Sauvetage de la maternité : comme un combat d’arrière-gare


Malgré les apparences, il n’y a pas de faute de frappe dans le titre qui ouvre ce billet. C’est bien « arrière-gare » que j’ai voulu écrire. Voici pourquoi.

L’organe local du parti communiste a pour nom « Le Travailleur oloronais et l’Echo des Vallées ». C’est une publication à la périodicité incertaine (un numéro par an en moyenne depuis quelques années). Les militants distribuent actuellement dans nos boîtes aux lettres le dernier numéro, daté du mois d’octobre.

Chargées de faire connaître les idées et actions du parti, il est normal que ces quatre feuilles abordent avant tout les dossiers de portée nationale. Et adoptent pour ce faire, et comme on peut s’y attendre, une présentation partisane. Les titres des articles suffisent à donner une idée du ton : « Le président des riches ! », « Code du travail : un meurtre sur ordonnance », « CSG : les retraités pénalisés, les salariés actifs trompés », « La ruralité en danger » etc. Si l’on en croit « Le Travailleur oloronais », rien de nouveau sous le soleil dans le combat politique : avec ce gouvernement, tout va de mal en pis.

Mais, « Le Travailleur oloronais » traite aussi quelques sujets d’intérêt local. À dose homéopathique. Dans ce numéro, nous avons droit à une petite pique à l’adresse de Jean-Étienne Gaillat (à propos de la maternité) ainsi qu’à destination de Daniel Lacrampe et Hervé Lucbéreilh (pour la petite manœuvre leur ayant permis de puiser un million de plus par an dans la poche des Oloronais… tout en se prévalant de n’avoir pas augmenté le taux de la taxe d’habitation). À côté de cela, « Le Travailleur oloronais » revient longuement sur l’annonce de fermeture du service obstétrique de la maternité.

Disons-le tout de suite : aucun élément nouveau ne vient nourrir le dossier, si ce n’est peut-être la contestation de l’un des quatre EIG (évènement indésirable grave) qui ont motivé pour partie la décision de fermeture prise par le directeur de l’Agence régionale de santé.

Le combat mené par Hervé Lucbéreilh et Robert Bareille pour le maintien du service d’obstétrique me fait irrépressiblement penser au combat mené sur un autre terrain par Georges Manaut contre la réouverture de la ligne Pau-Canfranc. D’où mon expression de « combat d’arrière-gare ».

Certes, les deux dossiers sont dissemblables sur de nombreux points :

  • les premiers nommés s’opposent à une fermeture quand le second se bat contre une réouverture
  • les premiers dénoncent une ineptie sociale quand le second s’en prend à une ineptie économique
  • les premiers ont reçu le soutien plein et entier (?) du député quand le second ne peut compter que sur lui-même
  • les premiers sont en butte à une décision administrative quand le second est confronté à une décision politique

Mais on peut également trouver entre les deux quelques similitudes qui l’emportent sur les différences :

  • les uns et les autres (c’est vrai surtout, me semble-t-il pour deux d’entre eux) mènent une action dénuée de toute arrière-pensée politique. Ils sont de bonne foi et persuadés d’agir pour le bien commun
  • les uns et les autres mènent un combat d’arrière-garde. D’un côté il est évident qu’à un terme plus ou moins proche le service obstétrique sera de toute façon appelé à fermer. L’échéance sera peut-être repoussée si la justice, que le maire s’apprête parait-il à saisir, en décide ainsi. Mais elle est inéluctable. De l’autre côté, il est non moins évident que la Oloron-Bedous ne fermera pas et risque même à terme d’être prolongée jusqu’à Canfranc

« Les seuls combats perdus d’avance sont ceux que l’on ne mène pas ». On nous l’aura servi cette citation pour justifier l’action menée. Elle a pour père, si j’en crois internet, le médecin et écrivain français Christian Lehmann. Si l’on accepte de reconnaître la faible mobilisation citoyenne sur ces deux questions, il semble qu’il serait plus approprié de citer Pierre Corneille : « Et le combat cessa faute de combattants »

7 commentaires sur « Sauvetage de la maternité : comme un combat d’arrière-gare »

  1. Le blogueur a omis une divergence de taille entre mon activité associative et le combat de Robert Bareille et d’Hervé Lucbéreilh. Je soutiens leur combat pour le maintien de la maternité (pétition et même dans la dernière manif sous des trombes d’eau tandis que tous deux étaient sous l’auvent). Par contre, aucun des deux ne soutient notre démarche en reconnaissant même de fausses vertus à la reprise des circulations ferroviaires jusqu’à Canfranc: Robert Bareille depuis toujours, pour Hervé Lucbéreilh, son nouveau positionnement est plus récent.

