Centre hospitalier : chronique d’une mort programmée ?


Le maire, et il n’est pas le seul à Oloron, exprime la crainte que la fermeture du service obstétrique soit annonciatrice d’un démantèlement plus important du centre hospitalier d’Oloron. Grossissant sans doute un peu le trait, il pense qu’à terme nous hériterons d’une « grande maison de retraite ». Prédiction d’un oiseau de mauvais augure ou prophétie d’un visionnaire ?

Il m’a semblé intéressant de reproduire ici le commentaire laissé par un lecteur du blog qui signe (est-ce son nom ou un pseudonyme, je l’ignore) « Paris ». Il traduit en effet, si j’en crois d’autres commentaires véhiculés par les médias, le sentiment de nombre de citoyens de notre territoire. Reste maintenant à trouver la réponse à la question : quels sont les moyens et les actions qui peuvent être mis en œuvre pour éviter qu’il en aille ainsi ? Si la réponse est : « aucun », il est inutile (c’est à nos politiques que je m’adresse) de continuer à se répandre en jérémiades et d’épiloguer davantage sur le sujet.

Le commentaire de « Paris » :

Une maternité de niveau 3 comme Pau a pour mission la prise en charge des grossesses à risque, avec un service de néonatologie pour prendre en charge le bébé dès sa naissance du fait du caractère à risque de la mère.

Les autres maternités peuvent tout à fait répondre aux accouchements normaux ce qui représente 80% des naissances.

Tout le monde va donc s’entasser dans les maternités niveau 3 faisant courir le risque d’engorgement car il n’était pas rare du temps ancien où il existait une maternité à Oloron, qu’un bébé soit transféré tout seul à Pau car plus de place en maternité. Super comme traumatisme !

Ce qui veut dire que bon nombre d’accouchements n’ont aucune raison d’avoir lieu en niveau 3.

Que penser d’un hôpital qui en 2011 récupère l’activité de la maternité et qui grâce à l’éloignement géographique des 2 sites, en toute discrétion, continue de proposer les consultations des gynécos de Pau sur l’autre site ? Comment la direction entend développer un service en laissant les Palois venir siphonner des futures mamans sur notre secteur, autant d’accouchements en moins pour Oloron ?

Après forcément, les chiffres sont là et les constats : « beaucoup de maman ont déjà choisi Pau pour accoucher », tu m’étonnes !!!

Et que penser d’un corps médical hospitalier qui dès le début de la reprise écrit à l’ARS pour demander la fermeture de la maternité ? c’est inédit en France, du travail pré-mâché pour l’ARS. Il n’y a qu’à voir la Coordination de défense des hôpitaux de proximité, où tous les hôpitaux se battent pour conserver leur maternité. A Oloron, on lit que la moitié du personnel est satisfait de la fermeture, et l’autre moitié sous le choc.

L’avenir étant à la télémédecine et à l’ambulatoire, je ne donne pas cher de la chirurgie à Oloron. D’autant qu’il faut absolument refaire le bloc opératoire d’une autre époque !! pour l’avoir fréquenté récemment comme d’autres Oloronais, j’ai pris un coup devant la vétusté de ce bloc quand on a aussi connu le défunt bloc de l’autre site qui était autrement flambant. Est-ce qu’il est judicieux de faire un bloc neuf avec ces perspectives ?

Pour moi ce sera Orthez ou St Palais, là où des solutions différentes ont permis d’assurer une offre de soins digne de ce nom.

St Palais 1800 habitants et une maternité….

Oloron 11000 habitants et un dispensaire de séances de préparation à l’accouchement… un vrai désert médical qui ne va pas inciter des généralistes à venir en ville avec un hôpital dans cet état.

Enfin ça c’était avant, maintenant il va péter la barraque cet hôpital sans la maternité !

Nota : dans l’onglet « Dossiers » placés en haut de page, les lectrices et lecteurs intéressés pourront trouver les liens vers tous les articles du blog consacrés au devenir du centre hospitalier

10 commentaires sur « Centre hospitalier : chronique d’une mort programmée ? »

  1. La nouvelle ministre de la santé préconise de fermer des lits, et que pour un avenir très proche, 7 patients sur 10 soient renvoyés chez eux en soins ambulatoires dès la sortie du bloc… Ca sent la énième redistribution des territoires, dans un mouvement de recentralisation. Oloron bientôt ville morte faute d’attractivité pour les familles ? Commence à sentir le sapin le Haut-Béarn… « On allait être abandonnés » clame Daran dans son dernier album.

    J'aime

  2. Le problème d’Oloron n’est qu’un des points du problème des dépenses de santé en France. Ci après un passage d’une étude de l’Institut Thomas More de 2012 qui compare France et Allemagne :

    « Dépenses hospitalières : une économie potentielle de 26,4 milliards d’euros.

