Plan de revitalisation de la rue Louis-Barthou : restent à convaincre les propriétaires, les financeurs… et de nouveaux commerçants


Même s’ils ont été bien peu associés à la réflexion qui a débouché sur les propositions annoncées par le maire vendredi dernier, les principaux intéressés, à savoir les Oloronais, les ont accueillies avec intérêt. Il faudrait être d’une mauvaise foi coulée dans le titane pour ne pas le reconnaître. Pour autant, il ne s’agit là que d’un premier pas. Car il va falloir maintenant que la municipalité réussisse à convaincre de nombreux partenaires sans l’adhésion desquels l’opération sera vouée à l’échec.

1/ Convaincre les propriétaires

Les propriétaires ont un rôle clé à jouer. Imaginez-vous propriétaire d’un local commercial, d’un immeuble ou d’un appartement dans la rue Louis-Barthou.

  • Comment parvenir à convaincre le propriétaire d’un local commercial vacant de le louer à la commune pour une durée de 3 ans (si j’ai bien compris le mécanisme de la mesure tel que le présente La République dans son édition d’hier) pour l’euro symbolique pour que la mairie puisse le rénover et le sous-louer durant 3 ans à un commerçant toujours moyennant un loyer d’un euro ?
  • Comment faire adhérer le propriétaire d’un immeuble ou partie d’immeuble donnant sur le gave à l’idée d’une passerelle arrimée à son bâtiment ? Comment lui faire accepter, en échange d’une revitalisation de la rue, que ce côté perde une partie de son caractère tranquille et paisible ?

2/ Convaincre les financeurs

Il serait bien hasardeux d’avancer des chiffres à ce stade. Une preuve ? Lors de la réunion de vendredi, le maire évalue le coût de la passerelle entre 1,2 et 1,7 M€. Le mercredi suivant, c’est déjà 300 000 € de plus, la fourchette étant alors située par le maire entre 1,5 et 2M€. On peut affirmer sans risque de se tromper que le montant global du plan, nouveaux parkings inclus, représentera au bas mot entre 3 et 4 M€. Attendons cependant les premières études, les premières estimations pour avoir un ordre d’idée plus précis. À titre d’exemple, tout en convenant bien volontiers qu’il ne s’agira certainement pas dans le cas présent de la même prestation, je rappellerai que les deux passerelles situées de part et d’autre de la médiathèque ont coûté un total de 1,9 M€ (voir la décision modificative de crédit votée par un conseil municipal unanime le 5 novembre 2013) pour une longueur cumulée de 96 mètres alors qu’ici la distance s’élève à 440 mètres environ.

Puisque cette revitalisation est qualifiée de « Plan Marshall », qui en seront les Américains bailleurs de fonds ? Compte tenu du caractère exsangue des finances publiques, comment convaincre, comme ce fut le cas pour la médiathèque, l’État, la Région et le Département de contribuer à hauteur de près de 50% à la réalisation du projet ? Comment convaincre la communauté de communes, compétente en matière économique, à mettre la main à la poche ? Là encore, il va falloir démontrer des capacités de conviction hors du commun tant ces diverses collectivités sont sollicitées pour des opérations similaires de revitalisation de centre-ville en d’autres lieux.

3/ Convaincre de nouveaux commerçants

C’est un peu l’histoire de l’œuf et de la poule : est-ce la nouvelle attractivité de rue qui va inciter de nouveaux commerçants à s’y installer ou bien est-ce l’installation de nouveaux commerçants qui va rendre à la rue son attractivité ? Je n’ai pas la réponse.

4/ Convaincre en un minimum de temps

Comme le montre le dossier de presse mis en ligne sur le site de la mairie (cliquer sur le lien figurant en bas du présent article pour y accéder), le calendrier fixé est ambitieux, très ambitieux. Ce ne sera pas faire injure à nos édiles que d’affirmer dès maintenant qu’il ne sera pas tenu. Il en est ainsi pour tous les projets ambitieux, à l’exemple de la déviation Gabarn-Gurmençon qui vient de prendre tout d’un coup 3 ans de retard. Mais ce calendrier a le mérite de fixer une ligne d’horizon. Au moins les citoyens seront-ils ainsi en mesure de vérifier si le cap est tenu.

