Drame d’Oloron : éviter à tout prix l’amalgame


La République nous apprend (ici, lien vers l’article) que hier après-midi, une dame de 79 ans a été agressée à coups de couteau et sérieusement blessée par l’un de ses voisins, un jeune d’une vingtaine d’années. Un jeune d’origine afghane qui fait partie de la vingtaine de migrants accueillis sur la commune d’Oloron en attendant que soit instruit leur dossier de demande d’asile.

Première des choses : souhaiter à cette dame un prompt et complet rétablissement. Deuxième évidence : quelles que soient les raisons qui ont poussé le jeune à commettre cet acte, il s’agit d’un geste inadmissible, inexcusable. Et qui doit être puni en conséquence.

Mais, quelle que soit l’émotion que ce drame peut susciter à juste titre, il faut aussi savoir raison garder. Certains (voir leurs commentaires sur les réseaux sociaux) ont tôt fait de tomber dans l’amalgame, voyant dans cet acte individuel l’occasion de fustiger tous les migrants, décelant en chacun d’eux un criminel ou un terroriste en puissance, réclamant par voie de conséquence leur renvoi dans leur pays d’origine. Si nous pouvions éviter de tomber dans ce travers…

19 commentaires sur « Drame d’Oloron : éviter à tout prix l’amalgame »

  1. On peut être gagné par l’effroi que suscite un tel acte, choquant et dramatique, c’est complètement normal et je me joins au souhaits de prompt rétablissement à cette dame, mais j’ai vu des tas de commentaires vraiment affligeants et racistes.
    Des suppositions vraiment douteuses qui ne sont émises que dans le but de jeter l’opprobre sur tous les migrants.
    Pourquoi toujours faire d’un cas isolé, une généralité ?

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  2. Votre article et votre position sont trop simplistes. Ceci n’empêche pas de donner raison à ceux qui pensent, et c’est imparable, que si ces personnes n’avaient pas été acceptées à Oloron il n’y aurait pas eu cette honteuse agression…
    Et il ne suffit pas de dire qu’il doit être puni… Il faut expliquer comment une personne capable de tels actes peut passer au travers des filtres administratifs et se retrouver pris en charge par l’Etat…
    Et prendre les mesures correctives…

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    1. @Daniel Sango. Vous êtes là en train de vous livrer à l’amalgame dont je dénonce le risque. En employant un argument quelque peu simpliste (comme quoi, à simpliste, simpliste et demi). Si l’agresseur n’avait pas été à Oloron, nous dites-vous, l’agression n’aurait pas eu lieu. Ben, oui. Poussons un peu plus loin votre raisonnement : si la vitesse était limitée à 10 km/h sur les routes, il y aurait moins d’accidents corporels; si l’alcool était prohibé dans notre pays, il y aurait moins de crimes et de délits; si le tabac était interdit, il y aurait moins de cancers du poumons etc. etc.
      Quant à rechercher les responsabilités de l’État dans cet acte isolé, je veux bien, mais attendons les résultats de l’enquête pour connaître l’arbre des causes, tous les tenants et aboutissants de cette affaire.
      Encore une fois, tout cela n’excuse en rien l’acte d’hier.
      Enfin, j’observe que la seule agression précédente (moins grave) dans laquelle des migrants ont été concernés à Oloron, ce sont eux qui en avaient fait les frais.

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      1. Je ne me livre absolument pas à l’amalgame. La question de fond consiste à savoir si les procédures qui font passer un immigrant clandestin a un réfugié accueilli par la France permettent de s’assurer que ces personnes ne représentent pas un danger. Si c’est le cas il faut comprendre où le système a failli et prendre des mesures correctives.
        Et bien sûr cela n’a rien à voir avec Oloron et la sécurité à Oloron.

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        1. Comme je le supposais, il y a bien un problème …et pas d’amalgame…
          La Rep :
          « Le réfugié afghan qui a agressé une Oloronaise de 79 ans vendredi vers 18h était connu pour des problèmes psychiatriques. Sa garde à vue à Oloron a été prolongée avant une présentation devant le juge.

