Quelques chiffres sur l’entreprise « Mairie d’Oloron »


TPE, PME ou multinationale selon sa taille, l’entreprise-mairie compte, à l’identique d’une entreprise privée, des salariés, un budget, des clients, une production, un patrimoine mobilier et immobilier etc. Combien pèsent par exemple tous ces éléments dans l’entreprise « Mairie d’Oloron » ? La commune vient de lancer une consultation pour renouveler ses contrats d’assurance. Le dossier de mise en concurrence contient un certain nombre de chiffres qui nous permettent de prendre connaissance de ce poids d’une façon un peu plus précise.

10 824 : c’est le nombre de « clients » de l’entreprise « Mairie d’Oloron ». En réalité, ce chiffre correspond à sa population municipale légale 2014 (dernier chiffre officiel connu). La population municipale comprend les personnes ayant leur résidence habituelle sur le territoire de la commune. Il est à noter que la commune a perdu des « clients » par rapport au précédent recensement : ils étaient 11 029 en 2009

190,62 : c’est (chapeau pour la précision) le nombre de salarié-e-s « équivalent temps plein » que compte la commune. Cette notion « équivalent temps plein » indique que, par exemple, deux salariés employés à raison de 17,5 heures par semaine correspondent à un salarié « équivalent temps plein ». Ce qui signifient qu’en réalité les salarié-e-s  rémunéré-e-s par la commune sont bien plus nombreux que ce nombre de 190. La pyramide des âges jointe au dossier de consultation (cf ci-dessous) montre qu’hommes et femmes sont en proportion sensiblement équivalente et que près de la moitié des agents est âgée de 50 ans et plus.

Pyramide des âges personnel mairie

33 : c’est le nombre de membres du « conseil d’administration », dont un président et 9 vice-présidents. Traduction plus administrative : la commune a un conseil municipal de 33 membres, dont un maire et 9 adjoints.

19,6 : c’est en millions d’€ le budget prévisionnel 2017 de l’entreprise « Mairie d’Oloron ». Ce budget se répartit en deux sections équilibrées en dépenses et recettes : 1/ la section de fonctionnement (13,6 M€) qui comprend les dépenses permettant le fonctionnement quotidien de l’entreprise (rémunération du personnel, achat de fournitures courantes, subventions aux associations, petit entretien, etc.) 2/ la section d’investissement (6 MF) qui, outre le remboursement de la part en capital des emprunts, comprend les dépenses imputables aux dépenses importantes sur le patrimoine (travaux, acquisitions etc.)

66 : c’est l’âge du réseau de distribution d’eau oloronais exploité en régie, c’est-à-dire directement par la commune et non par un service privé du type de la Saur. Il représente une longueur totale de 110 kilomètres. 66 ans, est-ce un âge respectable pour un réseau d’eau ? Si j’en crois un document publié par le département de Seine et Marne, la durée de vie estimée d’un réseau s’établit justement à 66 ans. Aurions des installations à bout de course ?

18 : c’est en hectares, la superficie de « La plaine des sports de Saint-Pée ». On y trouve notamment :

  • un stade d’une capacité d’accueil de 8 000 places dédié à la pratique du rugby comportant une tribune pouvant accueillir 2 500 spectateurs et des gradins d’une capacité de 1 000 personnes
  • un stade d’une capacité d’accueil de 1 500 places dédié à la pratique du football comportant une tribune pouvant accueillir 300 personnes

D’autres installations sportives sont implantées dans la commune : le complexe Guynemer avec son double trinquet de compétition et son grand fronton en salle, les gymnases Palas (1 200 places) et Scohy (660 places), le mur d’escalade etc.

74 105 : c’est, en mètres carrés, la superficie totale développée du patrimoine immobilier communal (épaisseur des murs comprise). Ci-dessous, le fichier qui liste l’ensemble de ces bâtiments en précisant leur usage et leur superficie.