Le dossier de presse de la mairie

15 commentaires sur « Plan de revitalisation de la rue Louis-Barthou : restent à convaincre les propriétaires, les financeurs… et de nouveaux commerçants »

  1. Sans vouloir me répéter : il faut l’accord de l’architecte des bâtiments de France. Qui financera les contrôles annuel pour ce type de structure et l’entretien dans le temps. La collectivité ? Ou le propriétaire qui ne l’oublions pas est sur le gave d’Oloron propriétaire des berges. Avec le plan des PPR I Monsieur Labarthe va avoir du travail pour convaincre les services de l’urbanisme de la CCHB d’accepter le projet.

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  2. Avant de travailler sur une portion du gave faisons le point sur trois sites. Gave d’aspe au droit de l’école Labarraque l’état du mur…. l’accès passerelle rue de rogrand à terminer depuis 3 mandats ! ! Les bords du gave d’Oloron au fontaine …… Gave d’ossau au niveau de la banque populaire la végétation reprend ces droits et pour finir le tour, le pont sur l’Escou au bout de la rue Navarro pas mal de travail en perspective. Et tout cela à prendre en compte avant la fin 2017 pour l’inscrire dans la loi GEMAPI .

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  3. C’est quoi un urbaniste ?
    Réponse :
    C’est une personne qui analyse tous les aspects de la société (TOUS) et qui propose un projet en adéquation avec un souhait municipal .
    Merci de m’indiquer le nom de l’urbaniste (QUALIFIÉ) qui présente son analyse sur Oloron .😈

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  4. Cette affaire de revitalisation montre toutes les limites des actions des élus. Une réflexion démagogique à la petite semaine…
    On aimerait d’abord connaître le projet à 20 ou 30 ans pour Oloron en matière d’urbanisme. Car la ville n’est plus ce qu’elle était et le rôle de cette rue ne sera pas ce qu’il était il y a 50 ans.
    Tout d’abord l’organisation de la ville avec ses trois « quartiers » traditionnels n’a pas de réel centre ville. Ensuite la rue Louis Barthou n’a connu une activité commerciale que parce qu’elle était la rue la plus passante à une époque ancienne
    (avec en plus le Lycée rue Adoue) . Elle n’est pas le centre ville, elle n’est pas non plus le centre d’une zone d’habitat dense et en plus est d’un accès très difficile (ses deux « côtés » la rendent inaccessibles : le gave d’un côté, la colline de Sainte Croix de l’autre.
    Ce projet est purement démagogique et sera un fiasco financier.

    Que la Mairie commence par présenter une vision moyen long terme pour la ville …

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    1.  » Ce projet est purement démagogique et sera un fiasco financier. »
      Tout à fait d’ accord avec vôtre propos. Une fois de plus on met la charrette avant les boeufs. On mélange temps politique et temps de réflexion, totalement incompatibles.
      Tant qu’ un état des lieux global, avec une vision sur le long terme, n’ aura pas été fait,on mettra un emplâtre sur une jambe de bois, que ce soit pour la rue Louis Barthou ou tout autre quartier.
      Même si au final le projet de revitalisation de la rue Louis Barthou se révélait une réussite, le problème restera entier pour le restant de la ville. Cela ne sera qu’ un îlot sans avenir, isolé de ses racines.

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    2. 1/ le trait d’union des 3 quartiers historiques me semble être le pont Ste Claire
      2/ mairie et marché là oû ils sont localisés aujourd’hui me semblent anachroniques
      3/ les zones « jardin public » et « gare » me semblent sous-valorisées

      conséquences à moyen et long termes :
      1/ on pourrait imaginer une Mairie au coeur de l’espace « jardin public », celui-ci et ses abords étant à redessiner
      2/ on pourrait imaginer la tenue d’un marché hebdomadaire (extensible aux foires) dans l’espace « aménagé pour » compris dans le triangle « gare, rond-point Lahaderne et la place Gal De Gaulle ; mieux mais plus cher, on pourrait imaginer de dégager les m2 nécessaires et suffisants dans cette zone pour bâtir des Halles oloronaises à l’image de celles qui font fureur un peu partout.
      3/ on pourrait ainsi « ré-inventer » l’utilisation du bâtiment Mairie actuel, voire le raser
      4/ on pourrait dégager la rue Louis Barthou des bâtiments côté gave, au moins de la place de Jaca jusqu’à la passerelle et ainsi ouvrir une (longue) perspective piétonnière permettant de faire un lien piéton ( à inventer) entre Cathédrale, Jaca, Mendiondou et Résistance.

      il y faut : un projet sur la table, un consensus citoyen, une volonté politique au sens latin du mot, du temps, de l’argent…bref tout un tas de choses que l’on ne trouve pas sous les sabots d’un cheval ! fin de mon « délire » !!