          On en sait un peu plus sur l’homme de 19 ans qui a donné plusieurs coups de couteau à une femme de 79 ans, vivant seule dans un appartement de la rue Revol, ce vendredi vers 18 heures. Selon nos informations, ce réfugié afghan, présent en France depuis plusieurs mois et hébergé au premier étage du Bialé par l’Ogfa, bénéficiait d’un suivi psychiatrique. Pour autant, les premiers examens pratiqués « n’ont pas mis en évidence » de tels troubles, a-t-on appris samedi soir. « Ce n’est pas normal que l’Etat ne nous ait pas mis au courant de l’état instable de cet homme », estime le maire d’Oloron Hervé Lucbéreilh. « Il faudra vérifier l’itinéraire qui a conduit cette personne jusqu’à Oloron, puisque son trajet semble bien différent de celui des autres migrants afghans. »

          Ce réfugié aurait refusé d’être suivi au quotidien par les bénévoles du comité Piémont oloronais urgence réfugiés (Pour) et se serait donc isolé du reste du groupe des migrants accueillis à Oloron.  »

          a suivre …

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  3. L’amalgame n’est donc pas réservé qu’aux dentistes ?
    Quelques infos sur ce jeune afghan : il a jusqu’ici refusé tout accompagnement, ce qui ne veut pas dire qu’il était abandonné, loin de là, et connu pour avoir des problèmes psychiatriques à priori. Egalement interpellé quelques fois pour des bagarres. Cela dit, quand vous discutez avec des Afghans, que vous découvrez l’horreur qu’ils ont vécu avant de fuir, on peut se douter que quelques uns deviennent fou. Ca n’excuse rien, mais du coup c’est pour faire comprendre que ce fait-divers n’a rien à voir avec une criminalité qui monterait à Oloron, ou bien le terrible risque que ferait courrir l’accueil de migrants. Que celui qui pense si, s’attache un bandeau sur les yeux et se précipite dans une fôret en courant très très vite…

    Pour info, le pronostic vital de la victime n’est plus engagée, c’est déjà ça.

    Je suis passé au rassemblement organisé ce matin devant la sous-préfecture par une association qui veut dénoncer les agressions sur Oloron. Hasard des calendriers, ce rassemblement avait donc lieu au lendemain de cette agression, et forcément cette dernière c’est un peu invitée dans les conversations. HL, notre Maire était présent avec deux adjoints. Pour une fois il a bien parlé, rappelant que l’amalgame n’était pas possible et que non, Oloron n’était pas marqué à ce point par la violence (loin s’en faut ajouterais-je), même s’il ne faut pas fermer les yeux sur quelques réalités. Notamment un Parquet qui poursuit rarement les délinquants au pretexte (pas faux) que maisons d’arrêt et prisons sotn saturées. C’est la réalité et il faut faire avec a t-il ajouté. Toutefois il va réunir le CLSPD et demander à l’Etat de redistribuer le travail de la Gendarmerie, à savoir moins de surveillance routière et plus de présence sur le territoire pour des taches de prévention. Là encore, c’est du bon sens (comme quoi même une horloge cassée peut donner l’heure exacte deux fois par jour) ; mais ça restera sûrement un voeu pieux, puisqu’il faut remplir les caisses du Trésor public… HL a également rappelé la bonne insertion des migrants accueillis ; un discours rassurant et rassembleur auquel je ne peux qu’adhérer.

    Aucun territoire ne peut malheureusement échapper à quelques drames. Mais Oloron reste une ville tranquille qui en subit peu. Bien sûr, reste quelques abrutis qui foutent le bordel, mais avec un travail de prévention peut-être mieux défini et des rappels à la loi plus efficaces, la situation pourrrait être mieux contenue. Pourtant on a une Police municipale maintenant… Que fait-elle sur ce champ de la prévention ? A priori rien, elle est mobilisée à verbaliser… et à se garer en vrac un peu partout comme beaucoup l’on déjà remarqué. MAis c’est un autre débat. SOuhaitons pour l’instant à la victime de se rétablir physiquement et psychologiquement.

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    1. Merci de ce témoignage, Bertrand,

      La prise de position d’un maire qui, au lieu de tenter de récupérer ce type de situation (ce serait tellement facile), évite de souffler sur les braises et s’efforce de calmer le jeu ne peut en effet qu’être saluée

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  4. M. Daniel Sango, je réagis à votre commentaire  » Si ces personnes n’avaient pas été acceptées à Oloron », veut dire qu’à Oloron il n’y a pas d’incivilités ? il n’y a pas eu ce meurtre abject à Eysus il y a quelques années ? c’est parce que ce jeune est afghan qu’il s’est comporté ainsi avec cette dame ? un peu court non ?
    et puis vous connaissez l’adage : « Si ma tante en avait… »
    Vous poursuivez :  » Il faut expliquer comment une personne capable de tels actes peut passer au travers des filtres administratifs et se retrouver pris en charge par l’Etat… »
    Les filtres administratifs sont comme des passoires en France tout le monde le sait, et surtout les français et parmi eux nos élites !!
    Celles qui sont promptes à nous donner de bons conseils. Quand à la prise en charge de l’État, c’est certainement pas là qu’Il met tout son argent, j’allais dire nos impôts…
    Alors cet acte est inadmissible et doit être puni comme tel. point barre !
    Pour le reste, les raisons qui ont poussé ce jeune à commettre cette agression, les origines, le pourquoi du comment, etc, mérite un peu plus de discernement pour le bénéfice de tous. Ce que nous espérons de la part des enquêteurs.
    Parce qu’à trop faire de raccourci dans le brouillard, on fini par déraper !!
    Au plaisir !