État du patrimoine immobilier communal en 2017

75 : c’est le nombre de véhicules municipaux immatriculés, tous genres confondus. On trouve aussi bien la 308 du policier municipal que 2 balayeuses, 2 camions nacelle, 5 Ford Fiesta, 5 Fiat Doblo, 3 Renault Kangoo, 2 Peugeot 106, 2 Clio, 2 hydrocureuses, des tondeuses, des tracteurs, etc. etc. Nombre des véhicules routiers accusent plus de 100 000 km au compteur. Un camion de marque Scania détient même le record avec 575 049 km. Plus de 12 fois le tour de la terre. Mais, dans ce cas, je soupçonne une erreur de frappe dans le kilométrage indiqué !

Voilà quelques éléments d’information. S’il fallait en tirer un constat, le mien serait celui-ci : vu le volume et l’ancienneté de son patrimoine mobilier et immobilier, on comprend que la commune ait peu de crédits à consacrer à des opérations nouvelles. La maintenance et le renouvellement de l’existant suffit à son bonheur.

11 commentaires sur « Quelques chiffres sur l’entreprise « Mairie d’Oloron » »

  1. Des chiffres qui ne présentent pas complètement la réalité de « l’entreprise » car le citoyen oloronais est aussi client de l’intercommunalité qui a, elle aussi ses budgets, son personnel, …etc et qui est censée être « complémentaire puisqu’un certain nombre de compétences y sont traitées.

    Ensuite il serait intéressant dans un deuxième temps de voir l’évolution de cette entreprise sur les 20 dernières années, ceci permettra de juger de son efficience …
    Et là …

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    1. Ces chiffres ne représentent en effet qu’une partie de la réalité. Mais, pour m’y être essayé sur le territoire d’une autre intercommunalité, je sais qu’il n’est pas du tout évident de déterminer dans le fonctionnement de ce type de structure ce qui revient à telle ou telle commune. Quant à l’évolution sur 20 ans, là non plus ce n’est pas très évident à faire tant, sur cette période, les compétences de la collectivité ont pu évoluer.

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      1. Ce n’est effectivement pas immédiat, mais ô combien instructif sur la gigantesque dérive des coûts liés à l’intercommunalité qui devait fort logiquement apporter des économies par mutualisation des besoins et qui a au contraire et contre toute logique apporté une inflation très importante des coûts de fonctionnement (voir les rapports très édifiants de la Cour des Comptes sur ce sujet)
        Et c’est d’actualité quand on entend les Maires pleurnicher qu’ils ne peuvent pas faire des économies… c’est pitoyable et indécent.
        Heureusement qu’ils ne sont pas chefs d’entreprise…elles auraient toutes coulées depuis longtemps ! Et les causes de ce désastre général son connues.

        Ceci dit on peut très bien a périmètre constant (celui de l’interco actuelle) regarder simplement la dérive des masses salariales (ou du nombre d’employés) sur 15 ans. Les chiffres existent.
        Mais ne comptez pas sur les élus pour avoir des infos de ce type dans leur dernière publication communale où il vaut mieux parler du rugby ou du folklore …

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  2. ok pour la complexite du mille feuilles entre la region, le departement, la comm com, la ville, les satellites qui rendent difficiles/voire opaques les analyses.. Au moins , il serait interessant de connaitre le chiffre d’affaires de l’entreprise ( les impôts), les subventions reçues/versées, les couts de fonctionnement, d’en sortir un excédent brut d’exploitation et de comparer par rapport à la dette affichée et portée ( par ex celle de établissement public foncier qu’il faudra bien rembourser). Et puis de voir la trajectoire et la comparaison avec des collectivités de la meme strate de population. Cela serait plus factuel que la communication du premier magistrat.

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  3. l’évolution de la section de fonctionnement ces 3 dernières années est à elle seule édifiante !!!
    promesses électorales quand tu nous tiens !
    dans le contexte actuel que connaissent les collectivités, la gestion oloronaise est irresponsable (75 véhicules municipaux !).
    Le Maire a gonflé ces recettes de fonctionnement (taxe transport, diverses taxes, annulation des abattements fiscaux spéciaux, …) dans l’unique objectif de couvrir les nouvelles dépenses non justifiées. Dommage !
    cette manne financière (plus de 1 million de recettes nouvelles) aurait pu (du) servir à constituer une épargne nette et donc permettre la réalisation d’ investissements nécessaires au développement de notre cité.
    On ne peut que constater que ce choix de gestion rigoureuse des dépenses et de relance (ou soutien) de l’économie locale par l’investissement n’a pas été opéré.
    Manque cruel de vision pour notre belle (endormie) Oloron.