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      1. Votre délire n’ en est pas un. En ce qui me concerne, dans le principe de remise en cause, il me plait bien. Peut être faudra t’ il revoir certaines modalités, si le projet se réalise …..
        Si l’ on veut une cohérence pour le futur de la ville d’ Oloron, effectivement il faut tout repenser. Non pas en extrapolant le passé vers le futur, mais en reprenant tout sans nier le passé. Or avec ce projet de revitalisation, j’ ai l’ impression qu’ on s’ entête à vouloir rétablir le passé dans un secteur, sans relation avec le reste, alors que c’ est un tout. Le problème n’ est pas l’ argent, puisque on a su trouver sans sourciller en gros 40 M d’ euros ( Etat) pour le projet de contournement routier. Alors que ce dernier va encore plus désertifier la ville. Pourquoi ne pas investir cet argent dans un projet de ville.?
        Je pense que ce qu’ il manque le plus c’ est une volonté forte d ‘ investissement humain, autant de la part de la population qui reste totalement indifférente, pourvu qu’ elle ait les GS, mais également des commerçants, qui pour beaucoup sont proches de la retraite et sans successions. Ce projet ne les enthousiasme guère, car ils risquent de devoir se remettre en cause pour peu de temps et risquent aussi
        d’ arriver inquiets à la retraite.
        Sans parler des Elus, autant de la majorité pressée d’ en finir avec l’ arrivée à grand pas des prochaines élections, que de l’ opposition, qui elle aussi n’ a pas l’ air très enthousiaste, d’ autant qu’ elle a l’ air de laisser faire pour après pouvoir critiquer.
        Dans le temps les Béarnais avaient pour devise:  » En davant » ( En avant) je crois que cela est aussi passé de mode. Peut être qu’ avec le réchauffement climatique on est devenu frileux …..

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        1. @ Michel
          je vous remercie pour votre approbation de principe.
          vos propos me suggèrent les remarques suivantes :
          1/ vous parlez de 40m€ alors que j’ai pensé sans l’écrire à un budget de 50 m€ sur 20 ans : nous ne sommes pas loin l’un de l’autre ; la commune se devant de montrer l’exemple pour espérer entrainer l’Agglo, le Dpt, la Région, l’Etat et l’Europe (ouf!), il serait utile de s’engager à autofinancer l’affaire chaque année à hauteur de 1,5 m€ actualisé annuellement, soit 30m€ sur la période.
          2/ vous sentez la population indifférente : par expérience, il en va ainsi partout oû j’ai résidé..la seule solution consistant à la « réveiller » en douceur avec des décisions de plus en plus impactantes ; ainsi, si la Commune décidait par exemple de supprimer le stationnement voie publique du pont d’Ossau et de Jaca au Jardin public,tout en mettant en route une piétonisation de l’espace, une desserte par navette électrique dans la zone et des mesures appropriées pour les résidents intra-zone……
          3/ les commerçants : je l’ai écrit par ailleurs,leur adhésion franche et massive au projet est un pré-requis …qui ne peut être obtenu qu’en les associant sans arriére-pensées à 100% aux décisions
          4/ et c’est ainsi que tout naturellement on finit par retrouver au final nos chers Elus: là, on ne peut compter en cours de mandats que sur une re-édition du Chemin de Damas mais je crois qu’aucun des Décideurs ne se prénomme Paul, sinon attendre les échéances en mettant un max de pression positive au travers par exemple d’un collectif de citoyens préfigurant en toute transparence ce que pourrait être l’essentiel du programme d’une liste municipale « à long rayon d’action » pour utiliser une formule chère aux aviateurs qui par essence voient et vont loin !!
          Quant au « en daban » béarnais, je suis moins pessimiste que vous : je crois que la formule reste d’actualité, encore faut-il la (ré)susciter !!

