Vœux aux forces vives : le maire brosse le tableau d’Oloron en… 2050 (chronique futuriste)


La salle Jéliote avait fait le plein en ce jeudi 11 janvier au soir pour la traditionnelle cérémonie des vœux du maire et du conseil municipal aux forces vives. La cérémonie était en réalité ouverte à tous les Oloronais. Ce qui semble logique dans la mesure où chacune et chacun d’entre nous, quels que soient son âge, sa place et son rôle fait partie à sa manière des forces vives de la cité. Je ne sais ce qu’en ont pensé les autres auditeurs présents, mais le ton de ces vœux m’a quelque peu déconcerté.

L’intervention du maire a été introduite, sono à fond, sur un extrait de la chanson de Michel Sardou : « Ne m’appelez plus jamais France ». Et l’orateur de nous prévenir : « C’est dans le ton de cette soirée. Les vœux de cette année ne ressembleront pas aux vœux précédents ». Puis d’expliquer le choix de cette chanson : « Force est de constater que notre France perd chaque jour de son influence… la France pourtant conquérante qui ne cède jamais à la fatalité et qui même dans les périodes les plus troubles de son histoire sait trouver les ressources nécessaires à son redressement ».

Hervé Lucbéreilh nous confie ensuite que l’année 2018 marquerait pour lui « le 30e anniversaire de (s)a première élection à Oloron Sainte-Marie ». Il liste la succession des mandats qu’il avait occupés. Puis lance un vibrant : « à l’heure où tout est fait pour étouffer les communes… je voudrais rendre hommage tout simplement aux modestes conseillers municipaux, aux adjoints et aux maires ».

Il poursuit : « Après 30 ans d’expérience, imaginons à la lumière des actions d’aujourd’hui et de celles que nous mènerons demain, Oloron en 2050 ». Vient alors une énumération où, vous allez vous-mêmes pouvoir en juger, il nous est difficile de discerner en quoi l’Oloron de 2050 sera différente de l’Oloron de 2018. Voici les principaux extraits de ce discours :

  • « La ville d’Oloron-Sainte-Marie en 2050 c’est d’abord une ville-centre qui a les moyens de son action » (et de citer : collège, lycée, centre de tri postal, centre de secours, hôpital etc.) » … En raison de la baisse des ressources publiques « œuvrons davantage avec le secteur privé »
  • « Une ville-centre, c’est une ville désenclavée… Ce sont les zones périurbaines qui se développent si elles sont bien desservies. Nous devons désormais faire de la Pau-Oloron et de la modernisation de la RN 134 en vallée d’Aspe nos objectifs prioritaires »
  • « Une ville-centre en 2050, ce sera une ville connectée sauvegardant ses services publics en les adaptant aux nouvelles techniques d’information et de communication, avançant dans la voie d’une ville intelligente offrant tous les services en un seul clic »
  • « En 2050, Oloron, c’est une ville-centre où il fait bon vivre ensemble parce qu’on s’y sent en sécurité » (et de citer : police municipale renforcée, vidéo-protection etc.)

Le maire observe alors une pause dans son intervention afin de permettre à Rosine Cardon, adjointe à la démocratie participative, de remettre la médaille de la ville à Messieurs Gomes et Fabre, médiateurs bénévoles (le troisième médiateur, Monsieur Bonnet, n’avait pu se libérer. Les deux récipiendaires prennent la parole pour donner un aperçu de leur tâche.

Le maire reprend ensuite le fil de son discours :