    Un facteur autrement important est à chercher, malgré de nombreuses réformes du côté d’un système hospitalier trop coûteux. Chaque Français dépense pour l’hôpital 409 euros de plus que son voisin d’outre-Rhin (1 229 euros contre 819), soit au total un surcroît de dépenses de 26,4 milliards d’euros. Cela n’est pas le fait du hasard, mais le fruit de plus de lucidité et de courage outre-Rhin, où l’on a mis en œuvre des réformes visant à l’alignement des tarifs de remboursement des actes effectués dans les hôpitaux publics sur ceux effectués dans les hôpitaux privés. Cette réforme a été achevée en 2009. Elle n’est toujours pas faite en France. Le résultat aujourd’hui est qu’il y a beaucoup plus d’établissements hospitaliers en France (2 751 contre 2 084 en 2009) : soit 42,7 établissements pour un million d’habitants contre 25,4 en Allemagne (soit 68% de plus). Mécaniquement, les établissements sont aussi plus petits : 154 lits par hôpital en France en moyenne pour 323 en Allemagne (soit 52% de moins). Du côté du personnel, le constat est le même : on compte 1 608 personnels hospitaliers pour 100 000 habitants en France, contre 1 338 en Allemagne. Cela permet alors d’avoir un tiers de personnel en moins par lit d’hôpital : 2,44 personnes en France contre 1,63 en Allemagne. »

    Les allemands sont ils mal soignés ?

    J'aime

  3. Heu… Juste un petit problème dans cette série de chiffres ; il manque le principal : la France est un pays de 644000 km², quand l’Allemagne en fait à peine plus de la moitié… Ce qui fait presque de l’outre-rhin un pays suréquipé. Comme quoi, s’il manque une donnée, tout est modifié.

    J'aime

  4. même les TGV projettent de supprimer leurs arrêts dans les villes « moyennes » ça leur fait perdre du temps pour relier les GRANDES VILLES… y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes 😀

    J'aime

  5. je lisais le commentaire de Paris ou Monsieur Paris , s’il s’agit de son nom , il fait une comparaison entre l’hôpital de St Palais et celui d’Oloron . .Le centre de St Palais a été repris en gestion par le centre hospitalier de la cote basque lorsque le la clinique Sokorri rencontrait de sérieux problèmes;Le centre de St Palais fait appel à 4 gynécologue-obstétriciens venant de Bayonne et à un chirurgien spécialisé en gynécologie et mammaire , à cela s’ajoute 2 pédiatres .
    Donc a St Palais il y a un staff médical qui permet une exploitation sans trop de risques de la maternité . Il y a , en cas de nécessité ,toujours quelqu’un susceptible d’intervenir .
    A Oloron pas de médecins en nombre suffisant pour la survie de la maternité ;
    La décision de l’ARS est donc logique :fermeture de la maternité !
    L’hôpital de St Palais est en cours de rénovation afin d’assurer un meilleur confort et service .Par ailleurs , il y a également des médecins libéraux qui interviennent en consultation à l’hôpital de St Palais et certains sont même en secteur 2(leur cabinet de consultation y est domicilié…..)
    Le cas d’Orthez est encore différent , il s’agit d’un pôle de santé , la clinique est locataire du centre hospitalier D’Orthez et assure toutes le interventions chirurgicles , l’hôpital d’Orthez tout ce qui est médecine me semble-t-il . Espérons que la clinique Labat aura un nombre suffisant d’anesthésistes qui permettront une sécurité (une jeune patiente y a laissé la peau lors d’une césarienne car l’anesthésiste remplaçante était ivre et venait de Belgique……sans commentaires).
    A mon avis,les hôpitaux locaux devraient rester des centres d’orientation et de première urgence , le malade serait orienté vers un hôpital spécialisé selon la pathologie dont il souffre , Il ne faut pas oublier que les médecins utilisent de plus en plus de matériel sophistiqué coûtant de plus cher , que malheureusement il faut rentabiliser même s’il s’agit d’un service public ;
    Il va y avoir un autre souci sur Oloron qui commence à se manifester , le remplacement des médecins généralistes libéraux qui partent à la retraite……

    J'aime

    1. Tout cela n’ est pas très réjouissant. Il serait plus qu’ urgent que tout le monde se mette au tour de la table ( Personnel de Santé, Elus, Administration et Associations
      ainsi que Citoyennes concernées), afin de reprendre totalement le problème de
      l’ Hôpital et de la Maternité, sur d’ autres bases, avec une ferme volonté générale de proposer des objectifs réalistes.
      L’ Hôpital d’ Oloron et son Personnel ont encore de bonnes capacités, malgré les difficultés actuelles. Tout n’ y est pas négatif.
      Malheureusement le problème semble mal parti, puisque Mr le Maire semble faire le choix de s’ engager dans la voie Justice. Ce qui occultera totalement la solution de
      négociation, qui impliquerait pour tout le monde de s’ engager .
      La solution du Maire a des chances d’ être une victoire à la Pyrus, à la toute fin de son mandat,quand il sera sur le point de n’ être plus Maire. A ce moment là le Tribunal Administratif reconnaîtra qu’ il avait raison, mais l’ Hôpital sera sur le point de fermer ou aura fermé depuis longtemps. Cette fois-ci sans contestation, dans
      l’ indifférence générale, comme une fatalité, pour le plus grand malheur des Oloronaises et Oloronais.