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    1. Les informations données par La Rep montrent tout le bien fondé de ma remarque.
      Effectivement ce jeune afgan a été identifié comme ayant un comportement problématique.
      Qu’ont dit les psychiatres ? (la suite de l’enquête nous le dira sans doute)
      Un risque de danger a t il été formellement identifié ?
      En tous cas il semble que son comportement dès son arrivée à Oloron le distinguait aussi.
      La question que je pose reste entière : ce drame aurait il pu être évité ?
      Aurait il du être évité ?

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      1. D’accord. Mais c’est une question qui se pose chaque fois qu’il s’avère que l’auteur d’un drame avait des problème de cet ordre. Que cet auteur soit Français ou qu’il ne le soit pas.

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  5. Je pense ce qu’a voulu exprimer Daniel Sango est son étonnement de la prise en charge de ce migrant sans que personne n’est détecté sa dangerosité. A croire, qu’ils ne bénéficient d’aucun examen médical dès leur entrée en France. De cela, il ne faut pas s’en étonner. Même le jeune homme qui avait décapité les 2 infirmières au CHP de Pau bénéficiait d’un suivi psychiatrique et la mère n’avait cessé d’alerter en vain la Police et le CHP de Pau de la dangerosité de son enfant.

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  6. Le suivi psychiatrique est généralement déclenché par les institutions. Institutions qui sont mises à mal par des dotations en baisse et des restrictions de personnel. Autrement, dit, les gouvernements se suivent et se ressemblent, on démonte allégrement tous les services publics, à commencer par l’hopital. En voilà peut-être un résultat….

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  7. Accueillir des immigrés fait courir un risque. Mais ce risque, s’ il est bien mesuré
    n’ est pas plus pas plus élevé qu’ avec des autochtones, comme certains ont rappelé
    les précédents cas locaux.
    Maintenant reste à savoir à quel moment de la chaîne d’ accueil ça n’ a pas fonctionné et pourquoi, alors que cette personne semble t’ il avait des problèmes de comportement, connus.
    Ce n’ est pas en engageant une polémique, ni en restant dans le flou,qu’ on apportera une réponse au problème. Maintenant, aux services de tutelle concernés de faire le plus vite possible leur travail d’ enquête et d’ apporter une réponse argumentée et crédible pour tranquilliser la population Oloronaise, avant que la polémique et la rumeur s’ installe.

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  8. A quel moment ça n’a pas fonctionné ? On est dans l’humain sur ce drame, le risque zéro n’existe pas. Mauvais moment, mauvais endroit.

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  9. Le geste de cet homme est terrifiant, mais comme l’écrit Mr Adam est bien, « attendons les résultats de l’enquête pour connaître l’arbre des causes, tous les tenants et aboutissants de cette affaire »
    Car quoi qu’il en soit… régulièrement face à ce genre de fait divers, l’amalgame refait surface « ah ben oui évidemment un immigré, ou un arabe, ou un jeune mal éduqué par ses parents… » trop facile ce genre de jugement.
    Et parfois, même avec toutes les mesures d’accompagnements possibles et bien l’être humain peut être particulièrement « déconcertant »…

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    1. …. l’ être humain peut être particulièrement « déconcertant »…

      Effectivement, n’ oublions pas que ces immigrés ont subi des chocs traumatiques importants, qui peuvent se manifester rapidement chez certains, alors que ça peut mettre des années chez d’ autres. Dans ces cas, la parole et l’ écoute sont bien meilleurs médicaments que l’ amalgame et la polémique.

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      1. une discussion n’est pas la polémique.Vous n’êtes pas étonné de voir qu’ils sont quasiment tous jeunes et dans la force de l’age? J’aurais pensé bien innocemment que cela aurait été des cohortes de femmes d’enfants et de vieillards fuyant les bombes et la répression comme les républicains espagnols ou les réfugiés belges(chez moi) de la II guerre mondiale. Voir les pieds noirs français qu’on voulait rejeter à la mer(gaston Deferre) Pourquoi les plus ostracisés que sont les communautes chretiennes d’irak ou de syrie premières victimes de « daesh and co » sont toujours restées sur place ?

        pourquoi ?.. Pourquoi? …Pourquoi mettre en place les éléments d’une bombe atomique sociétale à venir chez nous en France ?

        je vais sans doute passer pour un « sans coeur » et être habillé pour l’hiver avec tous les qualificatifs accrochés au dos comme autant de pin’s….. : )

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