la condition que cela vienne de l’ ensemble des Maires de la vallée d’ Oloron à Urdos. »

        Oui, tant que l’ ensemble des Maires n’ exprimera pas clairement à Mr Le Préfet et bien sûr à l’ Etat, la vision cohérente qu’ ils souhaitent pour l’ avenir et le devenir de la vallée, rien ne sera fait dans le sens d’ une amélioration de la sécurité et de la qualité de vie de habitants et des riverains de la RN134.
        Tant que l’ ensemble des Maires ne se sera pas exprimé, la vallée subira en permanence la pression de lobbies des transports, du béton ,du goudron et des aménageurs de tous poils à ses dépends.
        La balle est dans le camp des Maires et de personne d’ autre et ce n’ est pas comme ils le demandent quelques déviations qui résoudra le problème, mais
        l’ accentuera irrémédiablement.
        Avec le coût prohibitif des quelques aménagements routiers précédemment engagés par l’ État ( PM: 37 M d’ euros et peut être plus, pour le seul contournement de Bedous) et ceux qu’ il faudra envisager, mais surtout compte tenu de la situation financière du pays, l’ Etat n’est pas prêt à mettre un euros de plus dans ce genre
        d’ affaire qui ne fait que déplacer les problèmes, mais ne résout rien.
        Quand on est riche, ou que l’ on pense l’ être, on peut se le permettre, mais depuis
        l’ époque glorieuse du tunnel routier, les choses ont bien changé. Aujourd’ hui cette réalité là doit être prise en compte pour parer au plus pressé, qui permettra
        l’ amélioration de la sécurité et de la qualité de vie des habitants, en attendant la réouverture de la voie ferrée.

        J'aime

  10. @Michel
    Je ne pense pas que cet accroissement de PL en vallée d’Aspe soit le fait d’un péage au Pays basque. Faire un détour de 120 kms pour économiser 12 ou 13 € de péage n’a pas de sens. De surcroît, la vitesse de circulation est réduite de moitié sur la RN134. Je crois davantage à un mieux de l’économie espagnole qui accroit les échanges de marchandises, à moins que cela soit la mise en service d’un ou des derniers maillons autoroutiers desservant Jaca.
    La dernière étude préconisait un péage de 100 € à chaque passage de camion au tunnel du Somport. A ce tarif, il vaut mieux murer le tunnel. Quand au train, l’étude réalisée par la SNCF en 2013 tablait sur un tonnage transportable annuel de 30 000 tonnes tandis que l’étude commandée par la Région relevait 1 million de tonnes, même si Alain Rousset continue de marteler 1, 5 million de tonnes. Ce pur mensonge et le déficit annuel de 20 millions que générerait cette réouverture ont été suffisants pour que la commission Duron préconise au Ministère de s’abstenir de tout financement national sur cette ligne..

    J'aime

  11. POUR DES TRANSPORTS ECOLOGIQUES ET ACCESSIBLES
    Il s’agit de dresser un bilan des transports, les dernières décennies ont vu l’ouverture généralisée à la concurrence et à la dérégulation sociale provoquée par les politiques européennes. La priorité donnée au transport routier sur tous les autres modes, l’abandon progressif du fret ferroviaire .En matière de transport des voyageurs la SNCF a donné la priorité au tout TGV .La privatisation des aéroports et la dérégulation du transport aérien, aboutissant à l’explosion des « low-cost » synonyme de casse sociale et enfin la privatisation des ports Maritimes.
    Cette orientation politique profite essentiellement aux compagnies pétrolières, aux grands groupes du BTP, à l’industrie automobile et aux banques .Elle répond aux intérêts des industriels qui ont encouragé le culte de la voiture par la publicité. En pratique, les gouvernements ont soumis le secteur du transport à la seule logique de rentabilité. La pollution due au transport est massive, La casse des services de transport est le résultat de la politique de l’union européenne, politique libérale qui s’attaque aux emplois et aux conditions de travail des personnels .Ce faisant les services aux usagers se dégradent. Tous les secteurs sont touchés. La réforme ferroviaire de 2014 est une déclinaison des paquets ferroviaires européens successifs , un paquet ferroviaire est un ensemble de directives européennes sur le fret et le transport la fusion RRF et la SNCF n’a pas purgé comme elle le prétend la dette ferroviaire de 44 milliards d’euros .Cette dette est un des moyens de pression de la direction de la SNCF pour faire fonctionner cet établissement public comme une entreprise commerciale privée ,pour supprimer des lignes et pour diminuer les effectifs tout en payant des intérêts colossaux aux banques. Le transport ferroviaire de fret a était délaissé. La baisse du prix des carburants. La suppression de l’écotaxe, conjuguée au dumping social par le recours à une main d’œuvre sous-payée, a favorisé le transport routier des marchandises.
    Face au réchauffement climatique il s’agit de changer nos habitudes , le projet est d’aller vers des transports écologiques et accessible .Cette planification écologique et sociale suppose une profonde réorganisation du système existant , traitant sur un pied d’égalité les populations urbaines et rurales .
    Il est urgent de sortir de la dépendance au pétrole et donc de s’engager dans la recherche de solutions pour l’après pétrole.
    La priorité doit aller à la réduction des impacts négatifs des transports en matière de consommation d’énergie, de climat de santé et de sécurité .
    Il faut donner plus de poids aux associations d’usagers des transports collectifs, aux cyclistes et aux syndicats des personnels du secteur, afin de tenir compte de leurs analyses pour l’élaboration de décisions.
    Les Citoyens doivent reprendre la main sur la création et l’utilisation des biens communs