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  5. Ne soyons pas trop visionnaires, mais pragmatiques, adaptons nous à l’ existant pour créer le futur.
    La question de fond à se poser est :
    Que doit ‘on faire pour rendre la vie plaisante aux Oloronais et donner envie aux visiteurs et touristes de venir à Oloron.
    Quand on aura répondu à cette question 80% du travail sera fait , ne restera plus
    qu’ à appliquer le concept qui en découlera. En effet, depuis des décennies on entend dire  » les Oloronais vont à Pau » . Personnellement je ne souhaite qu’ une chose que les Palois et bien d’ autres, aient envie de venir à Oloron pour s’ y sentir bien, afin qu’ avant de partir, ils aient déjà envie de revenir.
    Pour cela revenons un peu en arrière, à l’ époque où Oloron n’ était pas une ville, mais trois  » villages » Ste Croix, Ste Marie, Notre Dame. Pour le futur il faut revenir à ce concept et non vouloir faire à tout prix d’ Oloron une ville Centre, avec une rue commerçante type Champ Elysée…..
    Il faut décentraliser les commerces sur ses trois pôles, en ayant soin que chaque pôle ne soit pas concurrentiel aux autres, mais complémentaire. Le quartier Ste Croix et la place St Pierre pourraient à ce moment là devenir le quartier artisanal.
    Pour cela, il faut avant tout revoir la manière de se déplacer entre ces trois pôles, mais également revoir la place de l’ automobile en ville.
    Pour ce qui concerne les déplacements on pourrait envisager 4 solutions complémentaires:
    – 1)Un réseau piétonnier.
    – 2)Un réseau cyclable, commun au piétonnier, avec quelques aménagements spécifiques.
    – 3)Un réseau Navettes qui me semble très intéressant, lequel pourrait comporter trois sous réseaux interconnectés, accessibles aux fauteuils roulant pour handicapés, vélos et poussettes d’ enfant :
    -Un sous réseau de quartier, pour circuler à l’ intérieur du quartier.
    -Un sous réseau urbain, pour circuler en ville d’ un quartier à l’ autre.
    -Un sous réseau intercommunal, reliant les différentes communes de proximité
    ( Bidos, Agnos, Gurmençon, St Pée, Légunon, Moumour, Estos, Ledeuix, Goes, Précilhon)
    – 4) Un réseau ferré entre Herrère et Gurmençon, sous la forme d’ un autorail navette, déservant les différents villages de la vallée de l’ Escout, qui emprunterait la ligne Pau Bedous à contre temps des autres trains TER.(Attention, j’ ai pas dit à contre sens, surtout pas.)
    Aujourd’ hui le temps journalier d’ occupation cumulé de la ligne avec les trains TER doit être d’ environ 2 h. Ça laisse donc de la marge pour une navette. Mais avant, il faudra en parler au CROC de Mr Manaut pour savoir s’ il est d’ accord.
    Sans oublier bien sûr le réseau routier qu’ il faudra intégrer dans tous ces réseaux, avec un nouveau plan de circulation, revu pour les Oloronais avec leur participation, ainsi que des parkings extérieurs, pour inciter les visiteurs à y laisser leurs automobiles.
    Tout cela pourrait permettre de redonner vie à Oloron, en faisant diminuer nettement la place de la voiture en ville et en augmentant la qualité de la vie.
    Avec le recul,cela permettra peut être de rendre la passerelle le long du gave inutile.
    Afin de pérenniser tout cela et pour qu’ il n’ y ait pas de dérive du concept dans le temps, il sera souhaitable qu’ il y ait un service, soit municipal, soit associatif, avec des représentants de toutes les couches de la société.
    Alors, en davant ……

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  6. je vois que certains rêvent d’un Luchbereilh hidalgo 🙂

    Mon père allait au marché d’Oloron à vélo distant de 10 km et moi je venais tout gamin à sa rencontre sur mon petit velo car il me ramenait Tintin dans son panier d’osier….

    Mais ça c’était avant…. les gens n’ont plus le temps, mari ET épouse( afin d’être libérée qu’ils disaient) travaillent et souvent loin, ont leurs gosses tard à la garderie. vous croyez que lors de leurs temps libres ils vont prendre le train puis le vélo aller retour pour faire leurs courses ?

    ps Et à vélo à 6 ou 7 ans sur la 134 vous avez la dass en suivant à la maison et un article dans la,Rep…..

    A part un grand reset je ne vois pas de solution.

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  7. « 4) Un réseau ferré entre Herrère et Gurmençon, sous la forme d’ un autorail navette, déservant les différents villages de la vallée de l’ Escout, qui emprunterait la ligne Pau Bedous  »

    bluffante, votre idée, en tout cas mériterait d’être creusée !! elle m’inspire aussi sec l’idée de voir la CCPO et sa voisine travailler à la réalisation éventuelle d’une navette voie ferrée entre Laruns et Bedous, via Arudy,, Ogeu, Oloron, Asasp et Bedous : le concept un feu fumeux de Piémont Pyrénéen commencerait peut-être à avoir du sens (au moins vu de loin !!)…et l’emprise territoriale, voire la plupart des infrastructures existent !!

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