Maternité : la décision de l’Agence régionale de santé vient de tomber


Le voyage d’une délégation d’élus à Paris la semaine dernière pour défendre auprès d’un conseiller technique du ministère de la Santé le maintien du service d’obstétrique au sein du centre hospitalier aura été vain : le directeur général de l’ARS (Agence régionale de santé) vient de rendre sa décision, et elle ne va pas dans le sens espéré. Faute de médecins en nombre suffisant, Monsieur Michel Laforcade a en effet décidé de transformer la maternité du centre hospitalier d’Oloron en centre périnatal de proximité à partir du mois de décembre prochain.

Le communiqué de l’ARS (dont Sud-Ouest donne le détail,) fait notamment le bilan des candidatures. Et, le moins que l’on puisse dire, si l’on s’en tient à lui, c’est que manifestement le compte de médecins n’y était pas. (voir également l’information publiée par France Bleu Béarn, qui est encore davantage détaillée)

Bien sûr que c’est un coup dur pour notre territoire. Mais pouvait-il en être autrement dans un contexte national fait d’optimisation des ressources et des dépenses dans tous les domaines ? Situation à laquelle vient se greffer la problématique des déserts médicaux. Que l’on ne s’y trompe pas, la décision annoncée aujourd’hui par le directeur général de l’ARS est une décision politique, qui le dépasse. À chacun d’entre nous d’en tirer les conclusions qu’il jugera utiles.

Et maintenant ? Le maire a annoncé son intention de saisir le tribunal administratif pour faire annuler cette décision. En se fondant sur les exemples des maternités de Carhaix et Lannemezan dont la fermeture avait été annulée par la justice. Comme aucun cas ne ressemble à un autre, nous verrons bien si la situation d’Oloron est comparable.

Sur le plan technique, le conseil municipal a donné délégation au maire pour :

  • « intenter au nom de la commune les actions en justice ou (de) défendre la commune dans les actions intentées contre elle en 1ère et 2ème instance »
  • « fixer les rémunérations et (de) régler les frais et honoraires des avocats, notaires, avoués, huissiers de justice et experts »

Par voie de conséquence, ce n’est pas au conseil municipal, mais au maire, et à lui seul, de prendre ce genre de décision. Étant entendu qu’il lui faut ensuite rendre compte au conseil municipal et ce dès la séance suivant chaque décision qu’il aura été amené à prendre en la matière.

Cela étant, rien n’interdit au maire de réunir dès maintenant le conseil pour lui faire part de la situation et de ses intentions. Cela me semblerait d’ailleurs la moindre des choses, car une séance publique permettrait à l’ensemble des citoyens d’être au même niveau d’information autrement que par des communiqués de presse forcément réducteurs.

Une chose est sûre : le feuilleton n’est pas clos.

Celles et ceux qui le souhaitent trouveront ici le lien vers l’article de La République ainsi que celui de Sud-Ouest (plus complet sur le bilan des candidatures) relatif à cette décision de transformation de la maternité en centre périnatal de proximité

Nota : dans l’onglet « Dossiers » placés en haut de page, les lectrices et lecteurs intéressés pourront trouver les liens vers tous les articles du blog consacrés au devenir du centre hospitalier

 

8 commentaires sur « Maternité : la décision de l’Agence régionale de santé vient de tomber »

  1. Je ne vais pas glisser sur la pente du « c’était mieux avant » mais (et Oloron n’est pas seul en cause) compte tenu qu’on n’a plus le droit (me semble-t-il) d’accoucher chez soi et qu’on ferme peu à peu toutes les maternités de proximité, je me dis que les pauvres dames n’ont pas intérêt à être surprises au dernier moment par l’arrivée du bébé…

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  2. si si on peut accoucher chez soi avec l’aide d’une sage femme liberale qui suit la grossesse. mais bien sur le risque est la pour la mere et l’enfant en cas de pb au moment de l’accouchement. Donc les femmes concernées iront donc à Pau ou à saint palais, mais la, le risque sera l’accouchement dans l’ambulance.