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  4. A lire cet article et au constat que l’ on peut en tirer des différents commentaires, il serait plus que temps de remettre en cause cette gestion féodale, à Oloron bien sûr, puisque nous sommes concernés directement, mais également ailleurs, car je suppose qu’ Oloron ne doit pas être un cas particulier.
    On a impression qu’ en matière de gestion municipale tout est figé depuis 1945.
    Il serait souhaitable que suite à l’ évolution de la société civile, on remette vite ça à plat, pour adopter une gestion plus proche de la réalité actuelle et des moyens financiers actuels, mais surtout futur. Sans ça on ira droit dans le mur, en klaxonnant
    et en hypothéquant l’ avenir des générations futures.
    La question n’ est pas de faire des coupes arbitraires, mais de cerner ce qui doit être amélioré, pour pouvoir faire plus, avec autant ou si possible moins.
    Il va falloir en parler à Jupiter, qui ne va pas hésiter mettre les pieds dans le plat….

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  5. Bonjour, j’aimais votre blog mais je renonce à vous lire. Vous cédez comme beaucoup, à la nouvelle écriture du féminin. Je regrette je refuse d’être réduite à quelques lettres entre deux points et des fautes d’orthographes. Bonne continuation. F Seren

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    1. Merci d’avoir suivi le blog. Rassurez-vous, je ne suis pas devenu un adepte de l’écriture inclusive systématique. Mais, de temps en temps, je m’y laisse aller… tout en convenant qu’un article entier écrit sous cette forme deviendrait vite illisible.

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    2. oui j’avais remarqué-é que le tenancier se mettait à écrire en morse. . . . Il ne faut pas se formaliser avec cette écriture loufoque qui passera vite de mode .On a déjà eu aujourd’hui la disparition de Jean d’Ormesson…

      Et si tu n’existais-e pas…

      Revienne Françoise!

      Aimé par 1 personne

  6. En fait, nous faisons tout avec retard et exces. il y a bien longtemps que les anglo saxons feminisent les titres : chairwoman pour chairman president), et les espagnols aussi : jeffa pour jeffe (chef)
    Alors faisons simple : commençons par feminiser tous les titrespour reconnaitre aux femmes leur place dans la société, le monde du travail. pour le morse, on verra plus tard

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    1. je crains qu’il n’ y ait un peu d’utilisation à outrance du terme ‘ féminisation’ et ce n’est pas ainsi que les femmes auront, pour autant , une place dans la société .
      Les femmes auront leur place dans la société lorsque , nous les hommes , cesseront de leur laisser la part congrue et lorsqu’elles arrivent à occuper un poste à responsabilité , que de quolibets à leur encontre . Ce n’est pas par une féminisation des termes mais par un changement dans les mentalités masculines et ……féminines!
      N’avez-vous jamais entendu autour de vous cette réflexion : « Montre-leur que tu es un homme !  » ou insulte suprême adressée à un homme : »c’est ta femme qui porte la culotte à la maison !  » expression qui soustend : »mais tu es moins que rien mon pauvre gars ! »
      C’est cela qu’il faut changer dans la tête des gens . Le machisme présent ou larvé dans l’esprit des hommes et de certaines femmes .
      Quant à cette écriture « charabiatesque  » qu’est l’écriture inclusive laissons-là donc ;son utilisation rend les textes incompréhensibles .Et en plus pauvres gamins qui devront apprendre les règles de l’écriture inclusive et qui devront apprendre du Lafontaine ou autre en écriture non inclusive…..y pense-t-on seulement? Déjà que nous occupons la queue du peloton en matière de compréhension des textes ,écriture etc…..Gardons tout simplement un masculin neutre qui permet d’englober hommes et femmes , c’est un règle comme une autre .
      Je crois qu’il y a un féminisme mal compris qui court et qui est de mode et laissons à nos amis anglais leur façon d’écrire déjà que nous subissons de plus en plus leur sabir.
      Mais il y aurait beaucoup plus à dire….

      Aimé par 1 personne

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