    J'aime

    1. Exact. Il faudra d’ailleurs que je songe un jour à établir les points d’accord et les divergences entre Bareille et Lucbéreilh. Mais la tâche s’avère pratiquement impossible : tandis que l’élu communiste a des convictions solidement ancrées, celles du maire d’Oloron sont soit successives, soit à géométrie variable.

      J'aime

  2. Sur FB il y a un sondage lancé par Alternative Pyrénées pour savoir qui est pour et qui est contre la réouverture jusqu’en Espagne : désolé pour Manaut (non je ne suis manautmaniaque) qui est un rédacteur assidu de ce site, mais 75% des votants sont pour. Combat d’arrière-gare effectivement…
    J’en profite, après avoir lu son dernier article, qu’on ne peut pas comparer la ligne de bus Oloron-Canfranc et la future liaison ferroviaire ; perso, je ne vois pas l’intérêt d’y aller en bus qui va se trainer, alors qu’en train le parcours sera beaucoup plus rapide.

    J'aime

    1. @ Face à notre argumentation d’opposition à la réouverture de cette voie ferrée, vous êtes toujours autant déstabilisé. Plutôt que de déterrer un sondage bidon, reportez-vous au résultat de la Commission d’enquête publique ou bien sollicitez un référendum! Vous n’avez pas vu le dernier reportage sur Oloron-Bedous où le journaliste se trouve être l’unique passager en compagnie du conducteur du train et du contrôleur de billet, dans un train de 84 places assises. La même situation de train circulant à vide avait déjà été relevée par un journaliste de sud-ouest. Concernant la vitesse de votre tchou-tchou, il ne fait pas un tabac avec une moyenne de 50,6 kms/h entre Oloron et Bedous. Entre Canfranc et Sarragosse, il faut 3h et 55 minutes en train et 2 heures en voiture.Je pense que vous êtes resté gavé des chiffres martelés par Alain Rousset concernant la fréquentation de cette ligne qui devrait transporter 600 000 passagers par an, soit 1643 par jour. Comment arriver à ce ces chiffres quand le site de la SNCF annonce 24 passagers par jour pour le terminus de Bedous et que le segment Jaca/Sarragosse enregistre 36 passagers par jour ?. C’est vrai, dans l’argumentation produite au Tribunal, la Région Aquitaine annonçait que le train Oloron-Bedous allait desservir la maison de retraite d’Osse en Aspe avec ses 30 salariés, idem pour rallier l’usine Toyal à Accous avec ses 130 salariés, et bien sûr le top du top, avec la desserte de 3 stations de ski !!!.
      Aux dernières élections régionales, Le Président de la Région a recueilli 60 % de suffrages. Il est capable de présenter une casserole vide à son auditoire, puis dans un mouvement de menton, deux moulinets de bras, cumulés à un emballage verbal, vous présenter ce même récipient comme étant une richesse patrimoniale dont nous pouvons êtes fiers. Bertrand, vous faites parti aussi de notre patrimoine (pour rire).

      J'aime

  3. En vrai, le Conseil régional et sa com, je n’en ai rien à faire. Ce que vous ne comprenez pas Manaut, c’est que nombre de gens n’ont effectivement pas d’intérêt pour aller à Bedous (d’autant que les commerçants n’ouvrent même pas le dimanche, et ça depuis le début) ; mais allez à Canfranc, c’est d’un autre intérêt. Le sondage « bidon » reçoit des réponses qui ne le sont pas (98% de oui !), et je doute que Rousset soit allé souffler la réponse dans leurs oreilles (et encore moins dans la mienne). Vous vous battez sur des chiffres, des études, des analyses plus ou moins bidons, mais vous refusez d’entendre que côté espagnol comme côté français, il y a plein de randonneurs, de curieux, de sportifs, de vttisites… qui voient, eux, l’intérêt de cette liaison si elle va jusqu’en haut.

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s