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  3. Je m, interroge sur le sérieux des candidatures ( 4 sans cv ou coordonnées, 1 candidat ne s’est pas présenté, 1 n’avait pas le diplôme valable, 3 qui se seraient désistés pour des motifs géographiques )
    Quelqu’un a t’il voulu prouver qu’il avait beaucoup travaillé ?
    Autre point inquiétant c’est le niveau des problèmes médicaux liés aux accouchements effectués par le passé !!!!!!!
    Qui voudra dans le futur venir accoucher dans cette maternité ?
    Je pense que les leçons du passé n’ont pas été retenues ( drame d’Orthez avec un praticien étranger alcoolique )

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    1. Après n’est-il pas facile pour l’ARS d’associer à sa décision des pourcentages qui mettent en avant « une succession d’événements indésirables graves » ?
      Pensez-vous que depuis un an, la fermeture de la maternité n’aurait pas été plus rapide ?

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      1. Il est exact que si l’ARS charge trop la barque de l’insécurité, on risque de lui opposer l’argument : »Pourquoi dans ces conditions n’avez-vous pas décider de fermer plus tôt ? »

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  4. Cela conforte Pau et demain nous fermerons les urgences, après demain, les services l’un après l’autre et nous terminerons avec une maison de retraite. Nous somme dans « retour dans le passé ». Vivement les dispensaires des années 1920……

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  5. Une maternité de niveau 3 comme Pau a pour mission la prise en charge des grossesses à risque, avec un service de néonatologie pour prendre en charge le bébé dès sa naissance du fait du caractère à risque de la mère.
    Les autres maternités peuvent tout à fait répondre aux accouchements normaux ce qui représente 80% des naissances.
    Tout le monde va donc s’entasser dans les maternités niveau 3 faisant courir le risque d’engorgement car il n’était pas rare du temps ancien où il existait une maternité à Oloron, qu’un bébé soit transféré tout seul à Pau car plus de place en maternité. Super comme traumatisme !
    Ce qui veut dire que bon nombre d’accouchements n’ont aucune raison d’avoir lieu en niveau 3.
    Que penser d’un hôpital qui en 2011 récupère l’activité de la maternité et qui grâce à l’éloignement géographique des 2 sites, en toute discrétion, continue de proposer les consultations des gynécos de Pau sur l’autre site ? Comment la direction entend développer un service en laissant les palois venir siphonner des futures mamans sur notre secteur, autant d’accouchements en moins pour Oloron ?
    Après forcément, les chiffres sont là et les constats : « beaucoup de maman ont déjà choisi Pau pour accoucher », tu m’étonnes !!!
    Et que penser d’un corps médical hospitalier qui dès le début de la reprise écrit à l’ARS pour demander la fermeture de la maternité ? c’est inédit en France, du travail pré-mâché pour l’ARS. Il n’y a qu’à voir la Coordination de défense des hôpitaux de proximité, où tous les hôpitaux se battent pour conserver leur maternité. A Oloron, on lit que la moitié du personnel est satisfait de la fermeture, et l’autre moitié sous le choc.
    L’avenir étant à la télémédecine et à l’ambulatoire, je ne donne pas cher de la chirurgie à Oloron. D’autant qu’il faut absolument refaire le bloc opératoire d’une autre époque !! pour l’avoir fréquenté récemment comme d’autres Oloronais, j’ai pris un coup devant la vétusté de ce bloc quand on a aussi connu le défunt bloc de l’autre site qui était autrement flambant. Est-ce qu’il est judicieux de faire un bloc neuf avec ces perspectives ?
    Pour moi ce sera Orthez ou St Palais, là où des solutions différentes ont permis d’assurer une offre de soins digne de ce nom.
    St Palais 1800 habitants et une maternité….
    Oloron 11000 habitants et un dispensaire de séances de préparation à l’accouchement… un vrai désert médical qui ne va pas inciter des généralistes à venir en ville avec un hôpital dans cet état.
    Enfin ça c’était avant, maintenant il va péter la barraque cet hôpital sans la maternité !

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