Retour sur la situation financière de la ville d’Oloron


Pour avoir à titre professionnel participé à des centaines de réunions consacrées au sujet, je puis témoigner que la préparation et l’exécution d’un budget communal sont le cadet des soucis de bon nombre d’élus. Ce qui les préoccupe, c’est surtout de savoir si les projets qui leur tiennent à cœur sont bien inscrits au budget. Pour le reste…

D’ailleurs, et cela ne date pas d’aujourd’hui, il n’existe pas à Oloron une commission des finances composée d’élus ayant en charge et se faisant régulièrement rendre des comptes sur l’exécution du budget, la perception des recettes et la réalisation des dépenses. Imagine-t-on une entreprise dont les responsables feraient preuve d’un tel désintérêt ? On ne donnerait pas cher de sa durée de vie. Heureusement (!), pour une collectivité territoriale, il reste toujours une solution : augmenter les impôts.

Assailli comme tous ses homologues de demandes de financement en tous genres, présentées par des particuliers, par des associations, par des entreprises etc., le maire met souvent en avant la situation financière précaire de la commune. Et il a raison : elle n’est guère flamboyante. Mais une fois que l’on a dit cela, on n’a pas dit grand-chose.

Pourtant, le ministère de l’Intérieur publie régulièrement des éléments d’information qui permettent aux citoyens de mieux connaître la situation budgétaire de leur commune, son évolution dans le temps et son positionnement par rapport à des communes de même taille. Oloronblog a d’ailleurs publié le 8 décembre dernier un premier billet à ce sujet.

Celles et ceux que cela pourrait intéresser trouveront ci-dessous un lien vers l’étude complémentaire  que j’ai effectuée à partir de l’intégralité des données budgétaires concernant notre cité. Accrochez-vous, entre tableaux, définitions et commentaires il y a 30 pages de lecture !

Pour celles et ceux qui n’auraient ni le goût, ni la patience de se plonger dans cette lecture, voici les principales conclusions et les principaux constats que je tire de l’examen de ces données :

  • Des dépenses de fonctionnement qui croissent plus vite qu’en moyenne nationale
  • Une pression fiscale bien inférieure à celle des communes de même taille, même si depuis 2014 elle tend à s’en rapprocher davantage
  • Même tendance au rapprochement avec la moyenne nationale pour ce qui est des dépenses de personnel qui restent malgré tout encore en deçà de ladite moyenne
  • Un encours de la dette en nette diminution depuis le 31/12/2013, mais qui, curieusement, ne se traduit par une diminution corrélative de l’annuité d’emprunt
  • Des dépenses d’équipement en chute libre depuis 2014. Conséquence de la volonté politique de réduire drastiquement la dette communale, donc de ne pas recourir à l’emprunt au cours des trois derniers exercices budgétaires. En n’investissant pas, on laisse dépérir un patrimoine

La situation financière de la ville d’Oloron reste fragile, le plus inquiétant étant ce fort ralentissement des investissements qui ne peut entraîner à terme qu’une dégradation du patrimoine communal.

 Il restera à vérifier si lors du vote du budget 2018 nos élus se donnent les moyens d’inverser la tendance et d’améliorer nos points faibles.

Commune d’Oloron – Situation budgétaire de la commune sur la période 2007 – 2016

PS qui n’a rien à voir avec ce qui précède : devançant de quelques jours la trêve des confiseurs, Oloronblog se met en pause

3 commentaires sur « Retour sur la situation financière de la ville d’Oloron »

  1. « je puis témoigner que la préparation et l’exécution d’un budget communal sont le cadet des soucis de bon nombre d’élus. Ce qui les préoccupe, c’est surtout de savoir si les projets qui leur tiennent à cœur sont bien inscrits au budget. Pour le reste… »
    Excellent !
    On s’en doutait, mais peu de témoignages.. Pourquoi ?
    Pourquoi les DGS une fois retraités ou licenciés ne parlent pas ? On en apprendrait de belles…

    « Des dépenses de fonctionnement qui croissent plus vite qu’en moyenne nationale »

    C’est le cancer français, et ce sont les dépenses de personnels qui en sont la cause. Et ceci est valable à tous les niveaux, commune interco, Département Région et Etat. Relisez les rapports de la Cour des Comptes.
    Même l’Etat qui se targue d’avoir une action forte dans ce domaine ne diminue pas ses dépenses de personnel,(en fait on se moque du monde on parle de diminution par rapport à la tendance haussière …) et les syndicats qui parlent d’austérité sont des comiques.

    Mais on n’arrivera a rien tant que plus de la moitié des citoyens ne paieront pas d’impôt locaux. Et on ne va pas trop dans la bonne direction…
    A moins que l’Etat n’impose aux communes et interco des quotas de personnel en contrepartie de la subvention.

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  2. Cet excellent travail devrait être complété par la même chose concernant l’intercommunalité où Oloron a une quote part importante, car on ne peut séparer les deux entités.
    Et la situation n’y est pas très bonne…
    D’une part elle n’a pas joué son rôle de mutualisation puisque à périmètre constant on a aussi une augmentation importante des dépenses et de la dette.
    La masse salariale y passe de 3,3 M€ à 4,8 M€ de 2007 à 2016
    La dette y est de 9,5 M€ avec une capacité d’autofinancement de 1M€ ce qui n’est pas bon.
    Heureusement que ces élus ne dirigent pas d’entreprises, il y a belle lurette qu’elles seraient en faillite …

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    1. Il est plus difficile d’établir pour l’intercommunalité le même type d’analyse dans le temps que pour une commune. Parce que dans le temps les compétences et le périmètre de la communauté de communes évoluent. Mais je vous promets de regarder cela d’un peu plus près… dès la fin de la trêve des confiseurs

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