    Bayens didier

    J'aime

    1. Très bonne analyse.
      Effectivement il faut complètement revoir entièrement la filière transport et logistique.
      Cette filière fonctionne depuis la fin de la guerre 1945 sur l’ offre et la demande, sans tenir compte des problèmes d’ environnement, ni de fin de vie du pétrole,
      avec comme paramètre d’ ajustement l’ utilisation des personnels.
      Afin de limiter ces impacts, il faut limiter l’ utilisation des PL, comme moyen de transit à travers l’ Europe.
      Pour cela il faudrait limiter les distances kilométriques fonction des émissions de CO2 par rapport aux moyens utilisés, en relation avec des plateformes régionales mais également locales, où l’ ensemble des moyens de transport pourraient être regroupés afin d’ éviter au maximum les ruptures de charge.( le container est un excellent outil pour limiter les ruptures de charges)
      Pour les distances entre 1 km et 150 km maxi: Les PL ( collecte et distribution des marchandises à partir des plateformes )
      Pour des distances entre 150 km et 1000 km : le train par containers ou les péniches pour marchandises vrac ou containers.
      Pour des distances supérieurs à 1000km: les péniches ou le cabotage ou le maritime pour marchandises vrac ou containers. En dernier recours le transport, aérien pour des marchandises à forte valeur ajoutée ou urgentes ( marchandises médicales, ou pour la sécurité).
      L’ ensemble des ces mesures feraient diminuer drastiquement le nombre de PL de transit international sur nos routes. Mais il faudrait aussi que le client ou la personne qui paie le transport puisse faire le choix du moyen de transport, cela peut être avec des allègements de taxes, fonction du moyen choisi et de ses émissions de CO2.
      Sans une révision de la filière transport et logistique, on verra la multiplication des PL sur nos routes, ainsi que la prolifération de projets inutiles, comme des déviations de villages en vallée d’ Aspe, qui ne sont que des emplâtres sur des jambes de bois.
      N’ en déplaise à certains.
      Il est certain que ces mesures ne réduiront pas d’ un coup de baguette magique le problème que vivent au quotidien les riverains de la RN134 en vallée d’ Aspe.

      J'aime

  12. vous oubliez un élément contre le ferroutage et que je regrette. La fluidité du trafic + grande et la crainte d’être à la merci d’un mouvement de grève étranglant l’économie et paniquant les entrepreneurs.La trouille d’avoir ses commandes bloquées dans le container sur le wagon.

    J'aime

    1. Il ne faut pas oublier que d’ ici là le transport ferroviaire sera  » libéralisé » et donc les clients pourront faire le choix de leur transporteur ferroviaire. Si demain la SNCF ne donne pas satisfaction à ses clients d’ autres prendront le relais.
      Voir ce qui se passe en ce moment avec EDF qui perd des dizaines de milliers
      d’ abonnés par mois. C’est pas pour autant que l’ on manque d’ électricité.

      J'aime

Les commentaires sont fermés.