      J'aime

  6. Vous ne voyez rien d’atypique dans la situation d’Oloron dans ce que vous décrivez pour St Palais ?

    « A Oloron pas de médecins en nombre suffisant pour la survie de la maternité » : d’accord, comme beaucoup d’autres hôpitaux de proximité.

    « Le centre de St Palais fait appel à 4 gynécologue-obstétriciens venant de Bayonne et à un chirurgien spécialisé en gynécologie et mammaire , à cela s’ajoute 2 pédiatres ».. . : je m’arrête sur cette phrase, l’hôpital de St Palais fait appel à des médecins (help!) mais chose incroyable l’appel est entendu et la collaboration est effective !! Alors quoi ? les acteurs de cette organisation, médecins, gouvernance, élus, tutelle, sont-ils plus soucieux du service rendu à la population en territoire basque qu’en Béarn ?

    Quant au pole public-privé d’Orthez, pour l’instant il remplit sa mission, visiblement en bonne intelligence, d’offre de soins complète pour le canton d’Orthez.

    La lutte minable et historique entre les 2 établissements oloronais (on lit dans la presse d’aujourd’hui la génèse de cette lutte fratricide) nous a menés au fiasco. Après avoir fait tomber la tête de la Clinique, l’hôpital avait des parts de marché (oui en santé on parle ainsi à présent) dans toutes les spécialités, et on pouvait attendre enfin un développement de cet établissement avec les coudées franches pour susciter l’intérêt de nouveaux praticiens sans concurrence.
    Que neni ! on a plutôt assisté au délitement progressif de toutes les spécialités, aux départs successifs de praticiens, arrêts de travail du personnel en cascade, travaux sans cesse sursis, vont-ils démarrer un jour ?
    Bref cet établissement a abandonné la population et lui demande de prendre l’habitude de se rendre à Pau, son hôpital support. Car c’est cela la modernité. Vive le progrès.

    J'aime

  7. Les discours ont perdu la France, la belle littérature est en train de perdre le Béarn.
    Tous les beaux parleurs et tous ceux qui ont la plume facile, Sortez-vous le doigt du C.. et agissez !
    Ceux qui critiquent sont souvent ceux qui ne font rien !!!!
    *

    J'aime

  8. Ainsi donc depuis 2014 l’agence sanitaire ayant autorité de l’état, en toute connaissance de problèmes au sein de cette maternité, l’a laissée fonctionner en faisant prendre des risques à 1200 femmes qui sont venues y accoucher.

    Si l’on repense à l’accident dramatique qui a valu la fermeture de la maternité d’Orthez, on en conclut qu’il y a des risques, des dangers acceptables qui ne nécessitent pas de fermer un service, on laisse faire, et l’accident majeur qui fait réagir la tutelle qui décide une fermeture immédiate.

    J’en conclus encore que les Oloronaises et les Oloronais (pour faire de l’écriture inclusive, ça va devenir à la mode il paraît!!! :-D), sont des citoyen(ne)s de seconde zone car l’ARS ne s’émeut même pas pendant 4 ans des événements indésirables remontés jusqu’à elle de cette maternité.

    Quand on voit où a été pensée et installée la maternité lors du déménagement il n’y a pas de surprise que les conditions de travail ne soient pas sécures.

    D’autres me diront que je critique et vont me donner des conseils pour mes doigts…beurk…

    J'aime

  9. Vous savez bien Paris ou Monsieur Paris que l’on ne se penche sur les problèmes que lorsqu’il y a un grave accident de parcours:
    -maternité d’Orthez mort d’une parturiente à qui une césarienne devait être faite;une anesthésie pratiquée par une médecin belge ivre , remplaçante !
    -Il y a quelques années fermeture de la clinique Marzet pendant 1 mois ,tous le malades ont du être évacués vers d’autre établissements, manquement à des règles élémentaires de sécurité ayant entraîné plusieurs décès!
    Et quelquefois avec la complicité de certains membres du corps médical qui ne mettent pas le malade en garde s’il se fait opérer dans un établissement précis !Là il y a une grave carence dans l’information du malade

    J'aime

Les commentaires sont fermés.