  • « En 2050, l’environnement sera au cœur de tous les projets publics » (et de citer : tepcv, bâtiments mieux isolés, éclairage public plus économique, énergies renouvelables développées)
  • « En 2050 notre ville ne devra pas oublier sa vocation sociale. Nul ne devra être laissé sur le bord du chemin » (et de citer : OPAH, opération façades, nouveaux logements dans le cœur ancien, protection patrimoine)… « Il nous faudra aussi penser aux plus âgés » (et de citer : construction d’une nouvelle Fondation Pommé, l’Âge d’or, unité Alzheimer, plan d’accessibilité etc.)
  • « Dans le domaine scolaire une réflexion approfondie permettra de trancher définitivement le problème des rythmes scolaires »
  • « Oloron-Sainte-Marie devra demeurer en 2050 une grande cité culturelle » (et de citer : un patrimoine mieux entretenu, une ville mise en valeur, une entrée sur l’art contemporain etc.)
  • « Ville la plus sportive de France, Oloron Sainte-Marie continuera aussi à soutenir de grand événement (les 24 Heures du mur) et veillera à donner aux associations locales les structures dont elles ont besoin (rénovation des tribunes du stade) ». Il émet « l’idée d’un chèque enfance dont pourraient bénéficier tous les jeunes de notre cité »
  • « En 2050 Oloron Sainte-Marie devra demeurer le grand centre économique qu’elle est aujourd’hui. Mais attention : en ce domaine rien n’est jamais acquis… il ne faut négliger ni le commerce, ni l’artisanat, ni la petite industrie ou même l’agriculture. Tout est bon du moment que cela va créer de la richesse et de l’emploi… Ne faut-il pas avancer enfin en matière de transport multimodal et de zone de fret ? »
  • Ici un passage dans lequel je crois discerner une pierre dans le jardin des opposants aux projets de carrières : « Mais ne faut-il pas aussi dépasser les a priori et les égoïsmes particuliers pour dégager d’autres pistes créatrices de développement et d’emploi ? La liste des occasions perdues depuis 30 ou 40 ans et hélas longue. Doit-on absolument la prolonger ou faut-il au contraire saisir toutes les opportunités ? »
  • « C’est à un plan ambitieux de reconquête du centre-ville et notamment de la rue Louis-Barthou qu’il faut nous attacher… L’agenda annoncé sera tenu »
  • Et pour terminer, une séquence victimisation-mobilisation : « Vous l’avez bien compris, au-delà de toutes les difficultés que nous rencontrons, des chausse-trappes dans lesquelles on essaie de nous faire tomber, du pinaillage administratif qu’on nous impose, rien ne nous détournera de l’essentiel : faire d’Oloron la capitale toujours indiscutable du Haut-Béarn dans 30 ans. Il faudra de la ténacité, de la volonté, du courage et de l’imagination. Nous en avons à revendre et ceux qui nous succéderont en auront aussi »

Pour conclure, le maire nous adresse un « Salut » en chanson. Mais afin de dissiper tout malentendu que le ton à l’évidence ému de sa voix aurait pu susciter, il  croit nécessaire de préciser : c’est « un Salut qui n’est pas un adieu, vous l’avez bien compris, mais un au revoir car nous avons encore de longues années à cheminer ensemble avec foi et avec enthousiasme ».

 Et la sono de reprendre de façon tonitruante ce passage de « Salut », de Michel Sardou :

« Et puis merci d’être venus.

Une autre année, un autre endroit,

Adieu jusqu’à la prochaine fois,

Salut. »

Et tous les participants de se précipiter ensuite en direction du copieux buffet qui les attendait.

12 commentaires sur « Vœux aux forces vives : le maire brosse le tableau d’Oloron en… 2050 (chronique futuriste) »

  1. je me souviens qu il y a 1 vingtaine d années alain darroze me disait que capitale du haut bearn etait trop restrectif tt ça pour dire que le maire d olo n aura jamais de concurrence sur ce plan la qu il ne s inquiete pas donc

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  2. puisqu’on est dans les citations :
    « la France tu l’aimes ou tu la quittes » Nicolas Sarkozy
    Je crois qu’il est venu le temps de la retraite pour notre cher édile.
    C’est quand même l’hallu de présenter les vœux en faisant une rétrospective de sa propre vie politique, photo à l’appui !
    Peut être une tournée d’adieu, prions !

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  3. cette « projection » en 2050 me suggère l’interrogation suivante : est-ce qu’un quidam (fût-il maire) capable d’être au même moment à 2 endroits différents (cf 2016 par exemple) peut se situer au même endroit (Jéliote) à 2 époques distinctes ?
    Si la réponse est positive, Oloron disposerait d’un leader hors du commun…

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  4. – Marty, nous devons aller en 2050!
    – Pourquoi faire, Doc?
    – Pour vérifier qu’Oloron existe encore et ne s’appelle pas Lucbéreilh-ville!

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  5. L’absence totale du Canfranc ( qui sera heureusement réouvert depuis longtemps à cette date) dans la vision du Maire sur Oloron en 2050 est plus qu’inquiétante !!! C’est d’autant plus inquiétant qu’il nous ressort encore le coup de l’urgence à réaliser les derniers maillons de l’Axe E7 comme il nous l’avait fait il y a 25 ans avec l’urgence à percer le tunnel du Somport ! C’est désespérant et cela prouve qu’il se moque complètement du réchauffement climatique à l’image d’un Donald Trump ou d’un Poutine…

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