Vœux du maire au personnel communal : un discours qui aurait pu être prononcé il y a plus de 40 ans (chronique victimisation)


En lisant La République de ce matin, je me suis senti brusquement rajeunir de plus de 40 ans, 43 ans exactement, en prenant connaissance du discours prononcé hier soir par le maire lors de ses vœux au personnel communal.

Notre premier magistrat s’est notamment plaint de l’éloignement accru des centres de décision, dépossédant ainsi les communes de plus en plus de leurs compétences. Et a conclu sa philippique par ces mots : « Au rythme des réformes, nous ne nous occuperons bientôt plus que de l’état-civil ». Eh bien ce sont, mot pour mot, les propos que m’avait tenu le maire d’une commune du bassin de Lacq, le maire d’Abidos, lorsque j’étais allé me présenter à lui lors de ma prise de fonctions au district de la zone de Lacq (l’ancêtre de la communauté de communes de Lacq-Orthez). En 1975.

Rien de nouveau sous le soleil, donc. Et pourtant, ni sur le bassin de Lacq, ni ailleurs, les communes n’ont été réduites depuis à ce simple rôle. Autres cibles du soir du premier magistrat : l’État qui coupe de plus en plus les vivres aux communes, la Région, le Département et la communauté de communes qui desserrent de moins en moins la bourse. Là, je croirais entendre les récriminations récurrentes des élus communistes de Mourenx lors de chaque séance du conseil du district de la zone de Lacq. Toujours il y a plus de 40 ans !

En résumé : quand quelque chose ne va pas, quand la commune se trouve devant des difficultés, c’est toujours la faute des autres. Il est exact que les communes ont à faire face à une double difficulté : les citoyens sont de plus en plus exigeants et dans le même temps les finances publiques sont dans un équilibre de plus en plus précaire. Mais l’un n’est-il pas la conséquence de l’autre ? Et les élus communaux n’auraient-ils pas leur part de responsabilité en promettant trop souvent la lune à leurs concitoyens ? En tout cas, ce n’est pas en chouinant, en recourant à la stratégie de la victimisation que l’on résoudra le problème.

La presse n’a pas repris une autre déclaration du maire qui pourrait (sauf à être démentie ce soir au moment des vœux aux forces vives du territoire) nourrir quelques hypothèses. Hier soir, le maire a expliqué au personnel communal qu’il ne ferait pas d’annonces sur les projets de la commune pour 2018 car il lui fallait attendre le séminaire « finances » de la majorité municipale qui rendrait les arbitrages sur le budget d’ici la fin du mois, puis le vote du budget. Et a rajouté qu’il espérait que le budget serait voté.

J’observe que les années passées il n’avait pas eu ce genre d’attention pour ses collègues : nous avions eu droit lors des vœux à la liste des projets sans que pour autant le séminaire n’en ait discuté, ni le conseil délibéré. Cela signifierait-il que les négociations au sein de la majorité municipale seraient plus serrées, plus âpres, que le maire ne serait plus en position de force ? Questions à suivre.

Pour terminer, j’ai pu constater comme vous que le maire ne répugnait pas à semer des citations tout au long de ses interventions. Le site DailyNord a, le 9 janvier, publié un billet suggérant 15 citations pour aider les maires à muscler leurs discours de vœux. Voici trois d’entre elles, soumises à toute fin utile à notre édile : « Un pessimiste fait de ses occasions des difficultés, et un optimiste fait de ses difficultés des occasions » (Harry Truman, ex-président des États-Unis), « Cela semble toujours impossible jusqu’à ce qu’on le fasse » (Nelson Mandela), « Il est moins grave de perdre que de se perdre » (Romain Gary).

4 commentaires sur « Vœux du maire au personnel communal : un discours qui aurait pu être prononcé il y a plus de 40 ans (chronique victimisation) »

  1. Toujours la faute des autres, cela évite de balayer devant sa porte, ou puisqu’il s’agit de proverbe, la paille dans l’oeil des autres, évite de voir la poutre dans le sien. Ne rien changer et demander plus de budget aux autres ou augmenter les impôts, tel semble être le mode de fonctionnement du premier magistrat. Ne jamais remettre en cause le fonctionnement, l’organisation, ne jamais consulter, associer les citoyens.

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  2. En tout cas, ce n’est pas en chouinant, en recourant à la stratégie de la victimisation que l’on résoudra le problème.

    Ce qui manque dans tout ça c’ est de l’ imagination créative. Dommage que nos responsables n’ aient pas compris que les temps ont changé depuis 40 ans.
    Si pendant 40 ans les alizés leur ont été favorables aujourd’ hui ils le sont moins.
    Mais vent favorable ou pas, le capitaine du navire se doit de continuer sa course contre vents et marées.
    Il faut se rendre à l’ évidence que la stratégie de la victimisation est une pratique très pratiquée en Béarn, certains en sont mêmes spécialistes.

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